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CHAPITRE XVII STREPTOCOQUE PYOGENE

Le Streptocoque pyogène a été vu pour la première fois par Pasteur et Doleris, dans l'infection puerpérale, en 1879-1880, puis décrit comme le microbe de certaines suppurations par Ogston(1881), par Roskkbach (1884), de l'infection puerpérale par C H AU VEAU (1882) par Arloing (1883), par Truchot (1884), par WiDAL (1888), et comme celui de l'érysipèle par Fehleiskn (1883). Il a fait l'objet d'un nombre incroyable de travaux.

A) L'espèce : streptocoque pyogène

11 importe d'abord de bien définir ce qu'on appelle le Streptocoque pyogène, La disposition en chaînettes, le terme de streptocoque qui lui correspond n'ont rien qui puisse caractériser une espèce quelconque. On n'a d'ailleurs qu'à se reporter aux descriptions du Pneumocoque, par exemple, pour voir des cultures en chaînettes qui n'ont aucun rapport avec le Streptocoque pyogène. Le Staphylocoque peut offrir quelques courtes chaînettes. Certains bacilles très courts (B. pyocyaniquc, B. du chancre mou, B, pseudo-tuberculeux, etc.), s'arrangent ptLrîois en strcptobacilles ressemblant beaucoup aux streptocoques. En somme, les chainettes n'ont aucune signification pour Tidentilication de l'espèce microbienne, d'autant plus que (comme on va le voir) le streptocoque, malgré son nom, n'est pas fatalement en chaînettes. Il faut, donc, accoler un qualificatif (pyogène) au terme streptocoque pour qualifier le microbe auquel on a affaire.

Eliminons d'abord les streptocoques pathogènes pour les seuls

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animaux. Nous trouvons : i^\e Streptocoque de la mammite des vaches et des brebis, découvert par Nogard et Mollereau (4887), qui n'est pas pathogène pour les animaux de laboratoire, et se distingue ainsi nettement du streptocoque pyogène ; 2® le Streptocoque de la mammite gangreneuse des brebis laitières (araignée, mal de pis), découvert par Nocard (1887), non pathogène pour les animaux de laboratoire, sauf pour le lapin, qui prend un abcès clos dont il ne meurt d'ailleurs pas ; ce n'est pas le streptocoque pyogène ; 3*^ le Streptocoque de la gourme des équidés, découvert par Schùtz (1887), qui est beaucoup plus proche du streptocoque pyogène et lui est même identique pour certains auteurs ; il est pathogène pour la souris, le cobaye, et fait sur le lapin un léger érysipèle de l'oreille ; Lignières l'identifie au Diplocoque de la fièvre typhoïde (pneumonie infectieuse) du cheval; ^^ le Streptocoque de ranasarque du cheval, qui, pour LiGNiÉRES, serait identique au Streptocoque de Marmorek, dont nous reparlerons. Voilà des streptocoques que nous devons éliminer.

Restent les streptocoques pathogènes pour l'homme. Sont-ils tous identiques ? La streptococcie humaine est-elle toujours due au Streptocoque pyogène ? La question devient plus délicate et les avis sont partagés. Nous concluons nettement d la pluralité des streptocoques qu'on peut rencontrer chez l'homme. C'est ainsi qu'on a très fréquemment isolé des streptocoques du sang, de la gorge de malades atteints de scarlatine (Mkry), au point que certains auteurs font de cette fièvre éruptive une streptococcie. Les uns ont présenté les caractères ordinaires du Streptocoque pyogène, d'autres ont paru en différer ; il ne parait pas douteux que nombre de streptocoques, rencontrés chez les scarlatineux (quel que soit leur rôle dans l'étiologie de la scarlatine) s'éloignent du type pyogène. Rkmlinger a isolé du bouton d'Alep un streptocoque plus pathogène pour le cobaye que pour le lapin. Marmorek a trouvé, sur un exsudât amygdalien, un streptocoque qui lui a servi à fabriquer son sérum et que nous avons démontré (voy. p. 852) être tout à fait différent du streptocoque de l'érysipèle, quant à ses effets pathogènes sur le lapin. On a vu que Lignières l'identifie au streptocoque de Tanasarque du

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cheval. Arloixg et Chantre ont décrit un streptocoque, à allures spéciales, dans certains cas de pyohémie chirurgicale. On a cultivé des streptocoques causant des infections secondaires et s'éloignant plus ou moins du type classique. Il y a donc des streptocoques pathogènes pour l'homme.

