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BRONCHITES

atteints de rougeole, le même bacille qu'ils ont isolé du sang et des sécrétions conjonctivales et nasales. A une période tardive les accidents bronchiques sont vraisemblablement dus aux microbes des infections secondaires. Il en est de même de la fièvre typlioide. Ghantemesse et Widal, Polguère auraient isolé le bacille typhique du poumon et des petites bronches. Mais il est possible qu'ils aient eu affaire au bacterium coli. D'ailleurs on n'a jamais constaté la présence du bacille d'Eberth dans la paroi des grosses et des moyennesbronches enflammées (Marfan).

Bronchites pseudo-membraneuses aiguës. — C'est le groupe de bronchites aiguës sur lequel on possède le plus de données, au point de vue bactériologique. Elles relèvent soit du bacille de Klebs-Loeffler, soit du pneumocoque.

Dans la bronchite pseudo-membraneuse diphtérique la fausse membrane ne diffère en rien de celle du pharynx ou du larynx. Elle se détache seulement avec la plus grande facilité. On y trouve le bacille de Klebs-Locffler, uni ou non au streptocoque pyogène.

Le pneumocoque détermine aussi des bronchites qui peuvent être pseudo-membraneuses, et môme purulentes. Dans les pseudo-membranes on trouve le pneumocoque, soit qu'il s'agisse d'une complication ascendante de la pneumonie, soit même quand la bronchite était indépendante de la pneumonie (Jaccoud).

Le pneumocoque peut d'ailleurs déterminer des bronchites purulentes (Duflocq et Ménétrier).

Il est enfin d'aulres bronchites pseudo-membraneuses, la bronchite fibrineuse aiguë, la bronchite pseudo-membraneuse chronique, dont la cause nous est absolument inconnue.

Bronchites fétides. — Nous ne possédons que des nolions incomplètes sur la cause des bronchites putrides. On avait longtemps attribué, avec Leyden et JalTe, la mauvaise odeur des crachats, dans certains cas de bronchite, aux organismes du genre Leptothrix. On s'accorde aujourd'hui à refuser un rôle pathogène prédominant à ces champignons. Lumniczer (1) ne l'a trouvé qu'une fois sur douze cas à expectoration putride.

Ce dernier auteur a isolé six espèces de micro-organismes dans les crachats de bronchite fétide : les staphylocoques albus, citreus, cereus flavus etcereus albus, undiplocoque et un bacille qu'il considère comme spécifique. C'est un bacille très court, légèrement recourbé, arrondi aux extrémités, ressemblant à l'sbacille de Miller.

Les cultures de ce microbe répandent une odeur putride. Elles déterminent, par injection intra-pulmonaire chez les lapins, une irritation qui peut aller jusqu'à la gangrène.

Pour Lumniczer ce bacille serait l'agent pathogène de la bronchite fétide.

Broncho-pneumonie .

Consulter ; Weichselbauiu, Ueber die Aeiiolor/ie der aculen Lungen und Rippeiifelenlzûndungen [Wiener med. Jahrb., 1880). — Mosny, Des bronc/to-pneumonies, Th. Paris, 1S90. — Netter, Ai'chives deméd. expérimentale, 1892, p. 38.

Technique. — La technique à suivre est celle qui est indiquée par Netter : Opérer sur les poumons recueillis à l'autopsie. « Les examens multiples sont

(1) Lumniczer, Wii:n. mi'd. Presse, iS^S, p. eiiC.

BRONCHO-PNEUMONIE

impossibles lorsqu'on s'adresse au suc retiré du poumon du vivant du malade. » Certains médecins (Finlder) ponctionnent le poumon à l'aide d'une seringue de Pravaz, mais nous pensons avec Netter que cette méthode doit être rejetée. Elle peut être dangereuse et de plus << ces ponctions agissent un peu à l'aveugle ». Les signes physiques ne nous permettent pas de prévoir la profondeur des foyers de condensation (Netter).

A. Fraenkel le premier, en 1886, s'efforça de distinguer, au point de vue de leur origine bactérienne, la broncho-pneumonie de la pneumonie franche. Il attribua celle-ci au pneumocoque qui porte son nom.

Le premier examen bactériologique complet de broncho-pneumonies est dû à Darier (1) qui, dans quatre cas de broncho-pneumonie diphtérique, a isolé le streptococcuspyogenes dans tous les cas. Deux fois ce micro-organisme existait dans le foyerpulmonaireavec les staphylocoques pyogènes. Darier a, déplus, trouvé trois fois le bacille diphtérique, dont il a obtenu une fois des cultures.

