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COO LK BACILLE TETANIQUE

doso mortelle, c'est-à dire euiujectant, dans chaque point, seulement 1;4 à 1 ,8 de la dose, donc, pour chacmi d'eux, une dose insuttisantp à elle seule, on produit un tétanos généralisé d emblée et une mort plus rapide que si la dose est injectée massive. On peut même tuer avec une dose, non mortelle, en fractionnant et disséminant celle-ci. Ce fait est curieux, rapproché de ]a moindre action de la dissémination par la voie sanguine (voy. p. 599). Il a été confirmé par Binot. La toxine py océanique et le venin de vipère se comportent de même ; l'elTet est inverse avec la toxine diphtérique.

E. Période d'ixcubation. — L'injection de toxine ne produit pas immédiatement les contractures, comme Tinjection de strychnine par exemple. Il y a toujours une période d'incubation entre l'injection et Tapparition de la première contracture. J. CouHMoxT et DoYON (1893-1898) ont établi : l^que cette période d'incubation est fatale, elle ne peut être supprimée ; 2^ que l'augmentation des doses injectées la raccourcit jusqu'à une certaine durée, qu'on ne peut plus abréger. Une dose très faible de toxine peut donner une incubation assez longue; une dose sullisante donne l'incubation minima; à partir de celle-ci, on peut centupler la quantité, on ne raccourcira plus l'incubation. Ainsi l'incubation minima pour le cobaye est de douze heures avec 100, 30000 ou 90000 doses mortelles.

Elle n'est, en outre, pas supprimée par l'inoculation dans le sang, dans les nerfs, même dans le cerveau. Quel que soit le point de l'économie où la toxine est déposée, il n'y a jamais de contracture immédiate.

Voici la longueur moyenne de la période d'incubation :

Souris blanche 8 à 12 heures

Cobaye 43 à 18 —

Lapin 18 à 36 —

Chieu oGâ 48 — '

Homme (cas de Nicolas) 4 jours

Poule. 4à9 —

Ane 4 —

Cheval 5 —

Grenouille 4à6 —

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Pendant cette périocLe d'iucubation, la méthode graphique ne décèle aucun trouble de la circulation ou de la respiration, chez le chien (J. Couhmont et Doyon). C. Brunner (1898) a noté une augmentation de l'activité des échanges gazeux. D'Arson- VAL et CiiARRiN ont vu de petites oscillations de la température, au calorimètre, à partir de la quatrième heure de l'incubation. C'est l'indice des actes chimiques qui occupent cette période.

F. Influence de la TKMPÊRATrRE ambiante. — Voy. plus haut (p. 598), les expériences de J. Courmont et Doyon sur la grenouille chauffée.

, G,' Sort de la toxine dans l'organisme. — On s'attendrait à trouver dans le corps de l'homme ou des animaux tétaniques une quantité de toxine progressivement croissante jusqu'à la mort. Il n'en est rien. La présence du bacille était déjà éphémère dans la plaie ; celle de la toxine Test également, au moins dans l'état où nous sommes habitués à la reconnaître^ Il en est de même chez les animaux injectés expérimentalement.

Pour déceler la présence de la toxine dans un liquide, dans un organe, on inocule ceux-ci à un animal très sensible. la aouris blanche. Lorsqu'un lapin a reçu, par exemple, 2 ou 3 centimètres cubes de toxine, chaque parcelle de son corps devrait tétaniser la souris (1/1000 000 de centimètre cube étant suffisant pour cela), si la toxine était régulièrement diffusée et n'avait pas été transformée.

Pestana (1891) étudiant le sort de la toxine, chez le cobaye^ pensait qu'elle était retenue par le foie. Contrairement à Bri's- CHBTTrNi (1892), qui avait retrouvé la toxine dans les urines. Kartulis (1893), F. Blumenthal (1890J, Jacob (1897), Knorr (1897) nient cette élimination. J. Courmont et Doyon (1894) n'ont pas vu la toxine s'éliminer chez le chien tétanique.

A. Marie (1897) a recherché, d'heure en heure, le sort de la toxine, chczle lapin, injecté avec 10 centimètres cubes de toxine dans le sang. Le sang du lapin ne tétanise plus la souris à partir de la dix-septième heure, les contractures ne devant apparaître

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que vers la (juarante-huitième heure. A la dix-seplièmc heure, on saigne le lapin, on émulsionne tous ses organes ; aucune émulsion ne tétanise la souris. La toxine ne s'est pas éliminée, pourtant elle a disparu. F. Blumenthal (1898) a montré que la toxine disparaît bien moins vite chez le cobaye. Il ne faut pas généraliser les conclusions.

