I. Maladies microbiennes septicémiques
Fièvre typhoïde. — C'est dans la fièvre typhoïde surtout que l'examen bactériologique du suc de la rate a pu rendre quelques services. Philippowicz, Lucatello, Chantemesse et Widal y ont trouvé fréquemment, pendant les dix premiers jours de la ma-
ladie, l(j bacille d'Eberth. Ces bacilles y sont alors répandus en abondance, et sont disséminés sous forme de |)eLils foyers. Leur recherche dans les coupes de la rate est assez délicate. 11 faut, en effet, multiplier les coupes pour en trouver. La coloration par le bleu de méthylène donne les meilleurs résultats (fig. 21). Tuberculose. — On sait que, dans la phtisie aiguë,
Fig;. 21. — Rate liuniaine au 10° jour de la fiûvre Ij plioïdo.
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granulique, il y a hyperlrophie splénique. On a isolé, dans le liquide de ponction de ces raies, le bacille de Koch (Rutimeyer).
Pneumonie. — On ne trouve le pneumocoque dans la rate que quand il y a septicémie à pneumocoques. C'est ce qu'on observe chez les animaux inoculés. Sée et Bordas l'ont obtenu en culture pure, par ponction de la rate, dans la pneumonie librineuse, consécutive à la grippe.
Septicémies. — Quel que soit l'organisme dont relève la septicémie, streptocoques, staphylocoques, etc., on trouvera dans la rate le même microbe que dans le sang. On aura même plus de chances de l'y isoler, la rate recevant une artère énorme, proporlionnellement à son volume; elle joue un peu le même rôle pour le sang artériel que le foie pour le sang de la veine porte. C'est une sorte de filtre où les microbes s'emmagasinent pour ainsi dire, et subissent avec plus ou moins d'intensité l'action des globules blancs.
On trouvera donc dans la pyohémie puerpérale le streptocoque, dans les septicémies consécutives au.\ anthrax ou aux furoncles le staphylococcus pyogenes aureus, souvent plusieurs espèces de micro-organismes. Les microbes des infections secondaires, s'ils passent dans le sang, se trouveront également dans la rate. C'est ce que l'on peut constater dans les pyohémies consécutives aux lièvres éruptives, aux purpuras
infectieux, etc.
Fièvre lYCurrente. — Les spirilles d'Obermeier apparaissent dans le sang immédiatement avec les accès et disparaissent peu de temps après la crise. Mctchniivon' et Soudakéwitch, en inoculant à des singes les spirilles d'Obermeier et en sacrifiant leurs animaux aux
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diverses périodes de l'infection, ont constaté qu'on ne retrouve les spirilles que dans la rate, où ils sont englobés par les macrophages des leucocytes à noyaux lobés.
Charbon. — La rate charbonneuse est un des types de rate infectieuse les mieux connus. Elle est extrêmement hypertrophiée ;lesbactéridies charbonneuses forment, en eil'et, dans les co.pillaires, de véritables embolies.
Morve. — La morve peut déterminer des lésions dans la rate, sous forme de granulations morveuses. Le bacille, dans ces cas, ne peut être isolé qu'à l'autopsie. On sait en effet qu'il est exceptionnel de constater sa présence dans le sang pendant la vie.
Typ/iKS exanlhéinatiquc. — Thoinol et Calmette ont trouvé, dans le suc de raie de cinq typhiques, de petits grains réfringents qui pourraient être, d'après eux, spécifiques du typhus.
Lewascheff a également vu les mêmes éléments dans du sang obtenu par ponction de la rate. 11 en est de même pour le diplocoque de Dubief et Brûhl.
Malaria. — Pendant l'accès, on retrouve dans la rate, qui semble être leur repaire, les hématozoaires de Laveran. Dans l'impaludisme aigu, aussi bien que dans les formes clu^oniques, on rencontre les traces de leur présence : elles sont constituées i)ar les débris plus ou moins modifiés de la matière colorante des globules rouges qu'ils ont détruits.
Maladies causées pardes champignons. — Dans l'actinomycose, on a signalé trois ou quatre cas d'envahissement de la rate par l'actinomycès. Il en est de môme dans certains cas de pseudo-tuberculose.