INFECTION PUERPÉRALE
microbes. Dans deux cas il y avait des streptocoques en culture pure, dans l'exsudat clair, limpide et presque sans éléments cellulaires.
Enfin Boisleux et Witte ont isolé, dans différents cas de suppuration des annexes, des microcoques et des bactériesne répondant pas à des espèces déjà connues.
Hartmann et Morax ont étudié récemment, au point de vue bactériologique, un certain nombre de suppurations périutérines, et sont arrivés aux conclusions suivantes, d'où résultent des indications thérapeutiques :
Dans aucun cas de salpingite catarrhale ou parenchymateuse ils n'ont trouvé de microbes. Les résultats-des ensemencements ont été également négatifs dans trois cas d'hématosalpinx, deux d'hématocèles rétro-utérines avec fièvre et treize cas de collections suppurées formées aux dépens des annexes (d'origine probablement gonorrhéique).
Dans vingt autres cas de lésions suppurées des annexes, ils ont isolé des microbes, soit le gonocoque douze fois à l'état de pureté, et une fois associé au bacterium coli, quatre fois le streptocoque, pur et associé, deux fois le pneumocoque, une fois le bacterium coli.
Ces examens bactériologiques donnent une indication importante au point de vue du traitement. Lorsqu'on aura affaire à un pus stérile ou renfermant des gonocoques, on pourra supprimer le drain avant trentesix ou quarante-huit heures, tandis qu'on le laissera plus longtemps si le pus renferme des streptocoques.
Infection puerpérale.
Actuellement, grâce à l'introduction des méthodes antiseptiques en obstétrique, l'infection ijuerpérale est devenue presque inconnue dans les maternités, où elle
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exerçait jadis de grands ravages. La nalure de cette redoutable complication, entrevue par Coze et Feltz, a été démontrée par M. Pasteur, puis par Doléris (1880). La thèse de Widal (1889) a confirmé les travaux antérieurs et a bien mis en évidence la nature infectieuse de là phlegmatia puerpérale.
L'infection puerpérale est le plus ordinairement due au streptocoque pyogène, quelle que soit la forme clinique que revête cette affection.
Dans les formes localisées avec suppuration, on le trouve dans le pus qui se trouve soit dans l'utérus, soit dans le tissu cellulaire péri-utérin. Il peut être à l'état de pureté, ou associé à d'autres microbes. Dans une épidémie de fièvre puerpérale, Doederlein, dans trois cas à forme lymphangitique, a trouvé, dans le pus aussi bien que dans l'exsudat péritonéal, le streplococcus pyogenes et le staphylococcus pyogenes aureus. Rubeska, dans le pus des annexes, dans la puerpéralité, a trouvé, quatre fois sur cinq, le streptocoque en culture pure, et une fois mélangé au staphylococcus pyogenes aureus.
Dans deux cas de périmétrite, il y avait une fois le streptocoque, une fois le staphylocoque.
Dans neuf cas de péritonite puerpérale généralisée, le streptocoque se trouvait sept fois à l'état de pureté, et deux fois mêlé au staphylocoque. 11 y avait également des bacilles que l'auteur n'a pas étudiés.
Widal a obtenu les mêmes résultats. Le streptocoque se trouve également, et de préférence, dans les lymphatiques utérins. On sait que le système lymphatique est le séjour de prédilection de l'érysipélocoque.
Le streptocoque pyogène, dans l'infection puerpérale, peut avoir une virulence très variable. L. Basset
INFECTION PUERPÉRALE. 301 (Th Paris, 1893) a étudié les formes atténuées de l'infection puerpérale, dans lesquelles il a isolé le streptocoque d'une façon constante.
Dans la forme pyohémiquc, on trouve, dans le pus des abcès métastatiques , le streptocoque souvent associé aux staphylocoques. Le streptocoque existe également au centre des thrombus vasculaires et des infarctus.
La forme diphtérique peut également relever du streptocoque. Widal l'a isolé du sang, des fausses membranes et des organes. Les fausses membranes ne le contenaient qu'en petite quantité.
Dans la forme septicémique pure, où se trouve également le streptocoque dans le sang du cœur et dans les organes, Halm, dans neuf cas d'infection puerpérale, dont quatre généralisées, a trouvé le streptocoque trois fois dans tous les abcès métastatiques, le sang et les viscères, une fois le staphylocoque.
Dans les selles des femmes atteintes de septicémie puerpérale, le streptocoque existe en quantités considérables (Dallemagne).
Gabadé, dans un cas de bronchopneumonie puerpérale, a trouvé le streptocoque dans les crachats.
D'autres micro-organismes que le streptocoque de l'érysipèle peuvent déterminer des accidents infectieux chez les femmes en couches. On a signalé, outre les staphylocoques du pus, le bacterium coli (Widal et Albarran).
Czemetsclva a observé un cas de septicémie puerpérale à pneumocoques, chez une malade atteinte de pneumonie pendant la grossesse. Il y eut infection fœtale.
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Infections fœtales.
