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ABCÈS MÉTASTÂTIQUES DU FOIE

Grimm a observé un cas d'abcès du foie, dont le pus contenait des protozoaires.

D'autres parasites que les amibes ont été souvent observés dans les grands abcès du foie, consécutifs ou non à la dysenterie.

Le bacille que Chantemesse et Widal ont décrit dans la dysenterie, qui est extrêmement voisin, sinon identique aubacterium coli,peut déterminer dans le foie des foyers de nécrose de coagulation.

Fontan a trouvé, dans le pus d'abcès du foie, les staphylocoques albus et aureus.

Le pus des abcès du foie peut enfin se montrer aseptique ; les ensemencements de ce pus ne.donnent alors lieu à aucun développement de micro-organismes. Cette stérilité du pus peut tenir à deux ordres de causes. Le microbe pyogène, au moment de l'examen bactériologique, peut avoir perdu sa vitalité, ainsi que dans un cas de M. Rendu, où le pus contenait des streptocoques dont l'ensemencement resta stérile.

Dans d'autres cas, l'examen microscopique et les tentatives de cultures donnent des résultats également négatifs (Laveran, Hanot, Petit, ïuffier, Peyrot, Netter, Arnaud et d'Astros, etc.).

Abcès métastatiques du foie.

Ces abcès s'observent dans les pyohémies chirurgicales, dans la septicémie puerpérale et dans les diverses pyohémies médicales. C'est dire qu'ils sont devenus rares depuis l'introduction des méthodes antiseptiques. Dus à des embolies microbiennes, ils reconnaissent, comme agent pathogène, le microbe qui

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a envahi le sysLème circulaLoii-c. On y Irouvc donc, par ordre de fréquence, le streptocoque pyogène, les staphylocoques aureus ou albus et le bacterium coli.

Hertei, chez un malade atteint de morve, a isolé le bacille spécifique dans le pus d'un abcès du foie.

Kystes hydatiques suppures. — Le pus des kystes hydatiques, en voie de suppuration, peut être aseptique (Chauffard et Widal) ou contenir des microbes (More). Ce dernier auteur a isolé d'un kyste hydatique du foie suppuré, consécutif à une fièvre typhoïde, cinq espèces de microbes, dont deux espèces pyogènes : le staphylococcus pyogenes aureus et le staphylococcus pyogenes citreus.

Klemperer a trouvé, dans le pus d'hydatides suppurées, des streptocoques et des diplocoques.

Ictères infectieux.

Consulter : Girode, Arch. gén. de méd., n"^ 1 et 3, 1891.

Technique. — Examen du sang pendant la vie (Voy. p. 11).

La nature infectieuse de certains ictères a été admise depuis quelque temps. L'étiologie même de ces ictères, leur épidémicité, dans certains cas, avait fait présumer de leur origine microbienne. On s'est efforcé d'appuyer ces hypothèses par des preuves bactériologiques. Nous nous bornerons à exposer rapidement Ces recherches.

Maladie de Weil. — Fraenkel, dans plusieurs cas de maladie de Weil, a isolé le bacterium coli.

Jaeger(l), dans une série de cas de maladie de Weil,

(1) Jaeger, Zeit. f. Hyij., M. XII, !>. 523.

ICTÈRES GRAVES. 235

a fail des recherches hacLériohigifiues sur deux cas mortels décolle mahadie. Il a isolé, dans ces deux cas, une espèce particulière de bacille qui se retrouva dans l'urine de quatre autres malades. Ce bacille appartient, par ses propriétés biologiques, au genre Proteus. L'auteur lui a donné le nom de Bacillus proteus fluorescens, et le considère comme l'agent pathogène de la maladie de Weil. D'autres espèces de proteus pourraient, d'après lui, déterminer également des ictères infectieux.

Karlinski a observé, en Herzégovine, vingt cas d'une affection caractérisée par de la fièvre récurrente, de l'ictère, de l'albuminurie, et dans laquelle se trouvaient, dans le sang des malades, des spirilles non cultivables, non pathogènes pour les animaux, il s'agissait là, probablement, d'une variété de fièvre récurrente. Les spirilles existaient dans le sang, au moment des accès. Cette maladie infectieuse n'a probablement rien à voir avec l'ictère infectieux de nos pays (Chauffard).

