CHARBON BACILLUS
IIADITAT.
Le siing et les viscères des liomnies et des animaux morts du cliarlîou , pi'incipalement la rate.
Dans la pustule maligne , dans l'œdème charbouneux. Existe à l'état sporulé dans les dépouilles des animaux morts par le charbon (poils, crins, cornesj.
On l'a trouvé dans les poussières de l'air de certaines usines (Lodge).
MORPHOLOGIE
Dans le sanc/ :
bâtonnets droits ayant environ la longueur d'uu globule rouge , immobiles, parfois réunis doux par deux. Ils forment alors un angle très obtus.
On ne trouve jamais de filaments dans l'or ganisme , sauf quand l'autopsie a été faite tardr vement.
Dans les cul (lires : après 24 heures, à 37°, fllaments extrè mement longs , ondulés, enchevêtrés , tordus.
Après 48 heures fine segmenta • tion de ces filaments,avec spore ovo'i'de au centre de chaque petit sesment.
BOUILLON
GELATINE.
Au bout de quelques heures, on voit des fiocons ténus nageant dans le liquide, l^uis ils augmentent de volume et donnent un aspect nuageux au tube de culture.
Au bout de quelques jours, il se forme un précipité blanc floconneux au fond du tube.
Le bouillon est redevenu limpide.
Liquéfie la gélatine.
En piqûre , trait mat au début, puis aspect caractéristique du trait, d'où partcnl, à angle droit, une multitude de pro- 1 0 n g e m e n I s aciculés , qui font ressembler la culture à une branche recouverte de givre, ou à un arbre de Diane.
La liquéfaction du tube est complète au bout de cinq à six jours, à 20°.
GELOSE ET SÉRUM.
En strie, en-i duit blanc, mat, avec de fines dentelures sur les bords.
En [liqûre profonde ; se développe mal dans le vide.
Trait opaque, terminé par d(^ petites sphères blanches en Irainéc, sépa-.
rées les unes des autres.
Lait : coa^ gule le lait.
Rougit faiblement la gélose lactoséE au tournesol.
ANTHRACIS, DAVAINE)
POMME DE TEHUE.
PLAQUES
PBINCIPALES PnOPRIÉTÉS
BlOLOGrQUES.
INOCULATION AUX ANIMAUX
Enduit blanc mal, assez (^IKiis.avec par fois de fines dentelures sur les bords.
Gélatine: colonies d'un gris brun, rondes ou i r r é gu lièrement circulaires , souvent sans forme bien définie, entourées de fins filaments, qui partent de la périphérie pour gagner le milieu ambiant.
Ces colonies ont souvent l'aspect d'une tôte de Méduse oud'une perruque.
Ge7ose(fondue); même aspect que les colonies dans la gélatine.
L'a strie : trait épais, mat, avec stries extrômeinent fines sur les bords du trait.
Ne donue des spores qu'en présence de l'air, entre IC et 42°.
11 pousse très mai dans le vide.
Se colore bien pai toutes les couleurs basiques d'auiliuo et par le Cram.
Animal de choix :
souris, cobaye.
Par inoculation souscutanée.
Empâtement, puis œdème gélatineux au point d'inoculation, au bout de 10 heures déjà, si le charbon est virulent.
Le cobaye meurt en 36 heures environ.
La bacléridie n'apparaît dans le sang (|ue pendant les dernières heures de la vie seuicmenl.
Etat agglutiuatif du sang, à l'autopsie, avec bactéridies dans l'intervalle des globules.
CHARBON
Fig. 36. — Charbon. Épiploon de cobaye.
Kig. 37. — Charbon.
A. Piilpc de la raie de cobaye. — 15. Culture.
CHARBON
Le charbon, chez l'homme, peut être externe (pustule maligne) ou interne (charbon intestinal, charbon pulmonaire) (fig. 36, 37, 38).
A. Pustule maligne. —Elle est leplus souvent unique.
If/.
Kig. 38. — Filaments charbonneux (culture).
et siège presque toujours sur les parties du tégument exposées habituellement à l'air. Dès le début, alors qu'il n'y a qu'une simple vésicule au point inoculé on peut parfois faire le diagnostic en préparant une lamelle avec la sérosité de la vésicule. On voit alors les bactéridies parfois en assez grand nombre, et quel-
CHARBON
ques rares leucocytes. Le plus souveul, il y a peu de bacLéridies, et il faut recourir à l'ensemencement de la sérosité ou l'inoculer à un cohaye. L'inoculation de ce liquide pourra même, dans certains cas, ne donner aucun résultat, bien qu'on ait affaire à une vraie pus-
Fig. 39. — Colonie de charbon sur gélatine.
tule maligne. 11 faudra donc employer la méthode de cultures sur plaques (fig. 38), qui séparera le bacillus anthracis des bactéries banales qui se trouvent dans la sérosité de la pustule. Les vésicules satellites contiennent de même la bactéridie charbonneuse.
