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CHAPITRE XVI LE PNEUMOCOQUE

Le Pneumocoque, ou Streptococcus lanccolalus, a été découvert, en 1881, dans la salive d'un enfant mort de rage par PASTErR. qui le considéra comme un saprophyte de nos voies naturelles {Micrococcus Pasteuri). TALAMOx,cn 1883, puis Froenkel, en 1885, le décrivent comme l'agent de la pneumonie (Diplococcus de TaJamon-Frœnkel).

Confondu au début (Sternberg, 1881) avec le PneumobaciUe de Friedlânder (p. 788), il est voisin du Diplococcus intracellularis meningitidis de Weichselbaum (p. 784), de VEnlérocoque (p. 786). d'un microbe isolé, en 1897, par Bezançon et Griffon, d'un cas de pneumonie, plus virulent pour le cobaye que pour la souris ; mais il ne peut être confondu avec eux.

A) Isolement, Cultures

10 Isolement. — Le meilleur procédé consiste ù inoculer une wuris ou un lapin et à cultiver le sang du cœur. Voyez (p. 718) le moyen de conserver la semence vivante et virulente.

2<^ Conditions générales des cultures. — Aérobie facultatif. Se développe de + 30*^ à -h 42^. T^ optima = + 35'^ + 37^ Se cultive difficilement sur les milieux solides. Préfère les milieux légèrement alcalins.JNe végète pas dans sa propre culture, même filtrée dès l'Age de vingt-quatre heures.

a** Cultures sur milieux solides. — A. Sérum. Gélose. — En vingt-quatre heures : fin semis de petites colonies transpa-

rentes, en gouttes de rosée, très diilicilcs à distinguer, assez caractéristiques. Elles deviennent parfois confluentes sur sérum. Elles sont plus abondantes sur gélose-ascite, légèrement alcaline.

B. GÉLATINE. — Ne peut s*y développer, puisqu'il exige + 24<^.

C. Pomme de terre. — Très légère traînée, humide, presque invisible.

4<' Cultures en milieux liquides. — A. Bouillon. — En trente-six heures, trouble très léger. Rapidement : dépôt pulvérulent peu abondant, et éclaircissement du bouillon. En somme : culture maigre.

fî. Bouillon sanglant. — On ajoute une partie de sang aseptique de lapin à 4 parties de bouillon stérilisé. Le développement est très abondant ; le trouble est intense et le dépôt sablonneux important.

C. Sérum. — Préférer du séinjm de lapin très jeune, recueilli aseptiquement (Mosny). Culture abondante; le milieu devient épais, se trouble; il se forme ensuite un précipité abondant. La vitalité de la culture est courte, mais la morphologie classique, c'est un milieu de diagnostic.

Dans le sérum des animaux sensibles, le développement est abondant, la vitalité courte, la virulence faible. Dans le sérum des réfractaircs, le développement est peu abondant, mais la vitalité plus longue. En réalité, c'est plutôt Tàge qui a une influence; les jeunes des espèces réfractaires sont sensibles; les vieux (les espèces sensibles sont réfractaires; le sérum subit cette influence.

D. Sang défibriné (Gilbert et Fournier). — La vitalité et la virulence se conservent longtemps, mais la morphologie du microbe n'est pas caractéristique. C'est un milieu de cofiservation.

E. Sang ascitb. (Bezançon et Griffon; 1898.) — On prend du sang de chien ou de lapin incoagulable (défibriné ou pris à un chien ayant reçu préalablement de laprotéose dans les veines).

LE PNEUMOCOQUE

et on l'additionne (pour éviter la dessiccation) de liquide d'ascîte. Le Pneumocoque se conserve vivant et virulent pendant un an. C'est le vrai milieu de conservation,

F. Lait. — Coagulé.

B) ('oLORATioN. Caractères microscopiques

1° Coloration. — Se colore facilement par les couleurs basiques d'aniline. Prend le Gram.

Pour un frottis, un exsudât centrifugé ou non, un craclxat, une culture en milieu album ineux, le sang : colorer au Gram

Vf*

Fig. 327.

Pneumocoque.

Préparation d'un crachat de pneunionique. Capsules négalives.

Gr. = 1 000 D.

et à Xèoùnc. Les capsules resteront incolores comme un halo clair, c'est-à-dire négatives (fig. 327 et 328).

Si on veut obtenir des capsules colorées, c'est-à-dire positives, on se reportera aux procédés indiqués page 286. La figure 329

montre les pneumocoques encapsulés, dans un exsudai péritonéal de lapin.

