LAY
On croyait, jusqu'en 4890, que le Staphylocoque pyogène était Tagent spécifique de l'ostéomyélite aiguë juxta-épiphysaire. Lannelongue et Achard (1890) signalent des cas humains où le Streptocoque se rencontrait À l'état de pureté. J. Courmont et Jaboulay reproduisent alors l'ostéomyélite type chez le jeune lapin, en suivant la méthode de Rodet (voy. p. 761). On choisit un lapin de six à dix semaines ; on lui injecte dans la veine auriculaire, une dose de culture permettant une survie minima de huit jours ; on ne fait aucun traumatisme. Le gonflement articulaire pendant la vie est rare. A l'autopsie, on a une ostéomyélite caractérisée surtout par une abondante suppuration médullaire ; ce qui la différencie de l'ostéomyélite à staphylocoques (voy. p. 760) qui est surtout nécrotique. Lannelongue et Achard ont confirmé ces résultats.
Roger a observé, sur des lapins qui avaient survécu à l'inoculation intraveineuse, une atrophie musculaire progressive avec atrophie des grandes cellules des cornes antérieures de la moelle (type Aran-Duchesne). Widal etBEZANçoN ont observé, de même, des myélites diffuses.
Voyez page 857 les lésions toutes différentes produites chez le
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lapin par le Streptocoque de Marmorek (jamais d'érysipèie, jamais de suppuration, exsudais sanguinolents dans les séreuses).
C. Souris. — Presque aussi sensible que le lapin à certains échantillons (sensibilité variable). Elle succombe rapidement de septicémie ou plus lentement de pyohémie. Le rat blanc est, au contraire, très résistant.
D. Cobaye. — Très peu sensible. Un Streptocoque très actif, inoculé sous la peau, fait un abcès curable ; inoculé dans le péritoine, il tue parfois avec péritonite purulente. Le Str. exailé de Marmorek fait de la péritonite purulente mortelle à 1 /4 de centimètre cube.
E. ËQuiDÉs. — L'&ne et le cheval sont très sensibles. Leur immunisation par des cultures vivantes est très dangereuse ; les suppurations sont fréquentes et la mort en'est parfois la suite.
F. Mouton. — Moins sensible.
G. Chien. — Comme le mouton.
H. Oiseaux. — Presque réfractaires.
F) Toxines
Le Streptocoque fabrique peu de toxines extraprotoplasmiques; les cultures filtrées sont faiblement actives. (Manpredi et Traversa, etc.)
Roger (1890) tue le lapin en deux jours avec diarrhée, en lui injectant 15 à 20 centimètres cubes par kilogramme d'une culture en bouillon de viande, anaérobie, filtrée sur bougie le cinquième jour.
Marmorek (1895) filtre les cultures en bouillon-sérum, à T&ge de trois mois: le liquide est mortel à 0««',5 par kilogramme. Un chauffage à -f 58^ atténue.
Il faut ajouter, de temps en temps de l'extrait de viande à la culture pour prolonger le développement microbien.
Marmier recommande le milieu qu'il a préconisé pour cultiver le B.anthracis (voy. p. 555).
Dernièrement (1902), Marmorek a publié un nouveau moyen
IMMUNISATION 743
d'obtenir la toxine streptococcique. On prépare deux solutions.
!• Ajouter, à 150 grammes de bouillon de viande peptoné, 0.40 gr. de leucine ; chauffer t + ^^ et filtrer sur bougie.
2«> Ajouter, à 100 grammes de bouillon de yiande peptoné, 0,50 gr. de glycocolle ; chauffer et filtrer.
On obtient un milieu de culture favorable en additionnant 250 grammes de bouillon peptoné avec 10 grammes de chacune des solutions. On lui ajoute encore des leucocytes de cobaye, qu'on obtient en injectant 10 centimètres cubes de bouillon dans le péritoine d'un cobaye immunisé et en lavant Texsudat péritonéal .
Le streptocoque végète bien dans ce milieu. On filtre, sur bougie, la culture âgée de huit jours.
D'après Marmorek, tous les streptocoques feraient la même toxine. Elle tue le lapin à 0,25 centimètre cube. Son principe actif est une diastase, détruite à + 70<>. Le sérum préparé avec cette toxine (voy. p. 857) est neutralisant vis-à-vis des toxines de tous les streptocoques.
RoDET et J. GouRMONT (1891) ont étudié, par la méthode graphique, les effets immédiats, sur le chien, des injections massives, dans le sang, de cultures vivantes de Streptocoque pyogène. Les toxines agissent surtout sur Vappareil circulatoire et principalement sur le cœur.
Besrbdkà a étudié V hémolysine sécrétée par le Streptocoque de Marmorek. On ensemence du sérum de lapin avec 2 ou 3 gouttes de sang du cœur d'un lapin mort de streptococcie aiguô. On met vingt-quatre heures à l'étuve. On étend d'un volume d'eau physiologique et on filtre sur bougie. Cette hémolysîne dissout les hématies de la plupart des animaux de laboratoire À + 37*. Il faut un chauffage de deux heures à -}- 70^ pour la détruire. Elle n'est pas toxique.