La topographie du bacille, dans la profondeur de la peau, a été bien étudiée par M. Straus {Arin. de /7«s-
CHARBON
Fig. 40.
Sang- d'une souris morte du charbon. Gr. 1500, D.
titut Pasteur, 1887). Nous renvoyons le lecteur à ce mémoire. La hactéridie charbonneuse n'apparail, dans le sang- de l'homme que quelques heures avantlamort(rig.39).
A l'autopsie d'un homme atteint de pustule maligne, on retrouvera la hactéridie dans le sang du cœur et des viscères, dans le foie, la rate, dans l'œdème situé autour de la pustule, dans les ganglions correspondant à la région qu'elle occupe. Ces ganglions sont remplis par un véritable feutrage de bactéridies très serré.
L'examen du sang montre les hématies agglutinées, avec augmentation du nombre des leucocytes. Les bactéridies se voient dans les espaces clairs entre les globules.
B. Charbon interne. — Charbon intestinal. — Mùnch (de Moscou) et Wagner ont les premiers décrit avec quelque précision, sous le nom de mycose intestinale, le charbon intestinal. Albrecht (de Saint-Pétersbourg)^ Kelsch, Bouisson (1), Diltrich (2), Zôrkendôrfer (3) en ont relaté des observations.
A l'autopsie, les lésions portent sur l'estomac, l'intestin grêle et parfois le côlon. A la surface de là muqueuse se montrent des saillies d'apparence furoncu-
(1) Bouisson. Tli. Paris, 1890.
(2) fJiUricli, Wiener kl. Woc/i., 1891, n» 47.
(3) Zôriienilôrrer. Prager. med. Wockenscli, 1894 n» 10
408 CHARBON
leuse (Straus) ou pustuleuse, dont le sommet est ulcéré. Si l'on en fait un frottis sur lamelle, on voit une quantité prodigieuse de bactéridies en culture pure. D'autres fois on constate à l'ouverture de l'abdomen, la présence d'ecchymoses énormes colorant une ou plusieurs anses de l'intestin grêle en rouge vineux. Il semblerait qu'on ait afl'aire à des thrombus de l'intestin (Bouisson). Les bacilles siègent dans l'épaisseur des villosilés, dans le corps de la muqueuse et de la sous-muqueuse.
Ils sont moins abondants au niveau de la musculeuse.
Charbon pulmonaire. — Sous le nom de « wool-sorlers disease », maladie des trieurs de laine, on désigne à Bradford et dans les usines du voisinage une localisation pulmonaire du charbon.
Les individus qui en sont atteints inhalent des spores charbonneuses, provenant de crins ou de poils d'animaux charbonneux, et succombent rapidement.
S. Lodge jun. a donné une bonne description clinique de cette affection. On retrouve le bacillus anthracis, pendant la vie, dans les crachats qui sont rouillés, ou jus de pruneau, ou noirs. L'expectoration est abondante et d'odeur gangréneuse.
A l'autopsie, on trouve la bactéridie dans le sang e( les viscères. Les bronches, surtout vers la muqueuse, et les ganglions bronchiques la contiennent en amas considérables au niveau des foyers apoplectiques et des hémorrhagies sous-muqueuses.
Le bacille du charbon peut déterminei' enlin des lésions encéphaliques, mais sans manifestations cliniques délinies.
SEPTICÉMIE GANGRENEUSE. 409
Merkel (1) a observé un cas de « charbon cérébral » chez un badigeonneur attemt de symptômes cérébraux graves. La porte d'entrée de l'infeclion ne put être déterminée.
Il n'y avait aucune lésion cutanée.
D'après le compte rendu de l'autopsie, l'infection a dû se faire par la voie digestive. Les bacilles, dans le cerveau, se trouvaient autour des vaisseaux, et avaient provoqué de petites extravasations sanguines. La substance cérébrale elle-même n'en contenait pas.
Roger et Crochet ont de môme observé une hémorrhagie méningée d'origine charbonneuse chez un individu atteint de pustule maligne de la face.
Septicémie gangréneuse.
Consulter : Pasleur, Acad. des sciences, juillet 1875. — Chauveau et Arloing, Bull. Acad. de méd., 1884, t. Xlll. — Roux, yUm. de l'hist. Pasleur, 1887.
La septicémie gangréneuse (œdème malin des Allemands), gangrène gazeuse, est causée par le vibrion seplique de Pasteur.
(I) Mei'kcl, Mnnchenei- mei.l Wochensclirift, 1892, n« A'.
VIBRION
IIAHllAT.
Se rencontre à l'état de saprophyte dansla terre et les poussières, où il est très commun.
