GÉNÉRALITÉS
lion) devient possible. Seulement alors, on peut rechercher quelle a été Tinfluence du microbe sur le terrain où il a végété (modification des substances nutritives, fabrication des toxines, des ferments solubles, etc.). et aussi riyfluence du milieu sur les propriétés biologiques du microbe. Il n'y a pas d'expérimentation possible, avec les microbes, sans cultures pures.
C'est Pastkdr qui a fondé la bactériologie en créant la méthode des cultures^ dans ses belles recherches sur la fermentation lactique (1857) et les organismes en suspension dans ratmosphère (1861). Les premiers milieux employés par Pasteur et ses élèves étaient liquides : solutions minérales, infusions végétales, infusions animales (bouillons), liquides organiques naturels (urine, humeur aqueuse, etc.). Les cultures en milieux liquides forment encore la base de Texpérimentation microbienne, surtout depuis la part prépondérante prise pendant ces dix dernières années par Tétude des produits solubles sécrétés par les microbes.
En i881, KoGH introduisit en bactériologie la méthode des cultures sur milieux solides, méthode précieuse qui a ses indications spéciales à côté de la méthode pastorienne. Les travaux de KocH eurent pour point de départ les observations antérieures d'HoFFMANN (1869) et de Sgurqeter (1872). Lorsqu'on laisse exposée à Tair la surface d'une pomme de terre cuite, cette surface se recouvre de taches dues au développement de moisissures ou de microbes. Chaque tache est formée par la réunion d'éléments d'une espèce unique ; les champignons, les microbes, tombés de l'atmosphère, ont pullulé sur place, ayant trouvé un milieu nutritif favorable. On comprend de suite l'énorme avantage de pareilles cultures pour l'isolement des
de chlorophylle, ne peut l'emprunter à l'air. Peut-être les microbes qui sécrètent des pigments peuvent-ils assimiler directement le carbone de l'acide carbonique de l'air, sous Tinfluence de la lumière.
Enfin, le microbe a besoin ^'éléments minéraux qu'on retrouve dans ses cendres : soufre, phosphore, potassium, calcium, fer, etc.
Voir, pour l'emploi des aliments par les microbes en culture, les travaux d'ARN.\uD et Charhin, Transformation et élaboration de la matière organique par le Bacille pyocyanique dans un milieu de culture déterminé. Acad. des Sciences, 6 avril et 19 mai 1891.
espèces bactériennes et Texamen microscopique des colonies. Le mot « colonie » a été conservé, et désigne un amas microbien isolé, ayant végété sur un milieu solide. Koch songea de suite à solidifier les milieux nutritifs liquides les plus utilisés ; il gélatinisa le bouillon. C'était créer un milieu solide très nutritif, de composition variable à volonté, très transparent, permettant Fétude des colonies . La gélatine fondant à + ^^ environ, Koch solidifia aussi le bouillon avec une autre substance gélatinisante, Vagar-agar, qui résiste aux températures employées dans les laboratoires ; il gélifia aussi le sérum sanguin. On voit de quelle importance fut ToBUvre de Koch, puisque la gélatine, la gélose (agar-agar), le sérum, la pomme de terre sont des milieux couramment employés dans tous les laboratoires, à côté des bouillons Pasteur.
Parmi les milieux nutritifs liquides ou solides, les uns sont naturels (sérum, urine, humeur aqueuse, pomme de terre, œufs, etc.), les autres sont artificiels (bouillon, gélatine gélose, etc.). La fabrication des milieux artificiels a une importance capitale. Les meilleurs milieux sont constitués par des bouillons, c'est-à-dire par des infusions animales, mais ils ont le grave défaut d'avoir une composition très complexe et très variable. On comprend dès lors la difficulté qu'on éprouve à faire des cultures toujours identiques à elles-mêmes, à savoir quelles modifications a subi le milieu de culture, quels sont les produits solubles rejetés par celui-ci dans le liquide. Or, ces problèmes sont ceux qui se placent aujourd'hui au premier rang dans les préoccupations du bactériologiste. L'idéal, auquel on doit tendre aujourd'hui, est la possession d'un milieu de culture suffisamment nutritif et de composition simple et connue, d'un milieu fournissant l'azote aux microbes sans contenir de substances albuminoïdes. Le jour de sa découverte verra faire un grand pas à l'étude des substances solubles, et par conséquent à la vaccination, à l'immunisation, etc., pour le plus grand profit de la thérapeutique des maladies infectieuses.
