‹ Précis de bactériologie médicaleChapitre 64 sur 398 · Zeitsch. f. hyg · texte numérisé non relu

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que périssent les bactéries sous l'action de la chaleur.

Or, d'une part, la coagulation exige pour se produire un temps d'autant plus court que la température est plus élevée; d'autre part, les matières albuminoïdes se coagulent d'autant moins facilement qu'elles contiennent moins d'eau. C'est ainsi que l'albumine desséchée à froid peut être chaufTée audessus de 100<» sans cesser d'être soluble. Ceci nous explique l'excessive résistance des spores à la chaleur et pourquoi les bactéries résistent mieux à la chaleur sèche qu'à la chaleur humide. Mais il y a encore une circonstance qui influe sur l'action de la chaleur, c'est la nature du liquide chauffé.

Chamberland a montré qu'un bacille de l'eau immergé dans l'eau et maintenu à 100° était tué au bout de trois heures, tandis que dans l'infusion de levure ou de foin cette température ne le tue qu'au bout de cinq heures. Le Tyrotrix tenuis périt à 95<> dans un liquide neutre et seulement au-dessus de lOOo dans un liquide alcalin (Duclaux). Sans doute la composition chimique du milieu chaufTé a pour effet d'accélérer ou de retarder le moment de la coagulation du protoplasma.

Le tableau suivant de Sternberg * indique les températures auxquelles sont tuées diverses bactéries après dix minutes d'exposition dans leur milieu de culture :

i. Textbook of bacL, p. 151.

50° B. de Finkler-Prior. 56® B. du choléra des poules.

52° B. du choléra asiatique. B. acidi lactici.

B. de Deneke. 58» B. du rouget des porcs.

Pneumocoque Talamon Fraa- B, de la septicémie de la

kel. sotiris.

54° B. crassus spatigenus. B. indicus.

B. du lait bleu. B. prodigiosus.

Streptocoque pyogène. Staphylococcus aureus.

56* B. anthracis. 62» B. d'Emmerich.

B. typhiquo. Staphylococcus citreus.

B. pyocyanique. Staphylococcus albus.

La grande majorité des bactéries pathogènes est donc tuée en dix minutes par le chauffage entre 50^ et 65».

Pour le bacille tuberculeuXj vu la difficulté de sa culture, il ne faut tenir compte que des expériences dans lesquelles les bacilles ont été inoculés à des animaux après le chauffage. Telles sont celles de de M an. Le bacille tuberculeux est tué quand il a été chauffé

A 55° pendant 4 heures. A 80° pendant 5 minutes.

65 — 15 minutes. 95 — 1 —

Ainsi la température de l'eau bouillante tue en quelques minutes les/ bactéries, à moins que cellesci ne soient sporulées. Dans ce cas l'ébullition est insuffisante. Quand on veut obtenir du Bacillus subtilis pur, on fait bouillir une infusion de foin pendant trois quarts d'heure et on ensemence l'infusion.

Dans le lait il existe des bactéries diverses, et

notamment des Tyrothrix, dont les spores ne sont pas détruites à l'ébullition et qui exigent des températures de 110°, 115°, 120*', qui ne peuvent être obtenues que dans des autoclaves.

Flugge * a trouvé dans le lait des bactéries résistant à une heure et demie d'ébullition. Parmi ces bactéries trois sont pathogènes et déterminent chez le chien des diarrhées profuses.

Le tableau suivant de Duclaux ^ indique la résistance différente des bactéries et de leurs spores après une exposition d'une minute.

Bacille. Spore.

Tyrothrix tennis 90«-95« 120»

— tenuior 105° 120

— tenuissimus.. 95 110-115*

— flliformis 105 120«

— distortus..... 95 105

— goniculatiis.. 80 105

— turgidus 80 105

— scaber 95 110

— nrocephalum. 95 105

— catenula 90 105

Si Ton admet que les spores renferment très peu de protoplasma et très peu d'eau, ou s'explique leur résistance. Voici du reste une analyse de Cramer portant sur les mycéliums et les spores d'un pénicillium.

Mycëliuui. Spores.

Eau 87,6 p. 100 38,9 p. 100.

Matière sèclie 12,4 — 61,1 —

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