‹ Précis de bactériologieChapitre 68 sur 197 · COLORATION · texte numérisé non relu

COLORATION

On a successivement considéré comme spores les points clairs des bacilles colorés (Koch), ou au contraire des granulations un peu plus colorées que le reste (Babès), mais sans preuves = à l'appui. Gavina dit avoir rencontré des spores terminales dans des cultures en présence de lusol ou de luso- / forme; ces bacilles sporulés seraient : , plus résistants à la chaleur. .

Constitution chimique.—Elle *.

a été beaucoup étudiée, dans l'espoir a de trouver la raison des réactions très particulières du Bacille tubereuleux :* à l'égard des colorants. Le Bacille tu- à nu berculeux renferme toute une série de = L'ÉFL. substances qu'on peut extraire par des ue dissolvants appropriés, alcool, xylol, | be. ; éther, pétrole, etc. ; des acides gras, us V4 des graisses neutres, une cire, des = corps analogues à la cholestérine et Fig. 274. — Bacille de Koch, forme pseudcà la lécithine (Aronson, Auclair): actinomycosique dans les tissus: inocu- Bulloch et Mac Leod ont extrait lation expérimentale (d’après Schütz). ainsi plus de 40 p. 100 de matières solubles. La plupart de ces substances sont acido-résistantes,

pee

Fr

Coloration.

Dans les cultures très jeunes (spécialement dans les cultures homogènes), le Bacille de Koch peut être coloré par les procédés ordinaires. Mais, dans les cultures bien développées, de même que dans les produits pathologiques, il ne peut être coloré que par des méthodes spéciales.

Il prend le Gram à l'aide d’une technique modifiée (méthode de Much)...

Procédés spéciaux de coloration. — Principe. — Le Bacille de Koch est acido-résistant. Le principe de la coloration des acidorésistants a été exposé plus haut (p. 242). Il est en outre alcoolo-résistant, c'est-à-dire qu'il 1ig. 275. — Disposition du résiste à la décoloralion par l'alcool (Bezançon Faile, AT de et Philibert). Il est souvent assez nécessaire impression, de constater à la fois l’acido-résistance et l’alcoolo-résistance avant de conclure à la présence de Bacilles tuberculeux, en raison de la confusion possible avec certains bacilles seulement acido-résistants, mais non alcoolo-résistants (Voy. p. 786).

A. Coloration dans les cultures et les frottis. — Procédé

de Kühne. — Procédé recommandé, lorsqu'il n'y a pas de confusion possible avec les acido-résistants.

1° Colorer par la fuchsine phéniquée :

Soit à froid pendant dix à quinze minutes ; Soità chaud, environ deux à trois minutes : chauffer légèrement audessus d’une veilleuse, jusqu’à production de vapeurs, puis cesserle chauffage ; recommencer trois fois lam me opération. Éviter de faire

bouillir.

20 Faire agir pendant quelques secondes l’aniline chlorhydrique (ou chlorhydrate d’aniline) :

Huiléd'aniliné ss PE 100 cent. cubes.

Acide ChlorhYArique re eee 2 —

39 Décolorer par l'alcool absolu ; laver à l’eau.

40 Recolorer le fond par le bleu de méthylène phéniqué dilué au tiers, quelques secondes.

Ce procédé, vulgarisé par Borrel, est très bon. Le chlorhydrate d’aniline change à peine la teinte de la préparation ; mais il adiversement impressionné les éléments qui la composent : l'action ultérieure de l’alcoo! décolore, en effet, tous ces éléments, sauf les Bacilles tuberculeux, qui restent colorés en rouge.

Procédé de Ziehl-Neelsen. — Procédé recommandé lorsqu'il y a possibilité de confusion avec les acido-résistants.

19 Colorer par le liquide de Ziehl, à chaud, pendant dix minutes.

2 Décolorer par l'acide azotique au liers, deux minutes. La préparation devient incolore. Laver à l'eau. Il réapparait une teinte rose plus ou moins marquée.

