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DIAGNOSTIC DE L'INFECTION TÉTANIQUE

Recherches chez l'homme ou Panimal. — Sur le vivant et le cadavre, le Bacille tétanique doit être recherché uniquement au niveau de la plaie tétanique. On sait en effet que, dans la grande majorité des cas, il n'existe pas de généralisation dans le sang circulant.

Examen direct. — Prélever du pus ou de l’exsudat au niveau de la plaie. On en fait des frotlis sur lame. Colorer par la méthode de Gram avec suraddilion de fuchsine de Ziehl diluée à 1/20. Dans les conditions naturelles, on décèle ainsi, entre des germes associés, le Bacille tétanique prenant le Gram. Il s’y trouve habituellement en minime abondance. De ce qu'on ne l'y dicèle pas, on ne saurait conclure à son absence. En ce cas, il faut toujours recourir aux cultures.

Chez les animaux qui ont reçu sous la peau des cultures pures, cet examen reste le plus souvent négatif, mais le Bacille se révèle quand on ensemence des fragments de tissu conjonctif prélevé au niveau du point inoculé.

Mise en culture. — On ensemence tout d'abord le produit tétanifère en bouillon peptoné fraiselen anaérobiose. Mise à l’étuve à 38°.

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Vers le cinquième jour, le bouillon est trouble et contient des bacilles en épingle mélangés à une foule d’autres germes.

Pour purifier la culture, on chauffe à 100° pendant une ou deux minules; les microb:s étrangers sont tués, la spore tétanique résiste. On réensemence en bouillon et dans le vide, et, après plusieurs passages semblables, la culture ne renferme ee que le Bacille tétanique à l’état de pureté.

Parfois 11 est mélangé à du Vibrion septique et à un Bacille pseudo-létanique, à spore terminale ; ils résistent tous deux au chauffage. Pour les isoler, il convient de recourir aux milieux solides et plus particulièrement à l'isolement sur gélatine en tubes de Vignal, où l’on cueille les colonies séparées.

Inoculaticns. — On soumet alors à l’inoculation les cullures ainsi isolées. S'il s’agit de Bacille tétanique, elles reproduisent le télanos comme il a été indiqué plus haut.

Recherchedanslaterre,lespoussières,etc.— Larecherche decte est malaisée ; il convient de recourir tout d'abord à l’inoculation, à l'animal, des fragments supposés tétanifères. On recherche ensuite, suivant le procédé précédent, le Bacille tétanique sur le cadavre de l’animal.

Rappelons qu’un certain nombre d'animaux infectés dans ces conditions succombent par le Vibrion septique avant que le tétanos n'ait eu le temps de se déclarer.

SÉRUM ANTITÉTANIQUE.

Le sérum des animaux immunisés parinjection de doses progressivement croissantes de toxine tétanique présente des propriétés qui ont été utilisées dans la pralique journalière pour prévenir et essayer de guérir le tétanos. Behring et Kitasato, en 1890, ont montré le pouvoir antitoxique que possède un tel sérum. Roux et Vaillard poursuivirent son étude; leurs expériences aboutirent à des déductions importantes sur la valeur de la sérothérapie antitétanique.

Préparation du sérum. — On immunise les chevaux contre la toxine tétanique en injeclant tout d’abord des doses de celte dernière, affaiblie par le mélange avec une solution iodo-iodurée. Ces injections sont répétées tous les trois à quatre jours. Vers le vingtcinquièmejour, lesérum présente déjà un certain pouvoir antitoxique que l’on renforce alors puissamment par les injections sous-cutanées de {oxine pure (10, 15, 20 centimètres cubes, etc., tous les deux ou {rois jours'. Au bout de six semaines environ, on injecte alor

dans les veines 50, 100, 150... jusqu’à 350 centimètres cubes. Le cheval supporte sans dommage ces doses énormes de {oxine, dont deux gouttes suffisent à tuer un cheval non immunisé.

Dix jours après la dernière injection, on recueille le sérum par une saignée. Pour entretenir ensuite l’immunisation, on injec!e à nouveau de furtes dus?s, à quelques jours d'intervalle.

Propriétés du sérum. — Pouvoirantitoxique. — On mélance in vitro du sérum antitétanique et une dose sûrement mortelle de toxine. Le tout est injecté à l'animal ; il survit et ne présente aucun symptôme.

Roux et Vaii'ard ont ainsi pu obtenir un st'rum qui, à la dose de 1/100 000 de centimètre cube, neutralise cent doses mortelles de toxine.

Ce pouvoir anliloxique une fois connu, E. Roux et Vaillard établirent dans quelle mesure et dans quelles conditions il pouvait être util:sé pour prévenir el même guérir le tétanos.

Pouvoir préventif : Contre la toxine tétanique. — Un animal reco:t sous la peau du sérum antitétanique, puis, quarante à soixante minutes après, une dose mortelle de {oxine tétanique; il ne présente aucun symptôme et survit.

Si le sérum et la toxine sont injectés simultanément en des points différents, ces deux substances diffusent avec une rapidité inégale dans les tissus; la toxine devance le sérum, et la minime quantité qui échappe alors à l’antitoxine suffit à provoquer un tétanos limité, léger et toujours curable.

Enfin, quand le sérum est injecté après la (oxine, mais avant le début des symptômes tétaniqu?s, il se produit toujours un tétanos local. Plus l'injection de sérum est tardive, plus sa dose doit être considérable pour empêcher la généralisation du tétanos et la mort.

