‹ Précis de bactériologie pratique (volume 2)Chapitre 55 sur 125 · B}) ANALYSE QUALITATIVE SPÉCIALE · texte numérisé non relu

B}) ANALYSE QUALITATIVE SPÉCIALE

Le problème devient plus abordable lorsqu'on demande au bactériologiste si un échantillon d'eau contient telle espèce

Lbusn, Diagnoslica dei Balteri delle acque. Torino, 1800. MEisexnenc, Bakteriologische Diagnostik (Hamburgund Leipzig, 189}# 2 G. Roux, Loc. cil., ch, 1x.

406 ANALYSE RACTÉRIOLOGIQUE DE L'E.

microbienne connue. La plupart des microbes p êté rencontrés dans l'eau. Citons le Sta o aureus* (Uuwaxx), le Micrococcus cereus albus (Ts ñ coccus du clou de Biskra (Heyoennetca), le Coccus B. de Fontin, —. le Bacillus anthracis® (Porxcaré), le Bacille du choléra des poules (Kocn), le Bacillus murisepticus (Kocn), le Bacillus pyocyaneus (Ties), le Bacille de la tuberculose (Gurxann), ete. Les vases et par conséquent les eaux boueuses contiennent 1 presque toujours des microbes anaérobies extrêmement reux, tels que le Vibrion septique (gangrène gazeuse), le de Nicolaïer (tétanos). G. Roux, Ancorx, Lonrer, etc. les ont constamment trouvés dans la vase des galeries de filtration de la Compagnie des eaux de Lyon. Miques les a rencontrés dans l'eau de la Seine et de la Marne, Lonrer dans l'eau de la mer Morte, Nous avons déjà indiqué la façon de rechercher ces microbes (chapitre vi, page 210) : on emploie l'inoculation de la boue sous la peau du cobaye (0s°,10 par 100 grammes de poids vif environ). On laissera déposer ou on centrifugera l'eau pour avoir une concentration de ces microbes. On pourra aussi, mais avec plus de difficultés, employer les méthodes d'isolement des annérobies que nous avons décrites au chapitre wt, Nous avons laissé pour la fin la recherche des microbes pathogènes qui se trouvent le plus fréquemment dans l'eau, engendrant des épidémies dues incontestablement à l'ingestion d'éaux contaminées : fièvre typhoïde, choléra. Ces deux ques tions sont d'une importance capitale et sont loin d'être com- “plétement résolues à l'heure actuelle.

Counuonr à vu que le S{aphylocoque pyogène pouvait vivre Ib plusieurs mois dans l'eau distillée (Staphylococcie, Traité me Bnouanvez, 1895). C'est d'ailleurs dans l'eau de la Seine Im avait découvert, én 1880, un coccus pyogêne. sents ou spores du B- anthracis peuvent vivre dans l'eau

rs (Donanny. Th. Paris, 1889). Kancinski les à vus au

tre dans l'eau en trois à cin jours. (Loc. cit., 1889 travail de Srnaus et Dusa : da vie des microbes Lee méd. exp., 1889), où est indiquée la durée

quelques microbes (charbon, choléra, baeille

pèle) dans des eaux différentes.

4° Fièvre typhoïde. Recherche du B. d'Eberth et du Colibacille dans les eaux. — Le rôle de l'eau dans la propagation de la fièvre typhoïde est trop solidement établi pour que nous fassions autre chose ici que rappeler ce principe. La fièvre typhoïde étant causée par un microbe des mieux connus, le Bacille d'Eberth (Enenra, GArrkY, CHANTEMESSE et WinaL}, il semble très simple au premier abord de savoir si une eau est typhogène ; il sulirait pour se prononcer de constater l'absence ou la présence de ce microbe dans un échantillon de celle-ci, Il en était ainsi il y a quinze ans. Dès qu'une épidémie de fièvre typhoïde surgissait dans une ville, dans une maison, on recherchait l'eau de boisson consommée, on analysait celle ci et la culture y décelait le Bacille d'Eberth (Brouaunez, Tor- NOT, CHANTEMESSE, etc.).

