URÈTHRE
microbes pyogènes vulgaires. La méthode de l'inoculalion intrapéritonéale du cobaye ne donnera plus, dans ces cas, de bons résultats. En filtrant le mucopus, on trouvera parfois plus facilement le bacille de la tuberculose en faisant des préparations avec ce qui est resté sur le filtre.
Bactériurie.
Cette maladie, rare, n'a été encore que peu étudiée. Elle est caractérisée par des urines à réaction toujours acide, ayant toujours une mauvaise odeur et contenant des quantités énormes de microbes (Bacillurie de Roberts).
Krogius(l) enaétudié huit cas : il a trouvé dans l'urine une quantité énorme de bacilles mobiles à extrémités arrondies, isolés ou deux à deux, souvent en chaînettes. Le bacterium col! se trouve fréquemment aussi en culture pure.
Pneumaturie.
Dans les urines de pneumaturiques, Ileyde a isolé le bacterium lactis aerogenes, et Harling le bacterium coli.
Urèthre.
Consulter : Lustgarten et Manaberg, Uebei' die Microorçjanimen der normalen miinnliclien Uvethra und des normalen Harns. Vierlelj. f. Derm. u. Syph. 1887, n° 4. — Petit et Wassermann [1).
Bactériologie normale. — 1° Chez l'homme, l'urèthre est la seule partie des organes génito-urinaires
(1) Krogius, Annales des mal. des org. génito-urinaires, III, 1894.
(2) Pelit cl Wassermann. Ibid.. 1891.
qui soil normalement habitée par des germes; dans sa partie terminale, elle contient constamment quelques microbes, ce qui explique pourquoi, chez les sujets sains, les urines recueillies ne sont pas toujours stériles (Enriquez).
Savor, sur vingt examens, a trouvé quatre fois le bacterium coli, dans l'urèthre de l'homme sain, et chez la femme, le même microbe, quatre fois sur douze.
Les hôtes habituels ou accidentels de l'urèthre, non pathogènes en général, constituent une flore assez abondante. Nous citerons seulement : les diplococcus subflavus, citreus conglomeratus(de Bumm), le diplococcus jaune citron de Steinschneider, un microcoque orangé, le micrococcus ochroleucus de Prove, le lacteus flaviformis et le micrococcus albicans amplus de Bumm, un diplocoque blanc grisâtre de Legrain, un diplocnque à colonies foliacées caractéristiques.
Miura a trouvé le trichomonas vaginalis dans l'urèthre d'un Japonais.
Chez la femme, l'urèthre porte, surpresque toute son étendue, à l'état normal, des germes; cela s'explique par la brièveté du canal et parles causes de contamination de l'orifice vulvaire de l'urèthre.
Dans l'urèthre normal, chez la femme, Gawrouski a trouvé quinze fois sur soixante-deux examens des microbes, huit fois le staphylocoque doré, trois fois le streptocoque, deux fois le bacterium coli, une fois le slaphyloccoccus albus et une fois le bacterium tholoeideum de Gessner.
URÉTHRITES.
Uréthrites.
Consulter : Bosc, Le Gonocoque, Th. Montpellier, 1893. Uréthrite blennorrhagique.
Technique. — Désinlecler le méal et ramener par pi'ession d'arrière en avanL une gouLLe de pus, ou employer le fil de plaline oulapipelle. Chez la femme, désinfecter le méat et se servir de l'anse de platine.
L'uréthrite blennorrhagique est due au gonocoque
deNcisser. On trouvera, page 66, les principales propriétés de ce micro-organisme.
Bosc a publié un tableau de diagnostic bactériologique différentiel du gonocoque, et qui donne les principaux caractères de culture des diplocoques que l'on a l'occasion de rencontrer le plus souvent dans l'urèthrc sain ou malade. Nous renvoyons pour plus de détails àr^</«s d'Eisenberg, dans lesquels ces microbes sont décrits assez complètement.
Fig. 23. — Gonocoque.
, Prennenl lu \ , ' Liquéfient 1 Qfa.m J tt'P'OCOCcus subllavus (IJumni)
|l Ne prennent j Diplocoque jaune cilriii do V pas le Gram. | Steinsclineider.