Contre l'infection tétanique. — Contre l'infection télanique expérimentale, le pouvoir préventif s'exerce sur une marge moins restreinte, car ilexiste toujours un certain intervalle entre lemoment de l'inoculation et celui où la toxine est mise en circulation. Par contre l’empoisonnementest continu, le bacillecontinuant àsécréter sa toxine tant qu’il est vivant. Ce sont en réalité les conditions de l'infection naturelie.

L'injection de sérum avant l’infect'on e: au moment de l'infection protège sûrement et complètement les animaux.

Sile sérum iatervienta rèsl'infection, la préservation estcerlaine, à condition que le sérum soit injecté quarante heures après l’inoculation tétanigène, et que le sérum soit utilisé en quantité suffisante-

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Si l'injection bacillaire est pratiquée dans les muscles, la prévention devient aléatoire, en raison de la moindre activité phagocylaire qui s'y dévelohpe.

L’immunité conférée par le sérum n’est d’ailleurs pas durable. Après son élimin:{ion de l'organisme, versle douzième ou quinzième jour, les spores tétaniques immobilisées par les phagocytes n’étart plus sous l'influence du sérum, peuvent ce: mer et lancer dans la circulation la toxine, qui ne trouve plus d’antitoxine pour annihiler ses effets.

L'application de ces données essentielles a été faite par Nocard sur les grands animaux domestiques. Sur 2500 animaux ayant recu du sérum aussitôt après des opérations souvent suivies de tétanos (castration, amputation de la queue, hernie, etc.), aucun n'a pris le tétanos. Sur 600 autres traités un, deux, quatre jours et plus après des blessures souillées de terre, de fumier, des clousderue,ete., un seul a contracté le télanos. À la même époque, 314#animaux non {traités étaient atleints.

Réunissant les statistiques de Nocard, Labat et Val'ée, sur 16917 animaux traités préventisement, Vaillard ne compte qu’un cas de létanos.

Chez l’homme, le pouvoir préventif est indéniable. Une foule de faits montrent que les chirurgiens n'observent plus le tétanos chez les b'essés qu'ils ont injectés préventivement. Les quelques exceptions à la règle concernent des cas où le sérum a é'é injecté trop tardivement après la blessure inoculante et où, le bacille continuant à pulluler dans la peau, les injections n’ont pas été répétées après l'élimination du sérum.

Les faits observés pendantda guerre ont Fautement confirmé cette manière de voir et consacré définitivement la valeur de la sérothérap'e préventive.

La diminution considérable des cas de tétanos observée depuis que chaque blessé recutune injection préventive, en est une preuve péremploire.

Mais les succès de cette médication préventive ne s’obtiennent qu’à certaines conditions essentielles :

19 L'injection doit être faite à dose suffisante (au moins 10 centimètres cubes); celle-ci doit être deub'ée ou triplée suivant l'importance de la blessure;

20 En de nombreux cas, une réinjection s'impose, à la fin de la première semaine, dans tout traumatisme grave, fatalement exposé aux accidents septiques. Des réinjeclions ultérieures peuvent être lézilimes si la plaie reste profondément infectée, ou si elle est

l’objet d'explorations en vue de l’ablation de débris de projectiles, débris vestimentaires, etc. ;

3° Enfin chez tout blessé porteur d’une plaie suspecte, récente ou datant de plusieurs mois qui doitsubir uneintervention chirurgicale, une nouvelle injection doit être pratiquée avant l'acte chirurgical. Il en est de même quand la plaie est le siège d’une mobilisation ou d'une migration spontanée d'esquilles, de corps étrangers, etc., qui en certains cas, ont pu jouer le même rôle provocateur du tétanos qu'une intervention opératoire.

Pouvoir curatif. — De leurs expériences sur l'animal, E. Roux et Vaillard avaient conclu que le sérum antitétanique ne possédait aucune action curative sur le tétanos déclaré. Quand, en effet, les premiers symptômes apparaissent, « la toxine élaborée au foyer d'infection est parvenue aux centres nerveux, et ceux-ci peuvent être assez atteints pour que la mort survienne fatalement. L’antitoxine, injectée sous la peau ou dans le périloine, neutralise bien la toxine en circulation, mais ne remédie pas aux lésions produites et ne peut rien contre un empoisonnement réalisé » (Vaillard).

Dans l'application à la thérapeutique humaine, ilen est de même; le sérum ne peut rien contre les lésions déjà constituées, mais en neutralisant la toxine au fur et à mesure de son lab dans le foyer tétanique, il est capable d’enrayerles progrès de l’intoxication. Aussi la sérothérapie échoue-t-elle dans les cas aigus et dans le télanos splanchuique d'origine viscérale. Par contre, il paraît modifier heureusement l’évolution des accidents dansles cas à début tardit et à marche lente ou chronique.

Employé dans un but thérapeutique. le sérum peut être ect sous la peau, mais à doses forteset répétées. Dans les cas plus graves, utiliser la voie veineuse. Quelques succès comptent à l'actif de la sérothérapie intrarachidienne. Enfin, à la suite de leurs expériences sur l’animal, Roux et Borrel se sont adressés à la voie intracérébrale.

Ayant constaté que, dans le télanos, le sérum introduit sous la peau agit contre la toxine en circulation, mais non contre la toxine fixée par les éléments nerveux, ils eurent l’idée de porter directement le sérum au contact de la substance nerveuse. En effet, chez des cobayes rendus tétaniques, l'injection intracérébrale de sérum arrête l’évolution du tétanos, et ils guérissent. Malheureusement, en thérapeutique humaine, cette méthode n’a pas donné tous les succès auxquels on pouvait s'attendre : à côté de quelques cas de guérison, de nombreuses atteintes mortelles ont été observées, malgré l'emploi de cette nouvelle méthode. En la perfectionnant, il est possible qu'on enregistre un jour de meilleursrésultats,

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