AUGMENTATION DE LA RÉCEPTIVITÉ
duit rosléomyélite à staphylocoques (Rodet) ou à streptocoques (J. CouRMONT et Jaboulay, Lannelongue et Achard) qu'en utilisant les lapins de un ou deux mois.
Il est enfln souvent dans un lot d'animaux des sujets anormalement réfractaires à tel virus.
Citons, à titre d'exemple, les animaux de laboratoire les plus sensibles à quelques infections :
Tuberculose des mammirëres Cobaye.
Tuberculose aviaire Poule. Lapin.
Tétanos Souris. Cobaye.
Diphtérie Coba^'e.
Pneumocoque Souris. Lapin.
Vibrion septique Chien. Cobaye.
Ch. symptomatique Cobaye.
Choléra Cobaj-e.
Staphylocoque pyogène Lapin.
Streptocoque pyogène Lapin.
Morve Cobaye. Ane.
Charbon Souris. Cobaye.
Peste Souris. Cobaye.
3^ Augmentation de la réceptivité. — On peut augmenter la réceptivité d'un animal réfractaire ou peu sensible à son virus. 11 faut parfois fort peu de chose. On se rappellera qu'une différence de race suffit à modifier la réceptivité. Chauveau a montré, depuis longtemps, que le mouton algérien est moins sensible au charbon que le mouton français. Le rat blanc ne rend pas les mêmes services que la souris, etc.
Pour augmenter la réceptivité d'un animal à un virus donné, on peut s'adresser à deux facteurs.
a. On modifie ranimai. — Nous avons déjà parlé des questions de race et d'âge. On peut choisir une femelle gravide. Parfois, on soumettra l'animal à l'inanition, aux fatigues (Charrin et Roger), a la saignée, au refroidissement (la poule refroidie prend le charbon. Pasteur), au réchauffement (la grenouille chauffée prend le tétanos, J. Courmont et Doyon), au diabète expérimental, aux intoxications (alcool, cuivre, chloroforme), à l'asphyxie locale (le charbon est virulent si on l'injecte dans une patte de chien ligaturée , Cadkac) , aux injections de
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toxines favorisantes (J. Coirmont), aux injections qui entravent la leucocylose, aux procédés qui empêchent la phagocytose (sacs de collodion), à la gangrène locale (testicule bistourné, Chalveai: et Arloing), etc. etc.
En d'autres termes, le terrain peut être très activement modifié.
b. On modifie le microbe, — On augmente la dose, on exalte la virulence, on adapte à la température de Tanimal (le B. anthracis adapté à + 42° devient pathogène pour le pigeon, adapté à + iO<> il l'est pour la grenouille, Dieudonné), aux humeurs, (le B. de Koch humain se transforme en B. aviaire par la culture en sacs de collodion dans le péritoine de la poule, Nocard), par l'addition de certaines substances (acide lactique et charbon symptomatique, Arloing, Cornevin et Thomas), etc.
On va voir Tinfluence de la porte d'entrée et de la dose.
4y Choix de la porte d'entrée du virus, Do^. — L'animal choisi, il faut encore savoir comment on l'inoculera.
La jwrte d'entrée a une très grosse importance. Le Staphylocoque inoculé sous la peau du lapin ne produit qu'un abcès local ; introduit dans le sang, il engendre une pyohémie mortelle. Le Streptocoque produit de même un érysipèle local ou une infection générale. La tuberculose a. chez le cobaye, une marche bien spéciale suivant la région sous-cutanée inoculée (p. 460). Le Vibrion sep tique, mortel sous la peau, est inoffensif dans le sang (Chauveau et Arloing). J'ai pu injecter impunément dans le système veineux d'un chien jusqu'à 162 centi- . mètres cubes d'une culture de ce microbe dont quelques gouttes tuaient sous la peau.
La dose doit varier avec la région injectée. Prenons comme exemple : la production d'un abcès à staphylocoques chez le lapin. Le péritoine est la voie la plus résistante (c'est, au contraire, la voie la plus sllre pour l'inoculation de la tuberculose au cobaye) ; il a besoin pour suppurer de doses vingt fois plus fortes qu'un autre organe. Le tissu cellulaire vient en deuxième ligne avec une dose nécessaire de 1 centimètre cube. Pour l'arachnoïde, la plèvre : un quart de centimètre cube
CHOIX I)K LA POHTK D KXTHKK DT VIIIUS Ml
sulTit. Dans le sang, une goutte produit une pyohémie généralisée. Enfin, la chambre antérieure de Toeil n'exige que j^ de centimètre cube pour suppurer ; elle est 8 600 fois plus sensible que le tissu conjonctif sous-cutané.