Liquéfient la gélatine.
1 [ la Cultures sur ) gélatine.
gélose, \
iaunes I 1 D'plocoque jaune non liquéfiant
\ Ne liquéfient pas L ''?
1 Diplococcus citrcus conglomcra-
l lus de Bumm (Eisenberg. ii» S)-
,■ Diplocoquc blanc jaunâtre de \ Legrain.
< Microcoque orangé.
Micrococcus ocliroleucus de Prove (Eisenberg, n» 30).
Di|)Iococcus laclus fiaviforinis 1 de Bumm.
) Diplococcus blanc grisâtre de > Legrain.
; Microcoque blanc grisâtre de Décolorés I Steinsclmcider.
par le Gram. j Micrococcus albicaus amplus i de Bumm (Eisenberg, n° 18).
/ Colorés par 1 Diplocoquc à colonies foliacées
Cultures sur gélose, à centre jaunâtre, à bords blancs ou grisâtres.
j Ne liquéfient pas.
Colorés après le Gram.
Cultures sur l gélose, ( bliinches ou grisâtres.
[ le Gram.
\ Liquéfient
Décolorés par le Gram.
de Legrain.
Diplocoquc de la vulvo-vaginite de Viberl et Bordas.
[ Orcbiocoque de Eraud et Hu-
gounenq.
, Gonococcus de Neisser.
Ce tableau permettra d'identifier les espèces autres que le gonocoque, trouvées le plus souvent dans le pus de blennorrhagiques. On emploiera les méthodes ordinaires, c'est-à-dire les cultures sur plaques de gélatine avec la gélatine ordinaire alcaline, si l'on veut l'aire une analyse bactériologique complète du pus (1).
(1) Depuis deux ans, on a réalisé de très grands progrés dans la culture du gonocoque. Outre les méthodes de Werllieim et de Turro, qui sont indiquées dans le lableau, page C6, on a récemment préconisé les procédés suivants : Glion et Solilagenliaufor emploient la gélose au sang de Pfeifler (gélose ordinaire enduite de sang humain prélevé avec
URÉTHRITES.
Le gonocoque, en effet, n'existe à l'état de pureté, dans le pus, que pendant les premiers jours de la période aiguë de la blennorrhagie ; plus tard, des infections secondaires ne tardent pas à se produire, et peuvent causer des erreurs de diagnostic, un bon nombre des microbes qui les déterminent étant des dijîlocoques.
G. Roux (de Lyon) a indiqué un procédé de différentialion fondé sur la méthode de Gram. Ce procédé rend de grands services.
Les nouvelles méthodes ont permis de faciliter jusqu'à un certain pointle problème. Si l'on ne veut isoler que le gonocoque, on emploiera la gélatine acide de Turro {i); sur ce milieu les pseudogonocoques ne se développeront pas. On peut employer, pour les différencier, d'après lui, la méthode de Gram et la culture : 1° on doit obtenir des cultures de gonocoques par la méthode de Wertheim ; 2» les pseudogonocoques poussent sur les milieux de culture ordinaires (Hogge).
Les complications de l'uréthrite blennorrhagique sont dues, tantôt à une extension de l'inflammation spécifique, à l'envahissement d'un organe autre que l'urèthre par le gonocoque, tantôt à une infection secondaire. On peut ranger dans la première catégorie
purelci et stérilisé). Le gonocoque s'y développe eu colonies qui ont les caractères indiqués par Wertheim dans son milieu de culture.
Kral dit avoir isolé d'une façon certaine le gonocoque, à l'aide de trois difTérenls milieux de culture. Ce sont différents mélanges de gélose, de sérum de bœuf, do saccliarose et de glycérine. {Archiv f. Dermat und Syph., 1894, n» 1).
(1) Il no faudrait pas croire cependant que les essais de culture du gonocoque, soit par la méthode de Wertheim, soit par celle de Turro donnent à tout coup des résultats positifs. Ces méthodes ont réalisé un grand perfectionnement, mais elles échouent parfois.