Malheureusement, les choses n'étaient pas aussi simples, Il existe dans l'intestin de l'homme et de la plupart des animaux, et par conséquent dans toutes les eaux souillées de matières fécales, un bacille, très voisin du B, d'Eberth ; c'est le Colibaeille, décrit par Escuenien sous le nom de Bacillus coli communis (voy. p. 668). Jusqu'en 1889, ce microbe était considéré comme un vulgaire saprophyle, hôte banal de l'intestin ; on croyait aussi pouvoir le distinguer facilement du B, d'Eberth. C'est iei que se placent les travaux de Roner et G. Roux, de Lyon, Ces auteurs commencèrent par démontrer que les caractères distinetifs de ces deux microbes, considérés jusqu'en 1889 comme suflisants, ne permettaient pas la diagnose ; que les cultures du B. d'Eberth, obtenues si fréquemment par l'ensemencement d'eaux suspectes, étaient toujours ou presque toujours des cullures de Colibacille, Il ne faut pas oublier qu'à cette époque on distinguait le H. d'Eberth du Colibacilla par les seuls caractères macroscopiques des colonies sur gélatine et surtout sur pomme de terre, caractères secondaires et variables qui ne pouvaient compenser les nombreux

“Rover et Roux, Soc. de Biologie et Soc. des sciences médicales de Lyon, 1889, 1890, elc. et Arch. de médecine expérimentale 1892, p. MT.

points de ressemblance des deux microbes. Continuant travaux, Rover et G. Roux montrèrent que le 8. d'Eberth rencontrait presque jamais dans l'eau (méthodes antérieures ä 1889), qu'il périssait d'ailleurs rapidement, même dans du liquide de fosse d'aisances filtré!, qu'on ne le trouvait presque jamais (en 1889) dans les selles des typhiques. Ils montrèrent en outre que le Colibacille est non un saprophyte, mais bien un microbe pathogène (Lantezce, Tave, Rover, etc.), Leur conclusion fut que le B. d'Eberth n'était qu'une variété de Colibacille, variété moins résistante, ayant perdu une partie de ses propriétés, à la suite dé la pénétration du Colibucille dans le corps des typhiques : le type du B. d'Eberth s'obtiendrait seulement en ensemençant le suc de la rate des typhiques. Sous des influences encore mystérieuses, le Colibacille deviendrait typhogène et se transformerait en B. d'Eberth.

Cette théorie des auteurs lyonnais a soulevé d'ardentes polémiques et occasionné un nombre incroyable de publications apportant des arguments tantôt favorables, tantôt contraires. N'eûl-elle eu que le mérite de susciter un pareil nombre de travaux intéressants, la théorie de Rover et G. Roux aurait sa place marquée dans la science. A partir de ce moment, la Colibacillose a été créée de toutes pièces; le Colibactile s'est élevé du rang de vulgaire saprophyte à celui dé bacille pathogène chargé de nombreux méfaits. A partir de ce moment, des caractères importants de différenciation ont êté cherchés et découverts : fermentation de la lactose, coagulation du lait par le Colibacille (Cuanremésse et Wipas, Pennnix, Dupier) agglutination par le sérum des typhiques, ete.

Actuellement la question est jugée. Les expériences de Rover et G. Roux étaient Lrès remarquables pour l'époque (1889) où elles ont été publiées. Les réserves faites par ces auteurs étaient, alors, justifiées. Botaniquement, ils avaient raison. Mais, au point de vue pathologique, à la suite des travaux précisèment suscités par eux, le doute n'est plus permis. Le

1 Vauver, Le Bacillus coli dans ses rapports avec le Hacille à Th. Lyon, 1492.

RECHERCHE DU BAGILLE TYPHIQUE DANS L'EAU 409 |

B. yphique, bien que très voisin du Colibacille, et ayant probablement une origine ancestrale commune, est actuelle- | ment adapté ; c'est un microbe pathogène spécifique, qu'il faut séparer avec soin du Colibacille. La lâche est souvent diflicile, | mais cela ne modifie pas les résultats qu'on est en droit d'en attendre, Il y a une Eberthose produite uniquement | par le B. d'Eberth et dont la fièvre typhoïde est le type; il y | a, à côté, une Colibacillose causée par le Colibacille, hôte habi- | tuellement inoffensif de notre intestin et de celui des ani- | maux.

