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CHAPITRE VI

APPAREIL DIGESTIF Bouche.

Consulter : Vignal, Recherches sur les micro-organismes de la bouche (Arch. de phys. norm. et palh., 1886, n" 6. — Netter, Revue d'hi/giêne, 1889, p. 501 . — Miller, Die Microorganismen der Mundhohle, die ortliclien and allqemeinen E rkrankungenwekhe durch dieselben hervorqerufen iverden. Leipzig, 1890. — David, Les îrticroiw c/e la 6o!<c/(e, Paris, 1890.

La bouche, demèine que les fosses nasales, conLient un grand nombre de micro-organismes qui y sont apportés par l'air inspiré, plus ou moins cliargé de poussières et de germes.

On a tenté de classitier ces micro-organismes; on a décrit une quantité considérable d'espèces différentes, qui ont été isolées par de patients observateurs, dans la bouche. Les uns sont des microbes de passage; d'autres espèces, variables suivant les individus, vivent normalement dans la bouche.

Ici, les microbes pathogènes nous intéressent seulement.

Ceux qu'on a trouvés un grand nombre de fois dans la bouche d'individus sains sont :

Le pneumocoque (Netter) ; Le streptocoque pyogène ; Le staphylocoque pyogène ;

^ APPAREIL DIGESTIF

Le pneumo-bacille de Friedlaerider.

Le Létragène ;

Le bacille de Loeffler (chez les convalescents de la diphtérie ;

Le champignon de l'actinomycose.

On y trouverait probablement, en le cherchant avec soin, dans certains milieux, le bacille de la tuberculose, dans la bouche, de même que dans les fosses nasales (Straus), chez les sujets sains vivant dans un milieu habité par des phtisiques.

La salive exerce sur ces microbes un pouvoir bactéricide (Valude, Sanarelli), qui empêche les bactéries pathogènes de se développer.

D'après Dittrich, la concurrence vitale entre les saprophytes et les pathogènes se terminerait par la mort de ces derniers.

Parmi les espèces mi crobiennes que l'onrenconlre d'une façon presque constante dans la bouche, à l'état normal, les streptocoques occupent le premier rang.

Dûrnberger a trouvé, dans la bouche des enfants sains, quarante-cinq fois sur cent des streptocoques. Us appartiennent à des espèces qu'on a récemment essayé de différencier (Veillon).

L'enduit lingual, dans les ditl'érentes maladies, sans qu'il y eût stomatite ou glossite, a été étudié par Bernabei (1). 11 y a isolé diverses espèces de microorganismes. Sur cent espèces pathogènes isolées de l'enduit lingual, il existait trente-trois fois le bacille de Friedlaender, et soixante-sept fois des espèces voisines du bacterium coli, du bacille tyi^hique et du vibrion septique.

(1) Uernabt'i, Cenlrulbl. f. hmere Medici», ISy4, p. 804.

STOMATITES.

Stomatites.

Les stomatites catarrhales ont été peu étudiées au point de vue bactériologique. Dans les cas où il y a l'ormation dejjus, on retrouve, dansla gingivite arthrodentaire, les microbes ordinaires de la suppuration. Galippe y a signalé un petit diplocoque, prenant sur les cultures la l'orme d'un bâtonnet, et une bactérie. Il n'a pu reproduire la maladie locale avec ces deux organismes en les inoculant dans les gencives des animaux.

Stomatite ulcéro-membraneuse. — 11 est probable que cette alTection est d'origine infectieuse, et reconnaît comme origine un micro-organisme spécifique. 11 n'a pu être isolé, malgré un certain nombre de tentatives (Pasteur, Netter, Frùhwald). On trouve, dans le putrilage qui recouvre les ulcérations, des iilaments mycéliens, des coccus et des spirilles. Ces spirilles, cultivés par Netter, n'ont pu reproduire les ulcération.s caractéristiques. Frùhwald a eu le même résultat negatil avec un bacille, dont les cultures dégageaient une odeur de putréfaction analogue à celle de l'haleine des malades.

Ces spirilles, qui se trouvent dans la plupart des bouches saines, au niveau du collet des dents ont d ailleurs, d'après Gueit, des propriétés pyogènes

Pour Gahppe, les stomatites aiguës vulgaires, de même que les stomatites toxiques et même la stomatite mercurielle, ne seraient que des formes atténuées de la stomatite ulcéro-membraneuse de Bergeron et

reconnaîtraient une origine commune : les organismes pyogènes de la salive. s'^f'i'mes

VVuMTz. - Bactériologie. 12

Stomatite aphteuse.