Nous arrivons ainsi à restreindre l'espèce que nous allons décrire, sous le nom de Streptocoque pyogène, aux streptocoques qui offrent les caractères généraux, mais surtout pathogènes (pour le lapin spécialement), que nous étudierons. La lésion la plus caractéristique est la production de Térysipèle sur l'oreille du lapin. Tous les streptocoques de l'érysipèle, de l'infection puerpérale, des ostéomyélites, des abcès profonds, des pleurésies, etc.,, etc., correspondent à ce type.

Mais ce type lui-même, ainsi déGni, élagué de tous les streptocoques plus ou moins voisins, constitue-t-il une espèce bien fixe? Nullement. L'espèce est, en réalité, constituée par une infinité de races ; chaque échantillon a une certaine individualité. Il faut répéter pour le Streptocoque pyogène tout ce que nous avons dit pour le Colibacille; ces deux hôtes naturels de nos cavités n'ont aucune fixité; il y a des streptocoques pyogènes comme il y a des colibacilles ; il y a des parastreptocoques^ comme il y a des paracolibacilles. ïi en résulte l'impossibilité de caractériser l'espèce par l'agglutinabilité, par l'action préventive des sérums, etc.

Marmorek, qui avait pensé fabriquer, avec son streptocoque (qui n'était pas le Streptocoque pyogcne), un sérum eflicace contre toutes les streptococcics (voy . p. 852), est resté partisan de l'unité des streptocoques. 11 vient (1902) de soutenir à nouveau cette thèse. Pour lui, respècc streptococcique est caractérisée : i® par la fabrication d'hémolysine, in vivo, chez le lapin; 2*^ par l'impossibilité de pousser dans le filtrat de sa culture ; 3° par la production d'une toxine identique qui est toujours neutralisée par le nouveau sérum de l'auteur. A l'aide de ces trois caractères, Marmorek sépare le streptocoque de la goiu^me du streptocoque humain (la toxine du premier n'est pas •neutralisée par le sérum), mais rapproche de ce dernier le streptocoque de la scarlatine qui ne diffère que par des propriétés quantitatives et

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non (luaiitaUves. Tous les streptocoques humains seraient donr identiques. (]es recherches raéritent confirmation, d'autant phis qu'elles aboutissent à l'efficacité du nouveau sérum dans toutes les streptococcies humaines, ce qui n'était pas le cas de Tancien (voy. p. 857).

Pour nous résumer : le Streptocoque pyogène constitue bien une espèce microbienne, mais composée d'une série de races et même d'individus, tellement influençables par les conditions extérieures, que tous les caractères peuvent varier facilement dans des proportions consid6'rables.

B) Isolement, Cultures

1° Isolement. — Ensemencer directement, en bouillon, le pus, le sang, les sérosités, les produits non contaminés. Pour les autres, inoculer le lapin, et ensemencer le sang du cœur.

2^ Caractères généraux des cultures. — Aérobie facultatif. Végète de + 20^ à + *fi**- ^^ optima =: 37°. Préfère les milieusL neutres ou légèrement alcalins. Ne végète pas dans le filtrat de sa culture (même seulement âgée de vingt-quatre heures) ; le streptoroque de la scarlatine fait exception; de même celui de la gourme des éfjuidés.

3<* Cultures sur milieux solides. — A, Skkum. Gélose. — En vingt-(|uatre heures, semis de très petites colonies blanchâtres, moins transparentes (juc celles du Pneumocoque (grains de semoule) (lig. 157,1). Sur gélose, elles peuvent devenir confluenles, formant une traînée grisâtre, opaque, à bords déchiquetés.

