‹ Précis de bactériologie médicaleChapitre 57 sur 398 · Gessard, Ann. Inst. Past · texte numérisé non relu

Gessard, Ann. Inst. Past

BACTÉRIES CHROMOGENES 91

Les substances chimiques nuisibles, notamment les antiseptiques, retardent et arrêtent la sécrétion suivant les doses employées (Charrin et Roger).

La chaleur est une cause active de modifications dans la sécrétion colorée. Gessard (loc. cit.) en chauffant à 570 des bacilles pyocyaniques obtient 4 races : l'une qui donne de la pyocyanine et la fluorescence verte, l'autre donne la pyocyanine seule, la troisième la fluorescence verte seule, la quatrième ne donne aucune couleur.

La lumière ne paraît pas nécessaire à la production de la matière colorante.

Une bactérie qui a perdu son pouvoir chromogène peut le récupérer, si on la replace dans des conditions normales.

Parmi les bactéries chromogènes, deux sont à citer au point de vue pathologique : le Bacillits pyocyanique, qui fait le pus bleu et que l'on a trouvé comme cause pathogène dans un certain nombre d'infections humaines et animales (Charrin); le Micrococcus prodigiosus qui se développant à la base des follicules pileux produit les sueurs rouges (Babès).

Les bacilles verts fluorescents se rencontrent fréquemment dans l'eau. Gessard (loc. cit.) avait avancé que leur présence était en rapport avec des phosphates d'origine animale. Mais Lepierre* est d'un avis contraire.

S 4. — BACTÉRIES PHOTOGÉNES

La phosphorescence de la mer, de certains poissons ou autres animaux est connue de toute antiquité. Michaels * reconnut le premier que la phosphorescence de la mer disparaissait si on filtrait Teau sur du papier très fin. Pflûger ^ examinant au microscope le mucus lumineux d'une tête de morue y constata la présence de granulations en nombre infini. Nuesch ^ observant de la viande phosphorescente attribua la luminosité au Bacterium luccus, Lassar * réussit à transporter les microbes sur Une viande saine et à lui communiquer la phosphorescence.

Ludwig " cultiva ces microorganismes de la viande sur la gélatine et leur donna le nom de M. Forsteri. Puis Fischer ^, Forster "^ observèrent sur des poissons de la mer des Indes et de la mer du Nord des bactéries phosphorescentes en forme de bâtonnets.

Giard ® a décrit une maladie épidémique chez dé petits crustacés marins, les Talitres, due à des bactéries phosphorescentes.

Page 1