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MÉTHODES GÉNÉRALES D'ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE

Au lit du malade, aussi bien qu'à l'amphithéâtre, ou au laboratoire, un examen bactériologique peut être pratiqué par trois méthodes difl'érentes :

V examen microscopique ;

Les cultures, dans les différents milieux;

Les inoculations aux animaux.

Ces trois méthodes se complètent entre elles et permettent de corroborer ainsi les résultats obtenus. Il est certains cas où il est inutile de les employer toutes les trois. Ce n'est d'ailleurs toujours pas possible. Ainsi, par exemple, si l'on recherche les bacilles de Koch dans les crachats, et si par l'examen microscopique on a constaté leur présence, l'inoculation aux animaux sera inutile. On sait, d'autre part, que la culture de ce bacille, longue et difficile à obtenir, nécessiterait dans ce cas une peine absolument inutile.

11 n'en estpas moins vrai que, dans la majorité des cas, il est absolument indispensable d'employer systématiquement, pour l'aire un diagnostic bactériologique, ces trois méthodes. Affirmer d'après un simple examen sur lamelles, que tel ou tel bacille existe dans un produit pathologique donné, ne saurait entraîner la

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conviction, quelles que soient l'habitude et rexpérience de celui qui a fait l'examen.

Nous allons rappeler rapidement les principales données techniques relatives à ces méthodes générales.

I. Examen microscopique. — On ne devra employer que des lamelles bien propres. On prélèvera avec le fil de platine flambé une trace du produit, on l étalera en couche mince sur la lamelle, puis on laissera sécher. Quand toute trace de liquide est évaporée à l'air libre, on passe trois fois la lamelle dans la flamme d'un bec de gaz ou d'une lampe à alcool, le côté enduit tourné vers le plafond, puis on procède à la coloration.

Les bactéries mobiles seront examinées sans pratiquer la dessiccation et sans colorer le liquide qui les tient en suspension. On peut cependant y ajouter une trace de bleu de méthylène, en solution aqueuse, qui colorera les bacilles et ne gênera leurs mouvements qu'après un certain laps de temps. Les colorations dans les coupes confirmeront les résultats obtenus directement par examen sur lamelles.

II. Cultures. — Les cultures sur plaques de gélatine sont trop connues pour que nous les décrivions ici, ainsi que les cultures sur gélose, en stries.

Nous indiquerons seulement ici un petit artifice, extrêmement commode, qui a été indiqué par M. Vcillon et qui nous a rendu de grands services pour la séparation des microbes. C'est une modification de la méthode de Loeffler, employée pour isoler le bacille diphtérique dans les tubes de sérum.

Supposons par exemple qu'on ait à faire l'analyse bactériologique d'un échantillon de pus. Voici comment on procède :

On prend quatre tubes de gélose ordinaire, et l'on

MÉTHODES GÉNÉRALES. 27 charge, avec une trace du pus que l'on veut examiner, l'aiguille de platine. Puis, sans recharger V aiguille, on la plonge successivement dans Veau de condensation qui est au fond des quatre tubes de gélose, sans toucher à la surface inclinée. Puis on répand cette eau, ainsi ensemencée, à la surface de la gélose et on met àl'étuve à 37°. Au bout de vingt-quatre heures déjà, les quatre tubes montrent des colonies, innombrables en général sur le premier tube ensemencé, de moins en moins nombreuses sur les tubes suivants, où elles sont assez écartées les unes des autres pour pouvoir être prélevées séparément et examinées.

11 est également une recommandation extrêmement importante, qu'il ne faut jamais perdre de vue, dans les analyses bactériologiques. C'est de faire, d'une façon constante et systématique, des cultures dans le vide, du produit pathologique que l'on examine. Nombre de résultats publiés ont été ainsi rendus incomplets, ou négatifs, faute d'avoir employé cette méthode. Elle a de plus l'avantage de corroborer les données que fournissent les cultures en présence de l'air, si, dans le produit examiné il existe un microbe facultatif, mélangé à d'autres micro-organismes aérobics. Ceux-ci ne se développeront pas dans le milieu privé d'air, et on pourra obtenir, dans certains cas, du premier coup, une culture pure du microbe facultatif.

ll[. Inoculations. — 11 ne faudra jamais négliger, en inoculant un animal, de raser soigneusement la peau et de stériliser parfaitement la surface dénudée, en la roussissant légèrement avec une baguette de verre chauffée sur la flamme. La désinfection par les liquides antiseptiques nécessite plus de temps ; elle est, de plus, beaucoup moins sûre.

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L'aiguille de la seringue (aiguille en platine iridié) sera egalemenl flambée avant que l'on s'en serve.

Pour le détail des inoculations , voir : Wurtz {Technique bact&iologique,]). 98).

Nous rappellerons seulement ici un procédé très élégant, dû à M. Veillon et qui permet d'effectuer une séparation de microbes dans des cas délicats, lorsqu'on croit avoir affaire, par exemple, au pneumocoque VeiUon pratique l'inoculation sous la peau d'une souris à la face externe de la cuisse, dont on a préalablement coupé les poils. Pour éviter une infection étrangère, la peau, au niveau de l'inoculation, est très légèrement cautérisée avec une pointe de verre chauffée.

La souris inoculée présente, dès le lendemain, au point inoculé, une réaction inflammatoire. En effet, tous les microbes, introduits sous la peau, tendent à se développer, mais ceux qui ne sont pas pathogènes sont rapidement détruits ; ceux qui sont plus ou moins pathogènes continuent seuls à se développer.

Dès le lendemain de l'inoculation, au moyen d'une pipette stérile, très effilée, on ponctionne la peau, stérihsée au préalable par une légère cautérisation, au niveau de la petite tumeur inflammatoire, et on retire un peu de pus ou de sérosité roussâtre. Ce pus ou cette sérosité sont soumis à la série des examens habituels.

Le surlendemain, on retire d'autre pus que l'on traite de même; si la souris meurt, on soumet son sang et ses organes à l'examen microscopique et à l'ensemencement.

On arrive ainsi à isoler, d'un milieu pouvant contenir une grande quantité d'espèces micro])ioiuies différentes, les espèces pathogènes pour la souris.

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Dans quel ordre doiL-on pratiquer ces méthodes d'investigation, examen sur lamelles, cultures, inoculations?

Dans l'autopsie, les ensemencements devront, en général, toujours être faits en premier lieu, et surtout lorsqu'il s'agit d'examiner des liquides contenus dans une cavité qui vient d'être largement ouverte (péritoine, plèvres, méninges). 11 faudra alors ensemencer tout d'abord les différents milieux de culture, afin d'éviter toute contamination par les microbes de l'air.

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