CHAPITRE Xll
ORGANES GÉNITAUX DE LA FEMME
CoNSULTEn : Dos Santos, Th. Paris, 1894.
Bactériologie normale. — Vagin. — Le vagin normal ne contient pas un grand nombre de micro-organismes (Doederlein, Forlhing), et à la naissance, il est aseptique. Winter, Bumm, StrogonofT y ont cependant décelé une assez grande quantité d'espèces microbiennes, mais aucune d'entre elles n'était pathogène. Bumm, comme bactéries autochthones du vagin, a signalé le lacteus flaviformis, isolé, ainsi que le micrococcus subflavus et l'albicans amplus, du mucus vaginal. 11 considère le mucus vaginal comme constituant une défense contre le développement des germes pathogènes.
Pendant les règles, aussi bien qu'avant et après, il y aurait au contraire un nombre considérable de microbes dans le vagin (StrogonofT).
Chez les femmes enceintes, d'après Doederlein et StrogonofT, et après les fausses couches, il y a également pullulation de germes. Parmi les microbes pathogènes, on a noté les staphylocoques, albus, aureus citreus, le bacterium coli et le streptocoque (huit fois sur cent quatre-vingt-quinze femmes enceintes). Burguburu a trouvé les microcoques pyogènes dans le
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mucus vaginal des femmes enceintes, de même que Winter, Steffecket Doederlein.
La plupart de ces germes paraissent jouir d'une virulence très faible, atténuée peut-être parla réaction acide du mucus vaginal, réaction qui a été constatée dans un grand nombre de cas à l'état normal (Strogonoff, Doederlein).
Au contraire pour Krœnig (1), qui a fait l'examen bactériologique des sécrétions vaginales chez cent femmes enceintes, le vagin de ces femmes est aseptique. D'après cet auteur, sur cent femmes enceintes qui n'avaient pas été touchées, dont cinquante et une présentaient des sécrétions vaginales normales, trente-huit des sécrétions pathologiques et onze des sécrétions très pathologiques (pathologique pris dans le sens de la classification de Doederlein ne veut pas dire pathogène), l'examen bactériologique complet a montré que les sécrétions vaginales étaient stériles. Dans soixante et onze cas, elles renfermaient le champignon du muguet chez treize et des gonocoques chez six. Dans les autres cas, il se développa divers microorganismes, provenant d'impuretés accidentelles pendant l'ensemencement. Ces recherches montrent donc, d'après Krœnig, que le vagin d'une femme qui n'a pas été touchée est stérile. Cet auteur explique ce fait par l'existence d'un pouvoir bactéricide du mucus vaginal chez les femmes enceintes.
Doederlein est d'un avis opposé. Il a examiné la sécrétion vaginale de cent quatre-vingt-quinze femmes enceintes; dans 5b p. 100 des cas elle était très acide; c'est là un fait normal pour l'auteur, car il a observé
(i) Cenlralhl. f. Gynxk., iSU, n° i.
VAGINITES.
celte réaction chez des vierges. Dans 44,6 p. 100 des cas elle était faiblement acide. Dans la sécrétion normale, on trouve des bacilles particuliers qui font fermenter les matières sucrées et donnent de l'acide lac tique. Outre ces bacilles, il trouva le saccliaromyces albicans dans 36 p. dOO des cas.
En dehors de ces organismes, Doederlein n'atrouvé aucun microbe pathogène. Il explique ce fait par la concurrence vitale que font les bacilles acides du vagin aux autres germes, et en particulier au staphylocoque doré.
A l'état pathologique, la sécrétion vaginale est beaucoup plus riche en microbes.
Le même auteur a trouvé le streptocoque pyogène, dans ces sécrétions, 9,2 fois sur 100. Sa virulence était le plus souvent diminuée.
Col. — Le mucus du col est aseptique pour Strogonofî (vingt-trois fois sur trente et un examens). Il en conclut que le mucus du col détruit les microbes. ^Yinter, chez dix femmes enceintes, a trouvé au contraire un grand nombre de micro-organismes.
Utérus et trompes. — L'utérus et les trompes sont aseptiques à l'état sain (Winter, Peraire). Les lochies à l'état normal ne contiennent pas non plus de germes (Pasteur, Doederlein, Artemieff, etc.).
Bactériologie pathologique.
Vaginites. — Vaginite blennorrhagique. Les auteurs ne sont pas d'accord sur la fréquence de cette affection. Elle peut n'être pas due constamment au gonocoque. Éraud n'a trouvé, dans le vagin, que trois fois sur deux cents, le gonocoque.
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Laser (1) l'a isolé sept fois sur cent soixante préparations faites avec le produit de la sécrétion vaginale. L'urèthre contenait le gonocoque en très grande quantité ; l'auteur en déduit que ceux qu'il a décelés dans le vagin provenaient de l'urèthre. Brose, sur cent soixante et onze cas de blennorrhagie de la femme, a trouvé de l'uréthrite blennorrhagique cent vingt-six fois. La fréquence de la blennorrhagie chez la femme, d'après cette statistique, est donc considérable. Sur huit cent quatre-vingt-dix-huit malades utérines qu'il eut l'occasion d'examiner, il y avait infection gonoccique cent soixante-dix-huit fois.
