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HABITAT DU BACILLE TÉTANIQUE

Dans l'organisme malade. — Le Bacille tétanique est décelable au niveau de la plaie d'inoculation ; chez l’homme, on le retrouve dans le pus qu’elle sécrète. Par contre, sauf de très rares exceptions, il n’envahit ni le sang, ni les viscères. Cette seule constatation a permis de supposer que la Bacille élaborait, au foyer où il s'est localisé, un poison diffusant dans l'organisme et responsable des accidents nerveux qui caractérisent le tétanos.

Dans les milieux ambiants.— Le Bacille tétanique siège, en dehors de l'organisme malade, dans tous les milieux extérieurs :

Dans la terre, terre des rues, des jardins, des champs soumis à la fumure, il s'y rencontre communément, surtout dans les couches superficielles. L’inoculation de ces produits à l'animal lui confère fréquemment le tétanos.

Les poussières des habitations, introduites avec la terre qui le contient, sont parfois tétanigènes (Chantemesse et Widal, Belfenti et Pescarolo, etc.). Dans les coins obscurs, les fentes des parquets, la spore tétanique, à l’abri de la lumière, peut se conserver pendant des années.

Les végétaux souillés par la poussière et la terre le recèlent facilement (expériences de Rietsch avec l'herbe sèche, de Peyraud avec la poussière de foin).

Il en est de même des excréments des herbivores, fait qui découle des constatations précédentes. Sanchez-Toledo et Veillon ont donné le tétanos à des lapins en leur inoculant des excréments de cheval et de vache non tétaniques. Ces animaux peuvent donc être des porteurs sains de spores tétaniques qui, introduites dans le tube digestif, résistent à l’action des sucs gastro-intestinaux.

Ce fait, important au point de vue étiologique, fait envisager l'animal comme un agent disséminateur du tétanos et «explique ia nocuité des fumiers, le pouvoir tétanique des terres cultivées et fumées, de la terre des routes et surtout des rues, la quasi-constance du Bacille dans le sol des fermes, des écuries » (Vaillard).

POUVOIR PATHOGÈNE

Le télanos dit spontané survient chez l’homme ou l’animal à la suite d’une plaie, souvent légère, habituellement souillée par de la terre, du terreau de jardin, du fumier, ou bien des échardes de

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bois, des débris de verre, etc., souillés eux-mêmes par un produit tétanifère. Chez l’homme, ce sont les jardiniers, les maraîchers, les palefreniers qui y sont les plus exposés.

Les blessures anfractueuses sont celles qui prédisposent le plus au tétanos.

Chez le cheval, le clou de rue, l’enclouure, les plaies des extrémités, les traumatismes du sabot sont Les plus redoutés à cet égard.

Le tétanos opératoire était connu avant l'ère antiseptique. On en a décrit des épidémies ; il était dû le plus souvent à la souillure spécifique d'instruments mal désinfectés. Il-n’est pas rare chez les animaux, le taureau, le cheval, surtout après la castration ou l’amputation de la queue, opérations effectuées en des régions facilement souillées par des excréments pouvant être tétanifères. La vache devient parfois tétanique après Le part ou l'avortement.

On a signalé pendant la guerre d'assez nombreux cas de télanos chez les sujets atteints de gelures des pieds, l'infection tétanique s'étant développée à la faveur des ulcérations sphacélées où les tissus sans défense ont permis sans doute à la spore tétanique apportée par la terre et la boue, de germer et de déterminer les symptômes connus.

Enfin, à côté du tétanos qui survient peu de jours après la blessure, il y a place pour un tétanos tardif ou retardé, apparu dans plusieurs catégories de circonstances :

1° Lors de la mobilisation ou de la migration spontanée d’esquilles osseuses ou de corps étrangers dans une blessure déjà ancienne pouvant remonter à trois ou quatre mois, en partie cicatrisée, mais suppurant encore ou donnant lieu à des abcès de voisinage;

2° Presque immédiatement après une intervention chirurgicale portant sur le foyer d'une blessure encore en évolution dont la date remontait à trois ou quatre ou même six mois ;

3° Après une intervention chirurgicale portant sur une ‘blessure ancienne datant de plusieurs mois, complètement cicatrisée, malgré la présence d’un projectile toléré par l'organisme.

