CHAMPIGNONS DU PIED DE MADURA
En 1894, H. Vincent signalait dans l'affection dite « pied de Madura», dénommée ultérieurement « mycétome » par Laveran, et qui n'estautre en réalité qu'une lymphangite mycosique, l'existence d'un Streptothrix; on le crut tout d'abord seul responsable de cette lésion; mais les recherches ultérieures de Wright, Laveran, Bouffard, Ch. Nicolle, Brumpt démontrèrent que le mycétome pouvait être dû à des champignons voisins du Streptothrixz Maduræ, comme aussi à des Aspergillés. On décrivit d'ailleurs plusieurs types de mycétom's: à grains blancs, à grains noirs, à grains rouges.
(€ STREPTOTHRIX » OU « OOSPORA MADURÆ ».
Aspect microscopique. — Dans les grains ou grumeaux que contient le pus issu des nodosités caractéristiques du pied de Madura, on constate l’existence de filaments mycéliens très grêles, sinueux ou droits, très souvent enchevêtrés, ne présentant jamais nicrosses ni massues; à la périphérie des bouquetsqu'ils forment, ils prennent - une disposition rayonnée.
Observés dans les cultures, ils présentent un aspect identique, mais, quand celles-ci ont séjourné deux semaines à l’étuve, les rameaux fructifères se chargent de spores ovoïdes.
Coloration. — Le champignon prend toutes les couleurs d’aniline ; il prend le Gram.
Aérobie strict, Streptothrix Maduræ se développe entre 200 et 400. La température optima égale 370. Dans les milieux usuels, il pousse faiblement ; il préfère les infusions végétales.
Bouillon. — Culture grèle, montrant au bout de douze à quinze jours des grumeaux grisâtres; le milieu ne se trouble pas. Gélatine. — Culture blanche et grèle. Pas de liquéfaction.
Gélose glucosée glycérinée. — Culture abondante; colonies