Ransom (1898) retrouve la toxine dans les organes du pigeon, sauf dans le système nerveux central. Taubkr (1898) ne la retrouve pas chez l'homme. Metchnikoff (1897) a vu que la toxine se conserve longtemps chez les animaux à sang froid et finit par s'éliminer sans faire d'antitoxine (sauf chez les caïmans dont le sérum devient antitoxique).

J. CouRMOXT et DoYON (1898) ont étudié la grenouille à ce point de vue. La toxine est plus abondante d«ins le sang que dans les organes ; elle disparaît plus vite chez la grenouille chauffée ; elle disparaît d'autant plus lentement de la grenouille froide que la dose injectée est plus forte ; elle existe toujours dans le sang au moment où éclatent les contractures, mais disparaît toujours avant la mort ; elle n'existe, à aucune période, dans le système nerveux, si la dose est suffisamment faible.

Chez la poule injectée avec une dose non efficace, la toxine se conserve longtemps (Vaillahd) ; elle disparaît sans s'éliminer (AsAKAWA). Chez le chien la toxine peut exister dans le sang, à la période des contractures (J. Gourmont et Dovon).

On ne peut tirer de tous ces faits que trois conclusions : 1^ la toxine peut avoir disparu de l'organisme de certains animaux avant l'apparition des contractures; 2^ la toxine peut se conserver longtemps intacte chez des animaux réfraçtaires ou peu sensibles; 3^ lorsque la toxine disparaît, ce n'est pas par élimination, mais par transformation.

La diffusion de la toxine est très rapide ; injectée sous la queue du rat, elle produit le tétanos, même si on ampute la queue au bout de trois quarts d'heure.

Sa fixation doit aussi être très rapide. On injecte une seule dose mortelle de toxine dans le sang du lapin ; on le saigne au bout de dix heures, on retire une quantité de toxine supérieure

à la moitié de celle injectée; on triinsfuse du sang neuf; le lapin devient cependant tétanique, et meurt, n'ayant conservé qu'une dose non mortelle.

H, Neutralisation de la toxine par la substance nerveuse. — Wassermann et Takaki (1898) ont découvert que si on mélange, in vitro, dix doses mortelles de toxine avec 1 centi- * mètre cube d'une émulsion de cerveau de cobaye (1 cerveau dans 10 centimètres cubes d'eau salée), le mélange, inoculé, ne donne pas le tétanos. Le retentissement de cette expérience fut immense et exagéré. On crut avoir trouvé la raison d'être : 1° de la période fatale d'incubation, 2^ de la disparition de la toxine dans l'organisme. La toxine, fixée sur les centres nerveux et retenue par les cellules nerveuses, ne pourrait plus diffuser; ainsi s'expliquaient les inoculations négatives de substance nerveuse des tétaniques. Wassermann et Takaki crurent, à tort, avoir trouvé une méthode curative et préventive (injection de substance nerveuse). Les cerveaux d'homme, de lapin, de cheval, jouissent des mômes propriétés.

Tout se borne à une action de contact in vitro ; il faut que les substances soient bien broyées et mélangées ; c'est une expérience absolument artificielle. L'inoculation de toxine et d'émulsion de cerveau, en deux points différents du corps, est toujours suivie de tétanos.

Metchnikokf (1898) a montré qu'il n'y a aucun rapport entre la sensibilité d'un animal au tétanos cl l'aptitude de son cerveau à fixer la toxine ; bien plus, le cerveau du cobaye tétanique peut encore neutraliser la toxine. J. Courmont et Dovon (1898) ont ruiné complètement la portée de l'expérience de Wassermann et Takaki, en montrant que les centres nerveux de la grenouille chauffée (sensible) ou non (réfractai re) étaient, dans les deux cas, incapables de neutraliser la toxine in vitro. L'expérience qui réussit avec le cobaye, ne réussit pas avec la grenouille chauffée. Elle n'a donc aucun rapport avec la pathogénie du tétanos. D'ailleurs, la névrine, le chlorhydrate de bétaïue neutralisent la toxine (Roger et JosuÊ).

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