La transmission intra-utérine des germes contenus dans le sang, de la mère au fœtus, est actuellement admise sans conteste. Elle a été l'objet de recherches nombreuses, dont nous ne relaterons ici que les principales. On peut dire en général que toute afTection sanguine peut se transmettre au fœtus par le placenta.
Charbon. — Straus et Chamberland (1) les premiers établirent, en 1883, dune façon indiscutable, le passage du charbon de la mère au fœtus. Leurs expériences, confirmées depuis par tous les auteurs qui ont repris la question, suscitèrent un certain nombre de recherches analogues, portant sur d'autres micro-organismes.
Streptocoque. — Lebedetï a constaté, bactériologiquement, la transmission de l'érysipèle au fœtus. Kaltenbach, Benege, ont fait des constatations analogues. Hanot et Luzel ont publié un cas de purpura à streptocoques transmis de la mère au fœtus (2).
Pneumocoque. — Netter a isolé le pneumocoque du sang d'un enfant mort cinq jours après sa naissance, d'une mère convalescente d'une pneumonie au moment de l'accouchement. Strachau, Viti, Czemestcka en ont également publié des observations.
Bacille d'Eberth. — Eberth, Neuhaus, Gaglio ont isolé le bacille typhique du sang et des organes de fœtus à la suite d'avortements survenus au cours de laiièvre typhoïde. Chantemesse a également isolé le bacille typhique du placenta d'une femme grosse de quatre
(1) straus et Chamberland, Arch. de phijs., 1883, t. I, p. 433.
(2) Hanot etLuzet, Arch. de méd. exp., 1890, p. ni.
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mois et arrivée au douzième jour de lafièvre typhoïde.
Tuberculose. — La tuberculose congénitale est extrêmement rare, mais on a observé un petit nombre de laits indiscutables, chez l'homme aussi bien que chez les animaux (Huguenin, Sabouraud, Aviragnet) (1).
Expérimentation. — Nous avons déjà cité les expériences de Straus et Chamberland sur la bactéridie charbonneuse. La démonstration expérimentale du passage de la mère au fœtus a été faite pour un certain nombre de micro-organismes pathogènes, le pneumocoque (Netter), le bacille typhique (Chantemesse etWidal), le B. coli, le B.lactique (Wurtz et Leudet), le bacille delamorve (Loeffler,Cadéac etMallet). Les recherches expérimentales sur la transmission intraplacentairedu bacille de la tuberculose ont donné, par contre, des résultats contradictoires : Sanchez-Toledo, inoculant trente-cinq femelles pleines, n'obtint aucun résultat positif sur soixante-cinq produits.
Éclampsie.
L'hypothèse de l'origine infectieuse de l'éclampsie a été émise pour la première fois par Doléris. Un certain nombre de travaux ont été faits pour éclaircir cette question.
Blanc (2) a isolé, dans deux cas d'éclampsie,des microbes pathogènes pour le lapin.
Favre a isolé d'un infarctus blanc, dans un cas d'éclampsie, un microcoque qui, d'après lui, pourrait déterminer la néphrite des femmes en couches et l'éclampsie.
Le même auteur, dans deux nouveaux cas d'éclamp-
(1) Aviragnet, Tli. Paris, 1892.
(2) Blanc, Ceniralbl. f. Bakter., t. VI, p. 184.
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sie, a reproduit chez les lapins, après ligature des uretères, les signes que l'on voit habituellement dans réclampsie. 11 s'agit pour lui d'une intoxication du sang, déterminée par les toxines microbiennes.
Gerdes a isolé des organes d'une femme morte d'éclampsie, un bacille, pathogène pour la souris et le rat, et auquel cet auteur attribue un rôle pathogénique dans la production de l'éclampsie, par l'intermédiaire des toxines qu'il sécrète {Centralbl. f. Gyn., 1892, n" 20).
Doederlein, liagler et Hofraeister n'admettent pas le bacille de Gerdes. Doederlein, dans huit cas d'éclampsie, a examiné le sang, l'urine de la mère et de l'enfant, ainsi que le placenta. Tous les ensemencements sont demeurés stériles.
Pour liofmeister, le bacille de Gerdes n'est autre chose que le proteus vulgaris de llauser.
Dans quatre cas d'éclampsie, des examens répétés du sang ont permis à Combemale et Bué de trouver quatre fois le staphylococcus pyogenes aureus, seul ou associé au staphylococcus pyogenes albus.
Bar et Rénon ont étudié, au point de vue bactériologique, le foie de trois femmes mortes d'éclampsie, immédiatement après la mort. Une fois ils ont isolé les staphylocoques blanc et doré. Les deux autres foies ne contenaient aucun micro-organisme.
Disons enfin que l'origine infectieuse de l'éclampsie n'est pas admise par tous les gynécologistes (Olshausen). Elle est d'ailleurs loin d'avoir été démontrée par, les travaux qui précèdent.
Kaltenbach croit à une toxémie, ayant pour origine la pénétration, dans le sang, de toxines résorbées au niveau du placenta.