AUTRES BACTÉRIES ANAÉROBIES RENCONTRÉES DANS LA GANGRÈNE GAZEUSE
BACILLUS SPOROGENES.
Ce bacille, décrit par Metchnikoff, a été souvent rencontré dans la gangrène gazeuse humaine, 21 p. 100 des cas, d’après Les observa-
Fig. 260. — Bac. sporoçenes. Culture en bouillon. A gauche, après 48 heurés; à droite, après 4 jours.
{ions de l’un de nous. Son rôle paraît y être assez peu important. Dans les formes graves de gangrène, on trouve toujours d’autres microbes plus virulents. Le B. sporogenes se rencontre d’ailleurs aussi dans les infections gazeuses bénignes des plaies, et dans bon
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nombre de plaies non infectées. A l’état normal, il se rencontre assez souvent dans l'intestin humain.
Bacille présentant la forme et les dimensions du Vibrion septique, mobile, cilié, prenant le Gram, sporulé. Les spores, ovalaires, sont le plus souvent subterminales ; leur extrémité distale demeure habituellement capuchonnée d’un fragment du corps bacillaire, un peu effilé en éperon à son extrémité libre. Cet aspect, sans être spécifique, est bien particulier. Les sporessont très abondantes(d'oùle
Fig. 261. — Zae. sporogenes. — Colonie isolée en gélose glucosée pro‘onde, grossie 95 ï 25 fois.
nom de l’espèce) déjà après vingt-quatreheures en cultures ; les jours suivants elles se libèrent du corps bacillaire et les préparations ne montrent plus guère que des spores libres (fig. 260). Développement très facile et exubérant, exclusivementen anaérobiose.
En bouillon ordinaire ou glucosé, trouble uniforme avec dégage-
ment gazeux etodeur putride.
Le lait, coagulé en petits grumeaux ou non, est en tous cas
rapidement éclairci par digestion de la caséine.
En gélose Veillon, colonies très grosses, formées d’un centre opaque blanchâtre, neigeux, avec couronne de filaments périphériques (fig. 261). |
BACILLUS PUTRIFICUS. | Le
Liquéfie la gélatine très rapidement (un ou quelques jours).
En bouillon additionné de blanc d'œuf cuit, le cube deblanc d'œuf est rapidement digéré (un à quelques jours).
Attaque la glucose, la lévulose, la galactose, la maltose (Berthelot). |
Le B. sporogenes est habituellement avirulent ; douzeéchantillons, provenant de gangrène, et inoculés par l’un de nous, n’ont déterminé aucune lésion grave, à la condition qu'il n'existe aucun autre germe surajouté. MM. Weinberget Seguin attribuent à certaines variétés de B. sporogenes des propriétés pathogènes pour le cobaye : par inoculation intramusculaire, infection mortelle; destruction et liquéfaction des muscles, odeur infecte, formation d’une énorme poche de gaz; à distance, œdème rouge, séreux. Les souches virulentes ont donné une toxine d'activité faible.
BACILLUS PUTRIFICUS.
Le B. putrificus (Biens!ock) est avant tout un microbe de la putréfaction. 11 possède la propriété de digérer le blanc d'œuf, la fibrine, la viande; il saponifie la graisse.
C’est un bacille droit, morphologiquement très voisin du Bacilie du tétanos (fig. 262); "il fprésente'ens effet, comme ce dernier, des
Fig. 262. — Bacillus putrificus. Fig. 263. — Bacillus putrificus. Cilonie isolée en gélose glucosée profonde, gross'e 25 fo:s.
spores arrondies terminales, de telle sorte que le Bacille sporulé prend l'aspect de baguette de tambour (B. pseudo-tétanique de Tavel).
Très mobile, le B. putrificus prend le Gram.
En gélose, en quarante-huit heures, les colonies sont formées d’un noyau central entouré de filaments très nombreux (fig. 268). En gélatine, les colonies ont un aspect chevelu; le milieu est liquéfié. Toutes les cultures dégagent une odeur putride.