CoNSUi/rEn : Siegel, Deutsche med. VVoc/i., 1801, n» 49, et 1804, p. 400 et 426.

La slomalite aphteuse de l'homme n'est que la fièvre aphteuse ou cocotte des bovidés, transmise le plus souvent à l'homme par l'ingestion de lait d'animaux malades. Le beurre peut agir de même.

Actuellement, le microbe pathogène de cette affection nous est inconnu. On a fait un grand nondire de recherches pour élucider ce problème. Klein, dans le liquide des vésicules et à la surface des ulcérations, a trouvé un coccus assez semblable au streptocoque pyogène. L'inoculation de ce microbe aux animaux ne donna aucun résultat.

Les recherches de E. Fraenkel, qui isola les staphylocoques pyogenes, citreus et flavus, n'ont pas davantage éclairé la question.

Siegel, en 1889, observant une épidémie de stomatite aphteuse coïncidant avec une épizootie de fièvre aphteuse, isola, des organes de plusieurs enfants qui avaient succombé à la maladie, un microbe ovoïde qu'il cultiva, non pathogène pour les animaux de laboratoire, mais reproduisant la fièvre aphteuse chez le porc et' le veau. Ces recherches n'ont pas été jusqu'à présent confirmées.

Schottelius n'obtint pas les mêmes résultats que Siegel. Le streptocyte qu'il isola dans les vésicules aphteuses des animaux, n'était pas pathogène.

Plus récemment, Behla, pendant une épidémie de fièvre aphteuse sévissant sur les animaux et sur 1 homme, a trouvé, dans le sang des bovidés, et seulement au

STOMATITE APHTEUSE. 179

moment de la formation de la vésicule aphteuse, et dans le liquide de cette vésicule, des protozoaires.

Ces amibes, analogues aux hématozoaires de la malaria, se présentaient sous la forme d'organismes arrondis, entourés d'une zone claire de protoplasma et munis de flagella.

Fiehla leur al Iribue un rôle spécifique dans la production de la fièvre aphteuse.

Schlatler a observé, chez un individu qui s'était blessé à la main en abattant un veau atteint de fièvre aphteuse, une infiammation accompagnée de vésicules au point lésé, en même temps que des phénomènes généraux. L'examen bactériologique fut négatif. Lermuseau aurait également isolé des coccus. Kurth a trouvé dans le contenu des vésicules, outre de nombreuses espèces bactériennes, un streptocoque, le streptococcus involuLus, qu'il considère, malgré les' résultais négatifs des inoculations, comme l'agent pathogène de la fièvre aphteuse.

Bernabei a isolé, dans un cas, le bacille de Friedlaender.

Siegel, dans une nouvelle série de recherches, a confirmé ses premières données. Troje a isolé des organes d'un enfant mort de fièvre aphteuse le même organisme que Siegel.

Ce sont dcsbcâtonnels courts, cocciformes, de 0[j.,5à 0i^,7 de long, colorés plus fortement aux extrérai'tés qu'au centre. Ils sont immobiles, mais ont quelquefois des cils. Us ne se colorent pas par le Gram.

On les retrouve constamment dans les viscères des enfants et des hommes, surtout dansle rein et le foie quand la maladie n'a pas duré plus de dix joui^.' Plus tard, on est moins sûr de les isoler.

Gangrène de la bouche. — Noma. — La palhogénie du noma esl encore enveloppée d'obscurilé, comme celle des gangrènes en général. On a fait récemment quelques tentatives intéressantes pour déterminer, au point de vue microbiologique, l'agent pathogène du noma. On a rencontré des micro-organismes en grandes quantités dans la profondeur des tissus sphacélcs, de même que dans toutes les gangrènes humides. Bahes a noté diverses espèces, dans deux cas, mais les cultures inoculées ne lui ont donné aucun résultat.

Schimmelbusch (I), dansun cas de noma consécutif à la fièvre typhoïde, a isolé, à la limite de la partie saine et de la partie sphacélée, une bactérie qui s'y trouvait à l'état de pureté, et pénétrait assez loin dans le tissu sain par la voie des lymphatiques. Au centre du sphacèle se trouvait une multitude de micro-organismes variés.

