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I. LÉSIONS nerveuses chez les tétaniques. — On ne trouve

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aucune lésion notable chez Tiiomme et les animaux ayant succombé au tétanos. Cependant, on a cru, il y a quelques années, avoir découvert une lésion spéci figue des centres nerveux, qui aurait expliqué la période d'incubation, par le temps nécessaire à sa production. Marinksco (1896) a prétendu que la méthode de Nissl décelait des lésions caractéristique^ du téta- *nos : hémorragies diffuses, chromatolyse des cellules nerveuses. J. Coi'RMoxT, DovoN et pAVioT (1897; 1898) ont fait justice de ces soi-disant lésions spécifiques. Il n'existe pas de lésions pouvant être considérées comme l'origine des contractures ; la conlrnctUTc nest pas fonction d'une Icaion des cellules nerveuseii médullaires appréciable par les méthodes actuelles. Ces lésions existent chez le cobaye, mais n'ont pas la même topographie que les contractures ; elles n'existent pas chez le chien tétanique. En somme, ces lésions sont banales, elles se rencontrent dans une foule d'intoxications ; elles peuvent exister sans tétanos, et le tétanos sans elles. Nos conclusions ont été confirmées par tous : GoLDSGHRKiDKR et Flatai' (1898), F. Blumexthal (1898). Nagkottk et Ettmngkr (1898), Donetti (1898), Pechoi'tre (1898), De Buck et De Moor (1899), Joukowski (1900), etc.

Une autre lésion, également non spécifique, est la phagocytose des cellules nerveuses par des cellules migralrices, dans les cas subaigus de V homme, du cobaye (J(U'kowski), aigus du cheval (J. COURMONT. DOYON Ct PaVIOT).

J. SrnSTANCKH immédiatement STUVCHNISANTES DANS l'oRGANISMK

r>Es TÉTANiorfis. — L'extrait aciueux des muscles tétaniques injecté à la grenouille est parfois immédiatement strychnisant (J. Coi'HMONT et Doyon). Ce fait a été confirmé par IUsghke et OEhuei. (1893), par F. Blumexthal (1897), par Taurer (1898) ; par contre, C. Brunxer, Oi'chinsky, A. Marie, G. Brunxer ont échoué. En réalité, l'existence d'une substance immédiatement strychnisanle dans le sang et les muscles tétaniques est inconstante, et nous ne connaissons pas le déterminisme de son apparition. Les urines du chien tétanique sont bypertoxiques et convulsivantes avant l'apparition des contractures (J. Cui'RMONT et Doyox).

K. Localisation des effets du poison tétaniuik sur l'appareil NEiRo-MirscuLAiRE. — Sur quel point de Tare seusitivomoteur agit le poison tétanique? J. Gourmont et Doyon (1892) ont conclu, de nombreuses expériences physiologiques, que n le poison tétanique ne modifie pas l'excitabilité des nerfs moteurs. Il agit comme s'il s'adressait au système sensitif. » Ce serait un poison soisitif.

Telles sont les propriétés qui font du poison tétanique une toxine si particulière et si curieuse à étudier.

E) Toxines

NiGOLAÏEu avait déjà supposé que le bacille qu'il venait de découvrir agissait par ses toxines. C'est Knid Faher qui isola la toxine tétanique, en 1890. Son expérience est classique : on filtre une culture de B. tétanique et le produit de filtration, injecté, à doses infinitésimales, à l'animal, reproduit tous les symptômes du tétanos mortel, sans l'aide d'aucun élément figuré. Knitd Faber crut qu'un chauffage de cinq minutes à +65^ détruisait la toxine et admH sa nature albuminoïde. TizzoNi et Cattani (1890), Vaillard et Vincent (1891) etc., confirment celte découverte.

La préparation de la toxine est simple. On ensemence un grand flacon (fig. 300) de bouillon de bœuf additionné de 1 p. 100 de gélaline avec uncî culture pure de ij. de Nicolaicr. On fait le vide (voy. Première partie, chap. VI}, on met à l'étuve. Au bout de vingt jours, on retire de l'étuve. on laisse à la température du laboratoire en agitant cha(|ae jour. On fil Ire sur bougie Chamberland F, et on recueille dans un flacon, stérilisé avec une couche de 1 centimètre cube d'huile de vaseline, qui surnagera sur le liquide et le préservera de l'air (fig. 301). (llette conserve est mise à l'abri de la chaleur et de la lumière.

On peut aussi utiliser les récipients que j'ai décrits (p. 201, fig. 133 et 13t), mais ils sont très fragiles.