ORGANES GÉNITO-URINÂIRES.
les complications génitales (abcès péri-uréthraux, orchite).
Pellizari, Cristiani, dans les abcès folliculaires périuréthraux, ont noté le gonocoque. Ce mici^o-organisme peut s'y trouver associé au staphylococcus pyogenes aureus.
Au début de ces abcès, le gonocoque existait à l'état de pureté.
Toulon a trouvé des gonocoques dans les glandes de Bartholin.
Les complications extra-génitales, conjonctivites, péritonites, salpingites, métrites, arthrites blennorrhagiques, relèvent également du gonocoque. Nous renvoyons le lecteur à ces différents chapitres.
Dans les infections secondaires se rangent les bubons et peut-être les cystites. Bockhardt, dans un cas de bubon suppuré, a trouvé des staphylocoques. Les cystites blennorrhagiques ne contiennent que rarement le gonocoque, sauf dans les cas très précoces.
Uréthrites chroniques.
Technique. — S'il y a écoulement (goutte militaire), on examinera le liquide à la manière ordinaire. S'il n'existe qu'un filament dans les urines, on recevra ces urines dans un vase stérilisé, on prélèvera le fdament avec une pipette et on procédera k son examen bactériologique.
Il est bon, pour obtenir un filament le plus volumineux possible, que la miction précédant celle où l'on fait le prélèvement, date de plusieurs heures. Le malade devra donc se retenir d'uriner avant l'examen, ou, mieux encore, donner à examiner l'urine du matin.
C'est surtout dans les blennorrhagies chroniques
URÉTHRITES. 289
qu'il est important de déceler la présence du gonocoque.
On peut s'en passer à la rigueur dans les cas aigus, car le diagnostic est des plus aisés. Il n'en est pas de même dans les vieilles chaudepisses. On sait en effet, au point de vue de la contagion, que ces filaments de pus concret que l'on trouve dans l'urèthre des individus ayant eu la chaudepisse contient, dans la majorité des cas, le microbe pathogène.
L'urine des vieux blennorrhagiques peut donc être une source de contamination chez la femme (Finger) et déterminer chez le malade lui-même des poussées de blennorrhagie aiguë. De plus, le diagnostic bactériologique a de l'importance au point de vue du traitement, car la thérapeutique sera différente, suivant que le pus est aseptique, ou qu'il contient le microbe pathogène. Si le pus est aseptique, ou si les résultats de l'examen sont douteux, il faudra provoquer la réaction (Finger, Janet). C'est un procédé qui consiste en ceci : On fait au malade une instillation au nitrate d'argent,ou un lavage sous pression au sublimé faible; on recueille le premier jet d'urine et on examine lé filament. Si le canal est infecté, on décèlera sûrement ainsi le gonocoque, qui réapparaît sous l'influence de l'irritation causée par l'injection.
Il peut exister,outrelegonocoque, dans ces filaments, des pseudogonocoques. Pour les différencier du coccus spécifique, Legrain a proposé la méthode suivante. On colore la lamelle avec la solution d'Ehrlich,puis on traite parle Lugol (méthode de Gram-Roux). L'alcool après la solution iodo-iodurée, décolore d'abord les cellules épithéliales, puis les noyaux des globules de pus ceux des cellules épithéliales, les gonocoques, et en dernier heu, les saprophytes uréthraux. En ne laissant WuRTz. - Bactériologie.
couler qu'une gouLLe d'alcool sur la lamelle, on laisse les bactéries seules colorées. On examine alors un point de la préparation, on le dessine au besoin, puis on fait passer un peu d'alcool entre la lame et la lamelle. S'il y a des gonocoques à l'endroit examiné, on les voit se décolorer et disparaître.
Outre le gonocoque, on observe très fréquemment, dans les filaments de l'urine des malades atteints d'uréthrite chronique, les microbes pyogènes, ou le B. coli, seuls ou associés. Tuffier, sur quarante et un cas d'uréthrite chronique, examinés au point de vue bactériologique par Girode, a trouvé :
16 fois le gonocoque; 5 fois le B. coli;
20 fois le staphylocoque blanc ou doré ; 7 fois un diplocoque; Une fois le bacille de Koch.
