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CHAPITRE XIII

L'introduclion des méthodes bactériologiques en neuropathologie n'a donné jusqu'à présent que fort peu de résultats. Si l'on excepte les méningites d'une part, et, d'autre part, la lèpre, la recherche des microbes pathogènes dans les différentes parties du système nerveux n'a rendu aucun service. Cette recherche n'a d'ailleurs été faite que dans un très petit nombre de circonstances, et l'examen bactériologique immédiat de la substance cérébrale ou médullaire n'est presque jamais pratiqué dans une autopsie.

Cela tient à des raisons d'ordres différents. Tout d'abord, cette recherche n'offre pas, en général, un grand intérêt. La plupart des maladies nerveuses relèvent vraisemblablement, il est vrai, de l'intoxication ou de l'infection. Mais les lésions que les microbes peuvent déterminer dans la substance nerveuse sont bien probablement produites d'une façon indirecte par les toxines microbiennes et non par les microorganismes eux-mêmes.

De plus, on est exposé à de graves causes d'erreur lorsque l'on recherche, à l'autopsie, les microbes dans le cerveau ou la moelle, en faisant des frottis sur lamelles.

Les centres nerveux sont en effet très rapidement WuRTZ. — Bactériologie. 20

envahis, après la mort, par les microbes de la putréfaction. J"ai fait un certain nombre de prélèvements de substance nerveuse et de liquide céphalo-rachidien 24 heures après la mort, aune température de 15°, sur des malades ayant succombé à des affections très diverses, et, dans plus de la moitié des cas, les ensemencements ont donné des résultats positifs. Le liquide céphalo-rachidien, en particulier, semble être envahi aussi rapidement que le foie.

On pourrait donc être exposé à attribuer à tort, dans un grand nombre de cas, un rôle pathogène à un microbe de la putréfaction, isolé dans les centres nerveux si l'autopsie a été faite dans les conditions habituelles, c'est-à-dire 24 heures après la mort.

Méningites.

Consulter : Vaudremer, Des méningites suppurées non Luherculeuses. Dijon, 1893.

Technique. — Au lit du malade, la trépanation exploratrice du cerveau ou de la moelle et la ponction de l'espace sous-arachnoïdien ont été conseillées et pratiquées un certain nombre de fois à l'étranger.

A l'autopsie, l'examen bactériologique portera sur l'exsudat. Il n'y a ici rien de particulier à indiquer.

De toutes les affections du système nerveux, ce sont les méningites qui ont le plus bénéficié de l apphcation de la bactériologie à la clinique. Toutes les causes invoquées jadis pour expliquer la nature véritable des méningites ont été, pour la plupart, mises de cote, l'examen bactériologique des méninges a permis de

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rapporter à leur véritable cause les inflammations des enveloppes cérébrales, et de mettre à néant un grand nombre de théories, qui n'étaient fondées que sur des inductions et des hypothèses.

Klebs, en 1873, le premier, fit des recherches dans un cas de méningite consécutive à une pneumonie. L'insuffisance de la technique employée par lui ne permet pas de tenir compte de cette observation.

Eberth, dans un cas analogue, retrouva dans les poumons et dans les méninges un organisme identique à celui de la pneumonie ; c'étaient des coccus, tantôt isolés, tantôt réunis en diplocoques. Il put ainsi affirmer la relation, amiilement démontrée depuis, qui existe entre la méningite et la pneumonie.

Leyden et Leichtenstern, dans une méningite cérébro-spinale, trouvèrent également de nombreux coccus (1883).

Senger, en 1886, dans cinq cas de méningite purulente, secondaire à la pneumonie, trouva des coccus entourés d'enveloppes. Il fit des cultures et des inoculations à la souris, qui se montra très réceptive.

Fraenkel, dans un cas de méningite cérébro-spinale, trouva le pneumocoque. '

Foa et Bordoni-Uffreduzzi, dans une épidémie de méningite cérébro-spinale qui sévissait sur la garnison de Turin, firent dans quatre cas la môme constatation.

Weichselbaum (1887) constata la présence du pneumocoque dans les exsudais méningitiques non consécutifs à une pneumonie.

Netter, dans un remarquable mémoire, ajouta de nombreux faits à ceux qui viennent d'être cités et emit pour la première fois l'opinion que la méningite

cérébro-spinale reconiiaissait comme agent pathogène le pneumocoque.

Neumann et Schcefer (1887) publièrent le premier exemple de méningite due à un bacille autre que le bacille de Koch ou le pneumocoque. D'après la description des caractères de culture du bacille qu'ils isolèrent, il est permis d'affirmer qu'ils eurent affaire au B. coll.

Roux, Netter, Vaillard et Vincent, et surtout Adenot, dans une thèse remarquable, et, dans d'autres publications, Chantemesse et Widal, Tictine isolèrent et cultivèrent, de l'exsudat méningé, différents bacilles. Depuis, les observations analogues se sont multipliées.

Nous décrirons, comme d'habitude, les méningites, en nous basant sur la nature bactérienne de l'exsudat.

Micrococcus intracellularis meningitidis. — Weichselbaum (1), dans six cas de méningite cérébrospinale, a isolé des coccus ronds, disposés souvent en diplocoques ; ils n'existaient sur les coupes du cerveau et de la moelle que dans l'intérieur des cellules.

Ce coccus est difficile à cultiver. Il ne pousse que vers 35°, se développe à peine dans le bouillon et sur pomme de terre. Sur gélose, il forme des colonies rondes, un peu irrégulières, finement granuleuses, a bords crénelés, colorées en jaune brunâtre. Ce coccus ne prend pas le Gram.Il s'est montré pathogène pour la souris et pour le chien. Les cultures perdent très vile

leur virulence.

On n'a que rarement, depuis, retrouvé ce micro-orga-

nisme.

Pneumocoque. - L'exsudat des méningites pneumoniques, qui est presque toujours purulent, est épais

Weichselbaum, ForUchrim der Medicin, 1887, p. 373,583,620-626

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