Jusqu'à présent les solutions minérales employées sont trop peu nutritives, leur azote est mal assimilé ; la végétation se fait mal ou ne se fait pas.
Fermi (1891), GuiNOCHET (1892), Arnaud et Charrin (1892), OucHiNSKY (1893), DuFLOGQ (1900), etc., ont essayé de cultiver des microbes pathogènes dans des liquides ne contenant pas de substances albuminoïdes. Nous parlerons de leurs recherches au chapitre xii consacré aux Produits solubles microbiens. Contentons-nous de dire que Hugounenq et Doyon (1896) n'ont pas confirmé les conclusions d'OucHiNSKv : la diphtérie, le choléra n'ont pu végéter dans le liquide préconisé par cet auteur.
/ § 1. — Milieux liquides
Les milieux liquides employés en bactériologie peuvent être naturels ou artiflciels.
A) Liquides naturels
Un liquide existant dans la nature est employé sans modifications notables.
l'' Sérum sanguin. — Le sang de l'animal sain est habituellement privé de microbes. Il sufiira donc de le recueillir aseptiquement pour posséder, après rétraction du caillot, un sérum liquide n'ayant pas besoin d'être stérilisé. Tout sérum qu'on sera obligé de stériliser sera presque toujours employé à l'état solide, bien que la stérilisation à -f- 58<^ soit possible par la méthode de Tyndall (voy. p. 48).
Pour recueillir le sérum d'un petit animal (lapin, chien), on dénude la carotide (avec toute l'asepsie désirable) ; on la lie aussi près que possible de la tête, et on la pince à la base du cou. On coupe en sifflet, avec de fins ciseaux flambés, le segment isolé, aussi près que possible de la ligature, et on introduit par cette ouverture une petite canule en verre ou un petit trocart stérilisé. On enlève la pince et le sang est recueilli dans un flacon d'Erlenmeyer stérilisé. Ce flacon est maintenu incliné (fig. 54) pendant toute la durée de la coagulation. On redresse ensuite le flacon et le sérum s"accumule à côté du caillot; on peut le puiser facilement au bout de quarante huit
heures avec une pipette à boule sans blesser le caillot (fig. 55). Le sérum est immédiatement réparti dans des ballons ou tubes stérilisés.
L'appareil de Latapie (fig. 36) est destiné à puiser aseptiqueméat le sang artériel des petits animaux. Le tube trocart (A) très effilé entre dans le réservoir pipette (B) muni d'une ef fllure coudée deux fois (C) «t d'une tubulure (D). Une bague detsaoutchouc (E) les fîxe. A Tintérieur, est un tube de verre (F) percé de trolls qui fixera le caillot. L'appareil est stérilisé à autoclave. On casse
Fig. 54.
Flacon d'Erlenmeyer contenant du sang, maintenu incliné, pendant la coagulation, à Taide d'un simple billot.
Fig. 55.
Le flacon (A) de la figure 54, redressé après la formation du caillot (C) pour le puisage du sérum (Dj à l'aide d'une pipette à boule (B).
Teffilure de (A) et on plonge dans la carotide. On referme Teffilure. On laisse reposer le tube (A) en bas. Le caillot formé, on retourne l'appareil, le sérum tombe en (B) ; on brise l'effîlure (C) et on le recueille. On obtient ainsi 80 p. 100 du sang en sérum. Voy. p. 835 l'appareil pour les grands animaux.
Le dispositif des frères Lumière est plus simple (fig. 57). Il se compose d'un seul tube de verre (D B C A E) ; le cylindre (A) est hérissé de pointes à son intérieur. On bouche les deux extrémités avec de la ouate et on fait stériliser au four Pasteur.
Fig. 56.
Appareil de Latapie, pour saigner aseptiquement les petits animaux.