39 Achever la décoloration par l'alcool absolu, cinq minutes. Laver à l’eau.

49 Recolorer le fond comme ci-dessus, ou par le bleu de Unna.

Le Bacille tuberculeux reste coloré en rouge.

Observation. — On peut substituer à l'acide nitrique au tiers l'acide sulfurique au quart.

Procédé de Much. — 1° Colorer à 31° pendant vingt- quAe à quarante-huit heures avec la solution :

Violet de méthyle BN, sol. alc. sat.... 10 cent. cubes. Acide phénique, 501282 p100,:,..."1100 —

20 Traiter par la solution iodo-iodurée (p.240), une à cinq minutes.

3° Faire agir successivement : pendant une minute, l'acide pitrique à 5 p. 100; puis, dix secondes, l'acide chlorhydrique à 3 p. 100; enfin, jusqu'à décoloration, l'alcool-acétone (parties égales).

Procédé de Hauser. — Colorer comme pour le procédé de Kühne. Décolorer par l'acide lactique au dixième ; laver. Recolorer le fond.

Procédé de Gabbet. — Co'orer comme ci-dessus : opérer ensuite simultanément la décoloration et la recoloration de fond en traitant quelques secondes par une solution de bleu de méthylène à 2 p. 100 dans l'acide sulfurique au quart.

Procédé de Spengler, — Colorer comme ci-dessus (procédé de Kühne). Traiter ensuite par l'alcool picriqué, quelques secondes :

EE D SANS EEE RER 40 cent. cubes.

Solution saturée d'acide picrique..... 60 —

Laver trois fois de suite à l'alcool! à 60°. Décolorer par l'acide sulfurique à 15 p. 100 ; activer la décoloration par l'alcool absolu, laver à nouveau à l’alccol picriqué.

Procédé d'Ehrlich, modifié par Weigert. — Colorer par le mélange :

Solution aqueuse à 3 ou 4 p. 100 d’aniline.. 10, cent. cubes. Solution alcoolique saturée de violet de HP rnvleiou déluchsine®..17......... 11 —

pendant quinze à trente minutes. Décolorer par l'acide nitrique au liers ou l'acide sulfurique au quart. Laver; recolorer le fond avec une couleur de contraste.

Procédé de Herman. — Le colorant est obtenu en mélangeant au moment du besoin ;

Solution alcoolique de kristall-violet à 3 p. 100.. 3 parties. Solution aqueuse de carbonate d’ammoniaque D RE EN 24 12 ee one 00 6 0 0 + 0 4ppartie:

Colorer à chaud environ une minute; décolorer par l'acide nitrique au dixième ; achever la décoloration par l'alcool absolu. Recolorerle fond par l'éosine aqueuse au centièine.

B. Coloration du Bacille tüberculeux dans les coupes. — On peut employer les mêmes procédés que pour les frottis. Il faut préférer ceux qui n’altèrent pas les Lissus.

Le meilleur est le procédé de Kiühne : colorer d’abord les noyaux par l’hématéine, environ deux minutes ; laver à l’eau. Colorer les Bacilles par la lfuchsine de Ziehl, à froid, quinze à vingt minutes, Faire agir quelques secondes l’aniline chlorhydrique ; décolorer par l'alcool absolu. Traiter par Le xylol et monter.

Conditions générales. — Le Bacille tuberculeux est essentiellement aérobie. La température optima de développement est 380. Les températures limites compatibles avec la culture sont 300 environ et #1° pour les Bacilles des mammifères, 430 à 440 pour le

Bacille aviaire (adapté à l'organisme des oiseaux, dont la température normale est 409).

Les Bacilles habitués à la culture in vitro se développent bien sur des milieux spéciaux, milieux albumineux (Koch), et surtout milieux glycérinés (Nocard et Roux). Mais la première culture est assez difficile à obtenir ; nous indiquerons d’abord comment on peut réussir cette culture iniliale.

Culture initiale. — A part certains cas spéciaux, que nous retrouverons plusloin(Voy. Analysesbactériologiques),ilestprudentde suivre une technique imitée de Koch. On inocule sous la peau d'un cobaye des produits sûrement tuberculeux; après trois ou quatre semaines, l'animal est sacrifié. On recueille aseptiquement des portions largement tuberculeuses de foie ou de rate ; on les broie dans un verre stérile : ce broyage a pour but de libérer les Bacilles, emprisonnés dans les tissus.