Weichselbaum, dans un mémoire classique, a étudié vingl-cinq cas de broncho-pneumonie :

12 étaiciil, à pneumocoque ; 7 à streptocoques;

2 à bacille de Fi-iedlacnder ;

3 i'i staphylocoques ;

I l'ois le pneumocoque était associé au Staphylocoque doré.

Les broncho-pneumonies à pneumocoques étaient cinq fois lobulaires, cinq fois il n'existait que de l'hépatisation.

(I) Darier, Société de biologie, 188S.

Banli, sur huit broncho-pneumonies, a trouvé dans quatre cas survenus chez des adultes, une fois le pneumocoque, une fois le pneumocoque associé au staphylocoque, une fois le streptocoque associé au staphylocoque pyogène, une fois le bacille encapsulé.

Netler, sur cinquante-trois cas de broncho-pneumonie observés chez l'adulte, a trouvé, dans trente-neuf cas une seule espèce microbienne :

Le pneumocoque 15 fois.

Le slreplocoque li!

Le bacille de Fi'iedlaender 2

Les staphylocoques pyog'6iies 3 —

Quatorze broncho-pneumonies renfermaient en même temps plusieurs espèces microbiennes :

Le pneumocoque associé au slaplijlocoque 5 fois.

— — streptocoque 3 —

— — bacille de Friedlaendor 2 —

Le pneumocoque associé au staphylocoque et

au streptocoque 2 —

Le streptocoque associé au staphylocoque. .. . I —

— — stapliylocoque

et au bacille de Friedlacudcr 1 —

Les organismes trouvés le plus fréquemment sont d'abord le pneumocoque, puis le streptocoque. Les diverses formes anatomiques de la broncho-pneumonie peuvent être déterminées par chaque espèce mici^obienne. Contrairement à l'opinion de Mosny, Nelter n'admet pas que les formes pscudo-lobaires de la broncho-pneumonie relèvent du pneumocoque.

Chez renfani. — Finklcr, après ponction du poumon au lit du malade, a trouvé dans sept broncho-pneumonies infanlilcs, d'origines diverses, le pneumocoque, le streptocoque et le staphylocoque, seuls ou

BRONCHO-PNEUMONIE

associés l'un avec l'autre. Queisner, Neumann, Mosny ont également isolé ces trois organismes, plus le bacille de Friedlaender. Dans les cas qu'il a examinés, Netter sur quarante-deux broncho-pneumonies infantiles, a trouvé vingt-cinq fois une seule espèce microbienne :

Piieumocoquos

Streptocoques

Stapliylocoqucs

Bacille de Friedlaendci

Dans di.x-scpt autres cas il y avait associations microbiennes :

Pneumocoque -}- streptocoque 5 fois.

Streptocoque + staphylocoque S —

Streptocoque -h bacille encapsulé 3 —

Pneumocoque + streptocoque -|- staphylocoque. 2 —

Pneumocoque -f- staphylocoque 1 —

Pneumocoque + bacille encapsulé 1 —

On voit que, chez l'enfant comme chez l'adulte, on peut retrouver chacune des espèces pathogènes suivantes :

Pneumocoque ;

Streptocoque ;

Dacille de Friedlaender ;

Staphylocoque ; ce dernier étant relativement moins commun que les autres.

Cihcz l'adulte, le pneumocoque se rencontre beaucoup plus fréquemment que le streptocoque. Chez l'enfant, la fréquence de ces deux microbes est à peu jirès la même.

Le l»lus ordinairement le foyer broncho-pneumonique ne contient qu'une seule de ces espèces microbiennes.

Wuiiïz. — Baclériologie. g

10 fois.

C'est surtout chez l'enfant qu'elles se trouvent associées.

Toutes ces données s'appliquent aussi hian aux broncho-pneumonies primitives qu'aux l)roncho-pncumonies secondaires.

Nous allons cependant étudier rapidement un certain nombre d'entre elles.

Rougeole. — Tous les microbes pathogènes de la broncho-pneumonie peuvent se rencontrer dans la rougeole (Netter, Neumann, Queisner, Mosny)

Variole. — Les pneumocoques y existent en prédominance (Netter), seuls ou associés. D'après Auché, les broncho-pneumonies varioliques peuvent reconnaitre, comme agents pathogènes, diverses espèces microbiennes.il y a isolé les staphylocoques pyogènes, le streptocoque et le pneumocoque, soit à l'état de pureté, soit associés. Il n'a constaté aucune relation entre la nature du microbe pathogène et la forme des lésions broncho-pneumoniques.

Grippe. — La broncho-pneumonie grippale relève vraisemblablement, comme celle de la rougeole, d'infections secondaires; aussi y trouve-t-on, tantôt du pneumocoque, tantôt du streptocoque, tantôt du bacille de Friedlacnder (Netter).

