VACCINATION ACTIVE
L'histoire des blessures observées pendant la guerre aura montré que, dans certains cas en raison dela prolongation dela suppuration d'une plaie, le blessé ne peut être longuement maintenu en état de défense par la sérothérapie préventive. Il a semblé à Vallée et L. Bazy que cette dernière pouvait alors être remplacée avantageusement par une vaccinalion active.
Les auteurs ont pensé qu'il serait possible de vacciner l'organisme humain comme Roux et Vaillard avaient vacciné tes animaux en vue de l'obtention d'un sérum thérapeutique; comme eux ils ont utilisé la toxine létanique atténuée par addilion d'une solution iodée (1 gramme d'iode et 2 grammes d'iodure de polassium pour 200 centimètres cubes d’eau physiologique).
Plusieurs blessés atteints de traumatismes graves, de gelures étendueset profondes des pieds, de fractures du membre inférieur, ont subi cetle vaccination. Celle-ci a consisté en trois injections à cinq jours d'intervalle à l'aide des mélanges suivants :
2/3 de toxine.
17e vaccination : À cent. cube d’un mélange de ARE v 1/3 de solut. iodée.
29 — 2 — du m'me mélange.
3e 5 — de toxine et 2 cent. cubes de solut. iodée,
La saturation de la toxine par l’iode étant instantanée, le mélange était réalisé au moment de l'emploi.
IL n’a été observé aucune réaction, ni locale, ni générale. Après un mois de traitement, les blessés étaient restés indemnes ; leur sérum, à La dose de 1 centimètre cube, contenait d'ailleurs 10 unités antitoxiques.
L’immunisation n'étant complète que vers le dixième ou douzième jour après la dernière vaccination, il est indispensable de recourir, dès la blessure, à la sérothérapie préventive; mais en cas de menace permanente de tétanos, la vaccination doit être mise en œuvre en la commençant le cinquième jour après l'injection sérique.