Ictères graves. — On a fait un certain nombre de recherches pour démontrer l'origine infectieuse de l'ictère grave. Klebs a signalé la présence de bacilles, Eppinger, Hlava, Balzer, celle de microcoques dans le parenchyme hépatique. Ces constatations, faites à l'autopsie, n'ont point de valeur.

Pendant la vie, Boinet et Boy-Tessier ont examiné le sang des malades atteints d'ictère grave; ils out signalé la présence de microcoques, disposés deux par deux, ou en chaînettes.

Le Gall a décelé le staphylococcus pyogenes aureus dans le sang, en culture pure, ainsi que Girode. Le bactcrium coli a été isolé également par Girode et

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par un certain nombre d'autres auteurs, le pneumocoque par lianot dans un ictère grave terminant une pneumonie.

Vincent, dans un cas grave à marche suraiguë, a noté dans le sang, les organes et le système nerveux central, le B. coii ; dans un second cas, le staphylococcus pyogenes aureus seul.

Nepveu et Bourdillon, Ilanot ont également isolé, dans les capillaires hépatiques, des chahiettes de streptocoques.

Bahes, dans une forme clinique particulière d'ictère grave (hépatite foudroyante hémorrhagique), a isolé dans le sang des streptocoques, formant de courtes chaînettes, troublant le bouillon et y formant un sédiment grossier, floconneux; ce streptocoque ne pousse pas à la température de la chambre. 11 détruirait le parenchyme hépatique en quelques heures, d'après Babes, en pullulant avec une incroyable rapidité.

M. Hanot a constaté la présence du B. coli, dans le sang retiré du foie pendant la vie, chez cinq malades atteints d'ictère grave. 11 y avait h^rpothermie dans ces cinq cas; d'après Hanot, il existe un ictère grave hypothermique, oii l'examen du sang du foie et du sang de la circulation générale, pendant la vie, démontre qu'il y a infection hépatique et sanguine due au B. coli. Dans les autres ictères graves hyperthermiques, on ne trouve que les microbes pyogènes dans le foie et dans le sang.

Bactériologie du foie dans les maladies infectieuses. — Le foie est souvent atteint de dégénérescences diverses au cours des m aladies infectieuses, mais c'est bien plutôt aux toxines microbiennes qu'aux microbes eux-

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mêmes qu'il faut attribuer, dans la majorité des cas, ceshépatites dégénératives. Les microbes peuvent, dans les maladies infectieuses, arriver au foie par la voie sanguine ou par la voie lymphatique.

La présence de micro-organismes dans les capillaires hépatiques est fréquente dans les maladies bactériennes septicémiques. On les y décèle, là, comme dans les capillaires des autres organes et dans ceux de la circulation périphérique : dans la septicémie puerpérale, on y a constaté le streptocoque; dans la fièvre typhoïde, le bacille d'Eberth, etc.

Les germespathogènes peuvent d'ailleurs n'exercer, dans le foie, aucune action de présence, ainsi que cela s'observe dans la septicémie charbonneuse. Au contraire ils peuvent provoquer, dans le parenchyme hépatique, des lésions qui leur sont véritablement imputables (abcès des pyohémies, de la morve, tubercules du foie). Nous allons passer rapidement en revue les principaux cas de foies infectieux où l'on a constaté la présence des microbes pathogènes.

Pyohémies. — Dans les pyohémies, les microbes pyogènes introduits dans la circulation sanguine déterminent dans le foie les abcès métastatiques que nous avons mentionnés plus haut. On y trouve le streptocoque, et moins fréquemment, les staphylocoques et le B. coll.

Morve. — Le foie, dans la morve, outre la dégénérescence graisseuse, peut contenir des abcès, analogues à ceux de l'infection purulente. Ils débutent par une granulation morveuse, qui se ramollit et finit par former une collection purulente. Les bacilles occupent le centre de la granulation morveuse WuRTZ, — Uaclériologie. 17

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et vonlen diminuant versla périphérie. Ils sont libres pour la plupart. Quelques-uns sont renfermés dans

f î • cas.