Quelle que soit la porte d'entrée adoptée, il faudra faire une désinfection soigneuse de la région : raser, laver au savon, au sublimé à 1/1000, flamber, cautériser la peau. Tous les instruments seront naturellement aseptiques.
a. Inoculation épidenniquc, — La peau rasée est scarifiée. On promène, sur la surface scarifiée, une aiguille de platine trempée dans le liquide virulent. C'est ainsi qu'on inocule le Pneumocoque à la souris sur la peau du dos, à la racine de la queue. La propagation de la vaccine sur les génisses se fait par ce procédé.
Vépilation est le meilleur procédé pour faire prendre la vaccine sur le lapin.
b. Inoculation sous-cutancc. — On fait un pli à la peau, et on introduit Taiguille de la seringue dans le grand axe de ce pli, en ayant soin de ne pas ressortir de l'autre côté. On cautérise la petite plaie avec une aiguille de platine rougie. On peut aussi faire une boutonnière à la peau pour introduire une pipette. Si on veut inoculer un solide (un tubercule, par oxempie), on fait une boutonnière au bistouri, un long tunnel avec la sonde cannelée, et on introduit le virus avec une pince. On fera un point de suture, en général inutile.
c. Inoculation intramusculaire. — On fait pénétrer profondément l'aiguille dans les masses musculaires (de la cuisse chez les mammifères, pectoraux chez les oiseaux).
d. Inoculation intrapéritonéale, — On ponctionne sur la ligne blanche en enfonçant franchement l'aiguille, perpendiculairement à la peau qui est maintenue tendue par un aide. L'intestin n'est pas blessé. Toute suture est inutile. On cautérise légèrement Torifice.
Voyez page 150, l'inoculation intrapéritonéale au moyen des sacs de collodion.
On peut aussi introduire des corps solides par laparotomie,
e. Inoculation intratrachéale. Chez les mammifèrcSy on fait
saillir le cou sur un billot, on rase et on désinfecte la peau sur la ligne médiane, au-dessous du larynx. Incision médiane de la peau sur 2 ou 3 centimètres. Incision de l'aponévrose sur la sonde cannelée. Piquer entre 2 anneaux de la trachée, de haut en bas, avec l'aiguille de la seringue. Suture. CoUodion. Chez les oiseaux : ouvrir le bec, attirer la langue avec une pince. Injecter directement dans l'ouverture naturelle de la trachée qui apparaît derrière la langue.
f. Inoculation intrapleurale ou pulmonaire. — Piquer assez haut près du creux axillaire, pour ne pas traverser le péritoine.
g. hwculation dans la chambre antérieure de VœiL — Mettre dans l'œil un collyre au chorhydrate de cocaïne à 1/50. Au bout de trois ou quatre minutes, on fixe le globe oculaire entre le pouce et Tindex de la main gauche, on cautérise légèrement un point de la circonférence de la cornée, et on enfonce la seringue perpendiculairement à l'axe de l'œil. Un trouble opalescent apparaissant immédiatement derrière la cornée démontre le succès de l'inoculation.
h. Inoculation sous la dure-mère. — Inciser la peau du crâne, en arrière des orbites, sur une longueur de 3 centimètres. Ecarter les bords de la plaie avec un blepharostat. Couper le muscle temporal. On applique la couronne de trépan (D =z 5 millimètres) sur la fosse temporale. Il ne faut pas perforer la dure-mère. La couronne enlevée, ainsi que la rondelle osseuse, on pique obliquement (pour ne pas toucher le cerveau) la dure-mère avec l'aiguille (courbée à angle droit) de la seringue, et on pousse. On fait un point de suture. On recouvre de collodion.
C'est ainsi qu'on transmet la rage avec certitude au lapin, au chien (voy. p. 866).
i. Inoculation intra-cérébrale, — On opère comme pour l'inoculation sous-dure-mérienne et on enfonce l'aiguille dans les lobes frontaux. Pousser lentement et régulièrement. On peut remplacer le trépan par un simple foret.
j. Inoculation par inhalation. — On pulvérise des substances virulentes dans un espace clos où vit l'animal (une cloche à vide par exemple). On peut aussi pulvériser un liquide sur le