Les examens bactériologiques ont établi que dans ce cas, à la surface des projectiles extraits, on pouvait parfois déceler le Bacille tétanique (A. Lumière).

Ces faits donnent à penser qu’en certaines circonstances, le Bacille tétanique peut vivre à l’intérieur des plaies ou même au niveau des plaies cicatrisées d’une vie latente d’où il sort sous une influence quelconque, de préférence un traumatisme ou une opération nouvelle.

Maintes fois constatés pendant la guerre, ils imposent comme

on le verra plus loin, des mesures préventives spéciales destinées à lutter contre sa présence et son pouvoir pathogène qui s'effectue successivement à plus ou moins longue échéance.

En général, les animaux sont sensibles à l'infection tétanique. Dans les laboratoires, on utilise de préférence la souris, le rat et le cobaye; le chien est trèsrésistant : la poule et le pigeon peuvent supporter impunément de très fortes doses de virus; ils sont réfractaires.

Pour obtenir le tétanos expérimental, il suffit d’injecter, sous la peau ou dans les muscles de la cuisse d’un animal sensible, une petite quantité de produit renfermant des bacilles ou des spores tétaniques.

Inoculation de pus ou de terre tétanifères. — On inocule sous la peau d’un animal du pus recueilli sur une plaie ayant provoqué le tétanos. Il se produit au point d'inoculation une tuméfaction plus ou moins étendue. Trois à quatre jours après, des contraclures apparaissent tout d'abord au niveau de la région injectée, puis se généralisent; des attaques convulsives se produisent à la faveur de la moindre excitation. Bref, le tableau clinique du tétanos humain finit par se réaliser; l’animal succombe trente-six à quarante-huit heures après le début des symptômes.

À l’autopsie, on trouve au point d'inoculation un foyer purulent contenant, à côté des germes de la suppuration, de rares échantillons de Bacille tétanique. Ce pus peut servir à réinoculer avec succès d’autres animaux, mais, après trois passages ainsi effectués, les résultats restent négatifs (Vaillard).

Les viscères paraissent normaux, sauf une congestion pulmonaire passive due à la dyspnée prémortelle.

En injectant de la terre tétanifère dans les mêmes conditions, on obtient les mêmes effets; mais, au point d’inoculation, se produit souvent une escarre sèche ou un exsudat pseudo-membraneux dus à l'existence de germes associés. |

Souvent l'animal succombe avant qu'il ait manifesté des symptômes tétaniques : laterre contenant fréquemment du Vibrion septique, ce dernier provoque une septicémie rapidement mortelle.

Inoculation de cultures pures. — L'inoculation de cultures pures de Bacille tétanique par les voies sous-cutanée, intramusculaire, intraveineuse, intrapéritonéale, sous-dure-mérienne, réalise un tétanos typique. L'introduction par Les voies digestives reste sans résultat, |

Les cultures jeunes sont en général peu tétanigènes, car elles contiennent encore peu de toxine. Des vieilles cultures, riches en toxine, doivent être employées de préférence.

Inoculation sous-cutanée. — Il suffit de très faibles doses de cultures en bouillon (1/80 de centimètre cube) pour déterminer le télanos chez la souris et le cobaye; chez le lapin. il faut employer au moins 0c,5 à { centimètre cube.

Après douze à vingt heures d’inoculation pour la souris, de deux à huit jours pour le lapin, le tétanos éclate. Les contractures débutent par le membre inoculé, puis s'étendent au membre opposé et se généralisent. La mort survient chez la souris en vingt-quatre à quarante-huit heures, chez le lapin en deux à ue jours environ après l'apparition des premiers symptômes.

Avec des doses minimes, non mortelles, l'animal présente un tétanos localisé au membre inoculé. D'ailleurs, suivant la quantité injectée, l’activité des cultures, la résistance de l’animal, le tétanos peut prendre une forme aiguë ou chronique et aboutir en vingt ou trente jours à la mort, mais aussi à la guérison spontanée.

