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CHAPITRE XVIII

LE STAPHYLOCOQUE PYOGÈNE

Vu par Lücke, Kzeps, Enenra, cullivé pour la première fois en bouillon par Pasreun (1880), puis par Ocsrox, Becken sur mi lieux solides; décrit avee soin et baptisé (microbe en grappes, faisant du pus) pur Rosexsacu, Il faut citer les travaux de F. Knause, de Passer, de Rover, de Rover et J. Courmowr, etc.

A) L'ESPÈCE : STAPHYLOCOQUE PYOGÈNE

L'espèce : Staphylocoque pyogène est bien définie. Certains auteurs allemands, LANNELONGUE et Acuanb en France, ont voulu distinguer 3 espèces : la dorée, la blanche, la citrine. Rover el 3. Courmonr (1890) se sont élevés contre cette manière de voir; ils ont été suivis par Nerrer, Bessox et la presque totalité des bactériologistes. Nous le répélons, le St. pyogène est une des espéces les mieux définies, comprenant 3 variétés qui ne se distinguent entre elles que par leur pouvoir chromogène. Nous verrons que ce pouvoir chromogène est essentiellement variable, peut se modifier pour un même échantillon, et qu'il constitue un caractère bout à fait secondaire, Il en est de même du degré de la virulence; il parail suivre, en général, les variations du pouvoir chromogëne, le St. pyogène aureus élant plus virulent que le citreus ou l'albus ; mais ce n'est qu'une question d'intensité; les lésions produites sont toujours identiques. Les leucocidines sécrétées par les variétés blanche et dorée sont identiques (Nussen), nouvel argument d'identité.

Es Litomateer: des spores celui du B. de La pourriture d'hôpital (Viscexs) Le fluenza (GRASSERRGER).

8° Pouvoir AR n donnait des colonies jaune d'or; 1 y ajouta la variété blanche :

citrine : citreus (plus rare). Le plus on peut d'ailleurs observer toutes les c “Un fait prouve bien que ce pouvoir c à | vir à différencier l'espèce, à peine des races; lo cultures d'isolement avec un pus aph presque toujours un mélange de { du jaune-orange au blanc avec

rents individus contenus dans le + même souche, ont un pouvoir dl variable. :

En second lieu, on peut facilem:

de faire son pigment. Les une culture bien aërée, végétant en

de cultiver dans le vide, d'additionnér le bouillon d'antipyrine, d'exposer à ln lumière (GaizLanD) pour voir disparaitre le pouvoir chromogène. Les différences de température, le vieillissement des cultures, des changements chimiques dans In composition du milieu nutritif, ont un retentissement Lrès marqué sur l'intensité de celle propriété, Toutes ces modilicalions ne sont que temporaires; replacé dans de bonnes conditions le S£. py. repousse aureus.

Rover et J. Counmoxr ont observé La transformation définilive d'un St. py. doré en St. py. blane, et Nerreu à vu un Si. py. + blanc devenir doré. On sait d'ailleurs que le B. pyocyanique peut perdre sa fonetion chromogène (Wassenzuc), de même le-Microcoous prodigiosus (Scmorreuvs). Le Staphylocoque pyogène est encore plus sensible à ce point de vue et perd su faculté chromogëne avec dés conditions qu'il rencontre facilement dans la nature et dans l'organisme.

4 Cultures sur milieux solides. — Ce sont les plus caractéristiques.

A. GÉLAMINE. — Piqire. — Dès la vingtième heure, culture granuleuse. Vers le cinquième jour, la liquéfaction commence en entonnoir avec un culot doré au fond. Vers le huitième Fig, 354, jour, la liquéfaction a gugné les bords et se Slepylocoque fuit en cylindre complet, progressivement û ae Ur descendant, avec un eulot jaune à la limite du en gélatine (pi liquide trouble supérieur et de la partie infé- qüre). rieure non liquéfiée (fig. 334). 1 colonie s'enfon-

La liquéfaction n'atteint pas toujours le St Lee ane fond du tube, la cullure s'arrétant avant. Rien trouble liquéliée, n'est variable comme la rapidité avec laquelle le Si. py. liquéfie la gélatine; la liquéfaction est toujours lente, mais parfois minime et ne commençant que le quinziéme ou le vingtième jour, pour s'arrêter au bout de plusieurs mois.

