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DÉCOUVERTS DBS PRODUITS SOLUBLES

certains microbes sont dues à des diastases sécrétées par ceux-ci . Les microbes se nourrissent donc en absorbant les substances nutritives ambiantes, telles qu'elles se présentent, où préalablement modifiées par des produits solubles sécrétés par les microbes eux-mêmes.

Il en résulte naturellement de profondes transformations dans la composition du milieu nutritif où a végété le microbe ; certaines substances n'existent plus, d'autres ont fait leur apparition. Ces dernières ont été directement élaborées par le microbe (sécrétions) ou proviennent des modifications chimiques survenues dans le milieu sous Tinfluence des sécrétions ; on les appelle les produits solubles microbiens.

Nous ne pouvons, dans un ouvrage élémentaire, nous appesantir sur toutes les transformations chimiques, d'ailleurs encore mal connues, des matériaux alimentaires des cultures microbiennes. Établissons simplement, au début de ce chapitre, que, par le fait même qu'ils sont des êtres vivants les microbes émettent des produits solubles, qu'ils retiennent dans leur protoplasma ou qu'ils laissent diffuser dans un milieu ambiant. Nul ne leur a jamais contesté cette propriété vitale : la sécrétion de diastases digestives, de matières colorantes (retenues dans le protoplasma du M. prodigiosus, diffusant de celui du B. pyocyaneus)y etc. , n'a jamais soulevé de polémiques^ ; il n'en a plus été de même lorsqu'on a voulu faire jouer un rôle aux produits solubles microbiens dans l'explication de Y action pathogène des microbes virulents. C'est précisément des substances solubles microbiennes ayant un rôle en pathologie que nous allons uniquement nous occuper.

La découverte du rôle des produits solubles microbiens en pathologie est entièrement lyonnaise. Elle appartient à Toussaint et à Chauvkau (1878-1886). Chauvbau montra qu'on pouvait produire, très rapidement, chez des moutons, tous les symptômes du charbon, en leur transfusant du sang frais provenant

* La sécrétion de diastases par les champignons, connue antérieurement, plaidait, par analogie, en faveur des produits solubles microbiens.

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d'un animal charbonneux ; la soudaineté de l'évolution de la maladie ainsi provoquée indiquait qu'elle était due, non à Tintroduction et au développement ultérieur des microbes, mais bien à une intoxication par injection des poisons solubles sécrétés dans le sang charbonneux dU' premier animal ; les toxines étaient découvertes. Le microbe pathogène créait Finfection en inondant Torganisme de produits solubles toxiques. Mais c'est surtout à propos de la vaccination que Toussaint et Ghauveau développèrent leurs idées sur le rôle des produits solubles microbiens. Toussaint, donnant l'immunité avec du sang charbonneux chauffé, et qu'il croyait sûrement privé de bacilles ; Ghauveau, montrant que les agneaux issus d'une brebis, inoculée avec du B. anthraciSj sont doués d'immunité, montrant que les moutons algériens résistent à une faible dose de virus charbonneux mais succombent à une dose plus forte, avaient condensé un faisceau d'expériences tendant à faire admettre que l'immunité acquise était due à Vaddition de substances nouvelles sécrétées par les microbes.

Malheureusement, les expériences des savants lyonnais ne parurent pas inattaquables ; le chauffage de Toussaint {+ oB°) pouvait ne pas avoir détruit tous les microbes du sang charbonneux; le placenta des brebis de Ghauveau pouvait, à la rigueur, avoir laissé passer quelques bacilles. Aussi, Pasteur et son école combattirent-ils très vivement la théorie des produits solubles. Pour Pasteur, le microbe agissait directement par lui-même; il causait les symptômes du charbon en absorbant l'oxygène des hématies ^ il vaccinait par soustraction, en enlevant à l'organisme une substance nutritive indispensable à la vie du microbe ; toute nouvelle inoculation restait sans effets, les nouveaux arrivants trouvant un terrain épuisé.

La lutte entre la théorie lyonnaise de Vaddition et la théorie

' La résistance fut moins marquée vis-à-vis des produits solubles toxiques que vis-à-vis des produits solubles vaccinants. Dès 1880, Pastecr avait produit des symptômes, chez la poule, en lui injectant un extrait de bouillon du choléra des poules. En 1877, il avait même supposé que le B. anthracis dissolvait les globules rouges à l'aide d'une diastase.

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