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Non pathogène pour l'animal.
Le B. putrificus a été rencontré très souvent dans les plaies de guerre: il fait souvent partie de la flore des gangrènes gazeuses, mais ne semble pas susceptible de les provoquer à lui seul.
BACILLUS FALLAX.
Cette espèce a été décrite par MM. Weinberg et Seguin, comme un des agents de la gangrène gazeuse.
C’est un bacille anaérobie, présentant les dimensions du Vibrion septique, mobile, cilié, capsulé, pas ou peusporulé, prenant le Gram.
Cultures : en bouillon Martin glucosé, culture abondante, trouble, avec dégagement gazeux et odeur aigrelette.
En gélose de Veillon, après quarante-huit heures : colonies en forme de cœur jaune, avec un bourgeon latéral.
Ne liquéfie pas la gélatine.
En lait tournesolé : décoloration et coagulation.
Ne digère pas le blanc d'œuf cuit.
Pathogène pour le cobaye. Après inoculation sous-cutañée (abdomen), il se produit un vaste phlegmon gazeux; décollement de la peau, vaste poche de gaz. (Edème rouge séreux. Le germe est très abondant dans les lésions et sur le péritoine.
Sécrète une toxine peu active.
BACILLUS AEROFŒTIDUS.
Décrit par MM. Weinberg et Seguin comme un des agents des infections gazeuses.
Bacille anaérobie, à bouts arrondis, mobile, prenant le Gram, nor sporulé.
Se développe facilement. En bouillon Martin glucosé, trouble abondant en vingt-quatre heures. Odeur fétide.
En gélose de Veillon, colonies ayant l’aspect de cœurs jaunes.
Liquéfie rapidement la gélatine.
Décolore et coagule le lait tournesolé.
Attaque le blanc d'œuf cuit en le rendant transparent après quelques semaines.
Peu pathogène, 5 centimètres cubes deculture, inoculés sous la peau du cobaye, tuent en trente-six heures à trois jours. Il se forme un phlegmon gazeux local, légèrement putride.
BACILLUS HISTOLYTICUS,
Décrit par MM. Weinberg et Seguin comme un des agents des infections gazeuses.
BACILLUS HISTOLYTICUS. fac,
Cest un bacille anaérobie, mobile, cilié, sporulé, prenant le Gram. | |
11 donne en bouillon Martin glucosé un trouble uniforme, avec odeur légèrement putride ; pas de dégagement gazeux.
Attaque lentement le blanc d'œuf cuit, qu’il rend transparent après quelques semaines.
En gélose de Veillon, en vingt-quatre heures, colonies grisjaunâtre, de 1 à2 millimètres de diamèt'e, présentant un noyau central irrégulier, entouré d’une auréole de filaments ramifiés et enchevêtrés.
Liquéfie la gélatine.
Coagule le lait en fins grumeaux qui sont ensuite digérés; en huit à dix jours, il reste un liquide clair, jaune ambré.
Pathogène pour le cobaye, le lapin, la souris, le rat.
Chez le cobaye, l'inoculation intramusculaire (cuisse) détermine après quelques heures de l'æœdème mou, envahissant. Puis la lésion progresse, le tissu conjonclif et les musclessont liquéfiés; l'épiderme cède et la lésion s'ouvre à l’extérieur, laissant échapper une bouillie hémorragique constituée par les tissus digérés. Les os sont dénudés. L’articulation du genou est fréquemment atteinte, et à son niveaule membre peut se détacher spontanément(auto-amputation). . Lamortsurvienten douze à vingt-quatre heures. On constate en plus des lésions précédentes, du côté opposé à l'injection, une nappe hémorragique limitée par un œdème rouge. Parfois Ia paroi abdominale est perforée et l'intestin fait hernie. Le microbe pullule dans la bouillie musculaire et passe dans le péritoine. A no:'er que les lésions ne sont ni putrides, ni gazeuses.
Les cullures jeunes renferment une toxine, qui tue le lapin à dose de 1 à 2 centimètres cubes par inoculation intraveineuse.