Fig. il. — Coupe (l'une granulation morveuse du foie.

les cellules, et en particulier dans les cellules épithélioïdes. Les bacilles sont très difficiles à colorer dans .les coupes.

Charbon. — On ne trouve, à l'autopsie d'individus morts de charbon, aucune lésion des cellules du foie, pas plus que des reins. On observe seulement, dans les capillaires hépatiques et rénaux, des bactéries charbonneuses en très grand nombre ; leur orientation

FOIE INFECTIEUX. 2b9

est celle du courant sanguin. D'après Pavone, cependant, il y aurait hépatite dégénérative (dégénérescence

Fig. )8. — Coupe du foie dans l'iiifection charbonneuse. Les bactéridies sont disposées pai-allèlement au courant sanguin.

graisseuse, hyaline, foyers de nécrose) dans la septicémie charbonneuse.

Fièvre typhoïde. — Les bacilles typhiques se ren: contrent sous forme de petits amas dans le foie, dans le sang de la veine porte : ils peuvent encore être disséminés dans les capillaires aunombre de 4, 5, 6 ou 7. Ils peuvent dans certains cas dilater les capillaires; leur nombre prodigieux montre, alors, sur une coupe,' une véritable injection des vaisseau.x sanguins; ils y

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sont libres ou bien contenus dans les cellules endothéliales, qui peuvent apparaiti'e comme injectées de

Fis;. 19.- Foyer bacillaire dans un foie humain au 10» jour de la fièvre typhoïde.

bacilles. Le bacille d'Eberth n'existe d'ailleurs pas constamment dans le foie: Legry l'a isolé 6 fois sur 1 1 cas.

Tuberculose. - Dans la tuberculose miliaire aigue on constate des granulations grises dans le foie. Les tubercules peuvent même avoir la dimension d un grain de chènevis, être caséeux et opaques, s ils ont eu le temps d'évoluer.

Le bacille de Koch est très difficile a colorer dans les coupes du foie. Brissaud et Toupet pensent qu il s'agit là d'une action spéciale, peut-être cadavérique, exercée sur les bacilles par les cellules hepa ïques voisines. D'après Pilliet et Morel, cette dilficulte de

FOIE INFECTIEUX. 261 coloration est due simplement à une technique dé-

l'ig. 20. — Foie de chat tubereuloux.

feclueusc. En fixant convenablement de très petits

262 RATE

fragments de foie tuberculeux, ou arrive à y dccelei' assez facilement les bacilles de la tuberculose (1).

Lauth n'a pu colorer les bacilles que dans les granulations grises. Dallemagne n'en a observé que dans les cellules géantes, dans un très petit nombre de cas. Dans les foies tuberculeux d'enfants, la coloration est un peu plus facile (Parmentier). Dans le foie tuberculeux expérimental, on décèle plus facilement le bacille.

Rate.

Technique (Voy. p. 15).

Dans presque toutes les maladies infectieuses, la rate est touchée, à des degrés divers. Elle est hypertrophiée dans la grande majorité des cas, atrophiée dans la dysenterie, la fièvre jaune, la variole hémorrhagique, le choléra. Les maladies où il y a hypertrophie de la rate peuvent être divisées en trois groupes.

l. Maladies microbiennes septicêmiques, où les microbes pénètrent dans la circulation sanguine, et par conséquent dans la rate. Les micro-organismes des infections secondaires peuvent, dans ce cas, avoir les mêmes effets pathogéniques.

11 Maladies microbiennes toxiques. — Les toxines sécrétées par le microbe pathogène déterminent des lésions spléniques (diphtérie, peut-être choiera el tétanos). Nous n'avons pas à nous en occuper ici.

li) Se servir d'abord d'alcool ordinaire, comme d.ircissaul pour L.yitor laïï,S,:tio„ des fragmenls el le lassemenl des *me,.,s a - sur^o. P.Us.aubout d'une heure ou deax sn>vanl le olumo d . f a^^^^^^^^^ on passe la pièee à Valcool absolu; pu,s, ■', , ; ..f,:, ,

suivant le procéd,^ particulier à ebacun, pour 1 melus.ou .> la patafbne. Huile de eèdre ou ebloroforme, etc.) (Pillier.)

RATE-

m. Maladies parasitaires.

Malaria; Actinomycose.

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