Plaques, — Vers le deuxième jour : pelites voluniess

| Fig. 395.

| Hleniiocues Pyo- ru gène bi

| Culture de 8 jours sn Riours - | sur gélose. sur gélose.

liquéfaction s'étend plus on moins loin, mais Loute ln plaque. , 50 Naturellement, la coloration de In coloni citrine avec les autres variétés.

Certains staphylocoques ne liquéfent p perdent à la longue cette iété. )

B. GéLose. Sënum. — Dés ln vinglième heure, nombreuses colonies arrondies, blanchätres, le long de la strie. Elles sont rapidement confluentes et forment une large bande granuleuse, grasse, humide, qui reste blanche (albus, fig. 335 et 157,4) ou prend, vers le cinquième jour, parfois plus tard, une coloration jaune, plus ou moins orangéé (aureus, fig. 336); où citrine (citreus, fig. 337), surtout à la partie épaisse, médiane.

C. Poume pe rene, — C'est le milieu qui donne les colonies les plus vivement colorées. Vers le deuxième ou le troisième jour, la culture est épaisse, luxuriante et d'un jaune véritablement doré (awreus) où citrine (citreus) ou très blanche (abus).

5° Cultures en milieux liquides. — À. Boui£rox: — Rien dé caractéristique, Trouble uniforme, rapide, sans flocons, ni pellicule (fig. 451). Dépôt abondant et coloré, mais moins vivement qué les cultures solides. Le développement s'arrête vers le huitième jour,

B. Larr. — Rapidement cougulé (F. Knavwse), grâce à la production de plusieurs acides, dont l'acide lactique.

C. Sënvu. — Végite agglutiné et atténué dans le sérum du lapin immunisé. Végète normalement dans le sérum neutre. (1. Courxoxr).

C) Coconarionx, CARAGTÈRES MICROSCOPIQUES

4° Coloration. — Se colore très facilement par Loutes les couleurs basiques d'aniline, Prend le Gram.

2° Forme. — L'élément est un coccus, toujours rond (morphologie trés fixe), de diamétre variable (0,9 js à 1,2 y). I est pétit dans les cultures anciennes, très gros lorsqu'on le cultive à + 43°. L'arrangement des cocci est caractéristique, Ils sont disposés en amas qu'on a comparé à des grappes de raisin (d'où le nom de Staphylocoques) ; autour d'eux sont des éléments isolés ou groupés par 2, par 3, ou par pelites chainettes

Fig. 338. É St locoque pyogène. ge bouillon (48 heures).

ou en lélragènes; c'est un mélange confus de tous e ments possibles, Dr

3° Mobilité. — [mmobilité.

4° Spores. — lus de spores,

D) GARACTÈRES BIOLOGIQUES

1° Habitat. — Très répandu dans la nature.

l'air, dans les eaux (oi il peut vivre longtemps le sol, dans les poussières. On le trouve che:

CARACTÈNES NIOLOGIQUES 753

à la surface de la peau, sur les muqueuses, dans le tube digestif (Gessxer, Durré), dans la bile (47 fois sur 42; LerrenxeE), ete, Exemple : quand on cultive le sang de la pulpe du doigt, après piqüre à la lancette, on a presque fatalement des cultures contaminées par du staphylocoque (en général blane et non liquéfiant), On peut dire qu'il nous assiège (EtseLERG, PawLowsky, Emmenicn, ULLstaAnx, etc.)

20 Vitalité. — La vitalité est considérable dans les cultures; des cultures en bouillon, Agées de plus d'un an, sont parfois ensemencées avec succés, à plus forte raison des cultures solides.

Dans les matières albuminoïdes desséchées, le Staphylocoque pyogène résiste plusieurs minulés à + 41009 et assez bien aux antiséptiques.

La limite de température à laquelle végéte une culture en bouillon est environ + 40; on obtient même des cultures (atténuées, il est vrai, et à gros éléments) 44-430 et+ 449, en réensemençant fréquemment à eclle température un mierohe puisé dans une culture très jeune. Cependant la résistance du Staphylocoque pyogène à la chaleur est en somme faible.