À l’aide d’une forte spatule, le produit du broyage est ensemencé sur sérum glyrériné ou sur sang gélosé, qui constituent les meilleurs milieux pour cultures initiales. On observera dans cet ensemencement deux règles particulières ; il faut incorporer la semence au milieu de culture, en le dilacérant un peu avec la spatule; 1l faut ensemencer plusieurs tubes, dix à quinze en moyenne ; beaucoup d’entre eux ne donnent aucune culture. Les tubes, capuchonnés, seront portés à l’étuve ; les caractères de cultures sont indiqués plus loin. On aura soin de repiquerles premières cultures dès qu’elles sontbien formées, et de préférence sur le même milieu. Dansla suite, le Bacille semble s’acclimater aux milieux artificiels et se développe sur tous les milieux que nous allons étudier.

Observations préliminaires. — Pour le sérum, la gélose et le bouillon glycérinés, il est préférable d'ajouter 6 p. 100 de glycérine, 2 p. 100 de glucose et 1 p. 100 de peptone (Nocard et Roux). |

Les cultures devant rester longtemps à l’étuve, on aura soin de toujours capuchonner les récipients.

Nous prendrons comme type d'étude le Bacille fuberculeux des mammifères (humain ou bovin) ; les parlicularités propres au Bacille aviaire seront indiquées en terminant.

Sérum glycériné (Nocard et Roux). — La culture initiale commence à être nettement visible du douzième au quinzième jour, sous forme de petits mamelons saillants, d’un blanc mat ; quelques jours plus tard, les colonies sont sèches, un peu jaunâtres. Après plusieurs générations, les cultures sont un peu plus précoces et surtout plus abondantes : membrane sèche,

hérissée de mamelons très irréguliers. Le liquide du fond peut présenter soit un voile à la surface, soit des grumeaux dans la profondeur.

Le sérum, indiqué pour les premières cultures, ne vaut pas les milieux suivants pour l'entretien du Bacille.

Gélose glycérinée. — La culture est bien développée en deux à trois semaines. À ce moment, son aspect est un peu variable suivant les échantillons : c’est tantôt une membrane sèche avec saillies verruqueuses à la surface, tantôt un enduit gras, plissé, épais. La couleur, blanchâtre au début, devient souvent brunâtre ou rosée dans la suite. La culture dégage une odeur agréable.

Gélose au hareng glycérinée.— D'après Hip. Martin, la chair de hareng peut être substituée avec avantage à la viande dans la fabrication de la gélose glycérinée; le milieu est plus favorable encore quand on emploie, au lieu d'eau ordinaire, certaines eaux minérales (eau du Mont- Dore surtout) : on fait bouillir la chair de hareng dans une fois et demie son poids d’eau, pendant quarante-cinq minutes; on passe sur un linge, et on opère ensuite comme pour la gélose glycérinée.

Sang gélosé glycériné glucosé. — Sur ce milieu, préconisé par Bezancon et Griffon, la culture est luxuriante, mamelonnée, teintée en brun-chocolat par l’hémoglobine empruntée au milieu.

Milieux à base d'œuf. — a. Dorset emploie l’œuf solidifié : on mélange intimement le blanc et le jaune ; après avoir ajouté 10 p. 100 d’eau, on répartit en tubes et on stérilise en position inclinée, par chauffages discontinus à 700.

b. On peut ajouter le jaune d'œuf à d’autres milieux : mélanger 10 grammes de jaune d'œuf à 20 grammes de gélose glycérinée, maintenue liquide à 45°, mélanger ; laisser refroidir (Bezançon et Griffon) ; ou bien mélanger 70 grammes de jaune d'œuf à 30 grammes de bouillon glycériné stérile, mélanger, coaguler à 90° en position inclinée (Lübenau).

c. Sur ces divers milieux à base d'œuf, le Bacille de Koch se développe b'en. Suivant Park, le milieu de Dorset est favorable à la culture du Bacille bovin, alors que le Bacille humain y pousse à peine ; et inversement, le Bacille humain donne de tres belles cultures sur milieu de Lübenau, peu favorable au Bacille bovin. Dans tous les cas, les cultures obtenues sur milieux glycérinés au jaune d’œuf sont précoces, abondantes, souvent grasses.