Que conclure de la grande difliculté, qui est trop certaine, | d'isoler le B, d'Eberth des eaux typhogènes, surtout (el c'est | le cas habituel) lorsqu'il y est mélangé avec du Colibæille, | au point de vue spécial de l'analyse des eaux ? Que répondre à l'hygiéniste qui demande si une eau doit être rejetée comme

rois cas peuvent se présenter ; 1° l'eau ne contient ni Colibacilles ni Bacilles typhiques ; elle est déclarée potable (à ce point de vue spécial) ; ® l'eau contient des Bacilles typhiques avec (presque loujours) ou sans Colibacilles : elle est déclarée typhogène ; 4 l'eau ne contient pas (par les procédés habituels) de Bacilles typhiques, mais des Colibacilles. Ce cas estle plus embarrassant. J'estime qu'il fant impitoyablement rejeter comme dangereuse une eau contenant des Colibacilles en quantité notable ; elle a été souillée de matières fécales, elle est plus que suspecte. Mais on ne rejettera pas d'emblée une eau parce qu'elle contiendra quelques individus reconnus comme des Colibucilles, car presque loutes les eaux peuvent en offrir des échantillons. Néanmoins, cetle eau sera suspeële étä surveiller de très près; si on continue à y rencontrer Ues Colibacilles, elle sera considérée comme dangereuse ou pouvant le devenir. Il faut être beaucoup plus sévère qu'on me Vétait il y à quelques années. Une eau contenant des Uolibacilles exige au moins des réparations des conduites pour retrouver le point où elle se contamine de manières

Avant de passer à la technique de la recherche de ces deux

CouIBACILLE.

Bâtonnets cylindriques très polymorphes.

Pseudo-spores. Spores inconnues.

Mobile. Cils moins nombreux, plus difficiles à colorer.

Décoloré par le Gram.

Aérobie facultatif.

Température maxima pour la culture = 46e,

Colonies sur gélatine opaques, circulaires ou transparentes, dentelées, en glacier.

Gélatine pas liquéliée.

Colonies sur pommes de terre épaisses, jaunâtres ou minces et vernissées, presque invisibles.

Végétation très intense sur gélaline touraillon.

Culture en bouillon lactosé et coloré en bleu par la teinture de tournesol, passe rapidement mu rouge et engendre des gaz.

Réaction de l'indol.

Congule le Jait.

Non ngglutiné à faible dose par sérums des typhiques

| ANALYSE BAGTÉRIOLOGIQUE DE L' microbes dans les eaux, metlons en regard

el plus faciles à colorer.

Décoloré par le Gram.

Aérobie facultatif, , Température maxima pour laculture = 450,5, #

Colonies sur gélatine tra rentes, dentelées, en glacier

Gélatine pas liquéfiée.

Colonies sur pommes de terre, minces, presqueinvisibles,wer-

nissées.

Végétation peu intense sur gélatine touraillon.

Le bouillon lactosé et lournesalé reste bleu, et engendre rarement dés gaz.

Réaction de l'indol exception.

nelle. “ Ne coagule pas le lait, Agglutiné par les sérums de E & phiques au moins au bout quelques générations artifcielles (voy. p. 244)*

« Le Colibacille et le B, d'Eberth seront d'ailleurs décrits dans

ù Deuxième Panrie (Chap, x el x1).

\ peut faire une analyse quantitative de l'eau et, prenant

un les échantillons, essayer de les caractériser par Ja che des caractères ci-dessus énoncés. Il vaut mieux

r des procédés qui rendent inutile la première

lement de tous les microbes d'une eau.

nis procédés {ils sont innombrables) reposent

Fictue TYPHIQUE es L'EAU ti

meurs sont mixtes.

A. Procénés À L'ACIDE PHÉNIQUE. — C'est CHANTEMESSE et Waoas qui ont découvert la résistance du Colibaeille et du B. d'Eberth à l'acide phénique (1887).

a. Procédé de Chantemesse et Widal. — On ajoute # à 5 gouttes d'une solution d'acide phénique à { /20 par 10 centimètres cubes de gélatine; on coule en tubes. On fait des cultures en boîtes de Petri ou en tubes d'Esmarch. L'acide phénique fait une sélection; la plupart des microbes autres que le B. d'Eberth et le Colibacillene végètent pas.

b. Procédé de Vincent (1890) — Vixcexr a combiné l'acide phénique et l'action de la température (voy. plus loin). Il prépare une série de ballons contenant 10 centimètres cubes de bouillonet 5 gouttes d'une solution phéniquée à 5 p. 100. Ces ballons sont ensemencés avec 5 on 10 gouttes de l'eau à analyser et placés dans l'étuve à + 4%, Les ballons qui se sont troublés au hout de douze heures sont réensemencés en bouillon phéniqué et ces cultures de deuxième passage soumises aux manipulations nécessaires à la dingnose.