L'espèce qu'il a isolée et décrite ne présente rien de bien caractéristique. Bâtonnets courts, à extrémités arrondies, réunis souvent en filaments et ne se décolorant pas par la méthode de Gram. L'auteur a reproduit, chez le lapin, par inoculation sous-cutanée, une nécrose circonscrite, avec élimination de l'eschare au bout de trois semaines. La souris et le pigeon se montrèrent réfractaires.

Lingard, dans cinq cas de noma, étudiés au point de vue bactériologique, a trouvé, au niveau des foyers gangreneux, des bacilles analogues à ceux de Schimmelbusch.

Foote(2) a isolé, de l'eschare, des staphylocoques, des streptocoques et des bacilles qui se coloraient par le Gram.

(1) Scliimmelbuscli, Deutsche medicinisclio Vi'odienschnft, lS80,n»2G.

(2) Foole, Amer. Joiirn. of Ihe mecl. sciences, 1893, p. 250.

NOMA. -181

Les cultures donnèrent, outre le staphylocoque doré et le streptocoque, le micrococcus cereus albus.

Les bacilles, qui ne purent être cultivés, différaient de ceux de Lingard par leurs dimensions moindres, et de celui de Schimmelbusch en ce qu'ils prenaient le Gram.

Stomatite crémeuse. — Muguet. — Le muguet se développe de préférence sur la langue, puis sur le pharynx; plus rarement, chez les nouveau-nés, dans l'œsophage. Exceptionnellement on peut le trouver dans l'estomac, le cœcum.

Les organes génitaux, le sein et l'anus, la glotte, le poumon (un cas de Parrot) peuvent également être revêtus de saccharomyces albicans. Schmidl l'a trouvé sur cinq cadavres d'enfants, dans le larynx, la trachée, les bronches et l'œsophage. Il peut déterminer des infections généralisées (Schmorl).

L'examen microscopique d'un fragment d'enduit lingual fait reconnaître facilement le muguet. Il se présente sous forme de filaments entre-croisés et de corps arrondis, le lout se colorani facilement par les couleurs basiques d'aniline.

Les filaments sont à conlours parallèles, lisses et onduleux, et constitués eux-mêmes par des cellules allongées de 2 à 6 ,a de largeur- sur 15 à 20 [x de longueur. Elles s'articulent entre elles ou avec un des corps arrondis que nous avons signalés.

Les ramifications secondaires donneni un aspect très enchevêtré à la préparation.

Les cellules longues contiennent un protoplasma légèrement granuleux, avec des points réfringents

Les éléments arrondis conliennent, soitune vacuole Hoit une granulation réfringente. Leur protoplasma est plus transpareni .[ue celui des cellules lonoue.

Ces corps arrondis, soni, soiL isolés au boni d un lUamenl, soit en amas, soiL en chapeleLs.

Souvent d'autres champignons, en particulier le leptothrix buccalis, se trouvent mélangés au muguet.

On trouvera page 191 un tableau donnant les principales propriétés biologiques de cette levure.

il existe même des stomatites et des angines dues à des variétés de saccliaromyces autres que le muguet.

Troisier et Achalme (1) ont trouvé, dans une angine cliniquement semblable au muguet, une levure, un saccliaromycète vrai ayant la forme de globules ovoïdes bourgeonnants, sans filaments, avec des ascopores dans les cultures et agissant comme un ferment alcoolique énergique.

Disons enfin que le leptothrix buccalis, quoique existant dans presque toutes les bouches, ne donne lieu que rarement à des manifestations pathologiques. Stern a publié deux cas de pharyngo-mycose à leptothrix. L'enduit, dans ces cas, est tellement adhérent aux amygdales, qu'il faut parfois employer la curette pour l'enlever.

Autres agents infectieux isolés dans les stomatites.

Nous mentionnerons ici encore des stomatites beaucoup moins fréquentes, où l'on a isolé, dans les produits inflammatoires de la bouche, divers microbes pathogènes.

Staphylocoques. — MM. Sevestre et Gaston ont décrit une stomatite diphtéroïde à staphylocoques,

(1) Ti-oisioi' <■! Aclialmc, Arcli. de mihl. e.rp., IH03, p. 20.

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