Dans les coupes, on utilisera la méthode de Gram avec double ou triple coloration. Les capsules y sont moins difficiles à

Pig. 328.

Pneumocoque.

Sang de souris. Coloration à la fuchsine. Capsules négatives.

mettre en relief. On se servira, pour cela, du procédé de Fried- Idnder :

Laisser, pendant vingt-quati'e heures, la coupe dans :

Fuchsine 1 gramme.

Alcool absolu 5 —

Acide acétique cristallisé 2 ' —

Eau distillée 100 —

Laver k Talcool. Séjour de deux minutes dans une solution d'acide acétique à 2 p. 100. Laver à l'eau distillée. Déshydrater

LE PNEUMOCOQUE

par l'alcool absolu. Éclaircir par lessence de girofle et le \y\o\. Monter au baume.

2^ Forme. — Datis Vorganisme : diplocoques formés de deux grains ovalaires, renflés ù. une extrémité (grains dorge.

Pneumocoque.

Exsudât péritoDéal du lapin. Capsules positives.

lancette, flamme de bougie), se regardant le plus souvent par leur extrémité pointue (fig. 327), parfois par leur bout arrondi (fig. 328). Les grains sont rarement isolés, quelquefois en chaînettes de 3 ou 4 éléments. La capsule entoure l'ensemble du diplocoque ou de la chaînette. Les dimensions varient de 0,75 |x à 0,50 [X.

Dans les cultures : a. /e liquide est albumincux (naturel) : mêmes caractères que dans l'organisme : b. le liquide est purement artificiel : grains, lancéolés ou plus souvent arrrondis,

isolés, en diplocoques ou plus souvent en chatnettcs de 3 à 8 éléments ; ces chaînettes, longues surtout en bouillon, sont com-

Fig. 330-

pjieumocoque.

Culture en bouillon, âgée de 24 heures.

Faible grossissement.

posées de diplocoques placés bout à bout {Streptococcus lanceolatus Pasteiiri pour Gamalkïa) (fi g. 330).

3^ Mobilité. — Immobile.

4" Spores. — Pas de spores.

G) Caractères biologiques

±^ Habitat. — Hôte habituel de nos voies respiratoires (Pasteur, Sternberg, Frgenkel, NETTER,etc.). Se rencontre dans la terre, dans les poussières des chambres ayant contenu des pneumoniques, dans Tair.

718 LE PNEUMOCOQUE

2o ^talité» Virulence. — Très résistant, même k une dessiccation prolongée, dans les produits albu m ineux (crachats, etc. . dans la terre, dans les poussières (Bordoni, Emmerigh, Uffel- MANx), où il conserve longtemps sa virulence.

Les cultures de Pneumocoque sont très éphémères comme vitalité et virulence ; elles meurent au bout de quelques jours : même avec des réensemencements fréquents, il est très difficile de conserver des cultures de Pneumocoque dans les laboratoires, si on utilise les milieux ordinaires. A la troisième génération, la virulence a disparu. La vitalité et la virulence se conservent déjà, plus longtemps dans les bouillons additionnés de sang. Elles se maintiendraient, pendant un an, dans du sang défibriné mélangé de sérosité ascitique (Bkzaxvox et Griffon).

L'atténuation si rapide des cultures est due : 1® à l'oxygène de l'air (Pasteur) , 2"^ à la formation rapide d'acides (a. formique surtout). On peut donc y remédier. 11 suffit de cultiver a l'abri de l'air (Froenkel) ou dans l'œuf (Bunzl-Federx). Pour conserver de la semence virulente, on introduit, dans une pipette à double étranglement (voy. p. 323), du sang du cœur d'un lapin mort de Pncumococcie, et on la scelle aux deux étranglements. Quand on veut l'utiliser, on ensemence en.bouillon, et on inocule la culture de vingt-quatre heures. Pour combattre l'acidité, on sature la culture avec du carbonate de chaux (Wurtz et Mosxy) : la culture reste alors vivante et virulente plus d'un mois.

Le Pneumocoque se conserve virulent pendant des mois dans des sach de collodion (voy. p. 152) disposés dans le péritoine du cobaye ou du lapin.

Carnot a utilisé, dans le même but, les milieux au cerveau. Les bouillons de Marmorek (voy. p. 90) sont également à recommander.

Les cultures sont très sensibles k la dessiccation et à la chaleur. Elles sont détruites instantanément à + 65*^ 70^, en dix minutes à +a6«>; en vingt-quatre heures à +42®.