En arrosant la gélose d'un peu de sérum humain, on la rend plus favorable (Makmohkk).

H, (iÊLATiNK. — Culture très grêle. Pas de liquéfaction (certains échantillons digèrent cependant la gélatine à + 36": Pane). Arrêt vers le cinquième jour, et mort rapide. Le long de la piqûre : petits points blancs, opaques, arrondis (fîg. 156,2). Certains streptocoques végètent plus abondamment.

ISOLEMENT. CULTCHES 731

C. Pomme de terre. — En général, pas de culture apparente, bien qu'il y ait développement, qu'on peut constater, en examinant au microscope le produit du raclage. Certains streptocoques donnent des colonies visibles.

jD. Carotte. — Certains streptocoques végètent sur carotte en gouttes de rosée.

' 4P Cultures en milieux liquides. — A. Bouillon. — Rien n'est variable comme l'aspect d'une culture de streptocoque en bouillon.

La culture type, relie des premières générations, se fait en grumeaux, ne troublant nullement le bouillon (fig. 152). Dès la vingtième heure, on voit de petits flocons se développer le long des parois. Ils grossissent et tombent dans le fond, vers le troisième jour, formant un dépôt assez abondant; si on agite le ballon, le bouillon ne se trouble pas, de gros flocons remontent jusqu'à la surface pour retomber rapidement au fond. Ce type de culture, évidemment assez caractéristique, correspond aux grandes chaînettes pelotonnées.

D'autres fois (chaînettes courtes), les flocons sont très petits et le bouillon légèrement trouble ; ou, même, il n'y a pas de flocons et le bouillon est uniformément trouble, comme s'il s'agissait de staphylocoques.

Celte différence d'aspect n'est pas l'apnnagc d'un échantillon donné. Le même streptocoque peut varier du tout au tout d'une génération à l'autre ; une culture claire à flocons, ensemencée, donne une culture trouble; la première impression est ciuo la culture a été contaminée ; il n'en était rien ; les formes courtes ont simplement succédé aux formes longues. Le plus souvent, les premières générations sont claires et à flocons, et les suivantes deviennent insensiblement plus troubles.

Plus rarement, une culture, d'abord trouble, se transforme en culture à flocons.

Vincent (1902) a montré que cette variabilité de la morphologie des cultures tient ii la réaction du milieu. Un bouillon neutre se trouble, ne contient (lue de courtes chaînettes, l'n bouillon

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acide reste clair, la culture étant plus florissante, en longues chaînettes formant des flocons. Il suffit donc d'ajouter un peu d'acide non antiseptique (a. inaligne, a. tartrique, phosphates acides) pour rendre la culture floconneuse. Si une culture devient floconneuse après avoir été claire, c'est que le streptocoque a sécrété des acides, l/addition d'un peu de sérum antistreplococcique donne des formes courtes. En somme : le streptocoque préfère un milieu légèrement acide, et y végète plus abondamment, en longues chaînettes.

La vitalilé et la virulence des cultures en bouillon ordinaire sont très éphémères : le bouillon devenant rapidement trop acide (acide lactique). 11 est très difficile de conserver le streptocoque en bouillon ordinaire; il faut le réensemencer avant l'apparition de l'acidité ; les cultures filles acidifient moins (Achâlme).

B. Bouillon (îLYCKRiXK à o p. 100. — Très favorable à l'isoleincnl (Uckk).

C. S^RUM. — HoGKH a montré que le sérum de lapin convenait fort bien au développement du streptocoque. Celui de bœuf, de cheval, le liquide d'ascite sont peu favorables.

D. HouiLLONs-sKRUM. — Lcs milicux de choix pour la conservation de la vitalité et de la virulence du streptocoque sont les bouillons-sérum de .Marmorek (voy. p. 90). Ils conviennent à tous les Streptocoques pyogènes, qui y conservent plus volontiers le type de culture claire i\ flocons.