La durée et l'intensité du chauffage, nécessaires pour détruire la vitalité du microbe, varient suivant l'âge de In culture; la plus âgée étant la plus facile à stériliser. Voici quelques chiffres dus à Roper : 41° pendant deux jours et 45° pendant vingtquatre heures ne tuent pas le Staphylocoque. 11 ne résiste pas au contraire à 44° pendant cinq jours, 50° pendant deux jours, 72 pendant une heure trente-cinq minutes et 80° pendant une heure quinze minutes.

La lumière solaire (GanLano) et électrique (CaxeLewsxy) diminuent rapidement sa virulence et allérent son pouvoir chromo= gène.

Procaowxior el Seagre prétendent que le Séaphylocoque pyo= gène est détruit en un quart d'heure au pôle positif d'un courant galvanique de 60 à 80 milliampéres, grâce au dégagement du chlore provenant de la décomposition du chlorure de sodium:

Un séjour de vingt-cinq à cinquante jours dans l'eau distillée

Phècis DE DACTÉMOLOGIE, 2 édit. 48

hu

pas dans un bouillon contenant 41/2000 d' (ViexaL). Enfin, pour SaBnazëés el BAZIN, uni sphères n'influence ni sa végétabilité ni sa virulen orchitiques le tuent en Lrois jours.

C'est en expérimentant avec le Stap

Staphylocoque pyogène. peut même arriver culture, provenant directement d'un abcès © d'ostéomyélile, soit absolument inactive. En L culture âgée de quarante-huit heures, tu Je sang, à 1/2 ou 1 centimètre eube. Les v l 0 la plu souvent moins Men > | t utténue RES bel ocoque virulent, il faut:

à huit jours. Cependant, une s une culture fille "

Il est rare qu'on ne puisse pas remonter la virulence d’un échantillon même très atténué,

# Agglutination. — Le Staphylocoque végèle aggluliné dans le sérum de lapin immunisé. Le sérum des malades atteints de staphylocaccie n'aggluline pas (J. Counmoxr).

5° Caractères biochimiques. — Produit des acides gras aux dépens des matières sucrées. Transforme la Inctose en acide lactique. Produit les acides acélique, valérianique, butyrique et propionique (odeur aigre des cultures).

Produit un peu d'indol. Peptonise le blanc d'œuf.

E) AGTION PATHOGÈNE

1° Action naturelle. — Le Staphylocoque pyogène est pathogène pour l'homme et pour les animaux.

A. Cuez L'Homme. — Son rôle est immense. Rappelons que Pasreun l'a décrit originellement comme le microbe du furonele et de l'ostéomyélite, C'est, avec le Streptocoque pyogène, l'agent. le plus habituel de la suppuration.

Quelle est la fréquence des abcès à staphylocoques pur comparaison avec les autres? En additionnant les statistiques dé ÆZvckknmanx, Rosensacu, OGsrox, Passer, elc,, on arrive au total de quatre cent quatre-vingt-quinze abcès qui se divisent ainsi :

Staphylococeus pyogenes aureus, citreus ouulbus, 74 p. 400

Streptococcus pyogenes. . . . . « . . « . , , . 16 — Los dans DIR à 51 5 0e à 2e ae à 1 à 4 ,5 — Micrococcus pyogenes fœætidus, ML. lenuis, ele, Except

La statistique de Kartixsk1 donne un Lotal de deux cents sup purations, très diverses :

Slaphylococeus pyogenes aureus. , . . . - ... 464 — albus ... . . . F1 € SUR — < citreus. , ; . . . . . « T Streptococcus pyogenes . , . . Le ‘ 45 Divers. « sim « Te PDP MO

coque est la cause de telle lésion où on le re de sa présence conslante sur les muqueuses.

exemple, son rôle dans la production de l’am des Lumeurs adénoïdes ? (CnareuLen.) \ Et, même dans les abocës, ne peut-il pas, associé à d’autres microbes, étre seulement le tion secondaire ? En un mot, il ne faut ja firmer qu'un microbe aussi vulgaire est | qu'il habite. BoucaanD et Cuanmin ont Ur Staphylocoque dans des arthrites rhumatismales se sont bien gardé d'en tirer une conclusion, | Voici un tableau des principales affections | phylocoques !.