Dans l'intestin de certains mam mifères et de l'homme, et, à l'état pathologique, dans l'œdème plus ou moins sanguinolent d'un foyer septicÈmique.ainsi que dans le lissn conjonctif et dans les séreuses des individus morts de gangrène gazeuse.
Au moment de la mort, il n'existe point, ou en unités très peu nombreuses, dans le sang du cœur.
Van Cott l'a isolé dans la teinture de musc, dont les injections ont souvent déterminé en Allemagne la septicémie gangréneuso.
MORl'HOLOGJE.
Bacilles ayant de 4 à 5 n de longueur, mobiles, formant souvent des filaments extrêmement longs, de 10 à 15 <•.. Us sont plus fins que le bacille du charbon. Les segments , dans une môme préparation, sont inégaux entre eux.
Leur extrémité est légèrement arrondie , parfois rendée, eu forme de spore.
La spore est brillante et réfringente.
BOUILLON
Danslevido liquide trouble au bout de 24 heures , à 38° , puis la culture redevient claire Les bacilles deviennent granuleux au bout d'un certain temps ; d'autres sporulenl.
La réaction du bouillon ne change pas. Il se dégage de l'acide carbonique et de l'hydrogène.
Les bacilles sont plus longs en milieu liquide que dans les milieux solides.
GELATINE.
Dans le vide, liquéfie le long du trait de la piqûre.
GKLOSE.
Traînée blanchâtre le long de la piqûre, qui se développe rapidement à 38°.
Nombreuses' bulles de gaz ; dans toute l'épaisseur de la gélose.
Odeur fétide • de la culture.
Il décolore rapidement les tubes de gélose:
sucrée, colorés ■ avec le sulfoindigotate de soude , et y forme de nombreuses crevasses pleines d'un gaz fétide.
SEPTIQUE
POMME DE TERRE
PL.\QUES
PRINCIPALES PROPRIÉTÉS
INOCUL.\TION AUX ANIMAUX
DIOLOGIQUES.
Pas de changements de coloration de la pomme de terre après ensemencement.
Gélatine.
Dans le vide, les colonies apparaissent comme une petite tache nuageuse , blanchâtre, à contours mal définis , qui liquéfie le milieu autour d'elle.
Gélose.
Dans la gélose, la culture s'étend moins, elle garde l'aspect de petites taches blanchâtres , qui , à un faible grossissement, paraissent striées au centre, arborescentes sur les bords (Roux).
Auaérobie strict.
Se colore bien par le bleu de Loefller celui de Kiihne ou par le Ziehl dilué. Neprenc pas le Gram. La sérosité péritonéale doime d'excellentes préparations.
11 forme des spores déjà au bout d'un jour, à 38». Le milieu ou l'extrémité des bâtonnets se renlle, puis la spore apparaît, au bout de quelque temps, brillante et réfringente.
Animal de choix :
le cobaye.
Inoculation sous-cutanée (sous la peau du ventre ou de la cuisse),
Mort eu moins de 24 heures.
Les poils s'arrachent très facilement.
Aspect noirâtre des muscles. Poches gazeuses, particulièrement aux aines et aux aisselles. La rate est normale. Le foie et le poumon sont décolorés (Pasteur).
11 y a un épanchemeut abondant de sérosité dans le péritoine. C'est là qu'il faut chercher les bacilles au moment de la mort. Odeur fétide, putride du cadavre.
GRIPPE
Récemment, Chiari (1) a décriluncas d'emphysème septique causé par le B. coli, consécutivemenl à une gangrène du pied. 11 semble donc que la gangrène gazeuse, la sepLicémie gangréneuse puissent reconnaître d'autres agents pathogènes que le vibrion septique. Cette bactérie a d'ailleurs souvent été rencontrée dans différents produits pathologiques, associée à d'autres micro-organismes.
Le vibrion septique est souvent associé au bacille de Nicolaïer dans les cas de septicémie gangréneuse accompagnée de tétanos, dans les plaies souillées par de la terre qui est l'habitat le plus commun de ces deux microbes.
Veillon a trouvé, dans un cas de gangrène de l'avant-bras, le streptocoque pyogène associé au vibrion septique.
Grippe. — Influenza.
Consulter : Pfeiffer, Zeilschnft filr Hygiène, 1893.
D'après les n ombreux tra vmx qui viennent de paraître en Allemagne sur ce sujet, la grippe reconnaît comme agent pathogène un bacille découvert parPfeifl'er dans les crachats de malades atteints d'influenza. PfeifTer a isolé ce bacille dans une série de trente et un cas, dont six avec autopsie.
Ces crachats sont, en général, d'une couleurjaune verdàtre, muqueux ou purulents, formant de petites masses concrètes et compactes. En colorant les parties les plus purulentes parle bleu de méthylène, ou par
(I) Cliiari, Vcrein deutscher Aerizle. Pnig. 9 déc. lSil2.