‹ Précis de bactériologie médicaleChapitre 97 sur 398 · Ann. de micr · texte numérisé non relu

Ann. de micr

l48 LES BACTÉRIES DANS LES ELEMENTS

finissent par disparaître. L'expérience démontre que les bactéries pathogènes vivent plus longtemps dans un sol stérilisé que dans un sol peuplé.

Applications hygiéniques. — Les rapports multiples que l'homme a avec le sol, par les poussières de l'atmosphère qui en proviennent, par l'eau qui le traverse, par les végétaux qui y poussent, par les animaux qui vivent des végétaux, créent le devoir étroit de ne pas contaminer le sol. Si nous considérons que les bactéries se conservent bien plus longtemps dans le sol que dans l'atmosphère et dans l'eau, on doit en inférer que les germes contagieux nous viennent le plus habituellement du sol et que par conséquent on ne saurait prendre trop de précautions pour ne pas l'infecter. Nous indiquerons rapidement les règles hygiéniques qui doivent présider à la propreté du sol.

Le sol des rues, des cours, courettes, caves, écwries, etc., doit être imperméable. Cette imperméabilisation peut être obtenue par des revêtements divers que l'on choisit suivant leur commodité , leur résistance, leur prix de revient. Le macadam, formé de cailloux concassés et comprimés par un lourd rouleau, est très employé en raison de son bon marché, mais il ne vaut absolument rien, attendu qu'il n'est pas imperméable et que sec il produit beaucoup de poussières. Vasphalte, le bitume, le ciment sont les revêtements hygiéniques par excellence. Les pavés en pierre, en bois sont bons, à la condition qu'ils soient posés sur un lit épais de

béton qui forme lui -môme le revêtement continu.

Les détritus provenant de la rue, des maisons, les gadoues doivent être reçus et transportés dans des récipients, voitures fermées et étanches jusqu'à leur destination. Que devrait être cette destination? Pour moi il n'y en a qu'une : la destruction par le feu ou par des moyens chimiques. Mais pour des raisons qui n'ont rien de commun avec l'hygiène, et même qui lui sont contraires, on emploie le plus souvent ces gadoues comme engrais sur les prairies ou terres cultivées.

La raison économique en est la cause. Je ne suis pas compétent au point de vue économique, mais quand on voit que 100 kg. de gadoue renferment seulement pour 0^*',60 à 0^'',90 de matières utilisables (azote, acide phosphorique, potasse, chaux), on ne peut s'empêcher de trouver le transport onéreux.

Quelques villes maritimes, Liverpool, Nice, versent leurs gadoues dans la mer. Mieux vaut faire comme à Rome, les enterrer dans des tranchées éloignées des habitations, des cours d'eau, de la nappe souterraine et les recouvrir d'une épaisse couche de terre.

On doit apporter une attention toute spéciale à l'évacuation des matières excrémentitielles de l'homme et des animaux.

Les fumiers doivent être placés loin des habitations, surtout des puits, fontaines, canalisations d'eau et reposer sur un sol ou dans une fosse imperméable; les purins doivent être reçus dans des fosses imperméables.

Pour les maisons d'habitation, les puisards ou puits perdus sont absolument condamnés; les fosses d'aisances même bétonnées ou cimentées ne valent pas grand'chose, car elles se fendent presque toujours. On ne conçoit pas, au surplus, ce réceptacle d'immondices précieusement conservés avec lequel les appartements sont en communication par les tuyaux de chute. Les tinettes mobiles ne contaminent pas le sol, mais exigent des soins et du temps pour le transport qui doit cHre fréquemment renouvelé.

Les systèmes qui entraînent instantanément les vidanges dans des canalisations fermées sont les plus recommandables. Le tout à Végout pour être bien fait exige des conditions multiples : réservoirs de chasse dans la maison, siphons dans la maison et avant l'égout, réservoirs de chasse dans les égouts, pente suffisante pour l'écoulement dans l'égout. Le système par aspiration^ de Liernur paraît répondre à toutes les exigences de l'hygiène.

Quant aux eaux d'égout, que peut-on en faire? Au point de vue hygiénique, le meilleur système est de les épurer soit par décantation, soit par le système de ROkncr-Rothe qui fonctionne à Essen, soit par des substances chimiques : chaux, permanganate de potasse, silice, etc. ; soit par la chaleur. Les boues résultant de l'épuration peuvent être enfouies, brûlées, transformées en poudrettes, comme dans le système Liernur.

Si l'on se place au point de vue agronomique,

l'épandage sur le sol, disposé à cet effet, convient à tous égards.

11 importe de ne pas déverser dans les cours d'eau les eaux vannes provenant des égouts.

Depuis quelques années on expérimente en Angleterre un nouveau système d'épuration des eaux vannes, par lequel ce sont les bactéries elles-mêmes qui opèrent la destruction de la matière organique. Les eaux vannes séjournent vingt-quatre heures dans un bassin où elles sont soumises à l'action de bactéries anaèrohies. De ce bassin elles passent successivement dans deux autres bassins où opèrent des bactéries aéro6ies. La matière organique est presque complètement détruite. D'après Rolants et Gallemand* l'ammoniaque formée aux dépens de la matière organique est transformée en nitrites puis en nitrates.

Ce système est encore à l'étude. En tout cas s'il donne des résultats au point de vue chimique il n'est pas à recommander au point de vue bactériologique car les eaux vannes qui ont traversé les bassins n'en sont pas moins chargées en bactéries soit putréfactives, soit pathogènes.

Nous ne dirons rien de particulier sur l'enfouissement des cadavres humains. Pour les cadavres d'animaux, la cuve à acide sulfurique est un procédé merveilleux de destruction. A défaut de cette cuve, les cadavres doivent OivQ enterrés et recouverts de chaux vive.

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