Dans quatorze cas, il y avait association microbienne. Le bacille de Koch, dans l'unique cas où il fut isolé, était associé aux staphylocoques pyogènes et au B. coli.
Enfin, il y avait un cas d'uréthrite aseptique. Uréthrite tuberculeuse. — L'urèthre n'est nullement invulnérable au bacille de Koch. Baumgarten en a donné la preuve expérimentale, en injectant dans l'urèthre de lapins, privés de nourriture et de boisson pendant quelques jours, une culture de bacilles de Koch. Il détermina ainsi une uréthrite spécifique.
Chez l'homme, la tuberculose primitive de l'urèthre est fort rare. L'urèthre est presque toujours pris secondairement, à la suite de la tuberculose uro-génitale. et ces cas mêmes de tuberculose uréthrale sont peu fréquents.
ORCHITES.
Les nodules ou les ulcérations ne sont généralement constatés qu'à l'autopsie.
Ghezla femme, la tuberculose de l'urèthre est rarissime. Alirens (1) n'a pu en réunir que quatre cas.
Schuchart, dans six cas de blennorrhagie, a trouvé deux fois le bacille de Koch (Congrès de chir. allemande, 1892}.
Orchites.
On ne possède actuellement que peu de données sur la pathogénie des différentes orchites. Celles que l'on peut constater au cours de certaines maladies infectieuses, variole, oreillons, n'ont pas été l'objet de recherches systématiques. Elles sont vraisemblablement dues à des microbes d'infection secondaire.
Prioleau, dans une orchite suppurée survenue chez un vieillard entre deux atteintes de pneumonie, a isolé un diplocoque présentant les caractères morphologiques du pneumocoque.
Orchite blennorrhagique. — D'après Ilugounenq et Eraud, l'épididymite blennorrhagique reconnaîtrait comme agent pathogène un organisme différent du gonocoque de Neisser? Cet orchiocoque, d'après ces auteurs, vit en saprophyte dans un grand nombre d'urèthres normaux ou malades. On le trouverait, en abondance, dans certains pus blennorrliagiques.'on peut alors redouter l'épididymite, mais sans qu'elle se produise nécessairement. L'absence de ces colonies coïncide toujours avec une blennorrhagie simple (2) Orchite typhoïdique. - Tavel a publié une obser-
(1) Ahrons, Beitrûge zur klin. Chir., VIII, 2, 1S91
(2) Consulter à ce sujet : d'ArlIiao, ïli. Lyoïî, 1893.
vallon d'orchite suppurée survenue au décours d'une lièvre typhoïde, et dont le pus ne contenait, à l'exclusion de tout autre microbe, que le bacille d'Eberth. Girode a observé un cas presque identique : il y avait épididymite suppurée, due uniquement au bacille typhique.
Testicule tuberculeux. - Le liquide dhydrocele, symptomatique du testicule tuberculeux, contient des bacilles de Koch (Wurtz, Tuffier). C'est là une donnée qui permet de faire, pendant la vie, le diagnostic d'orchite tuberculeuse. J'ai examiné un certain nombre de ces liquides d'hydrocèle, et je n'ai jamais pu y déceler, par l'examen microscopique, le bacille de Koch'. Par contre, l'inoculation au cobaye m'a touiours donné un résultat positif.
Vésicules séminales. - Spano, en injectant a des cobayes le sperme de tuberculeux atteints de phtisie pulmonaire ou intestinale, a détermine quatre fois une tuberculose expérimentale. Il aurait réussi deux fois à cultiver sur sérum le bacille de Koch, en ensemençant du sperme. Le même auteur a déterminé deux tuberculoses utérines expérimentales, par injection vaginale du sperme de tuberculeux. Les organes génito-urinaires de ces tuberculeux étaient sains. Golatsch a montré des bacilles dans le sperme
'^S- U n'a pas été fait d'examens bactériologiques systématiques des prostatites.
BaiLccI, dans un cas de prostatite suppurée, a isolé le bacterium coli.