TUBERCULOSE RÉNALE
était soupçonnée, aucun des cobayes inoculés n'est mort de septicémie. Chez les malades sondés, il y a souvent des microbes d'infection secondaire, surtout le B. coli.
On peut d'ailleurs éviter toute cause d'erreur en examinant d'abord au microscope le sédiment avec ou sans centrifiigation. Si l'examen microscopique, portant sur cinq ou six préparations faites avec la double coloration, ne montre ni bacilles de Kocli ni d'autres micro-organismes, on pourra pratiquer en toute sûreté l'inoculation de ce sédiment urinaire dans le péritoine d'un ou de deux cobayes.
L'examen microscopique cst-il ici suffisant pour permettre d'affirmer, au cas où l'on isole des bacilles de Koch, qu'il y a tuberculisation rénale et non pas tuberculose vésicale ? En général, on ne trouve dans la tuberculose rénale que des globules de pus avec ou sans bacilles. La pyurie est de règle.
Mais il est impossible, sur un simple examen bactériologique, de localiser le processus tuberculeux à tel ou tel point des voies d'excrétion urinaire.
Cause d'erreur due au bacille du smegma. — Dans la tuberculose génito-urinaire, il est une cause d'erreur possible que l'on a signalée, dans la recherche du bacille de Koch, et qui est due à la présence du bacille du smegma dans l'urine (Lustgarten et Manaberg).
Ce bacille, découvert par Alvarez et Tavel (1), est morphologiquement semblable au bacille de la tuberculose. 11 possède les mômes réactions colorantes et résiste comme ce dernier à l'action décolorante des acides minéraux forts. Cette dernière propriété, qui
(1) Alvarez pt Tavcl, Arch. de pinjs., 1885, l. VI, p. 303.
lui esl commune avec les bacilles du cérumen, est' due à une enveloppe graisseuse qui enloure les bacilles. Bienslock en a donné la démonslralion en cullivanL le ])acillus subLilis eL le bacillus anlhracisdans de la gélose additionnée de beurre. Ces bacilles résistaient à la décoloration par les acides.
11 est un moyen facile de différencier les bacilles du smegma du bacille de Koch. On les soumet, pendant dix minutes, à chaud, à l'action d'une lessive de soude additionnée de 5 p. dOO d'alcool. La graisse est ainsi saponifiée. On lave ensuite à l'eau et à l'alcool qui dissout le savon. Les bacilles de Koch, ainsi dégraissés, restent colorés malgré l'action des acides.
Cette cause d'erreur, indiquée par quelques médecins allemands, est, il faut le dire, bien facile à éviter, sauf chez la femme. 11 suffit pour cela, chez l'homme, de recueillir l'urine proprement, en découvrant le méat au moment de l'émission de l'urine, si le gland est recouvert par le prépuce, comme cela esl constant chez les enfants.
Le bacille du smegma n'a d'ailleurs aucune action pathogène, ce qui, en cas de doute, permettrait de trancher la question.
On voit donc que, dans le diagnostic bactériologique de la tuberculose rénale, pendant la vie, la technique est bornée à l'examen des urines. Dans les cas d'hydronéphrose tuberculeuse, l'examen du liquide pourra montrer que l'on a affaire au bacille de Koch. Il y existe en petites quantités, mais est décelable, d'une façon sûre, par l'inoculation. Les bacilles de Koch n'ont pas été recherchés, que je sache, dans les hématuries du début de la tuberculose rénale. 11 est probable que, comme dans les hémoptysies, il ne