E. Lait. — tiOagulalion lente en quatre ou cinq jours, ou nulle.

C) Coloration, Caractères microscopiques

lo Coloration. — Se colore bien par les couleurs basiques d'aniline. Prend généralement le Qram. Certains échantillons se décolorent assez vile par cette dernière méthode. D'autres prennent le Gram de façon inconstante (Lemoine). D'autres, enfin, ne le prennent pas (Lin(jelsheim, Etienne).

2^ Forme. — L'élément fondamental du Streptocoque pyogène est le coccus. Le coccus est en général rond, il peut être plus ou moins ovalaire ou carré ou môme rectangulaire et se rapprocher ainsi des streptobacilles (fig. 333, G). Dans les tissus, il est presque toujours rond; c'est dans les cultures qu'il prend des formes diverses. Ses dimensions sont encore plus variables que

Fig. 332.

Streptocoque pyogène.

Culture de 48 heures, sur gélatine.

ses formes. Dans les tissus, il mesure 0 fx, 6 à 1 fi. Dans les cultures, il peut être très fln (fig. 333, E), ou très gros (fig. 333, F)- L'arrangement en chaînettes n'a pas un aspect plus constant (fig. 333). La chaînette type s'observe dans le pus, dans les tissus; elle est constituée par 10 à 15 grains. C'est, en général, ce qu'on observe aussi sur les milieux solides (fig. 332]. Dans le sang, les diplocoques dominent. Dans les cultures liquides, tous les arrangements possibles existent (fig. 333) ; depuis le coccus, complètement isolé, en passant par les diplocoques, par les chaînettes de 10 à 20 éléments, pour -arriver aux

Fig. o33.

Streptocoque pyor/ène.

Différents types de culture liquide.

A, Cocci ot 1res court os chafnel(e«». — B, arrangomont staphvlococcique, d'où pari (Mil dfs cliainctlos. — C. slroplobacillo'*. — D, chaîiios de diplocotpios. — E, chaine.s 1res fines, — r , chaînes très prossos.

immenses chaineUes pelotonnées, dont il est impossible de compter les éléments, et qui forment les gros flocons décrits, et même aux • amas informes d'où partent quelques chaînettes (fig. 333, B). Au temps où l'on attachait une importance à ces variations morphologiques, on avait donné des noms les rappelant à divers échantillons : Sir. tenuia, brerts, congloméra lus ^ etc. Il est incontestable qu'on peut obtenir toutes ces formes avec un même échantillon, en faisant varier le milieu et les conditions de culture. Elles n*ont aucune importance spécifique.

Arloing et Chantre (1895), dans l'infection purulente, Vincent (1902) dans une pleurésie purulente, on décrit des streptocoques ramifiés f avec arthrospore aux angles de jonction.

3" Mobilité. — Immobile.

4*^ Spores. — Pas de spores.

D) Caractères biologiques

1« Habitat. — Kn dehors de l'organisme malade, on le rencontre dans nos cavités naturelles [bouche (Netter, Widal et Bkzançon), amygdale (Widal et Bkzançon) , nez, bronches, vagin, urèthre], sur la peau. 11 j vit en saprophyte, comme le Pneumocoque, le Colibacille, attendant une occasion de l'envahir et de devenir pathogène. 11 est toujours peu virulent dans la bouche, même chez les malades de streptococcie ; il faut qu'il pénètre dans l'organisme pour devenir virulent.

11 existe aussi dans l'air, dans le sol, dans l'eau, dans les poussières, etc.

2^ Vitalité. — Fille est assez considérable da<is l'organisme et dans le milieu extérieur. Dans les cultures, elle varie beaucoup suivant les milieux. Il faut des milieux spéciaux pour pouvoir entretenir ces cultures dans les laboratoires (voy. p. 732). Les cultures solides sont spécialement fragiles.

