‹ Précis de bactériologie médicaleChapitre 270 sur 398 · Journ. de clin, infant · texte numérisé non relu

Journ. de clin, infant

et cependant tous les petits lapins et chiens sont morts dans le marasme, sans tubercules. Les mères sacrifiées étaient tuberculeuses. *

Nous avons vu que le bacille tuberculeux est très répandu et que par suite les occasions de contagion sont fréquentes. Aussi le bacille pénètre-t-il très souvent dans l'organisme, surtout par les voies respiratoires. L'organisme s'en débarrasse par la phagocytose au fur et à mesure, mais très souvent quelques bacilles échappent à la destruction phagocytaire et passant par les lymphatiques vont s'arrêter dans les ganglions. Là ils peuvent séjourner un temps très long, plusieurs années, rester indéfiniment inofîensifs, ou se multiplier si les circonstances sont favorables, et, partis de là, aller infecter un autre organe, déterminer la maladie. Le bacille est resté latent. Ceci explique le développement de la tuberculose dans les organes qui ne sont pas en communication directe avec l'extérieur : colonne vertébrale (mal de Pott), hanche, genou, articulations diverses (tumeurs blanches), méninges.

La présence extrêmement fréquente du bacille tuberculeux dans le corps a été prouvée par les recherches de Brouardel, Letulle, Bollinger, Queyrat, Landouzy, Wolf, Schlenker. Ces auteurs en faisant l'autopsie de personnes mortes pour une cause autre que la tuberculose ont trouvé des tubercules guéris dans 40 à 50 p. 100 des cas examinés.

D'où il résulterait que la moitié de la population a des tubercules.

Pacini inocule à de§ cobayes les ganglions bronchiques de personnes mortes non tuberculeuses et les animaux deviennent tuberculeux 40 fois sur 100.

Chacun est exposé à être contaminé et chacun cependant ne devient pas phtisique; c'est donc qu'il faut faire intervenir un autre élément : l'organisme ; pour que le bacille germe il doit tomber sur un terrain propice.

La nature de ce terrain n'est pas encore bien connue. Quelques auteurs invoquent la déminéralisation de l'organisme ; les recherches récentes d'Albert Robin * tendent à démontrer que chez le tuberculeux et chez le prédisposé à la tuberculose les combustions respiratoires sont exagérées.

La question est encore à l'étude. Quoi qu'il en soit il est manifeste que la tuberculose héréditaire (l'enfant n'étant pas contagionné à sa naissance par le placenta) est due à la transmission de ce terrain par la mère à l'enfant. Si le bacille ne passe que rarement de la mère à l'enfant, les toxines, elles, passent facilement de l'une à l'autre et cette imprégnation des cellules de l'enfant ne peut qu'affaiblir sa résistance, quand il se trouvera aux prises avec les bacilles absorbés ultérieurement, et provenant le plus souvent des crachats de la mère.

Diagnostic par la tuberculine. — Si la tuberculine ne guérit pas la tuberculose elle sert à la déceler chez l'homme et les animaux,

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