L’autopsie des animaux inoculés sous la peau ou dans les muscles ne montre qu'un œdème très léger au point d’inoculation, ou même aucune altération dans la région inoculée; le bacille spécifique est rarement décelable au microscope. Cependant l’ensemencement d’un lambeau de tissu conjonctif prélevé au même point donne toujours une cuiture du germe. Le sang et les viscères restent stériles.

Inoculation intraveineuse, intrapéritonéale. — L’inoculation intraveineuse ou intrapéritonéale est suivie d’un tétanos généralisé d'emblée. Quand les doses ont été fortes, l’ensemencement copieux du foie, de la rate, du cerveau, de la moelle osseuse donne des cultures de Bacille tétanique, mais le sang est toujours stérile.

Inoculation sous-dure-mérienne. — L'inoculation sous la duremère provoque un tétanos de type céphalique avec trismus initial, qui se généralise dans la suite.

Le Bacille tétanique se localise strictement au niveau de la plaie initiale; il ne se généralise pas. Par conséquent les symptômes généraux, contractures, etc., doivent relever de l’action d’un poison élaboré par le germe et diffusant dans l'organisme. L'existence de cette toxine a été démontrée pour la première fois, en 1890,

Doprer et SACQUÉPÉE. — Bactériologie, 2° édit. 43

par Knud Faber; elle a été bien étudiée par Vaillard et Vincent.

Mode de préparation. — On ensemence le Bacille tétanique dans un ballon contenant du bouillon peptoné frais. On porte à l’étuve à 37° pendant dix-huit à vingt jours. À ce moment, on filtre sur bougie Chamberland; le fillrat obtenu présente une réaction alcaline et dégage l'odeur caractéristique; il est très toxique, car il tue la souris à la do:e de 1/1000 de centimètre cube.

Un artifice permet d'en augmenter encore la toxicité; Vaillard et Vincent ont montré qu'il suffit d'utiliser ce fait que le bacille se développe facilement dans un milieu où une première généralion a déjà élaboré son poison : dans un filtrat provenant d’une culture en bouillon datant de vingt jours, et {uant le cobaye à la dose minima de 1/150 decentimètre cube, on fait un nouvel ensemencement ; dixhuit jours après, nouvelle filtra'ion : Le liquide tue le cobaye à 1/500 de centimètre cube. On ajoute 20 centimètres cubes de bouillon pour 350 centimètres cubes de la culture ancier ne; filtralicn après seize Jours. Dans ces conditions, 41/1000 de centimètre cube de filtrat tue le cobaye et 1/100000 la souris.

Propriétés et nature de la toxine. — Les premières recherches avaient fait supposer que la toxine tétanique élait une ptomaiïne (Bricger). D’autres lui attribuèrent les propriétés des alcaloïdes. Ehrlich à pensé qu'elle était composée de plusieurs substances, l'une la fétanvspasmine, agent convulsivant énergique, l’autre la tétanolysine, différente de la précédente, ne possédant aucune propriété tétanisante. En réalité, la Loxine tétanique se rapproche assez étroitement des diastases, comme Roux et Yersin l'ont démontré pour la toxine diphtérique, avec laquelle elle présente de grandes analogies.

Comme les diastases, elle est très allérée par une température de 65° pendant une demi-heure; eile est tuée à 80° pendant trois heures.

En vase clos, à l'abri de l'air et de Ia lumière, elle peut conserver pendant quatre mois son pouvoir toxique. Exposée à l'air durant un mois, elle perd une grande partie de son activité; l’effet estplus rapide sous l'influence de la lumière solaire.

Par évaporation dans le vide sur l'acide sulfurique et à la température ordinaire, la toxine se réduit à un résidu brun, amorphe, très toxique. Additionné d'alcool à 900, celui-ci en dissout une partie qui reste atoxique après évaporalion. La partie insoluble dans l'alcool et très soluble dans l’eau donne aisément le tétanos à l’animal. La dialyse de cette substance tétanique s'effectue assez ler-

tement.

