‹ Precis de bacteriologie cliniqueChapitre 30 sur 110 · PLEURÉSIES. 1S · texte numérisé non relu

PLEURÉSIES. 1S

dence la valeur de ce procédé . L'inoculation dans le péritoine de cobaye leur a donné des résultats positifs. Mais la réciproque n'est pas toujours vraie. Une pleurésie manifestement tuberculeuse peut parfaitement ne donner aucun résultat positif d'inoculation (Netter, A. Fraenkel, Ehrlich, Kelscb et Vaillard, Gilbert et Lion).

D'après la statistique de Netter, les inoculations ne sont positives, dans les cas de tuberculose pleurale avérée, que dans la proportion de 25 p. 100. Comment se fait-il que ce réactif si sensible de la tuberculose, l'injection intra-péritonéale au cobaye, ne donne dans ces cas que des résultats aussi incertains? Cela tient à la rareté extrême des bacilles de Koch, qui sont en suspension dans le liquide. L'analomie pathologique des pleurésies séro-fibrineuses, tuberculeuses explique celait. Les granulations tuberculeuses sont emprisonnées dans les fausses membranes et souvent recouvertes complètement par les lames ou les fibrilles de fibrine.

On sait qu'il existe, dans le liquide séro-fibrineux de la pleurésie tuberculeuse, delà tuberculine, comme dans le fiquide d'ascile de la péritonite tuberculeuse (Debove et Renault); on aurait là, à la rigueur, un moyen de diagnostic. L'inoculation de ce liquide à des animaux tuberculeux pourrait provoquer la réaction caractéristique.

Les pleurésies séro-fibrineuses consécutives à lapneumonie sont souvent aussi stériles (Netter). Il en est de même dans certains cas de pleurésies typhiques, ou soi-disant telles.

2° Le liquide pleurétique séro-fibrineux contient des micro-organismes. On y a décelé et isolé :

kl

Le streptocoque ; Le pneumocoque;

Les staphylococcus albus et aureus;

Le bacille d'Eberth. Le streptocoque peut s'y trouver à l'état de pureté, ou mêlé à d'autres micro- organismes. Il existe à l'état de pureté dans toutes les all'ections à streptocoques, dans la bronchite purulente, les fièvres éruptives, l'érysipèlc, la bronchite, etc.

11 peut se rencontrer dans les pleurésies tuberculeuses (Gilbert et Lion) sans que l'on puisse déceler dans l'épanchement la présence du bacille de Koch.

Les staphylocoques s'y trouvent également, seuls ou associés. Leur présence dans l'épanchement pleural ne signifie forcément pas qu'il y aura épanchement purulent (Goldschmidt, Garré).

Le pneumocoque a été trouvé par difFérents auteurs (Talamon, Lévy, L.-F. de Bavière, Prudden), dans les pleurésies séro-fibrineuses, assez fréquentes d'ailleurs (ïroisier. Rendu, Ghantemesse) que l'on constate au début ou dans le cours de la pneumonie, quand la ponction est pratiquée à temps. Netter ne l'a jamais retrouvé, Loriga et Pensuti l'ont vu et cultivé une fois, et Prudden deux fois. Pour Jakowski, la pleurésie séro-fibrineuse qui n'est pas de nature tuberculeuse relève du pneumocoque. 11 l'a trouvé dans 70 p. 100 des cas, sur cinquante- deux observations. Pour cet auteur, comme pour la plupart des médecins, la pleurésie à pneumocoques est plus bénigne que celle à streptocoques.

Dans la fièvre typhoïde, dans l'épanchement pleural séro-fibrineux (ce qui n'est pas la règle), on a trouvé le

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bacille d'Eberth (Fernel) le slaphyloccocus pyogeiies albus(Lévy). Ce dernier auteur n'a sur cinq cas jamais pu isoler le bacille d'Eberlh. Kelsch l'a isolé dans un cas de pleurésie primitive qui semblait au début devoir évoluer sans complication. Les ponctions donnèrent issue à un liquide louche, d'apparence hématique, dans lequel on constata la présence unique d'un seul micro-oiganisme, le bacille typhique, décelable par toutes les réactions qui lui sont propres (1891).

Pleurésies hémorrhagiques.

Les pleurésies hémorrhagiques sont tuberculeuses, cancéreuses, ou constituées par un hématome pleural.

C'est la première variété seule qui relève d'un examen bactériologique. Il sera le plus souvent absolument négatif, aussi bien à l'examen microscopique qu'à l'inoculation. Il faudra, en tout cas, inoculer de grandes quantités de l'épanchement sanguin pour pouvoir être sûr d'obtenir un résultat certain :

A. Fraenkel, dans un cas de tuberculose miliaire à forme pleurale, a trouvé dans l'épanchement sérohémorrhagique le bacille de Koch.

Il existe, en outre, un certain nombre de pleurésies hémorrhagiques, où l'examen bactériologique a été pratiqué, et où l'on a isolé différents microbes.

Ehrlich, dans deux cas d'infarctus infectieux, Roger et Charrin, Kelsch, dans des cas de pleurésie hémorrhagique survenus à la suite d'une fièvre typhoïde, ont trouvé le bacille d'Eberth. Dans le cas de Kelsch il y avait tuberculose pulmonaire. Ainsi que le fait remarquer Netter, il faudrait peut-être plutôt, dans ces cas, incriminer la tuberculose coexis-

tante, que le bacille typhique. Cependant, au point de vue expérimental, il est incontestable que l'injection intra-pleurale du bacille d'Eberth, aussi bien que du bacterium coli, détermine des épanchements fianchement hémorrhagiques.

Pleurésies purulentes.

C'est dans l'étude des pleurésies purulentes, plus que dans toute autre partie delà clinique, que la bactériologie a expliqué et mis en lumière bien des faits disparates, inexpliqués jusqu'alors. Les différences si tranchées qui existent entre les variétés de suppurations de la plèvre tiennent, jusqu'à un certain point, aux différentes espèces microbiennes que contiennent ces épanchements pleuraux. Cette distinction a été assez généralement acceptée (Netter). Dans son excellente description du Traité de médecine, on peut, d'après Netter, en se basant sur la bactériologie, distinguer dans les pleurésies purulentes les catégories suivantes :

A. Pleurésies purulentes vraies causées par les organismes pyogènes ;

{° Pleurésies purulentes à streptocoques;

2° — à pneumocoques ;

30 — à organismes moins com-

muns ;

Staphylocoques ;

Pneumobacille de Friedlaender ;

Bacille typhique;

Bacterium coli ;

Gonocoque ;

Bacille de Pfeiffer.

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(Hn'exisLe que deux ou trois observations rekalives à ces deux derniers microbes.)

B. Pleurésies purulentes tuberculeuses.

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