ARTICLE III
MÉNINGOCOQUE, STREPTOCOQUE DE BONOME
La méningile cérébro-spinale épidémique peut être due à de nombreux microbes. Netter, sur 46 cas, note
Streptocoque de Bonome 13
Méningocoque 12
Pneumocoque 11
Streptocoque pyogène , 7
Staphylocoque doré 3
Lekhartz trouve le Méningocoque 13 fois sur 24; Erik Fabbr (1898) le rencontre 27 fois sur 31 cas: les 4 autres résultats sont absolument négatifs pour tout microbe connu; Hunter et NuTTALL isolent le Mcninf/oco^uc 10 fois sur 10. Plus on étudie la méningite cérébro-spinale, plus le rôle du Méningocoque grandit.
10 Méningocoque. {Diplococcus intracellularis meningitidis ou Streptococus meningitis capsulatus), — Il a été décrit par Weichselbaum et retrouvé par tous les auteurs qui se sont occupés de la nature de la méningite cérébro-spinale épidémique. On Ta isolé des fosses nasales saines (Schipp) .
Dans le liquide céphalo-rachidien, recueilli par ponction lom-
MEXIXGOCOQLE. STREPTOCOQUE DE BONOME 785
baire, il se présente sous l'aspect de cocci isolés ou agglomérés, dont la plupart sont enfermés dans les leucocytes ou les globules de pus. Les individus isolés sont arrondis, les autres sont aplatis sur leurs faces tangentes. On voit aussi des diplocoques lancéolés. En somme : grande ressemblance avec le Pneumocoque et le Gonocoque, La plupart sont entourés d'une capsule.
Dans les cultures en bouillon on trouve des grains isolés et des chaînettes parfois très longues. Dans les cultures en sérum de lapin, les capsules sont très nettes (Griffon).
11 se colore par toutes les couleurs basiques d'aniline. 11 prend le Gram, bien que, dans les exsudats, de nombreux éléments se décolorent par cette méthode.
Les premières cultures s'obtiennent difûcilement ; les suivantes sont plus abondantes. Température optima = 37". Aérobie facultatif. Ses caractères de culture, les milieux qu'il préfère sont ceux du Pneumocoque. La gélose-ascite, le sang gélose, le bouillon sérum conviennent surtout. Les cultures sur pomme de terre, en lait, sont presque nulles. En sérum liquide de lapin jeune et neuf la culture est agglutinée, comme celle de Pneumocoque en sérum d immunisé.
La vitalité du Méiiingocoque est très fugace en milieux ordinaire ; il y meurt très vite ; il se conserve mieux en milieux albumineux.
La virulence est, le plus souvent, très faible. L'a souris blanche présente une assez grande réceptivité. L'inoculation sous-culanée reste sans résultat. L'inoculation intrnpleurnlc ou intrapéritonéale (0,5 à 1 centimètre cube d'une riche émulsion) tue en ti'entc-six à quarante-huit heures avec hypertrophie de la rate et épanchement sanguinolent, avec cocci dans l'exsudat. Le lapin est tué par inoculation intraveineuse ; le lapin jeune est plus sensible; l'inoculation sous la durc-mèrc échoue souvent. En introduisant sur la pituitaire du lapin du sérum nasal ou du liquide céphalo-rachidien de malades, BusgrET a obtenu des résultats positifs. Le cobaye est parfois tué par l'inoculation intrapleurale. Le chien, la chèvre inoculés sous la dure-mère, meurent en deux à dix jours, avec méningite snppurée.
PRÉCIft DE BACTÉRIOLOGIE, 2« édîL 50
2' Streptocoque de Bonome. — Courtes chaineltes, prenant le Gram, et extra-cellulaires. Se cultive facilement et rapidement sur les milieux ordinaires. Pousse sur gélatine à-|-22\ Les cultures en sérum de lapin jeune sont en chaînettes ou en amas (agglutinées) et présentent des capsules (Bezançon et (iRiFFON). Ne végète ni sur gélatine ni sur pomme de terre.
La virulence est assez grande. La souris blanche et le lapin sont très réceptifs. On peut les tuer par septicémie ou reproduire la méningite. Le cobaye est plus résistant ; le chien encore plus. Chez ce dernier on peut réaliser la méningite. Le streptocoque est entouré d'une capsule dans les organes.
Pour Netter, le Streptocoque de Bonome serait un pneumocoque atténué; pour Bezançon et (iRiKFoN, ce serait un microbe spécial, car il pousse agglutiné dans le sérum humain normal, dans le sérum du jeune lapin et végète sur gélatine.
3*^ Diagnostic bactériologique de la méningite cérébrospinale. — Recueillir le liquide sur le vivant, ou de suite après la mort, par la ponction lombaire. On fera des frottis qu'on colorera à la tliionine et au Gram. Le Méningocoque sera intracellulaire et ne prendra pas le Gram; le Streptocoque de Bonome sera extra-cellulaire et prendra le Gram. On cultivera sur gélose-ascite. On fera la différenciation (ce qui est souvent difficile). On inoculera la souris.
La porte d'entrée du microbe est toujours la muqueuse pituitairc. On le retrouve (quel qu'il soit) dans le mucus nasal des malades, qui est virulent.
ARTICLE IV ENTÉROCOUUE
Décrit par Thiercelin. C'est un streptocoque encapsulé qui cause un certain nombre d'entérites chez les enfants, et joue peut-être un rôle dans l'entérite raucro-membraneuse, l'appendicite, certains ictères de l'adulte. Il est pyogène. C'est d'ailleurs un hôte normal de notre intestin.
BACILLES ENCAPSULÉS 787
C'est un microbe polymorphe, intermédiaire entre le P/ieumocoque, auquel il ressemble par son aspect microscopique, et le Streptocoque pyogène, dont il se rapproche par ses caractères de culture.
Les cultures sont aisées à réussir et végètent à la température ordinaire. Le microbe est presque exclusivement aérobie. Le sérum liquide lui convient mal, le bouillon est un excellent milieu. La vitalité et la virulence se conservent longtemps. Il forme des spores. Pas de développement apparent sur pomme de terre. Lait : pas coagulé. Gélatine pas liquéfléc.
C'est dans le pus que les capsules sont les plus nettes.
Se colore bien. Prend le Qram,
La soutU blanche est très sensible. Le lapin l'est moins, le cobaye est réfractaire.