G. Roux fait justement remarquer que le B, subtilis etle . B. mesenterious vulgatus résistent bien à l'acide phénique et poussent à la température de + 42. Mais il est impossible de les confondre avec le 8. coliou le B. d'Eberth, car ils poussent en voile épais à la surface. 11 faut savoir aussi quele 8. d'Eberth, cultivé en bouillon phéniqué, est devenu à peu près immobile et très court.

©. Procédé de Péré(1891), — Péni se sert aussi de l'acide phénique; mais au lieu d'ensemencer l'eau en petites quantités dans un bouillon phéniqué, il transforme un certain volume de l'eau en un milieu nutrilif et phéniqué. De cette façon le Colibaville et le 8. d'Eberth ne peuvent échapper.

"On met dans un matras stérilisé d'un litre : 150 centimètres cubes de bouillon peptoné, 6 à 700 centimètres cubes de l'eau r, et 20 centimètres cubes d'une solution phéniquée . Un répartit le tout dans dix ballons stérilisés, et

x 412 ANALYSE UACTÉRIOLOGIQUE DE L'EAU

on porle ceux-ci à une lempérature qui peut varier entre 14 + 3% et + 369 à + 34° en moyenne. Le trouble ne se pro- ( duira pas ou se produira d'autant plus rapidement que la pollution est pius forte (douze à trente heures). Dès que le trouble est évident, on prélève de la semence pour fertiliser du bouillon normal et du bouillon phéniqué. On fait ainsi trois passages en bouillon phéniqué pour avoir le Colibacille à l'état de | pureté, car les autres espèces périssent pendant ces passages. d. Procédé de Pariettit, — Se basant sur ce fait qu'une forte dose de semence de Bacille typhique peut triompher d'une solution phéniquée qui stérilise une petite quantité dé culture, Î Pantern prépare des tubes de bouillon de 40centimètres cubes | dans lesquels il ajoute 3, 6 et 9 gouttes (chaque goutte équi- | valant à un trentième de centimètre cube) d'une solution pré- | parée d'avance ainsi composée :

Acide phénique . . . . . . . , . . . 5 grammes, Acide chlorhydrique. , . . . . . . . . 4 — Eux disiffléo:: : . 2... . : « . 100 —

| Ces tubes sont ensemencés par série avec une, deux, | lrois, elc., gouttes de l'eau à analyser. Les eaux sans bacilles | typhiques ne troublent au bout de quarante-huit heures que

les bouillons renfermant peu d'acide phénique et beaucoup | d'eau. Au contraire le Colibacille ou le B. d'Eberth amènent un trouble en vingt-quatre heures.

B. Procëpé PAR LA TEMPÉRATURE. — C'est le procédé de Roperz. I repose sur la possibilité de la végétation du B. d'Eberth et du Colibacille à + 45°, température à laquelle ne poussent pas la grande majorité des microbes des selles et des eaux, On ensemence largement, avec l'eau à analyser, quatre ou cinq ballons de bouillon qu'on place dans une éluve à + 449,5 ou + 459. Au bout de quarante-huit heures, les ballons sontretirés

À Paugrur, Méthode de recherche du bacille typhique dans les eaux polables, Rivista d'Igiene, t. 1, me 11.

* Rover, Importance de la ternpérature dans la détermination du Bacille typhique, Soc. de Biologie, 29 juin, 1880,

RE (page 107), sur laq e. Sur gélose fuchisinée de Gasser ‘du Colibacitte ont Le teinte colonies du B. d'Eherth. LL y à

ET ANALYSE BACTÉIIOLOGIQUE DE L tout, qu'à différencier des cultures déjà isolées. 11 n'en est pas . de même du pracédé suivant, qui a eu son heure de vogue.

b. Procédé au Neutral-Roth. — Roruuencen (1898) a préconisé le milieu suivant :

On fait bouillir 125 grammes de viande de bœuf dans 500 cenlimètres cubes d'eau, et on ramène à 500 centimètres cubes, On filtre et on ajoute :

Peptone Dufresne .

