‹ Precis de bacteriologie cliniqueChapitre 11 sur 110 · DES CAUSES D'ERREUR · texte numérisé non relu

DES CAUSES D'ERREUR

peuvent pénétrer dans le torrent circulatoire. Le lait a été constaté maintes fois au lit du malade. J'ai donné une démonstration expérimentale de l'infection agonique, en empoisonnant les animaux par l'arsenic et par l'alcool. On constate dans le péritoine, dans le sang du cœur, les bactéries intestinales, et en particulier le bacterium coll. La réfrigération, le surmenage l'asphyxie (Bouchard), déterminent le même exode de bactéries dans le sang du cœur. Toutes les fois qu'il y a congestion de l'intestin, cet exode pourra s'observer. C'est d'ailleurs là une condition qui s'observe fréquemment chez l'homme.

Certains poisons microbiens, ainsi que j'en avais émis l'hypothèse, peuvent de môme faire pénétrer dans le sang certains microbes des cavités naturelles. MM. Mosny et Marcano, par injection intraveineuse de cultures filtrées du staphylococcuspyogenes aureus, ont provoqué des péritonites purulentes dues aux microbes normaux de l'intestin du lapin.

La marche de l'envahissement cadavérique, qu'il ait débuté pendant l'agonie ou seulement après la mort, est encore peu connue. Un récent mémoire de MM. Achard et Phulpin donne à ce sujet de précieux renseignements. Dans six cas, la présence des microbes a été constatée dans le sang pendant la vie. Il s'agissait d'infections septicémiques ayant pour point de départ diverses lésions (eschares, etc.) ; dans un autre groupe de huit cas, les microbes n'existaient pas dans le sang, mais dans le foie. L'infection hépatique semble avoir été dans ces cas agonique.

Dans vingt-quatre autres cas, la recherche des microbes,négativependant la vie, adonné des résultais positifs après la mort; dans onze autres cas, l'examen est resté

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néRalif pendant la vie et sur le cadavre, depuis le moment du décès jusqu'au moment de l'autopsie, qu. a été pratiquée de vingt-deux à vingt-sept heures après le

Le foie parait être d'habitude le premier organe qui se laisse envahir par les microbes, aussi bien dans les derniers moments de la vie qu'immédiatement après la

mort. ^. , .

Les microbes isolés ont été, dans les cas septiccmiqucs, deux fois le streptocoque, quatre fois le staphylocoque blanc. Dans l'envahissement cadavérique, le staphylocoque blanc se rencontrerait le plus souvent (trois fois seul et treize fois associé), le bacterium coli trois fois seul et huit fois associé, sans compter les six cas où il avait produit pendant la vie l'infection hépatique. Enfin les bacilles de la putréfaction ont été trouvés cinq fois seuls et dix-huit fois associés.

La putréfaction, au bout de quarante-huit heures en moyenne, est due à ces bacilles. Dans les selles du cadavre, après la mort, le bacterium coli pullule d'abord, puis au bout de deux cà trois jours il est remplacé par les bactéries du genre Proteus.

D'après Achard et Phulpin, c'est le staphylocoque blanc qui pénètre le plus rapidement les cadavres. 11 ne se laisse jamais devancer par les microbes de la putréfaction.

11 faut retenir de ces faits que, pour interpréter correctement les constations microbiologiques faites à l'autopsie, il faut que cette autopsie ou du moins les prélèvements microbiologiques aient été faits aussitôt que possible après la mort. Un exemple frappant en est donné par le cas de Charrin et de Veillon qui isolèrent dans le pus d'une péritonite, aussitôt après

24 DES CAUSES D'ERREUR A L'aUTOPSIE. le décès, le pneumocoque. A l'auLoi.sie, laite vingtquatre heures après, le pus ne contenait plus que le Jmcterium coli.

Le problème est particulièrement délicat s'il s'agit du sang du cœur. Ici, pour affirmer qu'il y a eu septicémie, l'examen post-mortem peut n'avoir aucune valeur. 11 faut que le sang ait été prélevé du vivant du malade. D'après Canon cependant, il n'est pas nécessaire de pratiquer pendant la vie l'examen bactériologique du sang. Pour faire la preuve de Tinfection sanguine, il est suffisant, d'après cet auteur, de prélever le sang moins de vingt-quatre heures après la mort, dans une veine superficielle. Ce que nous venons de dire des infections agoniques démontre que cette pratique est insuffisante et peut exposer à de grandes causes d'erreur. Il faut de môme faire des réserves sur les examens bactériologiques portant sur le foie, cet organe étant, de tous les viscères abdominaux, celui qui se laisse envahir le premier par les microbes de l'intestin, aussi bien dans les derniers moments de la vie qu'immédiatement après la mort. Le foie du cadavre s'infecte avant le sang du cœur.

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