Pomme de terre glycérinée (Nocard). -- La culture est abondante et relativement précoce ; elle est visible vers le dixième ou vingtième jour ; elle forme une membrane épaisse, plissée, humide, blanc jaunâtre (fig. 276) ; plus rarement elle demeure sèche,

La culture forme voile à la surface du liquide où baigne Le tubercule. Pomme de terre biliée et glycérinée (Calmette). — On laisse séjourner pendant trois semaines à la glacière de la bile

Fig. 276. — Bacille de Koch ; culture sur

pomme de terre glycerinée.

glycérinée à 5 p. 100; on y fait ensuite baigner les pommes de terre pendant trois heures.

Les Bacilles tuberculeux poussent beaucoup mieux sur le milieu à bile homologue : Bacille humain sur bile humaine, Bacille bovin sur bile de bœuf, Bacille aviaire sur bile de poule.

Organes (À. et F. Lumière). — Le foie ou la rate de bœuf ou de veau, après lavage, est cuit à l’autoclave (quarante-cinq minutes), puis découpé en fragments qu'on plonge une heure dans l'eau glycérinée à 6 p. 100; les fragments sont répartis en tubes à pommes de terre et stérilisés. La culture est abondante et débuterait après trente-six heures.

Bouillon glycériné (Nocard et Roux). — Il faut ensemencer à la surface, en ballon ou en matras. Le mieux est de prélever un large fragment du voile qui recouvre le liquide du fond dans les cultures sur pomme de terre glycérinée; on dépose ce voile à la surface du bouillon, en ayant bien soin de ne pas l’immerger ; le voile doit demeurer flottant.

La culture débute vers le quinzième jour, sous forme d'un voile mince qui entoure le fragment ensemencé. Le voile s'agrandit et s'épaissit peu à peu; il recouvre bientôt toute la surface et grimpe sur les parois; il se plisse, demeurant le plus souvent sec; plus rarement, il est gras et humide. Le liquide reste toujours limpide.

Le Bacille bovin donne le plus souvent une culture moins abondante que le Bacille humain.

Lorsqu'une partie de lasemence est immergée, il peut se développer au fond des grumeaux peu abondants.

Les cultures dégagent une odeur agréable.

Réaction du bouillon. — Les deux Bacilles neutralisent le milieu pendant les trois ou quatre premières semaines; dans la suite, Le Bacille humain acidifie, alors que le Bacille bovin alcalinise (Th. Smith).

Variantes. — Pour faciliter le flottage de la semence, on peut disposer à la surface du bouillon une petite plaque de liège (P. Courmont) ou une très mince pellicule d'huile de vaseline (Gioelli}.

Bouillon glycériné de Ia pomme de terre (Jurewitch). — On commence la préparation du bouillon comme d'ordinaire (p. 117; jusqu’au temps e); d'autre part, on laisse macérer dans son poids d’eau, pendant vingt-quatre heures, de la pomme de terre écrasée et tamisée, qu'on passe ensuite sur linge. On mélange les deux liquides et on opère ensuite comme pour le bouillon. Après le temps ?, on ajoute 3 p. 100 de glycérine.

Caractères particuliers du Bacille aviaire. — Le Bacille aviaire se développe plus facilement, même en premières cultures ; il pousse en outre sur bouillon ordinaire.Ses cultures sont en général humides et grasses, abondantes, présentant par ailleurs les caractères décrits ci-dessus; en bouillon glycériné,les grumeaux du fond sont parfois assez abondants. L’odeur paraît un peu aigrelette (Straus). Tous ces caractères sont contingents et peuvent appartenir aux autres types de bacille.