Le Streptocoque, en culture, est très sensible aux antiseptiques (les vapeurs de chloroforme le tuenl presque instantané-

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ment), à la chaleur (un chauiïage d'une heure à + 52", de une minute 4+ 100«, le tue). Dans les produits organiques, surtout desséchés, il est plus résistant aux antiseptiques et supporte + 100® pendant quelques minutes.

Truchot (Thèse de Lyon, 1884) a bien étudié Taction des antiseptique sur le Streptocoque pyogène ; il préconise une solution faible de sublimé, employée à -f 45°.

3« Virulence. — Arloing est le premier auteur (1883) qui ait obtenu des cultures dont la virulence se soit conseiTée dans les passages successifs (32 passages virulents),

La virulence initiale des cultures de Streptocoque est excessivement variable. Nombreux sont les streptocoques qui, bien qu'isolés d'une lésion même mortelle, sont presque InofTensifs pour le lapin à 2 et 3 centimètres cubes ; ceux qui sont isolés des cadavres sont, en général, plus virulents que ceux puisés sur le vivant. Il faut, en tous cas, inoculer la première culture, à Tôge de quarante-huit heures, pour être fixé sur cette virulence, car elle disparaît très rapidement dans les milieux ordinaires. Nous avons vu qu'elle pouvait être conservée assez longtemps dans les milieux additionnés de sérum (voy. p. 732) . Dans les bouillons de Marmorek, la virulence ne s'exalte pas, mais se conserve longtemps sans s'atténuer. On peut encore remédier à l'atténuation rapide des cultures en les conservant à l'abri de Tair ou en les additionnant de carbonate de chaux pour neutraliser l'acidité.

11 arrive parfois qu'un streptocoque qui n*avait pas paru virulent aux premières générations, le devient si on le cultive dans un autre milieu (bouillon de poulet).

On peut exalter la virulence du Streptocoque pyogène par deux procédés. •

Le premier consiste à l'inoculer au lapin, associé à un autre microbe : le Proteus vulgaris (Roger, Monti, âchalme), le B. (VEherth (Vincent), ou mélangé à la culture filtrée du h. cVEberth, Ainsi, l centimètre cube de culture de strepto- ( oquc, mélangé à 2 centimètres cubes de culture filtrée de B. (TEbcrth tue le cobaye, inoculé dans le péritoine.

Le second est le plus pratique ; c'est le passage par l'organisme du lapin (Arloing, Marmorek, Gromakowsky). On inocule dans le sang, on fait avec le sang une culture en bouillon sérum qu'on inocule à l'âge de quarante-huit heures, ou on inocule dircctcr ment le sang, et ainsi de suite. Marmorek, par cette méthode, avait exalté son streptocoque au point que 1/100 000 000 000 de centimètre cube tuait le lapin (c'est-à-dire une dose de culture ne contenant qu'un seul coccus). On ne peut pas arriver à exalter à un degré aussi élevé le Streptocoque pyogène. Je n'ai jamais pu obtenir un streptocoque d'érysipéle tuant à moins de 1/20 centimètre cube le lapin inoculé dans le sang.

4* Agglutination. — Le premier sérum de Marmorek agglutine le Streptocoque de Marmorek; il faut ajouter ù la culture un tiers de sérum (Bordet). U n'y a pas d'agglutination par le séi*um de malades.

E) Action pathogène

1<* Action natureUe. — Le Streptocoque pyogène est l'unique agent de Vérysipèle (FehleîsenJ. 11 engendre de, nombreuses suppurations (Ogston, Passet, Kosenbach) surtout profondes, tandis que les suppurations superficielles sont plus spécialement dues au Staphylocoque pyogène, U cause la fièvre puerpci'ale (Pasteur et Doleris, S. Arloing, Truchot, Widal), ïinfection purulente chirurgicale (Arloing et Chantre ; 1893) sans adjonction d'autres microbes septiques. H engendre, en outre, une foule d'affections qu'on peut classer par appareils :

, Purpura (J. Courmont et Lannois, etc.).