Sel marin pe 2 RAUODO CE, ACL, PRE tirs On fait bouillir, On laisse refroidir, On ajoute : Sol. aq. de Neutral-Roth à 5 p. 100. . . 5 cent. cubes.

\ On stérilise el on répartit en tubes.

Le Colibacille fait virer le milieu au jaune canari avec fluorescence verte; le B. d'Eberth ne modifie pas le rouge.

Voici les conclusions de Savace (1904) : Le Colibacille seul | donne toujours une réaction positive en vingt-quatre ou quarante-huit heures, Le B. d'Eberth seul donne toujours une réaction négalive (sauf après soixante-douxe heures), Les mélanges de ces deux microbes ne donnent pas toujours une rénction posilive en quarante-huit heures. En somme : pour les cultures isolées, les résultats ne sont pas meilleurs que ceux du bouillon lactosé et tournesolé; pour les mélanges les résultats sont inférieurs. |

Nous estimons que ce procédé, employé pour spécifier une culture déjà isolée est souvent supérieur au bouillon lactosé et

L tournesolé.

| E. PnoCÉDËS UTILISANT LA CONCENTRATION. — Ces procédés

l reposent sur le principe qu'il faut soumettre à l'analyse de. grandes quantités d'eau pour y déceler le B. d'Eberth. Pêné (page #11) avait ouvert la voie. Loir avait filtré l'eau à

| travers une bougie Chamberland et filtré le résidu.

On peut s'adresser à la précipitation, à la centrifugations) filtration.

a. Procédé de Vallet (4901). — L'auteur concen

RECHERCHE DU HACGILLE TYPHIQUE DANS L'EAU HS

crobes de l'eau par le procédé suivant. Il commence par obtenir un précipité en ajoutant, par 20 centimètres cubes d'eau, quatre gouttes d’une solution saturée et stérilisée d'hyposulfite de soude et quatre gouttes d'une solution saturée et stérilisée d'azotate de plomb. Le précipité entraîne les microbes. On centrifuge, On décante. On redissout le dépot en ajoutant goutte à goutte de la solution primitive d'hyposulfite de soude. Ces réactions n'ont aucune influence antiseptique. On répartit le liquide obtenu à raison de deux à quatre gouttes duns des tubes contenant 10 centimètres cubes de gélatine d'Elsner modifiée par Guimsenr (page 106), qu'on étale en boîtes de Pernt.

Le Colibacille pousse en trente-six heures, le B, d'Eberth en trois ou quatre jours. On distinguera les colonies par les procédés ordinaires.

Ce procédé n'a qué l'avantage de la concentration. Le reste de la technique est banal et offre tous les inconvénients déjà connus.

b. Procédé de Bcrdas (1901). — Une bougie filtrante plonge dans le récipient d'eau à épuiser, la tétine en haut, Celle-ci est raccordée à une trompe à eau qui fait aspiration, Lorsque toute l'eau a été filtrée, on lave la crasse de la bougie dans quelques centimètres cubes d'eau stérilisée, el on ensemence d'après une quelconque des méthodes connues.

En somme : ces procédés de concentration ne peuvent être que le prélude de l'emploi d'une méthode quelconque. Ce sont de simples adjuvants, mais excellents.

F. PRoGËDÉS UTILISANT LE BAJEUNISSEMENT PRÉALABLE. — Faire végéter d'abord les quelques individus de B, d'Eberth que peut contenir une eau, et n'opérer l'isolement qu'ensuite. Le but ést le même qu'avec la concentration, muis est obtenu par une pullulation. On peut d'ailleurs combiner les deux procédés.

Procédés de Chantemesse (1901). — CHANTEMESSE attribue l'échec des anciens procédés au fait que le B. d'Éberth, obligé de s'adapter à un milieu défavorable (l'eau), mélangé à d'autres microbes plus ou moins nocifs pour lui, est recherché avec ses Caractères saprophytes. Il conseille de lui rendre d'abord sa

CSS

#6 ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE DE

force, sa jeunesse el les caractères que nous i Ce n'est que le B. d'Eberth rajeuni qu'il faut tenter Voici la technique.