Cultures homogènes. — Arloing a pu habituer le Bacille tuberculeux à produire dans le bouillon un trouble homogène (comme le Bacille typhique). On part d’une culture habituée aux milieux arlificiels et produisant une membrane grasse et humide sur pomme de terre glycérinée; on ensemence en bouillon glycériné, en ayant soin ensuite d’agiter le milieu tous les jours. Après un certain nombre de passages en bouillon glycériné, le bacille cultive en troublant uniformément 1e milieu; la culture, relativement précoce, peut être bien développée dès le deuxième jour. Les cultures bien entraînées se développent sous le même aspect en bouillon ordinaire.

Vitalité. — En cultures, le Bacille de Koch demeure vivant

quelques mois. | Résistance à la chaleur. — Sa résistance à ia chaleur est variable suivant les conditions de milieu. ;

Il résiste plus à l’état sec qu’à l’état humide, plus dans les produits morbides, où il est protégé par une gangue albuminoïde, que dans les cultures,

Le bacille des cultures est tué en dix minutes à 70° {Yersin}; desséché, il résiste mieux : un chaufiage de trois heures à 1000 affaiblit la virulence, sans l’anéantir (Grancher et Ledoux-Lebard). Le bacille sporulé de Gavina résisterait plus que le bacille non sporulé.

Dans les crachats humides, le bacille n’est aucunement influencé par un chauffage à 71° pendant dix minutes (Galtier). La résistance dans le lait a été particulièrement étudiée, dans le but de fixer les conditions néces-

soires pour rendre le lait sûrement inoffensif, mais les résultats sont un peu variables. La plupart des auteurs admettent avec Forster que le Bacille de Koch est détruit en cinq minutes à 80° ou en dix minutes à 70°; mais, d'autre part, on l’a vu résister à 80° pendant trente minutes (Beck) el à 70° pendant une heure (Basenau) : il fautremarquer que ces températures sont celles habituellement atteintes dans la pasteurisation. On comprend très bien, d’ailleurs, que le bacille résiste mieux quand le lait provient de bêtes atteintes de mammites tuberceuleuses.

Résistance à la putréfuction. — Le Bacille de Koch résiste à la putréfaction : pendant vingt jours dans les tissus putréfiés (Galtier); pendant deux ans dans des cadavres enfouis (Schottelius).

Résistance à la dessiccalion. — La résistance à la dessiccalion est diversement appréciée. Les crachats desséchés seraient inoffensifs suivant certains auteurs: d’après Küss, ils conservent leur virulence pendant quinze jours à la lumière, dix-huit jours à l'obscurité.

Résistance dans l'eau. — Dans l’eau de Seine, le Bacille humain demeure vivant soixante-dix jours (Chantemesse et Widal); le Bacille aviaire, cènt quinze (Straus et Dubaïry).

Résistance aux antisepliques. — Elle cest faible dans les cultures, beaucoup plus marquée dans les excreta ou tissus. Le Bacille de Koch des cultures est détruit par l'acide phénique à 1 p. 100 en une minute (Yersin). D'après Koch, le cyanure d’or à dose infime, 1 p. 2000 000, suffit à empêcher toute culture.

Dans les crachats, les antiseptiques non coagulants manifestent seuls quelque activité ; H. Vincent obtient la stérilisation en six heures avec la soude à 10 p. 100 et l'hypochlorite de chaux à 20 p. 100.

Réactions à l'égard des sérums. — |. Expérimentalement, le sérum des animaux inoculés présente des anticorps spécifiques : agglutinine, sensibilisatrice, précipitine. Ces anticorps sont particulièrement abondants chez les animaux vaccinés.

Il. Chez l’homme tuberculeux, le sérum sanguin renferme également des azglutinines et des sensibilisatrices (Voy. plus loin, Diagnostic de l'infection).

IT. Les Bacilles tuberculeux ne sont pas tous agglutinables, Avantde procéder à la recherche du pouvoir agglutinant d’un sérum, il faut donc au préalable vérifier l'aptitude agglutinative du microbe.

Le Bacille de Koch est pathogène dans les conditions naturelles pour l’homme et pour beaucoup d'animaux.

