‹ Précis de bactériologie pratique (volume 2)Chapitre 66 sur 125 · ARTICLE · texte numérisé non relu

ARTICLE

BACILLE TUBERCULEUX AVIAIRE

li a élé décrit par Koca en même temps que celui des mammilères (1884). Rinsgnar l'avait signalé dès 1883.

A) Discussion sur L'UNITÉ

L'unité de la tuberculose des mammifères et de celle des oiseaux élail admise, lorsqu'en 1888, Srnaus et Wünrz annonéèrent qu'ils avaient échoué en faisant ingérer à des poules une grande quantité de crachats de phtisiques. Rivorra (1889), Marrevecr, Srnaus ét GamALEÏA (1891), Kocu souliennent alors luthéorie de la dualité. J. Counmoxr et Don (1894), Camior, Gismenr et Rocer (1891), défendent celle de l'unité.

La théorie de la dualité reposait sur les différences morphologiques ou biologiques minimes que nous allons décrire entre les deux microbes, mais surtout sur la non-production de la tuberculose type Villemin chez les mammifères par inoculu- Lion dé la tuberculose aviaire et sur la non-inoculabilité de la tuberculose des mammifères à l'oiseau.

J. Counmoxr ét Dont ont montré qu'on pouvait infecter les poules avec les bacilles humains ou bovins et que, réciproque» ment, là tuberculose des poules, inoculée au cobaye et au

VI. Covnuonr et Don, Congrès pour la tuberculose, 489 ; J, Cour- MONT, Semaine médicale, 6 seplembre, 1893.

me

lapin, reproduit parfaitement le type Villemin. Cabot, GiLERT et Rocer avaient les mêmes résultats. Pourquoi les auteurs cités plus haut avaient-ils échouë ? J. Cocrwoxr et Don l'ont expliqué. Il y a une adaptation certaine des bacilles aux mammifères d'une part et à la poule de l'autre. Au bout d'un certain nombre de passages, le bacille est adapté plus spécialement au mammifère ou à l'oiseau (qui a une température bien supérieure, entre autres différences), si bien que l'inoculation d'une lésion de mammifère à un oiseau rencontre de grandes diflieullés à être positive, et réciproquement. Mais, si, au lieu d'inoculer la lésion, on fait des cultures et qu'on les propage peudant un certain nombre de générations sur milieux artiticiels, l'adaptation disparaît en partie; l'inoculation de la culture du bacille aviaire peut alors produire, chez le cobaye. une belle granulie ype Villemin. Cela est si vrai que ces mêmes cultures, si on les fait repasser une fois pour la poule, se réadaptent rapidement, et, la lésion aviaire, ou la culture qui en provient, ont beaucoup de peine à infecter le mammifère (J. Courmoxr et Don).

Srraus et GawaLEïa avaient avancé que le chien est réfractaire à la tuberculose aviaire. Ricner et Iémicocrr ont montré le contraire.

Nocaun (1898) a apporté un dernier argument à la théorie uniciste en transformant du bacille humain en bacille ayant toutes les propriétés du bacille aviaire, par une série successive des cultures en sac de collodion (voy. page 150) dans le péritoine de la poule. Fiscne avait déjà (1893) opéré cette transformation en cultivant le B. humain sur l'œuf de poule. Nic LAS (1899), S. AnLoixc et P. CourmoxT (1900) ont montré que les cultures humüines homogènes reportées sur milieux solides, ont acquis les caractères des cultures aviaires, etc.

Bref, la question est jugée. Il n'y a pas de dualité; il n'y a qu'une adaptation passagère, intéressante pour l'hygiéniste, mais insuffisante à créer une espèce bactérienne.

La question se pose exactement de la même facon que pour la parenté des tubereuloses humaine et bovine (voyez p. 458). Il y à adaptation à un milieu organique; il n'y a pas dualité,

Celle adaptation est plus ou moins complète, sans entraîner

la création d'une espèce bactérienne nouvelle.

B) IsoLemeNT, Cuutunes

4° Isolement. — 1] est beaucoup plus facile que pour le B. des mammifères. L'enséemencement direct d'une lésion aviaire donne rapidement des cultures.

2° Caracières généraux des cultures.

— Aérobic. Végète de + 309 à + 44 et méme + 45° (différence avec le BH. des mammifères). T° oplima —

3° Cultures sur milieux solides. — Le B. aviaire pousse sur lous les milieux décrits pour le B, des mammifères. Hvégète même sur géluse non glycérinée. Les eullures différent par trois caractères : 19 Ja facilité avec laquelle on Les oblient en première génération; 2° leur plus rapide et plus abondante; :

pect gras et humide, plissé, mou (fig. 249).

Ce sont des caractères secondaires. 11 existe des cullures de H, des mammifères grasses et humides et des cullures aviaires écuilleuses. Les culiures provenant des perroquets, des pigeons, sont presque loujours écailleuses. Les cultures sur pomme deterre prennent fréquemment les teintes

décrites par Nicozas (voy. page 49).

égétation leur às-

Fig.

B. tub. aviaire

Cul-

ture sur gélose

gly née, de 15 jours.

âgée

4? Cultures en milieux liquides. — On les oblient lrès

facilement, en bouillon ordinai

mème simplement en eau

#eérinée (JL: Counmoxr et Don). Le plus souvent, il se forme à

Be.

la surface un voile humide, gras, avec des grumeaux au fond du bouillon qui est légèrement troublé (fig. 250). D'autres fois,

Fig. 250.