On augmente beaucoup la toxicité des cultures en bouillon

LE BACILLE TÉTANlgiE

CQ cultivant le bacille deux ou trois fois de suite dans de la culture filtrée. On filtre et on réensemence ; le bacille pousse bien.

Debrand (1902) a utilisé, pour -^ la préparation de la toxine téta-

nique, la propriété, découverte

Fiff. 300. B. tétanique. Culture dans le vide pour préparation de la toxine.

a, (ampou d'ouato. — 6, bouchon de caoutchouc. — c, tampon d'ouate, dans lo tube d'aspiration (|>rul ôtrc supprim(^).

Fig. 301.

Toxine tétanique. Conserve.

<7, lubo d arrivôo (scellé). — 6, tube pour !>»ouflncr. — c, tobo de sortie de la toxine. — rf, toxine. — e, couche d'huile de vaseline.

par J. CoiRMONT et Nicolas, en 1894 (voy. p. 190) de faire végéter un anaérobie mélangé à un aérobie, sans être obligé de faire le vide. Il cultive le B. de A7co/aïer à Tair, en présence du h. sub~ tilis. La toxine obtenue est immunisante et peut être employée pour la préparation du sérum On conserve cette semence mixte en mettant en tubes scellés une culture de 6 jours chauffée deux minutes à + 100*>.

La toxine est parfois conservée à l'état sec ; elle est alors comptée par milligrammes ou fractions de milligramme. On la dessèche dans le vide, dans de larges vases, à +30°. Aussitôt l'évaporation terminée, le résidu est pulvérisé et conservé dans

un récipient où le vide est maintenu et placé à l'abri de la chaleur et de la lumière. On refait le vide après chaque prise.

Je préfère conserver la toxine à l'état liquide. Elle s'atténue très lentement, sous l'huile. Au bout d'un an, elle a perdu, au plus, un quart de sa puissance. Je ne comprends pas les auteurs qui déclarent ne pouvoir conserver une toxine liquide active.

L'action pathogène de cette toxine (contractures après incubation) a été étudiée (p. 596). En général, la toxine tétanique liquide tue le cobaye à i /500 de centimètre cube ; certaines cultures filtrées (préparées cependant de façon en apparence identique) sont bien plus actives et tuent le cobaye à 1/10 000 centimètre cube.

La toxicité de la culture du B. de Nicolater est un des exemples les plus saisissants de la puissance des produits solubles microbiens. Il y a bien peu de substance réellement active dans 4 centimètre cube de culture filtrée ; ce centimètre cube peut cependant tétaniser 1000000 de souris ou 10000 cobayes.

La substance active, tétanisante des cultures filtrées du B. de Nicolaïer est une toxalbumine qu'il faut rapprocher de la toxine diphtérique, des venins, etc. (voy. p. 341). Elle est atténuée par la chaleur, Toxygène.

Il faut un chauffage de 80^ pendant 30 minutes pour la rendre inoffensive. Sèche (précipitée parle sulfate d'ammoniaque) elle supporte (comme les diastases, Hufner, Salkowski) des températures bien supérieures. 135" pendant 20 minutes ne l'altèrent pas ; il faut 154^ pendant 15 minutes pour l'atténuer légèrement et 159^ pour l'atténuer sérieusement, sans toutefois la détruire. Elle est donc, à l'état sec, plus résistante que les spores qui sont tuées en 20 minutes à + 155" (Morax et A. Marie; 1902).

Elle est précipitable par l'alccol (10 à 15 volumes maintenus vingt^uatre heures en contact), ne dialyse pas, adhère à certains précipités (phosphate de chaux ou d'alumine). Elle liquéfie la gélatine. Tous ces caractères sont ceux des toxines albuminoïdes, voisines des diastases.

Certains auteurs (OrcHixsKYjVoy.p. 343) ont aflîrmé avoir produit la toxine tétanique en cultivant le bacille dans un milieu non albumineux. Fermi etPERNOssi (1894) le nient avec raison.

G08 LE BACILLE TETANIQUE

>'ous signalons pour mémoire les premières recherches de Brieger (1886) qui avait cru, à tort, isoler des alcaloïdes strychnisants des produits tétaniques {tétanincy tctanotoxinc ^ spasmo toxine).

La toxine tétanique jouit de propriétés chiraiotaxiques négatives énergiques.

F) Immunisation

La culture filtrée, dont nous venons d'étudier les propriétés toxiques, est également immunisante.

