LIMITE DES TEMPERATURES MORTELLES
pour faire rapidement la recherche de ces agents dans les eaux suspectes. Toute eau qui, ensemencée en bouillon, ne trouble pas celui-ci à + 44<*,5, ne contient ni B. d'Eberth ni B, coli. Le Staphylocoque pyogène est un des cocci qui a la limite supérieure de température eugénésique la plus élevée : 43^ environ. Le B. de la tuberculose humaine ne peut pousser au-dessus de + 42®> tandis que celui de la tuberculose aviaire végète encore à + 45«- Le B. subtilis pousse de + 6<> à + bO<>. Certains microbes peuvent végéter à des températures encore plus élevées {microbes thennophiles). Van Tibguem a décrit, en 1881, un microcoque qui donne des cultures à -(- 74®, et un bacille qui végète jusqu'à + 7 7<». MiguELaisolé de Teau, en 1888, le Bacillus chermophilus qui se développe abondamment à + 70<*. Globu;, la môme année, observait une bactérie pouvant croître jusqu'à + "ÎO®- Ces exemples sont exceptionnels, mais constituent des espèces bien caractérisées par cette faculté de végéter à de hautes températures.
Les microbes thermophiles sont fréquents dans [les sources thermales. Leur optimum de croissance est aux environs de + 60® ; ils végètent encore à + "0®. Ils sont, en général, incapables de se développer au-dessous de -+- 37®. Ce sont des thermophiles vrais, adaptés aux eaux chaudes (Tsiklinsky).
4® Limite des températures mortelles. — Un microbe n*est pas fatalement tué par une température dysgénésique ; il y a, au-dessus et au-dessous des limites de la température eugénésique, une échelle assez étendue, et très variable suivant les microbes, de température atténuant simplement leur végétabilité ou leur virulence, avant d'arriver aux températures mortelles.Nous avons déjà dit deux mots de cette variabilité des températures nécessaires pour stériliser les objets contre tel ou tel microbe (p. 45), nous en avons également parlé à propos de risolement des aérobies et des anaérobies (p. 164 et 211). Ces différeiices servent, dans certains cas, à la différenciation de l'espèce.
Le refroidissement a peu d'action sur les microbes, et n'a pas d'application pratique. Dès 1861, Pasteur avait montré que les
bacléries résistent à — 30*. En 1877, Von Frisch a pu abaisser à — liO*> la température d'un liquide sans en tuer les microbes. PicTRTetYuNG (1884) ont soumis des espèces déterminées à des températures très basses ( — 10^ pendant cent huit heures, et — 130<» pendant vingt heures). Le Bacillus anthracUy k Tétat de mycélium, a été tué tandis que ses spores ont parfaitement résisté. Le BacUliis Chauvœi, le BaciUus mbtUis ont également résisté. La lymphe vaccinale a conservé tout son pouvoir. Certains microcoques seuls ont été tués. II n*est donc pas étonnant que la glace puisse transporter des germes pathogènes ; surtout puisqu'il est démontré qu'une congélation de cent jours (MiTTCHELL, Fr.enkrl, Pruddrx, etc) ne tue pas la plupart des microbes.
Le chauffage a une influence très variable et très utile à connaitrc. D'une façon générale une température de -J- 50<> à -J-ôO^ suffit à tuer les microbes nonsporulés. C'est en chauiTant le vin a cette température que Pasteur est arrivé à le débarrasser des germes de la fermentation acétique et autres. Mais certains microbes végètent à des températures supérieuresà -|-60^ (p. 219), et les spores résistent à de hautes températures ; il y a donc une grande variabilité dans les températures qui tuent les difl'érents microbes, et ces faits sont bien plus utiles à connaître que la limite inférieure de température pour la diagnose de l'espèce. Nous avons déjà vu à propos de VIsolement des anaérobies (p. 21 1) de quel secours était le chauffage pour l'isolement, et par conséquent le diagnostic, du Vt&non septique^ du Bacille de Nicolaïer, etc. Il en est de même pour les aérobies (p. 164). Les spores du B. subtilis résistent à un chauffage à -|- 100"* de une heure et parfois trois heures ; il faut les exposer cinq minutes à + 110<» pour les tuer (Brefrld). Dans les mêmes conditions, les spores du B. anthracts meurent en moins de cinq minutes (Roux), et celles du B. Chauvxi, puisées dans le sang, en moins de deux minutes (Arloixg, Cornevin et Thomas) à + 100<>. Mais on n'oubliera jamais que ces chiffres ont trait à la chaleur humide ; dans l'air sec les spores sont beaucoup plus résistantes. Celles du B. subtilis et du B. aiUhracis germent après une exposition à + 123<> dans l'air sec (Koch). Miqcel a