Netter, sur huit cas, les a trouvés, seuls ou associes entre eux. Prior, sur quatre cas, a isolé le pneumocoque et le streptocoque en proportions identiques. ^Yeichselbaum, sur deux cas, n'a trouvé que le pneumocoque. Finkler,sur quarante-deux cas, a trouvé vingt-sept lois le streptocoque, et deux fois les staphylocoques.

Érysipéle. - Dans l'infoction puerpérale, dans rérysii.èle, les broncho-pneumonies relèvent du streptocoque (Mosny).

BRONCHO-PNEUMONIE. Hb

Fièvre typhoïde. — Dans la broncho -pneumonie lyphique, on ne retrouve le Lacille typhique que dans certains cas, dans les vaisseaux sanguins.

Dans les foyers pulmonaires, on rencontre les agents ordinaires de la broncho-pneumonie, le pneumocoque, le streptocoque, les staphylocoques et le pneumobacille de Friedlaender.

Diphtérie. — C'est de même le streptocoque que l'on rencontre d'une façon presque constante dans la diphtérie.

Le bacille diphtérique peut s'y trouver (Darier, Mosny, etc.),maisle plus souvent lorsqu'on l'isole des lobules splénisés, c'est que la lésion diphtérique s'est propagée jusqu'aux bronches intra-lobulaires ; dans ces cas, la constatation d'exsudats tibrineux, c'est-à-dire de fausses membranes diphtéi-iques, dans les plus fines ramifications broncliiques, explique sa présence dans les noyaux hépatisés (Mosny). Le streptocoque lui est toujours associé, et parfois même ce dernier organisme y existe à l'état de pureté. Le pneumocoque et les staphylocoques se Irouvcnt souvent aussi dans les broncho-pneumonies diphtériques.

Flexner, dans un cas, a trouvé dans la lumière des alvéoles le bacille de Loeffler, en petit nombre, en même temps que le pneumocoque ; dans un second cas, le pneumocoque à l'état de pureté.

Charbon. - Dans la maladie des Irieurs de laine {Woolsorlem clisease), la lésion principale est une broncho-pneumonie due au Bacillus anthrucis (Voy. Charbon, p. 408).

Broncho-pneumonies d'origine intestinale. — Sé-

vestre et Lesage ont, dans certaines broncho-pneumonies (lui surviennent dans le cours des entérites

infectieuses, isolé le bacLerium coli dans les noyaux hépalisés. Dans deux cas de hroncho-pneumonie consécutive à une hernie étranglée avec gangrène, Fischer et Lévy ont trouvé dans le i)oumon le bacterium coli, concomitaniment avec le staphylocoque pyogène doré.

Bernabei, AUieri, dans plusieurs cas de bronchopneumonie avec expectoration putride, ont isolé un bacille semblable morphologiquement à celui de la fièvre typhoïde, mais qui se colore par le Gram et donne des cultures à odeur fétide.

Les variétés de broncho-pneumonie peuvent-elles, par leur allure clinique, faire savoir que l'on a affaire à tel ou tel microbe, et peut-on de Texamen bactériologique, déduire des considérations pronostiques?

Actuellement, nous ne possédons sur ce sujet que des données approximatives. Les voici résumées d'après Netter.

Broncho-pneumonies à streptocoques. — Les crachats manquent fréquemment dans celle forme et sont généralement rares. On est donc privé le plus souvent d'un élémentprécieux de diagnostic. Netter rejette avec raison la pratique de la ponction des foyers hépatisés.

La toux est peu marquée. La courbe de température présente de grandes oscillations connue dans la pyohéniie.

La dyspnée est très notable. Les signes physiques présentent une tendance remarquable audéplacemenl.

En l'absence de foule constatation bactériologique, cest surtout sur l'épidémicilé de ces broncho-pneumonies qu'on pourra s'appuyer pour porter le diagnostic de broncho-pneumonie à streptocoques.

BRONCHO-PNEUMONIE

C'csL également à cette variété que l'on aura affaire s'il y a érysipèle concomitant,

Broncho-pneumonies à bacilles de Friedlaender. — Netler a pu, cinq fois sur le vivant, établir le diagnostic de broncho-pneumonie à bacille de Friedlaender, par l'examen des crachats, ils sont filants, visqueux, poisseux, plus adhérents encore que ceux de la pneumonie lobaire et contiennent le bacille encapsulé. Ils peuvent être rouillés ou grisâtres.

Ces broncho-pneumonies paraissent comporter un pronostic très grave.

Broncho-pneumonies dues exclusivement au pneumocoque. — Ici l'on manque de données précises. Neumann a recommandé de pratiquer dans ces cas l'examen de la salive. En l'inoculant à la souris, cet auteur a pu reconnaître, dans douze cas de bronchopneumonie infantile sur quatorze, la présence de pneumocoques.

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