Chez l'homme. — Le rôle du Bacille fuberculeux en pathologie: humaine est énorme.

On ne se tromperait pas beaucoup en disant que tout être humain adulte est tuberculeux ; aux autopsies d'adultes, on constate la présence de lésions tuberculeuses chez la plupart des sujets, 80 p. 100, suivant les

estimations les plus modérées, 94 p. 100 {Strang) etimème 100 p. 400 dans certains milieux.

Mais la majorité de ces lésions tuberculeuses sont latentes ; elles représentent, dans les trois quarts des cas, de simples reliquats d’une infection antérieure, localisée le plus souvent au sommet des poumons ou dans les ganglions trachéobronchiques ou mésentériques.

La tuberculose est de beaucoup la plus importante des causes de décès. En moyenne, et dans les villes, 20 à 25 p. 100 des décès lui sont directement attribuables.

La forme clinique de beaucoup la plus fréquente est la phlisie, ou tuberculose pulmonaire chronique, avec cavernes, abcès caséeux, tubercules, etc. La tuberculose aiguë, sous forme de granulie, de méningite tuberculeuse, de typho-bacillose (tuberculose sans lésions apparentes }, est moins fréquente, sans étre exceptionnelle. Il faut citer, en outre, les tuberculoses localisées les plus communes : tuberculose osseuse, articulaire, péritonéale, intestinale, génito-urinaire, cutanée (lupus), ganglionnaire, etc.

La tuberculose est presque toujours acquise : la transmission héréditaire est tout à fait exceptionnelle. Elle se propage à peu près exclusivement par contagion. C’est le plus souvent l'homme malade qui transmet la tuberculose à son entourage; mais les documents accumulés dans ces dernières années démontrent que les tuberculoses animales, spécialement la tuberculose bovine, peuvent infecter l’homme.

Il existe plusieurs portes d'entrée de la tuberculose. Suivant les opinions, on accorde le plus d'importance à l'infection par inhalation ou à l'infection par ingestion : l’une et l’autre sont certainement fréquentes. On connaît, en outre, quelques exemples d’inoculation par voie cutanée et par voie génitale.

Chez les animaux. — Bovidés adultes. — LA tuberculose des bovidés est en moyenne {rès répandue, mais son expansion varie beaucoup d’une région à l’autre.

En Europe, on peut évaluer de 10 à 20 p. 100 le nombre des bovidés adultes reconnus tuberculeux à l’abattoir ; mais les chiffres extrêmes sont très écartés, de 1 à 38 p. 100. L’emploi de la tuberculine FRE en oulre un ui énorme de tuberculoses latentes.

La tuberculose des bovidés évolue sous des formes diverses. Il faut signaler tout d'abord la plus fréquente, la tuberculose chronique à localisations multiples; on trouve alors dans le poumon des masses saillantes à l’extérieur (pommelière), tantôt caséeuses, tantôt crétacées; dans les plèvres et Ie péritoine, des sortes de tumeurs fibreuses ou fibro-crétacées étalées à la surface des séreuses, en forme de polypes ou de choux-fleurs (maladie perlée, Perlsucht) ; il existe souvent des altérations tuberculeuses du foie, de l'intestin (ulcérations), des ganglions.

L'évolution des formes chroniques peut êlre traversée par des poussées aiguës

Dorrer et SACQUÉPÉE. — Bactériologie, 2e édit. 48

Veau. — La tuberculose est rare chez le veau, d'autant plus rare qu’on s'adresse à des animaux plus jeunes.

Porc. — La tuberculose du porc paraît devenir de plus en plus fréquente, surtout depuis que l'élevage industriel les nourrit de résidus de laiterie. |

En France, elle est encore rare: mais elle sévit fortement en d’autres pays; à l'abattoir, on trouve tuberculeux 4 à 5 porcs p. 100 en Allemagne, jusqu’à 30 p. 100 en Hollande.