Il est possible d'exalter la virulence du Pneumocoque atténué, même de la lui restituer. On utilise les passages successifs par le lapin (inoculation intraveineuse ou mieux intrapéritonéalc, Issaékf). On injecte, dans le péritoine, le sang du lapia

dent (1 ce. à 1 ce. 5). Vers le 12*' passage, il suffit d'une gouUe de sang pour tuer le lapin en dix ou douze heures.

On peut aussi injecter, au lapin, 2 centimètres cubes d'un mélange à parties égales de culture de Pneumocoque et de culture filtrée de Proteus vulgaris ; on reprend le microbe dans le sang.

3"* Agglutination. — Bezançon et Griffon (1897), ayant vu que le sérum des malades,'atteints de pneumococcie, n'a qu'un faible pouvoir agglutinant, conseillent la culture directe du Pneumocoque dans le sérum non dilué. On recueille le sérum aseptiquement et sans hémoglobine. On ensemence avec une culture en sérum de lapin neuf; on place à + 37<*. On examine à la seizième heure. L'agglutination n'est, le plus souvent, appréciable qu'au microscope (aspect en tête de méduse).

On met, ainsi, en relief la propriété agglutinante du sang des animaux vaccinés ou infectés et des hommes atteints d'une affection quelconque à pneumocoques (pneumonie, pleurésie, arthrite, etc.). Les sérums normaux n'agglutinent jamais. Mais, comme cette réaction agglutinante marche de pair avec la défense de l organisme, c'est-à-dire apparaît tardivement (sixième jour de la pneumonie franche) et n'atteint son maximum quà la dêfei^escence, comme la technique est délicate, la recherche de cette réaction n'a pas de valeur diagnostique pratique, sauf pour des affections chroniques (angines, purpura, etc.) où le rôle du Pneumocoque est difficile à mettre en relief.

Le Pneumocoque de la bouche du malade est toujours plus agglutiné (parfois même est seul agglutiné) par le sang du malade. Cela prouve : 1^ le rôle pathogêne du Pneumocoque vivant antérieurement dans la bouche du malade à l'état saprophytique ; 2*^ l'impossibilité de différencier les différentes races de Pneumocoque par les sérums agglutinants ; la propriété agglutinative est l'apanage de l'échantillon et non d'une race, à plus forte raison de l'espèce : Pneumocoque.

D) Action pathogène

1^ Action naturelle. — Nous l'avons dit, le Pneumocoque est un hôte naturel de la salive (1 fois sur 5, Netter), surtout chez

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les personnes ayant eu une pneumonie (4 fois sur 5, Netter). Il existe toujours à la surface de l'amygdale (Bezançon et Griffon). 11 est d'ordinaire peu virulent, mais le devient pendant la pneumonie. C'est, en somme, un microbe pathogène, vivant en saprophyte, mais n'attendant qu'un (léchissement de l'organisme pour faire une pneumococcie.

11 est l'agent de la pneumonie lobaire. On le rencontre dans le foyer, pur ou plus souvent associé aux pyogènes, dans les crachats. Il est assez fréquent dans le sang du malade, où on peut le mettre en relief par la culture, comme on le fait pour le B. d'Eberth (voy. p. 654). Sa présence n'a pas d'importance pronostique.

Certaines broncho-pneumonies sont à pneumocoques.

H en est de même de certaines pleurésies, péricardites fibrineuses ou purulentes, primitives ou compliquant la pneumonie.

Le Pneumocoque, existant dans le sang (la pneumonie n'est que la localisation d'une maladie générale}, peut aller au loin engendrer une foule de complications : abcès, méningites, myélites néphrites, parolidites, thyroidites, arthrites, péritonites, méirites, salpingites, endocardites ulcéreuses, angines, otites, ostéomyélites angiocholites, phlébites, artérites, conjonctivites, kératites, etc. Ces affections peuvent compliquer une pneumonie, ou être primitives. Elles ont la plus grande tendance à suppurer. Le pus à pneumocoques est épais, visqueux, verdàtre.

Les lésions à. pneumocoques ont une grande tendance à la guérison {pleurésies purulentes, etc.).

Marchoux (1899) a montré que les nègres sont très sensibles au Pneumocoque ; ils sont ti'ès sujets à des épidémies de méningite cérébro-spinale dues à ce microbe ; beaucoup de cas sont suivis de guérison, mais laissent des séquelles (symptômes analogues à la maladie du sommeil).

Bien que le Pneumocoque soit un hôte habituel de notre cavité buccale, la pneumonie est contagieuse et même parfois épidémique.