Faire porter l'examen sur 6 litres d'eau. Ces ï filtrés sur bougie Chamberland. On lave cette 200 centimètres cubes d'eau stérile renfermant 3 peptone Dufresne. On met à l'étuve à +- 37° dans large goulot, fermé par un bouchon de caoutchoue quatre trous, par où pénètrent : 4° une petite Rp | filtrante, 2 un tube de verre, muni d'un tampon de | plongeant jusqu'au fond du liquide, pour le barbotage co | nuel de l'air ; 3° un tube de verre pour aspiration; 4° un tube de verre communiquant avec un vase rempli d'une peplone slérile à 3 p. 100. On fait constamment l'aspiration ; l'air rentre et barbotte par le tube 2. On aspire, toutes les six ou douze heures, par le tube # à travers la bougie, le liquide usé chargé des produits solubles. Le tube 4 remplace à mesure la de liquide enlevée. Lorsque la culture est bien développée, on la centrifuge, on abandonne le culot, Avec le liquide de décantation (où les 8, d'Eberth très mobiles sont déjà isolés de beaucoup de microbes entraînés dans le culot), on ensemence le milieu de différenciation.

Ce dernier est formé d'eau peptonée à 3 p. 100, additionnée de 2 p. 100 de gélose et portée trois quarts d'heure à 120° à l'autoclaye. Il doit être parfaitement neutre. Quelques minutes avant de l'utiliser, on lui ajoute 18',05 d'acide phénique eristallisé par 1000 grammes. Pour cela, on fond la gélosé à + 46°, et on verse, dans 50 grammes de celle-ci, 2,1 d'une solution d'acide phénique cristallisé à 1/40. La gélose est répartie en tubes (2 centimètres cubes par tube). On enseavec le fil de platine chargé du bouillon de décantation centrifugeur; le mème fil ensemence successivement tubes (trempé trois fois pour douze tubes). Les tubes à + 40° (bain-marie) ; on roule la gélosé et on le tube l'orifice en bas, La gélose vient sur le coton, mais je couche très ménce sur les parois, On enlève le bou

et le culot de gélose qui lui adhère. On le rem-

si

place par un bouchon de liège qui sort de la parafline en fusion; la gélose ne se dessèchera pas. Mise à l'étuve à + 37%. De In seizième à la dix-septième heure toutes les colonies de Colibacilles sont sorties : on les pointe à l'encre et on reporte les tubes à l'étuve. De la dix-huitième à la vingt-quatrième heure, sortent des colonies pelites et qui le resteront. On les examine à la loupe. Les unes ont un centre foncé avec périphérie jaunâtre, ce sont des microcoques. Les autres ont la périphérie translucide ; ce sont les colonies de B. d'Eberth.

On prélève une de ces dernières colomies (avec l'aiguille de platine ou le micro-diérète de Cuaxremesse) et on l'ensemence a en bouillon lactosé et tournesolé qui doit rester bleu. On peut parfaire le diagnostic par l'agglutinabilité, avec les réserves faites page 244.

Cette méthode exige trois ou quatre jours.

Elle est assez compliquée, mais a donné d'assez bons résultats à l'auteur. Elle a été imilée par DryGazski et Connant (1902).

L'auteur l'a simplifiée en 1902 La première partie de la technique est remplacée par la suivante : On ajoute à un litre d'eau suspecte, préalablement filtrée à travers un papier filtre, 30 grammes de peptone Dufresne neutralisée; on place le liquide à + 24° pendant vingt heures; on filtre à nouveau s'il y a des grumeaux ; on additionne de sérum antityphique ; on laisse le dépôt se faire pendant deux heures ; on décante ; on filtre ; on ensemencé les grumeaux ‘du filtre sur gélose phéniquée, lactosée et tournesolée, ete,

: é Fig. 216.

Celtetechnique est plus simple ; elle néces- PA TE site, par contre, l'emploi d'un sérum antity- bien.

phique.