Les formes les plus communes sont la tuberculose digestive, avec entérite tuberculeuse et tubercules dans le foie et les viscères abdominaux, et Ja forme ganglionnaire (scrofu'ose); des examens plus minutieux pratiqués dans ces dernières années amènent à penser que la tuberculose aigué, avec peu ou pas de lésions, est également fréquente. Il existe, en outre, une forme articulaire.

Singe. — Dans nos climats, les singes meurent souvent de tuberculose, surtout pulmonatre ; 25 p. 100 des décès environ. Chien. — Le Jr est rarement atteint, À cas sur 100 à 200 animaux

environ ; tuberculose chronique surtout pulmonaire.

Autres mammifères. — Le cheval, la chèvre, le mouton, le chat ne sont pas réfractaires à la tuberculose, mais se trouvent atteints beaucoup moins souvent que les espèces précédentes.

Les animaux de laboratoire, lapin, cobaye, ral, souris, ne sont guère atteints par la tuberculose: ils présentent, par contre, des: pseudo-tuberculoses (chap. Pseudo-tuberculoses). .

Oiseaux. — Chez la rot des oiseaux, poule, pigeon, faisan, pintade, oiseaux de proie, etc., la tuberculose est fréquente; aux Halles de Paris, on a trouvé 35 à 75 p.100 de volailles tuberculeuses pour certaines provenances. L'oie etle canard paraissent seuls à peu près réfractaires.

La tuberculose des oiseaux est due généralement au Bacille aviaire. C'est presque toujours dans l'abdomen que siègent les lésions : tubercules caséeux ou crétacés dans le foie, la rate, la paroi intestinale ; le poumon est plus rarement intéressé.

Chez le perroquet, on observe, par contre, souvent la tuberculose pulmonaire, de même que de la tuberculose cutanée du bec.

Animaux à sang froid. — Voy. Bacille pisciaire (à la fin-de ce chapitre). 1

Action pathogène expérimentale.

On peut reproduire expérimentalement toutes les lésions tuberculeuses.

I. Chez les animaux sensibles, les lésions sont le plus souvent apparentes, tubercules, abcès caséeux, etc. : c’est la tuberculose type

Villemin, décrite tout d'abord par Villemin à la suite de l’inoculation au cobaye de produits tuberculeux humains. Parfois il n’y a pas de lésions apparentes, mais Les organes sont infiltrés de Bacilles : c’est la tuberculose type Yersin, signalée par Yersin chez les lapins soumis à l’inoculation intraveineuse de Bacilleë aviaires. Presque toutes les inoculations aboutissent au type Villemin; nous signalerons en temps utile les quelques exceptions ressortissant au type Yersin.

IL. De même que tout autre microbe, le Bacille de Koch est inégalement virulent, mais les variations de virulence sont, au moins en partie, liées à des raisons saisissables.

Comme toujours, la dose intervient : 40 microbes d’une culture déterminée peuventtuer le cobaye inoculé sous la peau ;: une dose quatre fois plus forte tue toujours (Preyss). Il faut aussi tenir compte de l'âge des cultures ; anciennes, elles peuvent ne plus produire que de la sclérose, sans tubercules (Bezancon et Philibert).

Peut-être, comme le veulent Rodet et Delanoë, la virulence variable du bacille explique et, même, permettrait-elle de mesurer le degré de gravité clinique de la tuberculose pulmonaire humaine.

Mais c’est dans l'adaptation du bacille aux diverses espèces animales qu'on à trouvé l'explication la plus nette des variations dans la virulence. Ces bacilles, adaptés à l'homme, aux bœufs ou aux oiseaux, ne constituent pas, nous l'avons vu, des espèces distinctes, mais cela ne les empêche en aucune facon de se modifier un peu dans leurs qua- Jités pathogènes.

Le Bacille bovin est le plus pathogène « pour tous les mammifères, y compris l'homme », à dit Behring, ce qui est au moins un peu exagéré. Î[l est ma :ifestement le plus pathogène pour le lapin et pour les bovidés: mais il‘est moins pathogène que le Bacille humain à l'égard du cobaye. La virulence du Bacille aviaire pour Les mammifères et, inversement, la virulence des Bacilles des mammifères pour les oiseaux sont discutées.

Page 1