Peau et tissu conjonctif sous-cutané

Faronele (Pasreur, Oc:

per, éle.). Anthrax.

cutanés. Purpura (Reura, Os et articulations, | Ostéomyélite Lee

‘ 1. Counuorr. Slapi . Traité de Re dunr Baillière, UT ta pe 584.

! Coryzas. Bronchites. Dilatation des bronches. Laryngites pseudo-membraneuses diphtériques associées ou non diphtériques. Gan- Appareil respira- gréne pulmonaire. Broncho-pneumonies LL RES CIE surtout infantiles (5 sur 25, Nerren). Pleurésiés séreuses (excessivement rare) où purulentes (très rare; 6 sur 156; Nerreñ) où putrides.

! Angines phlegmoneuses. Angines diphtériques associées ou non diphtériques. Infection sa- Appareil digestif . | livaire. Péritonite suppurée. Angiocholites suppurées, Abcès du foie. Ictères graves.

\ Thyroïdites.

Organes der sens à { Que MUC ou nou. Kéraltites. Conjone-

ñ :L péni . { Nepbrites. Cystites. Infections urinaires. Sal-

Appareil génilo-uri- |" ingites, “Métrites. Infection puerpérale NAME l (rare).

a. { Méningites suppurées [très rare), Encéphalites

DRE suppurées. Empyème des sinus,

Infection générale. | lyohémie.

B. Cuez Les animaux. — Le Staphylocoque pyogène a été reconnu comme l'auteur d’une ostéo-arthrite aiguë infectieuse des jeunes oies (Lucer}, d'abcès chez le chien, le chat, le loup, le renard la martre, le mouton, le lièvre, le cobaye, les souris blanche et grise, la perdriæ, l'hirondelle, le pigeon, ete., ete. (Kanumsxi), d'une épidémie sur les goujons du Rhône (Cuannin), ele.

2 Action expérimentale. — A. HOMME. — ZUCKERMANN, ayant pratiqué 5 inoculations de culture, a reproduit des pustules, avec lymphangite dans un cas, Ganné, s'étant frictionné le bras avec une culture provenant d'une ostéomyélite, fut atteint d'an- Chrax avec adénite axillaire. Nerren a reproduit involontairement la même expérience. Enfin, on a fait quelquefois des abeès de fixation en inoculant des cultures sous la peuu.

B, Larrs. — C'est l'animal de choix. Son inoculation, à différents âges, par différentes voies, avec des doses variées de Staphylocoque pyoyène est un véritable modèle d'étude expérimen-

rable, 11 suffit de 0,25 nn UE un abcés sous-culané qu'à 4 centimètre pleurésie fibrino-purulente, mortelle en quelque

e, Inoculation intraveineuse, — C'est la à mode et donnant les résultats les plus deux gouttes suîisent à Luer (culture den

1 ment).

Si la dose est forte ou la culture très y vient en quelques heures à deux jours appréciable, par simple septicémie. h sont Star les reins surtout} le sang phylocoq

Si la : 7e est très faible et laisse s

Supposons le lupin adulte. Den Ca fier Dés le lendemain de l'injection, l'animal parait malade lempérature monte pour rester fébrile (40° à 41°) jus

On Fig. 589. . 340.

Staphylacoecie. Staphylocaccie.

lun lapin mort le huitième Coupe de on rer du DL injection intravei- animal (grandeur naturell grandeur naturelle).

es urines sont albumineuses et contiennent des Hotdes avec des débris d'épithélium et des glo La mort survient au bout dé six à huit jours, av

sont absolument constants (Rover, x, ele.) et peuvent constituer l'unique wface de l'organe qui est parsemé de b

jour)

Fig. 341.

Staphylococcie.

| 2 TA cé {gran-

| deur naturelle),

La rate est habituellement he rA parie :

rescence graisseuse du foie ou des reins, |

purations lentes (LANNELONGUE el AcAnD) ,

Lesstaphylocoques sont nbondants dans [

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