B. Lub. aviaire. Culture en bouillon. âgée de 15 jours. il n'y a pas de voile appréciable, el le trouble est uniforme. Le

développement est beaucoup plus rapide que celui des B. des mammifères (cinq jours ou moins).

€) COLORATIUN, CARACTÈRES MICROSCOPIQUES

I n'y à aucune différence essentielle avec ceux du B. des mammifères. Les B. aviaires sont peut-être un peu plus longs et

prennent plus facilement les colorants. Les formes longues sont la règle dans les vieilles cultures. ù

D) CARAGTÈRES BT0-CHIMIQUES

Bouveauur (1892) a vu que le Z. aviaire détruit la moitié des matériaux fixes du bouillon. Comme élément non azoté, il ne consomme presque exclusivement que de la glycérine. Les aliments azotés sont d'autant plus facilement assimilés qu'ils sont plus simples ; l'ammoniaque du bouillon a disparu après la culture ; ceux dans lesquels l'azote est assez solidement lié (sarcine, gélatine, peptone) sont attaqués lentement,

4° Action naturelle. — La tuberculose aviaire est fréquente ; elle revêt souvent le caractère épidémique, ravageant les pouhillers. Elle s'observe chez la poule, chez le faisun, parfois chez le pigeon. Les lésions sont abdominales: le foie est volumineux, gras, avec de gros tubercules; la rate est grosse et luberculeuse ; les granulations existent sur le périloine et l'intestin. Ces productions abdominales jaunissent, se calcitient, deviennent parfois très dures; une seule peut peser jusqu'à 7 et 800 grammes. Les poumons sont en général indemnes. Les lésions, les parenchymes avoisinants, le foie surtout, fourmillent de bacilles très faciles à colorer. Parfois, il n'y a pas de tubercules apparents, Mais seulement un énorme foie gras gorgé de bacilles.

Le perroquet est fréquemment Luberculeux et a une forme spéciale. Il présente des tumeurs grisâtres, cornées, occupant les paupières, la conjonctive, les orifices des cavilés nasales, les commissures du bee, la langue, la peau de l'aile, les arlieulations, la crête, la peau de la tête. Si les organes internes sont envahis, les poumons le sont de préférence. Mème pour les partisans de la dualité (Srnaus, 1896), ces lésions tuberculeuses sont d'origine humaine et contiennent des bacilles humains.

20 Action expérimentale. — 4. PorLr : 1° Les poules, ino-

Be.

Fig. IV

Poule sacrifiée 3 mois après l'inoculalion sous-culanée de tuberculose humaine (J. Counwonr et Don).

Fig. 232 (1) fois. — Fi coupe d'un lubercule hépat 3, souche de eallules épithélioi lule gtanle,) Fig. 250 (V) cellule g

deut (GC. G.).

54 (LH) intéstin, — Fij 3, cents

citer iniraceinouse, SÙ le lupin'en meurt sapiderment GepO il quinze jours), ce qui arrive le plus souvent (surtout après l'ino=

et du foie qui fourmillent de bacilles, mais sans tuberculés (type Yersin); s'il survit un mois ou plus, il présente une granulie pulmonaire (type Vüillemin). L'inoculation sous-cutante engendre un abcès local et les types Yersin ou Villemin. L'ino=

Fig. 239.

Même lupin que celui de la figure 25%. Coupe de fongosilé péri-articulaire. 2 tubercules. Nombreux bacilles en rouge (J. Covxmoxr etDou). *

culation intrapéritonéale fait de la péritonite tuberculeuse, L'inoculation dans la chambre antérieure donne la fonte de l'œil etla, tuberculose généralisée.

3. Counmoxr et Don (1801) ont reproduit, chez le lapin, des tumeurs blanches typiques (lg. 257, 258 el 259) en leur inœ culant, dans le sang, une grande quantité de bacilles très atté” nués. Pendant cinq mois les lapins sont restés indemness puis, ont apparu les tumeurs blanches, mais aucune lésion vis orale.

D, Gus, — Il est bien moins sensible qu'à la tuberculas des mammifères, mais peut mourir d'une inoculation intra neuse avec de la granulie des poumons (Ricuer et Hém

E. ANIMAUX 4 saxG hot. — Comme le B. des m

(Avené et Houss, Ramoxp et Ravarr). On observe quelquefois des granulations sur le foie et le mésentère. Plus pathogène pour la grenouille que les B. des mammifères.

Le lézard, à l'étuve, est réfractaire à la tuberculose humaine et sensible à la tuberculose aviaire.

F) ToxixeEs

La tuberculine brute fabriquée avec des B. aviaires est identiques à celle préparée avec des B. des mammiféres (Roux). Nouvel argument pour l'identité.

G) FMMUNISATION

3. Courmoxr et Don (1890), avec des cullures alténuces filtres, Ricuer et Ilénicounr (1890), avec des cultures tuées par la chaleur ont conféré au lapin un certain degré d'immunité contre le B. aviaire même parfois contre le B. des mammifères. L'immunisation des lapins de J. Cornmoxr et Do était encore solide au bout de sept mois.

H) DIAGNOSTIC BAGTÉRIOLOGIQUE

Les bacilles sont nombreux et se colorent bien: ils se cultivent aisément. On ferait, s'il le fallait, l'inoculation sous la peau de la cuisse de la poule (attendre quatre mois).

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