Centralbl. f. bact. u. parasit., t. II
BACTÉRIES PHOTOGÈNES 93
La lumière émise est blanche ou légèrement verdâtre, assez semblable, dit Macé, aux traînées ou sillons qu'une allumette phosphorique laisse sur les objets sur lesquels on la frotte légèrement.
R. Dubois * en cultivant des bactéries photogènes dans un liquide renfermant glycérine, mannite, peptones, asparagine, nucléines, lécithines phosphorées, phosphate de potasse, a pu éclairer une salle du palais de l'Optique à l'Exposition.
L'éclairage était comparable à un beau clair de lune.
Les conditions qui influent sur la production de la phosphorescence sont variées.
L'oxygène est absolument nécessaire, à l'abri de l'air les bactéries ne sont pas lumineuses.
Le chlorure de sodium ou des quantités isotoniques d'autres sels minéraux sont indispensables, dans la proportion de 3 à 4 p. 100.
D'après Beyerinck le Photobacterium luminosum et le Photobacterium indicum peuvent fournir de la lumière dans un milieu peptoné ne renfermant ni glycérine ni sucre comme aliment hydrocarboné, tandis que les Photobacterium phosphorescenSy Fischéri, Balticum exigent la présence de ces hydrocarbures à côté des peptones.
La température a une grande influence. La bactérie de Ludwig brille à — 10°, -- 15<> ; à + 38° ou + 39» elle ne brille plus, mais redevient lumineuse après
d. Acad. des Se, 17 août 4900.
quelques heures; à 47^ elle s'éteint définitivement. Le bacille de Forster luit entre 0 et 20°; à 32"^ il s'éteint; et à 35° ou 37° il est tué. La fonction photogénique est donc supprimée par des températures qui en général sont favorables à la végétation de la plupart des bactéries.
On n'est pas bien fixé sur les causes de la phosphorescence. R. Dubois * a extrait des animaux lumineux deux substances, la luciférase, qui est une diastase, et la luciférine. Mises isolément en contact avec l'eau et l'oxygène, ces deux substances ne brillent pas, mais si l'on mélange les deux substances dans de l'eau aérée la lumière naît.
Il est à présumer que les bactéries phdtogènes fabriquent ces deux substances.
Nous avons eu l'occasion de signaler souvent les effets merveilleux des diastases, la photogénie serait encore un exemple de leurs curieuses propriétés.
Les bactéries phosphorescentes peuvent vivre en saprophytes sur les téguments humains. Ilenkel, en 1740, a rapporté le cas d'un individu qui transpi rait beaucoup et dont les sueurs étaient phosphorescentes. Quand il se déshabillait à l'obscurité, son corps était sillonné de traînées lumineuses. Nuesch a observé un cas semblable.
, \. Soc. de biol., juin 1900.