On désigne sous le nom de pneumococcie l'ensemble des maladies humaines à pneumocoques.

On ne connaît pas d'afTecUons animales spontanées dues au Pneumocoque.

2° Action expérimentale. — A. Souris. — C'est le réactif de choix. Il sufût d'excorier la surface de la peau (à la naissance de

Fig. 331.

Pneumocoque.

Sang de souris, coloré au Grom et à Téosine. Capsules invisibles.

la queue) et d'y déposer une trace de culture ou d'exsudat pneumococcique pour que l'animal succombe en douze à trente heures, à une septicémie sans lésions pulmonaires, avec un peu d'œdème local. Autopsie : rate hypertrophiée, sang noir, pneumocoques encapsulés fourmillant dans le sang (fig. 331), les viscères, l'exudat péritonéal, la moelle osseuse.

B. Lapin. — Est excessivement sensible.

1® Si le Pneumocoque est très virulent, quelle que' soit la voie d'introduction, la mort survient en vingt-quatre heures à trois

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jours, causée par une septicémie. Les lésions sonl plutôt hémorragiques ; il y a de grosses pétechies & la surface du gros intestin, des capsules surrénales, des reins, des poumons, parfois même de la peau (purpura) ; la rate est hypertrophiée ; le Pneumocoque est abondant dans le sang.

1/inoculationa été faite directement dans le poumon, on peut observer une pneumonie lobaire accompagnée ou non de pleurésie du même côté.

2^ Si le Pneumocoque est peu virulent, la mort est plus lente (»t les lésions ont une tendance fibrineuse ou suppurée. On observe une vive réaction inflammatoire locale et une véritable pneumonic lobaire identique à celle de l'homme, s'accompagnanl souvent de pleurésie, de péricardite, de péritonite, d'arthrites suppurécs, etc. L'inoculation dans le péritoine produit une péritonite à fausses membranes, parfois de grosses tumeurs fibrîneuses à centre casécux.

Voyez plus haut (p. 718) le résultat des passages par le lapin (exaltation).

C. Rat. — Moins sensible. Il faut de fortes doses pour le tuer. La réaction locale est intense ; œdème séro-fibrineux gagnant toute la paroi abdominale et le thorax. Autopsie : pneumonie lobaire ; pneumocoques rares dans le sang. L'inoculation intrapulmonaire engendre un nojau de pneumonie lobaire avec pleurésie séro-fibrineuse.

D. Mouton. — Encore un peu moins sensible. Il faut plus d'un centimètre cube de culture très virulente, sous la peau, pour tuer. Infiltration locale œdémateuse très prononcée; peu de microbes dans le sang. Pneumonie mortelle, par inoculation intrapulmonaire, ou par inoculation intratrachéale, précédée d'une injection de solution de tartre stibié (Gamaléîa). Le passage par le mouton atténue très rapidement la vitalité et la virulence du Pneumocoque.

E. Chien. — Il faut des doses énormes pour le tuer et seulement au boul de quatre ou cinq jours. Œdème local très étendu; peu de microbes dans le sang. Pneumonie lobaire, curable, par

inoculation inlrapulmonairc ou même inlratrachcale (Tchistovich) .

F. Cobaye. — A peu près réfractaire. Réaction locale suivie de guérison. On peut, cependant, le tuer par inoculation dans les séreuses.

G. Oiseaux. — Réfractaires.

En résumé : la reproduction de la pneumonie, par une inoculation extrapulmonaire, exige un animal peu réceptif ou une inoculation peu virulente ; si la mort est trop prompte, il ne se produit qu'une septicémie.

E) Toxines

10 Toxines extraites des cultures. — Les cultures filtrées sont très peu actives; à fortes doses, elles ne tuent pas le lapin. Les cultures en sérum de lapin jeune» chauffées pendant deux heures à +58°, sont plus toxiques.

La toxine est précipitable par l'alcool ou le sulfate d'ammoniaque (Klempkrer, Foa, Carbone).

Carnot et FouRNiER (1900) ont étudié les toxines pneumococciques par un procédé spécial de culture dialysante (voy. p. 347).

2» Toxines extraites des organes. — On hache les organes d'un lapin ayant succombé à la septicémie ; on les fait macérer, dans le double de leur poids d'eau, avec quelques fragments de thj'mol (pour empêcher la putréfaction). On filtre au bout de 24 heures sur papier, puis sur bougie (ëmmerich, Mosny). Le liquide obtenu est légèrement toxique pour le lapin.

