GRIPPE. — INFLUENZA
PfeifTer a toujours Lrouvé des bacilles dans les cas typiques de la grippe; il ne les a rencontrés dans aucune autre afTection et par conséquent, leur a attribué un rôle spécifique dans la production de Finfluenza.
Les résultats de Pfeiffer ont été confirmés par un grand nombre d'autres auteurs.
Canon a pu constater dans l'influenza, chez dix-sept malades sur vingt, la présence dans le sang d'un bacille extrêmement court, qui, lorsqu'il est faiblement coloré, peut être pris pour un diplocoque.
Ce microbe ne se retrouve que pendant la période fébrile de l'influenza. il disparaît du sang lorsque la fièvre cesse. Il n'existe qu'en unités très peu nombreuses sur chaque préparation. Ce bacille se montre sous la forme d'un petit diplocoque, et, s'il est coloré, a l'aspect d'un petit bacille.
C'est également une diplobactérie que MM. Cornil et Chantemesse avaient isolée en même temps que Pfeiffer et Canon, et qu'ils ont trouvée souvent en cultures pures dans les crachats.
Babes avait, en 1890 déjà, isolé une diplobactérie (retrouvée par Kowalsky à'\^ienne), qui se rapproche étroitement par ses caractères morphologiques du bacille de Pfeifl'er.
Depuis la première communication de cet auteur, on a perfectionné la technique et on arrive à cultiver le bacille de la grippe d'une façon courante. Pfeiffer n'avait pu, au début, obtenir des cultures à la seconde génération. Kitasato, en employant la gélose glycérinée a eu des cultures de dixième passage.
Ch. Huber (1) a employé la gélose à l'hémoglo-
1) lluber, Zeilschrift f. Hyg., Bd. XV, p. /toi.
GRIPPE
bine. Il remplace le sang, qu'employail PleilTer, par une préparation connue dans le commerce sous le nom d'hémogiobine du D' Hommel. C'est une substance liquide, aromatique, et d'une couleur rouge foncé. Pour l'employer on la stérilise à 100" après l'avoir préalablement fortement alcalinisée pour empêcher sa coagulation. On la filtre et on la mélange à la gélose, refroidie à bO", de façon à obtenir un milieu couleur gelée de groseilles foncée. Iluber a trouvé le bacille de Pfeiffer en quantité assez considérable dans les crachats de malades atteints d'une petite épidémie d'influenza, quatre fois sur quinze. Dans les cas sporadiques il ne trouva rien.
Nastikow ( Wratsch, 1893, n° 33) emploie le milieu suivant pour cultiver le bacille de la grippe :
Gcîlose 15 à 20 grammes.
Jaune d'œuf 100 grammes.
Eau 1 litre.
Soude caust 5 grammes.
Il est arrivé à les isoler sur un milieu solide ainsi préparé.
Borchardt (1) a fait égaxement des recherches sur le bacille de Pfeiffer. D'après cet auteur, et suivant les recommandations de Pfeiffer, il faut prendre les crachats les plus purulents; on les lave à l'eau, on fait sur lamelles les préparations aussi minces que possible, et on colore au liquide de Ziehl dilué au dixième ou au vingtième.
Trente-cinq fois sur cinquante il trouva le bacille de Pfeiffer. Ces micro-organismes sont ou indifféremment distribués dans les crachats, çà et là, ou inclus
(1) Borcliardt, Berl. A-lin. Woch., 1894, n» i.
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dans les cellules, ou bien en groupes ou en colonies.
Dans les crachats rouillés, BorcharcU isola Loujours, sauf dans un cas, outre les bacilles de l'influenza, les pneumocoques.
Sur quinze tentatives il a réussi quatorze fois, en suivant la technique de PfeilTer, à faire des cultures sur plaques, en partant d'organes à l'autopsie. Les bacilles n'ont jamais été isolés du sang par cet auteur (contrairement aux recherches de Canon).
Dans un cas douteux, le diagnostic de grippe peut être fait par l'analyse bactériologique des crachats. Il faut savoir, cependant, qu'il y a souvent en outre, dans le crachat des grippés des bacilles un peu plus gros (pseudo-bacille de la grippe).
Ces bacilles se colorent plus fortement au milieu qu'aux extrémités, contrairement à ce qui s'observe dans le bacille de l'influenza.
Récemment enfin, on a proposé un autre milieu pour le cultiver. C'est la gélose à la ferratine.
Le bacille de l'influenza se colore bien, d'après Nastikow, de la façon suivante :
Solulioii au 2 millième de sublimé 10 cent, cubes.
Solution alcaline au 10» de violet niétliyle ou de fuchsine \ cent. cube.
Le bacille de Pfeiffer ne prend pas le Cram. Cruscheffini a étudié son action pathogène sur les lapins. En inoculation sous-cutanée, il ne produit rien, ou bien une suppuration intense au point d'inoculation. Par injection intrapéritonéale ou sous-duremérienne, l'animal est tué en vingt-quatre heures ou même moins. L'injection intraveineuse détermine le même résultat, en un jour si la dose est massive, en WuiiTz. — Ractériologie. 27'*
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huit à dix jours si elle est faible. Le bacille de PfeifTer, quand il est atténué, acquiert une virulence nouvelle par le passage successif à travers le lapin.
D'après Brose, l'injection sous-cutanée au lapin détermine au point d'inoculation un noyau dur qui s'abcède. Le pus peut se résorber.
Dans les plus récentes épidémies d'influenza, qui ont sévi depuis deux ans, la recherche du bacille de Pfeiffer a toujours donné des résultats positifs. Biiumler l'a trouvé d'une façon presque constante dans une récente épidémie de grippe à Fribourg. Un grand nombre d'autres médecins allemands sont arrivés au même résultat (Kruse, Richter, etc.).
Complications delà grippe .— Infections secondaires . — Dans ses premières constatations, Pfeiffer avait remarqué que les personnes atteintes, avant l'influenza, d'affections pulmonaires (cavernes), avaient d'autres bacilles que celui de l'influenza dans leurs crachats. D'autres observateurs, même dans les cas d'influenza pure, ont retrouvé, mélangés au bacille de Pfeiffer, le pneumocoque et le streptocoque. Ce sont ces deux micro-organismes qui ont été en effet isolésleplusfréquemment au cours de la grippe ou de ses complications.
Dans le mucus bronchique, dans les épanchements pleuraux, dans les différents liquides pathologiques des grippes, on a isolé surtout le streptocoque (Vaillard et Vincent, Pvibbert, Prior, Weichselbaum, Babes, Chantemesse et Widal). Dans les infections secondaires de la grippe, la présence du streptocoque est extrêmement fréquente. Dans l'épidémie de 1890, Netter, Chantemesse, Laveran, Vaillard et Vincent l'ont trouvé dans un grand nombre d'affections post-gri]>pales. Il acquiert une virulence variable, suivant la nature du