G.PnocÉDÉ DE LA CULTURE FILTRANTE. — C'est le procédé de Cambier. Cammier (1904) a proposé la méthode décrite page 168. Le B. d'Eberth seul pourrait traverser la hou

MHÉCIS DE BAGTÉRIOLOGIE, 2e édit. 97

MB ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE DE L'EAË

gie (fig. 216) et l'ensemencement, dans mg ne du produit de la filtration ou de la centrifugation d'une grande quantité d’eau, donnerait, à l'extérieur de la bougie une enlture pure de B. d'Eberth, si celui-ci était présent. Rire: a vile

| montré que le Colibacille passait aussi bien que le B: d'Eberth.

Il a proposé (méthode impossible en raison du grand nombre de variétés de Colibacilles, de Paracolibacilles, etc.) d'introduire | à l'intérieur de la bougie un sérum agglutinant pour les Coli- | bacilles, ce qui les empêcherait de passer. CAMBIER a reconnu que le Colibacille passe à travers la bougie si on emploie le | bouillon ; il a, alors, préconisé le milieu suivant, qui entravérait, au maximum, la culture des autres microbes et favoriserait celle du B. d'Eberth : Û

Sol. aqueuse à 3 p. 100 de peptone Dufresne . 4 O0 ec.

à 1 p. 100 de soude caustique . . 80-120 ce. = , saturée à froid de chlorure de s0- RE RTE 80-120 ce.

Mélanger à froid après stérilisation préalable à +445,

Lesieun a repris ces recherches, dans mon laboratoire (1902), Voici ses conclusions ! : « Le B. d'Eberth traverse toujours et rapidement les parois des petites bougies Chamberland EF. Le Colibacille (même en milieu de Camhier) les traverse aussi le plus souvent, et presque dans le même temps. Cependant, quelques échantillons ne les traversent pas. Il n'est donc pas toujours possible de séparer, à coup sûr, l'une de l'autre ces deuxespèces par la méthode de Cambier », On a vu (page 169) que beaucoup de microbes traversant les bougies. En somme :

dé de Camnien sera employé au méme titre que ceux ou autres qui isolent surtout le B. d'Eberth et le autres microbes, bien plus que ces deux espèces Il peut cependant être l'origine de procédés onnés très précieux.

LE SÈRUM AGGLUTINANT, — Nous avons

di procédé de Cambier, Journal di générale, juillet 1902. de

déjà va le sérum antityphique agglutinant être employé dans procédé de CHANTEMESSE (p. M7).

Procédé de Vindelbandt (1902). — L'auteur utilise le sérum d'un lapin immunisé, à pouvoir agglutinatif supérieur à 4 p. 10000. On met à l'étuve des ballons de houillon ensemencés avec une grande quantité de l’eau suspecte. La eulture développée, on l'agglutine avec le sérum. On centrifuge, on recueille le culot qu'on ensemence sur gélatine en boîtes de Pétri. Ce sont en grande majorité des B. d'Eberth qui se développent, entraînés qu'ils avaient été en flocons, grâce au sérum agglutinant. Cette méthode nous paraît peu

pratique.

1. Résuuë. — En somme, tous ces procédés (nous recommandons la concentration préalable par filtration) arrivent plns ou moins bien à isoler le B. d'Eberth des eaux. Tous, en dernière analyse, arrivent à donner une culture qu'il importe de bien différencier. C'est loujours la présence du Colibaoille et surtout des Paracolibacilles qui rend l'analyse incertaine.

Il faudra donc soumettre ces cultures aux procédés les plus perfectionnés de différenciation entre ces microbes si voisins. Rappelons-les :

4 Culture en bouillon lactosé et tournesolé (voy. page 6%) ; le B:d'Eberth poussera bleu et le colibacille rouge. Wurrz préconise la gélose lactosée et tournesolée, préférable s'il y a un mélange. Culture en Neutral-roth (p. 414).

20, Culture en lait ; le Colibacille seul le coagulera (fermentation de lu lactose).

4° Agglutination par un sérum de typhique ; le sérum d'un typhique agglutinera le B. d'Eberth, à un taux donné; il n'agglütinera pas, ou agglutinera à un taux bien inférieur les Coli-

N'oublions pas, toutefois, les réserves si souvent faites, que cerlains Paracolibacilles peuvent ne pas avoir leurs éactions types et se rapprochent ainsi des R, d'Eberth. N'oublions pas non plus (voy. page 244) que beaucoup de B. dEberth, récemment isolés des eaux, ue sont pas agglutinables

ee

- pendant les premières générations. Il est inulile de cacher les difficultés dn problème.

