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CHAPITRE X INOCULATION

L'inoculation des produits pathologiques ou des cultures est indispensable. Elle servira, dans certains cas, à faire isoler par ranimai le microbe pathogène recherché (p. 166 et 211); elle servira plus souvent à déterminer les propriétés pathogènes d'une culture pure. Toutes les notions acquises dans les chapitres précédents convergent vers la pratique de Tinoculation. Il ne faut pas oublier que la relation de cause à effet entre un microbe isolé d'un organisme infecté et Tinfection de celui-ci ne peut s'établir qu'en reproduisant la maladie par inoculation de la culture pure ^ Nous avons même fait quelques réserves (p. 13) pour certains cas spéciaux.

±0 Préparation du virus à inoculer. — Lorsqu'il s'agit d'un liquide (culture ou produit pathologique), l'inoculation so fait, en général, avec une seringue stérilisée (seringue à piston d'amiante, p. 33), quelquefois avec une pipette en verre, ou même simplement avec l'aiguille de platine trempée dans le liquide.

Lorsqu'il s'agit d'une culture solide ou d'un produit pou consistant, on délaye dans de l'eau ou du bouillon stérilisé et on aspire dans la seringue munie de son aiguille pour être sûr que celle-ci ne sera pas obstruée par des particules tro[> grosses pendant l'injection.

* Lo l(^tanos, le choléra etc., exigent au contraire des associations microbiennes pour être pathogènes.

S'il s'agit de produits très résistants, comme un tubercule par exemple, on les divise en fines particules qui seront introduites avec une pince dans un tunnel sous-cutané.

La dose de virus à inoculer est naturellement très variable. Elle pourra le plus souvent être infinitésimale, surtout lorsqu'il s'agit de cultures : elle sera difîérenle suivant les effets cherchés. Vue goutte de culture de Staphylocoque pyogéncy introduite dans le système veineux du jeune lapin, le tuera en huit jours avec tous les symptômes de l'ostéomyélite ; un demicentimètre cube de la même culture le tuera en vingt-quatre heures, sans suppuration. La quantité des produits pathologiques à inoculer devra toujours être assez forte, car les microbes peuvent être peu abondants. On devra, par exemple, inoculer à un cobaye au moins 15 centimètres cubes d'un liquide pleurétique pour avoir des chances de déceler la tuberculose. Il sera bon, dans ces cas, de centrifuger les liquides pour ne pas introduire d'aussi gros volumes; on se contentera alors d'inoculer le dépôt.

2^ Choix du sujet à inoculer. — Suivant le microbe employé, ou supposé dans un produit pathologique, on choisira tel ou tel sujet. Il faut que le sujet soit récepteur. Chaque microbe est pathogène pour certaines espèces animales et inoffensif pour d'autres. On choisira l'espèce la plus sensible.

Les inoculations à Vhomme se font rarement, en raison du danger. Cependant on se sert de l'auto-inoculation pour faire le diagnostic du chancre mou; on vaccine contre la variole. On a inoculé avec succès le psoriasis, certains champignons parasitaires; on a reproduit des pustules suppurées avec lymphangite en insérant du Staphylocoque pyogène sous la peau (Zuckermann) . Ces derniers exemples ne sont pas à suivre.

Les animauxle plus couramment employés sont : le cobaye, le lapin, la souris, le chien, la poule, le pigeon. Beaucoup de maladies infectieuses sont spéciales à l'homme et ne peuvent donc être inoculées (syphilis, fièvres éruptives, etc.).

L'âge de l'animal a son importance. On mesure la virulence du D. anlhracis en inoculant le cobaye d'un jour. On ne repro-

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