Comme les diastases, la toxine téfanique adhère aux précipités de phosphate de chaux et d’alumine, que l’on détermine dans sa masse par addition de chlorure de calcium : on les lave soigneusement à l'eau stérile, puis on les inocule sous la peau du cobaye: ce dernier contracte le tétanos.

Pour J. Courmont et Doyon, le poison télanique ne serait qu’un ferment soluble dénué de toxicité par lui-même, mais pouvant déterminer une fermentation de certaines substances de l'organisme : la véritable toxine en résulterait. Gelte interprétation n’a pu êlre admise par les divers auteurs.

Enfin la toxine est contenue dans le sang des {étaniques. Niesen, Vaillard, etc., ont pu provoquer le tétanos chez l'animal en lui inoculant du sang recueilli sur des cadavres de tétaniques.

On à vu plus haut combien la toxine tétanique est peu résistante vis-à-vis des agents extérieurs. Cependant, quand elle est desséchée elle est beaucoup moins labile : après quinze minutes de chauffage à 1200et même 1359, elle ne perd rien de son activité; à 1549 pendant le même temps elle conserve encore son énerg'e ; elle ne la perd qu'à 1599 et encore 100 doses mortelles peuvent-elles encore provoquer chez la souris un {étanos local (Morax et A. Marie).

La dessiccation, d'ailleurs, est la méthode de choix qu'on utilise pour obtenir une longue conservation. Après précipitation des cultures filtrées par le su:fate d'ammoniaque, qu'on élimine par dialyses répétées, puis dessiccation, on obtient un produit très actif qui garde sa toxicité spécifique pendant très longtemps (Brieger et Fraenkel, Tizzoni). On utilise, à cet effet, avec avantage des solulions mères à 1/10 qui se conservent fort bien dans l'obscurité, en les préservant de l'oxydation par une couche mince de paraffine liquide disposée à leur surface.

L'addition d'eau glycérinée et la conservation au froid permettent d’avoir à sa disposition une toxine très active pendant des années (M. Nicolle et Truche).

Comme les toxines du même ordre(toxinediphtériquenotamment), la Loxine tétanique es: très sensible à l’action de lucide lactique et de l'acide nitrique. D'après A. Marie et Tiffeneau, ces acides n'agissent pas en la neutralisant, mais en la détruisant complètement. Même destruction par le chlorhydrate de bétaine et la névrine : de même aussiles a/calis caustiques et Les bases quaternaires (hydrates d'ammonium composés) anéantissent son aclivité, les premiers par destruction pure et simple, les seconds par neutralisation, A. Marie a montré en outre que l’adrénaline exerce in vitro sur la tétano-

toxine une action neutralisante des plus énergiques, puisque 4/100 de milligramme peut neutraliser, 50 doses mortelles pour la souris; le chlorhydrate neutre de quinin’ neutralise, à la dose de 08r,001, 5 doses mortelles. Ces substances semblent agir par leur action oxydante au mème titre que Le peroxyde de calcium, l’eau oxygénée, les oxydases, la laccase.

Effets expérimentaux de la toxine. — L'injection de toxine à l'animal sensible par n'importe quelle voie (sous-cutanée, intramusculaire, intraveineuse, elc.) reproduit trait pour trait le tétanos, tel qu'on l’obtient par inoculation de cultures.

A l’autopsie, on ne note aucune lésion particulière des viscères.

Par injection intracérébrale de toxine, Roux et Borrel ont provoqué un tétanos à caracières particuliers: une très faible dose détermine une grande excitation, des crises convulsives intermittentes, des troubles moteurs et de la polyurie ; l'animal succombe rapidement. Le lapin, peu sensible à la toxine tétanique reçue sous la peau, est au contraire très sensible à l'injection intracérébrale; le cobaye l’est moins, alors qu'il suffit au contraire d’une très faible dose sous la peau pour lui conférer un tétanos mortel. |

En injectant la toxine dans /e péritoine et différents viscères (testicule, foie, rein, utérus, etc.), J. Binot a déterminé une autre variété de tétanos : tétanos splanchnique, différent des précédents par l’évolution et les symptômes

Après une incubalion assez lente, le début se manifeste par une sorte de frémissement vibratoire généralisé, puis des spasmes apparaissent à distance du point inoculé: les contractures mettent les pattes en extension perpendiculaire; ces contractures présentent des rémissions : jamais elles ne sont permanentes; la démarche est impulsive ; l'attitude rappelle celle d’un cheval de bois ; la dyspnée est assez analogue à la respiration de Cheyne-Stokes. Enfin la mort survient dans l’hypothermie, plus rapidement, à dose égale, que par injection sous-cutanée.