^^ ^ * ' i Phlegmons. Lymphangites. Ecthyma

[ (Bezançon et Thibieuge).

i' Ostéomyélite (Lannblongue et Achard, Appareil locomoteur. • • ] J- Courmont et Jaboula y).

Arthrites suppurées.

Endocardites végétai Péricardites (suppuré

PRÉCIS DE BACTÉRIOLOGIB, 2* édit. 47

. » • / 1 • \ Endocardites végétantes.

Appareil cxrculalotve . . ] poricardil^s tsuppurécsou soreusos).

STREPTOCOQUE PYOGENE

Appareil circulatoire

Appareil respiratoire

Appa reil dig es t if.

Appareil génito-iirinaire Appareil nerveux. . .

Appareil des sens. . .

Myocardites suppurt^es.

Arti^riles.

Phlébites et thromboses «Widau Vaquez}.

Adénites.

Thyroïdites.

Pleurésies (séreuses ou surtout purulentes).

Broncho-pneumonies (primitives ou secondaires à. la rougeole, à la grippe, à la variole, etc.).

Bronchites.

V Laryngites.

/ Angines (catharrales. pscudo-mombra- ; neuses. phlegmoneuses) primitives ou y secondaires*.

) Paroliditc'S.

1 Entérites.

/ Angiocholites suppurées.

; Ictèi*es graves.

. Péritonites.

l Néphrites.

: Métrites.

' Salpingites purulentes.

» Abcès du cerveau.

. Méningites.

( Myélites.

. Conjonctivites.

) Kératites.

I Daryocistites.

l Otites.

On voit le rôle immense joué par le Streptocoque pyogèneen pathologie. II s'élargit tous les jours, à mesure qu'on sait mieux connaître le rôle des associations microbiennes. On peut même dire que le S. est plus redoutable associé qu'à l'état de pureté. Il engendre une septicémie généralisée, une streptococcie

* Les streptocoques sont les agents de presque toutes les anfnnes non diphtériques (surtout scarlatineuses : Prudden, Raskin. WrRTx et Bourges, etc.) ot jouent, en outre un rôle considérable dans le pronostic des angines diphtériques associées (voy. p. 618).

ACTION PATHOGÔNE 739

et, en même temps, exalte la virulence des microbes auxquels il est associé. Nous avons déjà vu (p. 618) qu'il est le véritable facteur de la gravité des diphtéries; il rend la grippe très redoutable; il complique assez fréquemment la fièvre typhoïde; il est l'agent des suppurations secondaires si spéciales de la variole [les cadavres varioleux fourmillent toujours de streptocoques très virulents] (Widal et Bezanço:?) ; il forme avec le Pneumocoque une association redoutable ; il cause un grand nombre de complications de la scarlatine (s'il n'en est pas l'agent) ; il existe toujours dans l'urine des scarlatineux quand ils ont de l'albumine, etc., etc.

2^ Action expérimentale. — A. Homme. — Femleisen, Janicke et Neisseb, Koch et Petruchsky, etc., ont inoculé directement a l'homme des cultures de Streptocoque pour tenter la guérison de tumeurs cancéreuses (certaines tumeurs auraient guéri à la suite d'un érysipèle spontané). L'inoculation échoue souvent, si on emploie des cultures depuis longtemps conservées dans les laboratoires, même très exaltées pour le lapin. Par contre, on a observé un cas mortel en quatre jom^s. Koch, Petruchsky ont montré que le Streptocoque de Marmorek n'est pas pathogène pour l'homme auquel on l'inocule.

B. Lapin. — Réactif de choix. (Voyez p. 736) la virulence des premières cultures pom* le lapin et le moyen de les exalter. Chauveau, s. ARLoiNuetTRucHOT ont, les premiers, bien étudié les effets du Streptocoque sur le lapin.

a. Inoculation sous-cutanée. — L'inoculation type est l'introduction de quelques gouttes ù 2 centimètres cubes (suivant la virulence) de culture sous la peau de la base de VoreUle (la scarification suffit quelquefois).