G) Immunisation
l^' Injection de toxine. — Roger (1891) a, le premier, vacciné le lapin contre le Streptocoque en lui injectant des cultures stérilisées à + 104« i2(y>.
744 STREPTOCOQUE PYOGÈNE
Marmorbk (1895) avait essayé d'immuniser le cheval avec sa première toxine ; les résultats avaient été médiocres. Avec sa nouvelle toxine (1902) il a obtenu une immunisation solide des chevaux ; leur sérum est antitoxique, contre les toxines de tous les streptocoques sauf celui de la gourme (voj. p. 857).
Lorsque nous avons immunisé des chevaux contre le Streptocoque de Marmoreky nous avons retiré des avantages de Tinjection préalable (avant les cultures vivantes) de cultures filtrées (voy. p. 853).
Z"" Inoculation de oultures vivantet. ~ De Paolxs (1889), Roger (1890) ont vaciné des lapins par cette méthode. C'est également le procédé qui a été employé par Marmorek pour immuniser (1895) le cheval contre son streptocoque d'amygdale. Le sérum obtenu n'était pas antitoxique, mais seulement antibactérien et seulement contre le streptocoque employé.
A. Lapin. — Marmorbk inoculait des cultures anciennes, puis, progressivement, des cultures plus virulentes. L'immunisation était faible. Mironoff (1893) commençait par injecter des cultures stériles, avant l'inocalation virulente. Gromakowski inoculait successivement dans le péritoine : 1^ des cultures anciennes chauffées à 4- iOO^' i ^^ des cultures anciennes non chauffées ; Z^ des cultures virulentes (jusqu'à 10 et 30 centimètres cubes). Il fallait une quinzaine d'injections espacées de 15 jours environ.
B. Equidés. — Voyez page 853 l'immunisation du Cheval avec des doses croissantes de Str, de Marmorek virulent. Les réactions sont violentes, les abcès fréquents.
L'ane est encore plus sensible; l'immunisation est beaucoup plus dangereuse et plus lente.
Voyez page 857 l'immunisation de l'àne avec plusieurs échantillons de streptocoques de l'érysipèle (J. Courmont).
Van de Velde a appelé sérum polyvalent celui qui provient de chevaux immunisés à l'aide de plusieurs streptocoques.
On peut immuniser le cheval à la fois contre la diphtérie et le streptocoque.
DIAGNOSTIC BACTERIOLOGIQUE 745
Les animaux, ainsi immunisés, ne le sont pas contre tous les échantillons de streptocoques pyogènes.
C. Mouton. — Plus diflicile à immuniser que le cheval ; il maigrit et la marche de l'immunisation est lente.
H) Prédisposition
Les cultures filtrées du Streptocoque pyogène contiennent des produits solubles prédisposants (Roger, 1891). Ces mêmes cultures deviennent vaccinantes, si on les chauffe à -f- H0<* (Voy. p. 74i).
I) Diagnostic bactériologique
lo Examen microscopique. — Colorer les frottis avec le
Gram. Les chaînettes sont très nettes et souvent très nombreuses.
Voyez Diagnostic et Pronostic des angines diphtériques page 631 .
2^ Cultures. — Ensemencer le sang puisé au pli du coude (voy. p. 325) dans une assez grande quantité de bouillon ou de bouillon -sérum. S'il s'agit d'un érjsipèle, ensemencer le liquide des phlycténes (souvent stérile) ou le sang du bourrelet, obtenu par piqûre à la lancette de la peau stérilisée. Pour le pus, faire des stries sur gélose, en prévision d'associations. Pour les fausses membranes, ensemencer sur sérum (voy. p. 633) et tenir surtout compte du nombre des colonies.
S<^ Inoculation. — On inocule rarement le liquide organique ; on préfère faire d'abord une culture ; mais il est indispensable éHnoculer celle-ci k Fàge de quarante-huit heures, pour savoir si on est en présence du Streptocoque pyogène (inoculation de 0,5 à 3 centimètres cubes à la base de l'oreille du lapin, pour obtenir l'érysipèle).
J) Pronostic bactériologique
Les infections secondaires à streptocoques, en général toutes les associations à streptocoques, sont d'un pronostic grave. Les
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anginespseudo-membraneuses à streptocoques purs (par exemple, celles de la scarlatine) sont relativement bénignes. Les pleurésies purulentes k Streptocoques sont plus graves que celles à Pneumocoques ; elles nécessitent l'empjème.
K) SÉROTHÉRAPIE
Le sérum des lapins vacinés par Roger était légèrement bactéricide, tandis que celui de ses lapins prédisposés était un milieu exaltant.
Le premier sérum de Hlannorek n'était pas bactéricide in vitro; il constituait un milieu de culture suffisant (Mirokoff, Bordet). 11 était antibactérien in vivo contre le Streptocoque de Marmorek. Le deuxième serait antitoxique contre tous les streptocoques humains.
Voyez les applications : Sérothérapie, page 852.