‹ Précis de bactériologie pratiqueChapitre 43 sur 147 · PHOSPHORESCENCE · texte numérisé non relu

PHOSPHORESCENCE

L'oxygène est nécessaire à la phosphorescence ; la température influe peu. Le sel (eau de mer, bouillon salé) favorise l'apparition des lueurs. Le microbe phosphorescent ne luit pas sur tous les milieux de culture.

Les liquides organiques peuvent être phosphorescents, grâce à des microbes. He?ikel, il y a plus d*un siècle, Nuesch, récemment, ont signalé des individus à sueurs phosphorescentes.

R. Dubois* a étudié avec soin le Photobacterium sarcophilum, microbe photogène, mobile, recueilli sur un lapin devenu lumineux après sa mort. C'est la première photobactérie isolée et cultivée. Le milieu employé, chimiquement défini, c'était le suivant :

Eau 100

Asparagine 1

Glycérine 1

Phosphate de chaux 0.10

Na Cl 3

Ce microbe brille aussi spontanément sur la gélatine-peptone non neutralisée ou acidifiée avec Tacide lactique, mais au bout de quelques jours seulement, après avoir alcalinisé le point où il se développe. Ces cultures restent brillantes pendant un an dans Tobscurité, mais perdent leur phosphorescence après une exposition de quelques jours à la lumière à + 10**. En réensemenrant dans l'obscurité, la luminosité reparaît.

Quelle est la matière photogène ? Dubois *, étudiant le manteau phosphorescent de la Pholade dactyle (mollusque marin), a isolé deux substances cristallisables qui brillent en présence de l'eau. L'une d'elles, diastasique, a été nommée par l'auteur : luciferase. Peut-être les microbes photogènes fabriquent-ils des diastases phosphorescentes. Cependant, la substance phospho-

* Dubois, Bull, de la Soc. vaudoise des se. naturelles, 1892. — Annales de la soc. linéenne de Lyon. 1892. — Soc. de Biologie, 11 février 1893.

' Dubois, Soc. biologie 1887. et Annales de rUniversité lyonnaise

resceate D*est pas soluble, puisque le liquide de culture filtré sur porcelaine devient obscur * .

Lepierre (1895) a obtenu des cultures phosphorescentes avec un microbe trouvé dans l'eau. Il fallait certains milieux pour observer le phénomène ; la teneur en phosphates n'influait pas.

9** Odeur. — L'odeur des cultures est parfois très particulière, mais ne pourra jamais qu'être un moyen très secondaire de diapnose. Celle que dégagent les cultures du Bacille de Nicolaier est très pénétrante et fécaloïde ; il suftît de déboucher un tube de culture, même filtrée, de ce bacille pour empester le laboratoire. L'odeur des cultures de JB. pyocyanique est légèrement fécaloïde, et se retrouve dans les pansements des abcès à pus bleu. A partir du quatrième jour, les cultures de Vibrion cholériqucy en solution de peptone, ont une odeur spéciale (urine de souris) qui correspond au moment où les cultures deviennent alcalines et dégagent de Tammoniaque et autres produits de décomposition des peptones.

^ lO^' Production de gaz. — Plusieurs microbes, et spécialement des anaérobies, agissent comme ferments ^ et engendrent des gaz qu'on a relativement peu étudiés. La gangrène gazeuse a tiré son nom des gaz produits dans les tissus par le Vibrion septique. D'autres affections gazeuses ne sont pas mortelles et sont dues à d'autres microbes; Arloixg a étudié un de ces microbes'*. Le bœuf présente des tumeurs crépitantes curables qui ne sont certainement pas dues au charbon symptoraatique.

* Lire : Dubois, La lumière physiologique, Revue générale des sciences, 31 juillet 1894.

* La découverte de la nature animée des ferments (Pastei-r), c'està-dire des propriétés fermentatives des microbes, a été l'origine de celle des microbes pathogènes. L'étude des microbes considérés comme ferments, bien que de la plus haute importance, ne peut trouver sa place ici. On se reportera au Traité de chimie physiologique de IIuGouNENQ (môme bibliothèque) pour tous les renseignements sur cette question.

' Arloing. Leçons sur la tuberculose et les septicémies, recueillies par J. CouRMONT. i89i, p. 485.

Page 1