IssAÎ^FF exalte le Pneumocoque (voy. p. 718) et extrait la toxine du sang de lapins morts de façon aiguë à la suite de cette inoculation. U prend 100 grammes de sang (quatre lapins) et ajoute 100 grammes d'eau, avec 1 gramme de glycérine et 5 à 6 gouttes d'une solution saturée de bicarbonate de soude. Le mélange, filtré sur bougie, tue le lapin, dans le sang, à 10 grammes par

72^ LE PNEUMOCOQUE

kilogramme. Les exsudais péritonéaux el pleuraux du lapin sont également toxiques.

F) Immunisation

10 Inoculation de cultures vivantes. — Il est facile de vacciner le lapin en lui inoculant d'abord des cultures atténuées par le vieillissement (cultures de 5 à 6 jours), puis des cultures de plus en plus jeunes, et enfin du sang virulent (Foa et Scabia, Nktteh).

2*^ Injection de toxines. — On injecte progressivement au lapin une quelconque des toxines sus-étudiées (Foa, Emme- RicH. MosNv). L'immunisation, ainsi obtenue, est très éphémère. Il faut la renforcer en inoculant ensuite des cultures vivantes (Issaëff). On doit répéter tous les mois l'inoculation sous-cutanée de sang virulent (ne pas dépasser 0,5) pour maintenir l'étal réfractairc.

Les lapins, ainsi vaccinés, ne sont réfractaires que vis-à-vis des pneumocoques ; ils restent très sensibles (parfois plus que les neufs) à la toxine elle-même.

G) Diagnostic bactériologique

11 repose surtout sur les résultats de Vinoculation à la souris, (jui seront souvent positifs alors que Tcxamen microscopique et la culture auront paru être négatifs. 11 est foncièrement le même chez l'homme et chez l'animal.

1" Crachats (voy. p. 714). — Choisir le centre dun crachat rouillé et en faire un frottis. Colorer à la thionine ou au Gramt'osine.

11 faut inoculer la souris à la base de la queue (voy. p. 72) ; ensemencer, à sa mort, des tubes de bouillon, avec le sang ou la moelle osseuse, ou faire simplement des frottis colorés.

2 ' Suc pneumonique. — On ponctionne le lobe hépatisé

SÉROTHÉRAPIE 725

(voy. p. 326), on fait des frottis et on ensemence en sérum de lapin jeune. La culture de 24 heures est inoculée à la souris.

3^ Sang. — On fait une préparation colorée. 11 faut toujours ensemencer. (Vest surtout dans le sang qu'on le cherchera chez l'animal.

4P Pus, Moelle osseuse, etc. — Comme le suc pneumonique.

5*^ Sérodiagnostic. — Voyez page 719 VagyiutinaUon.

H) Skrothkrai»! E

1<* Sérothérapie expérimentale, — a. Le sang des animaux qui jouissent de Vimmunité naturelle fournit un sérum qui n'est ni préventif ni curateur.

b. Le sérum des immunisés est préventif et curateur vis-à-vis de rinfection pneumoconique. Ainsi : 2 ù 4 gouttes de sérum de lapin vacciné immunisent une souris (Toa et Carbone) ; 8 centimètres cubes de sérum de lapin vacciné, injectés 24 heures après l'infection, arrêtent la pncumococcie du lapin (frères Klemperer).

Ce sérum actif n'est cependant ni bactéricide ni antitoxique. il permet le développement du Pneumocoque virulent (Behrinc; et NissEX, Lssa'épf), bien que ce dernier végète agglutiné. On constate cette virulence, en ayant soin de débarrasser le microbe du .sérum (qui serait immunisant), par une génération en bouillon. Le sérum ne peut neutraliser la toxine ni in vitro ni dans l'organisme (ïssakff). 11 doit donc être immunisant en excitant la phagocytose défensive.

c. Le sérum du pneumonique est toxique pendant la période fébrile, mais devient immunisant et curateur au moment de la défervescence (frères Klempkrek).

d. Voyez page 719 le pouvoir agglutinant des sérums et page 713 leur pouvoir bactéricide.

2^ Sérothérapie appliquée. — On a, assez fréquemment ,

726 LE rXliUMUCOQUE

essayé, pour le traitement de la pneumonie, les injections de 2 à 5 centimètres cubes de sérum de lapin vacciné ou de pneumonique en défervescence (frères Klempkrer, Foa, Carbone et ScABiA, Janson, AuDÊorx, Bouchard, Charrin et Uoger; elc.)-

Les résultats ont élé incertains. La production du sérum antipneumonique en quantité suffisante est d'ailleurs assez difficile.

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