Si la culture est très virulente, on peut voir survenir une septicémie généralisée, qui tue rapidement l'animal (comme l'inoculation intraveineuse). Si la culture est peu virulente, ou la dose faible, on observe Vérysipèlc de Vorcille qui est une lésion caractéristique. Dès le lendemain, l'oreille inoculée est rouge, épaissie, tombante (contraste frappant avec Tautre oreille) présentant

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un érysipèle type avec bourrelet saillant. Au bout de quarantehuit heures, Toreille est chaude^ sensible, énorme; elle traîne jusqu'à terre; l'animal est triste, fébrile, se nourrit mal. Le plus souvent, la terminaison est la guérison ; l'érysipèle devient phlegmoneux ; une large couche de pus crémeux (comme tous les pus de lapin) s'étend sous la peau qui s'ulcère bientôt; l'oreille, après guérison, est cicatricielle, ratatinée. La guérison peut survenir sans phlegmon. Si la dose est encore plus faible, on ne voit qu'un pou de rougeur érysipélateuse fugace, rarement suivie d'un petit abcès. Quand le lapin meurt de son érysipèle, il ne présente aucune autre lésion, ou est atteint d'arthrite suppuréc. Kn somme, on réalisera, presqu'à volonté, soit un léger érysipèle fugace, soit un érysipèle curable, phlegmoneux ou non, soit un érysipèle mortel, avec ou sans lésions généralisées, soit une septicémie aigué sans érysipèle (cultures très virulentes). En général, on obtient un érysipèle curable (1 centimètre cube d'une culture de virulence ordinaire).

La production de l'érysipèle avec un Streptocoque est caractéristique, mais ce n'est pas une lésion spécifique. A elle seule, elle ne signifie pas : streptococcie. On a produit des lésions analogues avec le Colibacille, le Staphylocoque , le Pneumocoque.

L'inoculation dans un autre point de la surface cutanée engendre un abcès curable ou suivi de septicénaie, mais pas d'érysipèle.

. La production de l'érysipèle sur le lapin a servi à e^lucider une série de problèmes de la pathologie générale (inffuence des vaso-moteurs, des nerfs sensitifs sur l'inflammation ; Romjkr, etc.)

6. Inoc. intrapéntonéale. — Elle tue aussi rapidement y que l'inoculation intraveineuse si le S. est très virulent. Ri non: '

péntonite pseudo-membraneuse et suppuréc. Jamais (Tfiscite sanguinolente. L'ne inoculation peu virulente tue en un 'h^is avec pyohémie musculaire (Arloing). Bordkt a étudié la réactiV i

phagocylaire du péritoine vis-à-vis du Str. de Marmorek. \,

c. Inoc. intraveineuse. — Si le S. est actif et si la dose ^. est suffisante, on peut obtenir une mort excessivement rapide (six heures}. La moyenne de la survie, avec 1 centimètre cube d'une culture active mais non exaltée, est de trente-six à qua-

rante-huit heures. Il se produit de la diarrhée, de la dyspnée, du coma. A Tautopsie, on n'obserre aucune lésion, si ce n'est rhjpertrophie de la rate et de la congestion généralisée. Jamais d'épanchement sanguinolent dans les séreuses. Le sang, très fluide, dissous, fournit des streptocoques yirulents ; il suffit d'ensemencer une goutte de sang du cœur pour avoir une culture. Les reins sont spécialement envahis par les streptocoques.

En diminuant les doses, on obtient une mort de plus en plus tardive et même une maladie bien caractérisée, mais curable. Si la mort survient après huit jours, le plus souvent le sang ne contient plus de streptocoques ou n'en contient que très peu. Si la mort tarde plus de dix jours, k plus forte raison vingt ou trente jours, l'animal est porteur d'une, quatre ou cinq arthrites volumineuses, suppurées, avec luxation de l'articulation. Parfois, les reins sont le siège de petits abcès (J. Courmont et Jabou-

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