} 2° Choléra asiatique. Recherche du Vibrion de Koch dans les eaux. — Le rôle de l'eau dans la propagation du choléra est encore moins contestable, si c'est possible, que pour la fièvre typhoïde (Kocu, Nicart et Rigrsew, etc), Le

) V. cholérique de Kocu est aujourd'hui bien connu et univer-

| sellement admis comme l'agent du choléra; il semble doné

- que sa recherche dans les eaux suspectes doive trancher la question de savoir si une eau est cholérigène ou non. Les premières analyses d'eau, faites par Kocn (dans l'Inde) et par

les auteurs français, avaient semblé donner ce résultat schéma-

| tique, Malheureusement, avec les progrès de la bactériologie - | la question s’est obseureie ; elle a suivi une marche absolument | purallèle à celle de la fièvre typhoïde, et nous allons nous trouver aux prises avec les mêmes hésitations que pour cette

| dernière affection. Il existe plusieurs varietés de Vibrions cholé: | riques, el on a surlout trouvé, dans des eaux n'ayant jamais engendré le choléra, dans des selles d'individus bien portants où d'animaux sains, des vibrions bien difiiciles à distinguer des véritables vibrions de Kocu ; il existe des Vibrions pseudocholériques comme il existe des bacilles pseudo-typhiques

(Duxuan, SaxaneLut, etc.). Il est plus difficile, à l'heure actuelle,

d'affirmer dans une eau la présence du V. cholérique que

celle du B. d'Eberth.

On se reportera au chapitre x de la DEUXIÈME FANTIE pour

l'étude des caractères du V. cholérique (p. 680).

À. Pour rechercher le Vibrion cholérique dans l'eau, onten- “era d'abord l'isolement de tous les vibrions qui ont avec Jui “lo grandes analogies. Pour cela on emploiera les procédés

Procédé de Schottelius . — On ajoute à une dose assez de l'euu à exuiminer deux volumes de jus de viande stérion met le tout à l'étuve à + 38°, Au bout de douze les vibrions forment à la surface une pellicule très

RECHERCHE DU VIBRIUN CHOLÉRIQUE DANS L'EAU Au | |

visible ; à ce moment la culture est à peu près pure. On prélève de la semence pour faire des passages.

b. Procédé de Koch. — On ensemence la solution peptonée | gélatinée (voy. p. 89) et on prélève la pellicule formée au bout de douze heures. Il est bon d'ensemencer 150 centimètres | cubes de l'euu suspecte.

€. Cultures sur plaques de gélaline (fig, 27). — On ensemence dé la gélatine avec de l'eau à analyser eton l'étale en tubes d'Esmarch ou en boîtes de Petri (voy, p. 178 et 176).

Auboutde vingt-quatre heures à —- 18° les colonies sont déjà visibles (petits points blanchâtres) et apparaissent à la loupe comme des petits disques granuleux (vax Enxex- Ge). Vers le troisième jour, le centre de la colonie commence à se liquéfier en forme de cupule au centre de laquelle est un noyau non liqué- Fig. 217 flé bien net le quatrième jour. }, A

: £ . cholérique. Aspect schéma Les colonies qui ont cet aspect tique des colonies sur plaques sont immédiatement exami- de gélatine, examinées de jour nées el repiquées. en jour.

L'analyse est lerminée si | ces différents procédés n'ont pas donné de cultures de vibrion, Sinon, il faut alors faire avec les cultures pures obtenues toute la série des réactions qui seront indiquées au chapitre xt | (DEUXIÈME PARTIE). |

d. Procédé de Chantemesse (1902), — C'est un procédé absolument identique à celui du même auteur pour la recherche du B- d'Eberth (page #17). La seule différence consiste à employer du sérum anticholérique, et à ensemencer non plus sur gélose lactosée, phéniquée et lournesolée, mais simplement sur

gélatine,

Be

B. Voy. p. 691, les procédés de différenciation de ces vibrions.

Nota. — 11 va sans dire que la technique de l'analyse de l'eau s'applique à l'analyse de tous les liquides, comme celle de l'analyse de la terre à tous les solides et celle de l'analyse de l'air à tous les gaz,

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