Bull. Soc. chim., t. XIII, 1895, et t. XIV
agit encore à 4<» ou 5<^ (Duclaux). La trypsine^ la diastase qui liquéfie la gélatine et qui est sécrétée par beaucoup de microbes : Micrococcus aureuSj albuSybacillepyocyanique^BacillussubtiliStBacillus megaterium, etc., paraissent être des substances identiques à la caséase.
Thrombase. — La thronibase ne liquéfie pas le caillot sanguin, mais empêche le sang de se coaguler. Elle n'a pas été isolée, on connaît son existence par ses effets. A ce i)oint de vue elle est assimilable aux toxines et aux antitoxines.
On connaît plusieurs substances s'opposant à la coagulation du sang. L'extrait de sangsues existe dans les sécrétions buccales de la sangsue. Son action anticoagulante s'exerce soit in vitro en la mélangeant au sang, soit in vivo en l'injectant dans le sang. Dans ce dernier cas, l'effet ne dure pas longtemps.
Son action résiste à une température de plus de 100o(Bosc et Delezenne*).
Vhistone de Kossel, la cytoglobine de Schmidt sont des substances retirées des globules rouges, des leucocytes, des ganglions lymphatiques, du foie, de la rate. Elles sont anticoagulantes in vitro.
Les peptones en injection intraveineuse empêchent la coagulation quand on les a injectées dans les veines. Delezenne a montré que c'est dans le foie que se forme la substance anticoagulante qui est ou bien
i. Acad. Se, sept. 1896.
DIASTASES EN PARTICULIER 49
la peptone modifiée, ou bien une sécrétion du foie provoquée par la peptone.
Le sérum d'anguille ajouté au sang in vitro n'empêche pas la coagulation, injecté dans les veines il Fempéche. Delezenne a montré que c'est encore dans le foie que s'acquiert cette propriété.
Les extraits de muscles d'écreuissc, de foie et intestin de chien ont des effets semblables.
Uréase. — Elle hydrolyse l'urée et la transforme en carbonate d'ammoniaque. Elle est sécrétée par divers microbes : Micrococcus, Bacillus ureœ, étudiés par Miquel. Le maximum d'action est près de îiO®. Les acides, les antiseptiques empêchent ou retardent l'action de Turéase.
Amylase. — Elle transforme l'amidon en glucose en le faisant passer par les étapes intermédiaires de la dextrine et du maltose. On la trouve dans les plantes, dans le pancréas, dans les cultures de divers microbes : Aspergillus niger, Pénicillium glaucum, Bacillus subtiliSy ramosus, megaterium, Amylomyce Rouxii, Nous avons vu, page 40, l'influence de la température.
Les acides à faible dose favorisent l'action de Tamylase, les alcalis l'empêchent. Les sels neutres sont tantôt favorisants, tantôt empêchants.
Lipase. — La lipase saponifie les corps gras, c'est-à-dire les dédouble et les hydrate en donnant de la glycérine et un acide gras. Elle existe dans les graisses oléagineuses en train de germer, dans le Pénicillium glaucum^ VAspergillus niger, dans
le SUC pancrc^atiquc, dans le sérum, notamment celui du ctieval. L'efTet maximum est à 60«. Les acides sont nuisibles; la saponification se fait mieux en milieu neutre ou légèrement alcalin.
Laccase. — On l'extrait du latex de Rhvs succedanea (Bertrand); c'est une substance amorphe, soluble dans Teau. Si on la mélange avec le laccol, matière huileuse du même arbre, avec^ l'hydroquinone, lacide pyrogallique, il se produit rapidement une oxydation énergique de ces substances, avec absorption d'oxygène et dégagement d'acide carbonique.
Des diastasos oxydantes analogues à la laccase existent dans beaucoup de végétaux; elles existent également dans les tissus animaux, où elles jouent un rôle considérable dans les phénomènes d'oxydation.
Nous ne ferons que mentionner les prodiastases ou proenzimes, sortes de diastases à l'état latent qui ont besoin pour agir diastasiquement de l'intervention d'un autre agent, d'un autre corps. Leur étude est encore peu avancée.