Acad. des Se, juillet
et se fixent sur elles de préférence aux autres substances albuminoïdes. Stassano a établi- le fait pour le mercure, l'arsenic, la ricine, la toxine tétanique. 11 a pu en effet, par l'électrolyse, extraire ces substances des nucléines provenant des principaux organes d'animaux intoxiqués.
A. Gautier explique par cette affinité l'extraordinaire puissance des toxines.
En effet un homme pesant 70 kg. possède environ 47 kg. de substances albuminoïdes à l'état humide, répondant à 9 400 gr. à l'état sec. Or les nucléines représentent la 58® partie de ces matières,
9 400 soit — pg- = 162 gr. L'homme renferme donc 162 gr.
de nucléines à l'état sec. Nous avons vu plus haut
(p. 74) que 1 mgr. de principe actif de la toxine
tétanique pourrait tuer un cheval de 500 kg., rap-
port toxique ^r^g-^^TT^ mais ces 500 kg, de cheval ne
ferment environ que 1 140 gr. de nucléines sèçheç, En admettant que la toxine se fixât sur toute la masse des nucléines, le rapport toxique tomberait à . ^^Q QQ^ , qui est encore très élevé. Mais elle
ne se fixe pas sur toutes les nucléines, elle a une prédilection pour certaines d'entre elles, et vraisemblablement le rapport toxique se trouve considérablement abaissé.
Le temps que les toxines séjournent dans l'organisme est peu connu ; il est assurément très varia-
ble. Certaines doivent s'éliminer en quelques jours, d'autres séjourner un temps plus ou moins long. Témoin la toxine diphtérique qui peut tuer brusquement par paralysie cardiaque ou respiratoire plus d'un mois après la guérison de la maladie, alors que tout fait présager qu'il n'y a plus de bacille dans l'organisme. Si l'on admet que le virus syphilitique est une toxine, ce qui n'est pas invraisemblable, c'est par des années que se compte le temps de séjour.
Quoi qu'il en soit, les toxines sont en partie détruites dans l'organisme, et en partie s'éliminent en nature.
La destruction s'opère principalement par oxydation. L'oxygène libre ou provenant des hématies y contribue assurément, mais là encore il faut faire intervenir les diastases oxydantes, les oxydases dont 1q présence dans les organes a été prouvée par Jacquet*, et la répartition étudiée par Abelous et Biarnès^. Ce ferment oxydant n'a pas été isolé. Mais Poehl a réussi à isoler du sperme, des glandes lymphoïdes, du ^ang, des globules blancs, une substance alcaloïdique, la spermine, C^^^H^^Az*, qui se comporte comme un oxydant énergique. Et c'est à cette propriété que Poehl attribue les bons effets des injections de suc testiculaire.
De Rey-Pailhade^ signale dans les tissus. la pré-