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L'IMMUNITÉ

Le but de la bactériologie est, en somme, de chercher la guérison de l'infection, de donner l'immunité; nous exposerons donc aussi complètement que possible tous les faits qui se rattachent à cette question.

Dans son sens le plus large, V immunité est Vinaptitude des organismes à ressentir les effets de certaines causes morhifiques. L'immunité contre les poisons alcaloïdiques ou inorganiques est de même nature que celle contre les toxines microbiennes. En conséquence le souvenir de Mithridate s'impose. Bien que les faits d'immunité contre les maladies infectieuses soient connus depuis longtemps (immunité des nègres envers la fièvre paludéenne, la fièvre jaune), ce n'est que depuis les travaux de Pasteur que la question s'est posée scientifiquement et que l'on a essayé d'en pénétrer la raison et le mécanisme.

On savait que certaines maladies infectieuses, variole, scarlatine, rougeole, fièvre typhoïde, ne se contractant qu'une fois, les organismes guéris étaient immunisés. L'explication en fut cherchée et

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l'on connaît aujourd'hui une grande part du mécanisme de l'immunité.

Historique. — Pasteur, assimilant l'organisme à un vase de culture, pensait que dans une première atteinte de maladie, les bactéries avaient épuisé le terrain, et que ce terrain était devenu impropre à la pullulation de nouveaux germes. C'est la théorie de V épuisement.

Chauveau estimait au contraire que le terrain était devenu infertile par addition d'une substance empêchante (théorie de l'addition). Il fondait son opinion sur deux faits (1880) :

i^ L'immunité naturelle du mouton algérien peut être vaincue si on inocule de grandes quantités de virus charbonneux ;

2^ Le placenta filtre les bactéridies, or les agneaux nés de mères inoculées de charbon pendant la gestation sont réfractaires à la maladie. Donc l'immunité de ces agneaux est due à une substance solùble qui a traversé le placenta. Malheureusement le placenta ne s'oppose pas d'une façon formelle au passage des bactéridies, et l'on pouvait objecter que l'immunité des agneaux était due à une atteinte de la maladie in utero.

Toussaint (1880), en vaccinant les moutons par du sang charbonneux chaufl'é vers 40<>, pensait avoir tué les bactéridies et que, par conséquent, l'immunité était due à une substance soluble du sang injecté. Pasteur démontra que les bactéridies n'étaient pas tuées et que l'immunité était, dans ce cas, due à une

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légère atteinte de charbon. Les expériences de Wooldridge vaccinant contre le charbon par des cultures filtrées, de Salmon et Smith (1885) sont également passibles d'objections de technique; néanmoins Pasteur en 1887 * acceptait la théorie de l'addition.

La démonstration de la possibilité d'immuniser par des produits solubles fut donnée par Charrin *. Ce savant avait réussi à vacciner des lapins contre le bacille pyocyanique en leur injectant au préalable des cultures de ce bacille stérilisées à 115<». En décembre 1887, Roux et Chamberland vaccinaient contre le vibrion septique par les cultures filtrées de ce microbe. En février 1888, Roux démontrait la vaccination par produits solubles du charbon symptomatique (Baclerium Chauvœi) ; en août de la même année, Gamaleia vaccine le pigeon contre le choléra des poules par des cultures tuées par le chaufTage. Puis les découvertes se succèdent, on vaccine, dans le laboratoire, la plupart des maladies infectieuses par injection des produits solubles.

Bouchard vaccine même contre le bacille pyocyanique en injectant les urines de lapins inoculés. La théorie de l'addition est définitivement assise. Mais comment agit celte substance ajoutée, cette substance empêchante? Dès 1887 MetchnikofT signale le rôle des leucocytes dans la préservation de l'infec-

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