Knud Faber avait échoué. Behrisg et Kitasato (1890) ont vacciné des lapins, en leur inoculant des cultures complètes avec du trichlorure d'iode. Cette méthode, peu pratique (60 p. 100 des lapins succombaient), a cependant sulïi à la décour verte des sérums anti toxiques. Vaillaru (1891) montre qu'il vaut mieux utiliser la culture filtrée, en injectant d'abord des doses massives de toxine chauffée à -\- 60<*, + 55*^, + 50»^, puis des doses progressives de toxine active. Roux, Vaillard fl892) remplacent le chauffage par l'addition d'iode. De l'eau iodée à 1/500, mélangée à son volume de toxine, neutralise celle-ci pour le cobaye. Briegkr, Kitasato et Wassermanx (1892) vaccinent avec des cultures complètes mélangées à de l'extrait de thymus. Vaillard a pu immuniser le lapin en lui inoculant à plusieurs reprises des spores privées de toxine et additionnées d'acide lacti«iue (le sérum du lapin ne devient pas antîtoxique).

On peut immuniser tous les animaux. On opère surtout sur le c/teya/pour la production du sérumantitétaniquc (voy. p. 848). On choisit un cheval assez jeune, sain (on le mallcine, voy. p. ">4I), de caractère facile. On fait les injections sous la,,peau du flanc ou de J'encolure, avec toute l'asepsie désirable. On commence par des doses faibles (1/10, 1/6 de centimètre cube) de toxine, mélangées avec quelques gouttes de solution iodée. Ou prend, matin et soir, la température de l'animal. Les premières injections produisent une légère réaction locale et fébrile. On recommence au bout de cinq ou six jours, en augmentant légèrement la dose de toxine et en diminuant celle

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de solution iodée. Au bout de trois ou quatre injections, on supprime définitivement l'iode. On augmente, chaque fois (être très prudent), la dose de toxine. Il ne doit se produire aucune contracture. On arrive ainsi à pouvoir injecter au cheval, en une seule séance, 250 centimètres cubes, et plus, de toxine sans aucune réaction. Il faut pai*fois douze ou quinze mois pour arriver à ce ré.sultat; cela dépend des chevaux. L'immunisation est acquise, mais il faut la continuer encore pour avoir le maximum du pouvoir antitoxique du sérum (voy. p. 841). L'immunisation ne doit jamais être cessée, sous peine de voir Tétat vaccinal disparaître assez rapidement. On continuera donc d'injecter le cheval, au moins tous les mois, avec 250 à 400 centimètres cubes de toxine.

G) Diagnostic bactériologique

Le diagnostic bactériologique du tétanos est, en général, inutile, le diagnostic clinique étant facile. Le premier est d'ailleurs souvent presque impossible. La culture, Tinoculalion du pus de la plaie peuvent très bien ne plus contenir de bacilles, au moment de l'apparition des contractures (voy. p. 5P4). On inoculera le pus ou les produits suspects sous la peau de la souris ou du cobaye. On fera des préparations directes avec le pus, et on les colorera par leGram, pour chercher les formes en épingle.

Le SérO'diagnostic est impossible (voy. agglutination^ p. 593).

H) Sérothérapie

Il n'existe pas de traitement efficace du tétanos confirmé. Le traitement de Baccelli (injections sous-cutanées d'à. phénique) a échoué contre le tétanos expérimental entre les mains de J. Courmont et Doyon, Josias, Guillermin.

Le seul traitement est le traitement préventif par les injections de sérum antitétanique.

En 1890, Behring et Kitasato avaient annoncé que le sérum des animaux immunisés était préventif et curateur, c'est-à-dire

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qu'il prévenait le tétanos, injecté avant la toxine, et qu'il guérissait les souris déjà en proie aux contractures. Tizzoni et Gattani (1891), Vaillard confirment la propriété antitoxique, préventive du sérum, mais ne peuvent guérir le tétanos confirmé. Vaillabd (1892) montre que le sérum est antUoxique mais non bactéricide ; le B. végète et sécrète sa toxine dans le sérum des animaux réfractaires. Houx et Vauxard (1893) reprennent la question. Ils voient que le sérum est plus actif mélangé in vilro qu'injecté préventivement; 15 000 doses mortelles de toxine mélangées in vitro à un volume égal de sérum sont neutralisées, tandis que la même quantité de sérum, iiijectée préventivement, ne préservait pas le cobaye contre 15 000 doses de toxine. L'immunisation est acquise immédiatement, mais ne dure que quelques jours. Le sérum esi préventif et nest pas curateur; injecté avant la toxine ou dans les premières heures suivantes il préserve; injecté à la fin de la période d'incubation ou après les premières contractures, il est sans action. Ces conclusions sont classiques.

Le sérum antitétanique a servi à toutes les expériences sur les antitoxines, la mesure de l'activité des sérums. etc., que nous ne pouvons relater ici (voy. p. 819).

Voyez page 849, son mode d'emploi.

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