CHOIX DE LA PORTE D*E]STRÉE DU VIRUS 3J
museau de l'animal. Ce mode d'inoculation sera peu employé. On fait difficilement la part de l'ingestion et de Tinhalation.
k. Inoculation par ingestion, — On mélange les substances virulentes aux aliments, soit en arrosant ces derniers avec une culture (Pasteur), soit eii incorporant les microbes dans un morceau solide, de pomme de terre par exemple (Kogh). On peut encore introduire le virus directement dans l'estomac avec une sonde (n<* 16 Ch arriére pour le lapin ; n*' 14 pour le cobaye) pendant qu'un aide tient les mâchoires de Tanimal écartées. On utilise parfois un petit bâillon en bois, percé d'un trou central. Dans ses célèbres expériences sur la tuberculisation par ingestion, Chauveau faisait ingurgiter à des génisses de la matière tuberculeuse délayée dans du lait et introduite dans l'arrière-bouche au moyen d'une bouteille.
1. Inoculation intraveineuse. — Le problème consiste à trouver chez chaque animal une veine superficielle qui permette l'inoculation* sans trop de délabrements. Le lapin présente la disposition la plus favorable avec sa vevie marginale de Voreille. On utilise la saphène du chiens la veine axillaire des oiseaux^ la jugulaire du cobaye.
La veine marginale du lapin est située le long du bord externe de l'oreille, du côté mince et garni de poils. On peut fixer l'animal sur une planchette à vivisection (p. 308) si l'injection doit durer longtemps et se faire en plusieurs temps ; mais il suffît en général d'avoir un aide qui maintienne le train de derrière avec la main gauche et le cou avec la main droite. On SB place alors face à la tête du lapin, et on lui rabat l'oreille gauche sur le museau. On coupe avec soin les poils tout le long de la veine avec des ciseaux courbes, et on désinfecte la région; on fait alors, avec les mêmes ciseaux flambés, une petite boutonnière à la peau, exactement au-dessus de la veine, à la partie moyenne de l'oreille. Si la veine ne fait pas une saillie suffisante, on fait un peu de compression à la base de l'oreille. Prenant alors l'oreille de la main gauche en la faisant tendre sur l'index,
' On ne doit injecter que des liquides sans particules solides, sauf indications spéciales.
on introduit l'aiguille de la seringue dans la veine la pointe dirigée vers la base ; on place le pouce gauche sur la plaie de façon à serrer Taiguille entre le pouce et l'index, et on pousse lentement l'injection avec la main droite (fig. 190). On peut aussi placer une pince serre-fine sur l'oreille pour fixer Taiguille. L'injection terminée, on relire vivement la seringue et
Fig. 190.
Dispositir pour rinjection dans la veine marginale de roreille
du lapin.
son aiguille, sans lever le pouce gauche qui empêche l'hémorragie et la sortie possible du liquide injecté. On fait chauffer avec la main droite l'extrémité d'un agitateur, et on cautérise la petite plaie; il n'y a pas d'hémorragie. On peut se servir de seringues contenant 1 à 20 centimètres cubes. Pour injecter des doses plus fortes on peut laisser l'aiguille en place et remplir à nouveau la seringue ; il est préférable de se servir d'une burette fixée à un support et reliée à l'aiguille de platine par un mince tube de caoutchouc; on réglera le débit qui doit se faire avec lenteur.
L'injection intraveineuse n'est pas douloureuse, le lapin ne bouge pas ; ont voit le liquide gonfler la veine et s'écouler. Si on a manqué la veine, il se forme une boule d'œdème, et l'animal, qui souffre, s'agite violemment.
La veine saphène du chien se trouve sur la face externe de la patte postérieure (fig. 191). L'animal fixé (voy. p. 306), on la
OBSERVATION DE l'ANIMAL
dénude au-dessus du jarret en (a), sur une longueur de 2 centimètres. On passe un double fil avec Taiguille de Cooper. On fait l'injection. On enserre le point piqué entre deux ligatures et ont fait un point de suture à la peau. On met sur la plaie une petite couche de collodion.
On pique la veine axillaire des oiseaux à travers la peau.
Pour le cobaye, on fait une incision latérale le long de la trachée et on opère sur la jugulaire externe comme il a été indiqué à propos du chien.
Si on voulait faire traverser le foie par le liquide virulent, on ferait une boutonnière à la paroi, le long de la ligne blanche, on ferait sortir une anse intestinale pour injecter dans une des origines des veines mésentériques (Gilbert et Lion, J. Courmont et Doyon, GuiNARD et Teissier).
m. Inoculation artérielle. Dans la fémorale ou la carotide. La plaie artérielle se cicatrise sans qu'il soit besoin de la lier, si Taiguille est fine.
n. Inoculations par d'autres voies. — On a inoculé des animaux, dans Tartère hépatique, dans la veine porte, dans le cholédoque (Gharrin et Roger), dans le canal de Wirsung (Ghabrin et Carnot). On se reportera pour les détails aux mémoires originaux.
Fig. 191.
Veine saphène
du chien.
5^ Observation de ranimai. — Une fois inoculé, Tanimal sera mis dans le chenil (chauffé en hiver) et bien nourri.
Il sera journellement observé absolument comme un malade à rhôpital, et tous les incidents seront notés (amaigrissement, température, contractures, paralysies, suppuration, etc.). Il va sans dire qu'un cahierspécial doit recevoirjour par jour toutes les opérations ou observations faites dans le laboratoire.
Voy. page 359 les Méthodes de renforcement de la virulence^ PRÉCIS DE bactériologie, 2« édit. 21
Il faut récolter les produits virulents, soit sur Thomme, soit sur ranimai, vivants ou morts, avec des précautions toutes spéciales et inusitées en Anatomie pathologique.
§ 1. — Principes généraux, outillage
Comment doit-on recueillir sur l'homme ou Tanimal, pendant la vie ou après la mort, les produits pathologiques destinés à être examinés, ensemencés, inoculés? Le principe général est facile à comprendre; il faut les recueillir avec une asepsie absolue. On rendra aseptiques les téguments, les surfaces d'organes pouvant contenir des germes étrangers, et on prélèvera la matière virulente avec des instruments stérilisés.
L'outillage nécessaire sera : une brosse, du savon noir, du sublimé à 1 p. 1 000, de l'éther, de l'alcool, du coton stérilisé, une lampe à alcool, une seringue stérilisée, une aiguille de platine, des pipettes, une capsule de platine, un ou plusieurs écouvillons. L'aiguille de platine (p. 21) sera résistante, épaisse (1™"*, 5 à 2 millimètres) , longue de 7 à 8 centimètres, aplatie en spatule tranchante pour pouvoir sectionner les parenchymes. Les pipettes (p. 20) auront un étranglement en (a) (ftg. 192) pour empêcher le liquide d'arriver jusqu'au coton, et pour pouvoir être scellées à la lampe une fois remplies. On peut aussi étrangler l'origine de la partie effilée (flg. 193); la pipette brisée à ce niveau offrira une pointe acérée qui pénétrera facilement dans les parenchymes. La seringue (p. 31) sera