Ce tétanos rappelle certaines atteintes à évolution rapidement mortelle, que I on observe chez l'homme quand l'infection s’est faite par le périloine, l’utérus, elc.

Mode d'action de la toxine. — La toxine {élanique est un poison du système nerveux. Son affinité spéciale pour ce dernier est démontrée par l'expérience classique de Wassermann et Takaki :

On mélange de la toxine et de la matière cérébrale broyée; on centrifuge ; Le liquide qui surnage est décanté et injecté au cobaye; cet animal ne prend pas le tétanos; la (oxine semble donc avoir été retenue par la substance nerveuse. é

Les recherches d'A. Marie prouvent que la toxine arrive au système nerveux par deux voies : une parlie passe dans la circulation, d’où elle est extraite par la fixation aux cellules nerveuses; l’autre est absorbée par les filets nerveux périphériques qui la portent de proche en proche, par le cylindraxe, au niveau des centres. Il en est certainement ainsi pour le tétanos dit moteur ; dans le tétanos splanchnique, l'absorption se ferait par les filets sympathiques.

En effet, après A. Marie, Zupnik sectionne les troncs nerveux de la patte postérieure d’un lapin; l'injection de toxine télanique dans les muscles du membre ainsi énervé reste sans aucuneffet.

D'autre part, quand l'injection est pratiquée dans les troncs nerveux, À. Marie, puis Meyer et Ramson ont pu conférer un tétanos aigu en utilisant une dose de toxine inoffensive par voie veineuse. Sawamura a montré en outre que plus le point d'inoculation se trouve rapproché des centres, moins il est nécessaire d’injecter de toxine pour produire un tétanos mortel.

Reste à connaître les détails de la pathogénie du tétanos né dans ces conditions :

D'après A. Marie, la toxine est absorbée par les terminaisons nerveuses au sein de la lymphe ettransportée le long du cylindraxe jusqu'aux cellules de la moelle épinière.

Dans la suite, le poison serait fixé par les cellules nerveuses.

Wassermann avait pensé qu'il s'agissait d’une neutralisation de la toxine tétanique produite par une substance se comportant à la manière d'une antitoxine.

Contre cette interprétation, Roux et Borrel estimaient que le poison était simplement fixé, adsorbé et immobilisé par le système nerveux ; Metchnikoff et A.Marie admettaient que l’innocuité du mélange cerveau-toxine était assurée par les phagocytes attirés par la substance nerveuse.

Cependant il est hors de doute qu’à côté de l’action phagocytaire il y a place pour une action spécilique des cellules cérébrales dans la neutralisation de la toxine. En effet :

1° La substance grise du cerveau neutralise l’action de la toxine, alors que la neutralisation est nulle ou peu accusée avec la substance blanche ;

29 Le chaulfage à 569 de la matière cérébrale ou médullaire lui enlève ce pouvoir spécifique ;

3° Traitée par l’éther, la substance cérébrale perd ce pouvoir;

4° D’autres poisons n'ayant aucune action sur le système nerveux, ne subissent pas ce phénomène de fixation.

De tous ces faits A. Marie conclut que dans la fixation, c’est-à-dire

l'adsorption et la neutralisation de Ja foxine télanique par la substance nerveuse, deux éléments doivent intervenir : un élément physico-chimique et un processus phagocytaire.

D'après les recherches de Takaki, puis de S. Lœwe, de A. Marie et Tiffeneau, la neutralisation de la toxine serait assurée par des lipoïdes et les albuminoïdes du cerveau.

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