Vulvo-vaginite des petites filles. — La vulvo-vaginite des petites filles a été étudiée par Berggrûn, au point de vue microbiologique. Elle peut être blennorrhagique (c'est la plus fréquente : quatorze fois sur trente et un cas), purulente (sept cas) ou catarrhale (dix cas). Berggrûn a employé et recommande, pour la recherche du gonocoque, la méthode deWertheim. La vulvite purulente est due, d'après lui, au staphylocoque ou au streptocoque. Elle résulte le plus souvent d'une plaie mal soignée. L'origine microbienne de la vulvite catarrhale ne semble pas encore parfaitement établie.
Cahen-Brach a examiné le pus leucorrhéique de vingt-six petites filles. Il a trouvé le gonocoque par la coloration dans tous les cas, saufun. Ebstein, chez trois enfants nouveau-nées atteintes de vulvo-vaginite, a fait trois fois la même constatation.
De même, Skûtsch a trouvé quarante-trois fois sur cent le gonocoque dans une épidémie de vulvo-vaginite blennorrhagique chez des petites filles.
(1) Laser, Deulsch. med. Wochrensclir., 1893, p.SOi.
ENDOMÉTRITES. 297
Endométrites. — En dehors de l'étaL puerpéral, on a trouvé, dans la cavité utérine (après curettage) :
Les staphylocoques aureus et albus ; Laplace, dans six cas de métrite du col, lésa isolés en même temps que le bacille pyocyanique ;
Le streptocoque ;
Le gonocoque (fréquemment d'après Brandt) ; il semblerait surtout localisé au col (Éraud, Burne, 7b p. 100 des cas) ; la cavité utérine, après la délivrance, peut être envahie par le gonocoque chez les femmes atteintes de blennorrhagie (Krœnig). Les lochies en contiennent un grand nombre, que l'auteur a pu cultiver en partant de cette source ; cette infection de la cavité utérine peut déterminer à elle seule de la fièvre ;
Le bacille de Koch (dans une quinzaine de cas) (1).
On a enfin isolé des bactéries indéterminées et des parasites divers dans les métrites.
Péraire a trouvé un coccus et une bactérie de l'utérus malade, avec les cultures desquels il reproduisit chez la lapine des lésions inflammatoires des organes génitaux. Rosinski, dans un cas de catarrhe du col, a isolé des bâtonnets qui, dans la sécrétion, se trouvaient entre les globules de pus et les cellules épithéliales comme un réseau feutré.
Dans l'endométrite chronique, Wolf a trouvé un bacille semblable au bacille virgule.
TuUio Rossi Doria a récemment signalé, dans l'endométrite chronique, la présence de protozoaires ; ces amibes étaient sphériques, elliptiques ou ovoïdes, et cinq à huit fois plus grands qu'un globule sanguin. Ils se trouvaient à l'orifice des glandes.
(I) Consultiîr : Frankenbergcr r Dfilnch. Mcd. Woch., 1893, n» (7.
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Ce fait est à rapprocher du suivant : Etienne a observé, dans une salpingite kystique, des formations ressemblant beaucoup aux hématozoaires de Laveran .
Salpingites. — Les trompes malades ont été l'objet de fréquentes recherches bactériologiques qui, dans presque tous les cas, ont donné des résultats positifs. On y a décelé diverses espèces de micro-organismes, parmi lesquels se trouvent par ordre de fréquence, en première ligne, les microbes pyogènes et le gonocoque.
Ce sont :
Staphylocoque aureus et albus (Veit, Menge, Boisleux, Witte);
Streptocoque, seul ou associé au [proteus vulgaris (Doléris et Bourges, Soc, de biol., 1893) ;
Pneumocoque (Frommel, Morax, Witte, Hauser) ;
Gonocoque (sept fois sur vingt-quatre, Witte).
D'après d'autres auteurs (Bumm), il s'y rencontre beaucoup plus rarement ;il est probable qu'à l'heure actuelle, où la technique des cultures du gonocoque a été beaucoup perfectionnée et rendue plus facile, le nombre des observations de salpingites à gonocoques augmentera dans de fortes proportions; Werlheim l'a trouvé à l'état de pureté dans deux abcès de l'ovaire;
Bacille d'Ebevlh : Werth a observé une suppuration post-typhique d'un kyste de l'ovaire; il y avait dans le pus un bacille qu'il identifia avec le bacille d'Eberlh.
On peut enfin ne rien trouver dans le pus des salpingites (Schaefer), soit que les microbes aient perdu toute vitalité au moment de l'ensemencement du pus, soit qu'il s'agisse d'une suppuration d'origine chimique (toxines).
Prochownik, dans dix cas d'hydrosalpinx, a trouvé huit fois un résultat négatif au point de vue des