RECHERCHE DU BACILLE ÎT1»HIQUE DANS L^EAU
B. typhiquci bien que très roisln du Colibacille, et ayant probablement Une origine ahcestrale commune» est actuellement adapté ; c'est un microbe pathogène spécifiqucy qu'il faut séparer avec soin du Colibacille. La tâche est souvent diiiicile, mais cela ne modifie pas les résultats qu'on est en droit d'en attendre. Il y à une Eberthose produite uniquement par le B. d'Ëberth et dont la fièvre typhoïde est le type ; il y a, à côté) une Colibacillose causée par le Colibacille, hôte habituellement inofTensif de notre intestin et de celui des animaux.
Que conclure de la grande difficulté, qui est trop certaine, d'isoler le B. d'Bberih des eaux typhogènes, surtout (et c'est le cas habituel) lorsqu'il y est mélangé avec du Colibacille, au point de vue spécial de l'analyse des eaux ? Que répondre à l'hygiéniste qui demande si une eau doit être rejetée comme typhogène.
Trois cas peuvent se présenter ; 1*» Teau ne contient ni Colibacilles ni Bacilles typhiques ; elle est déclarée potable (à ce point de vue spécial) ; 2° l'eau contient des Bacilles typhiques avec (presque toujours) ou sans Colibacilles : elle est déclarée typhogène ; 3«> l'eau ne contient pas (par les procédés habituels) de Bacilles typkiques, mais des Colibacilles. Ce cas est le plus embarrassant. J'estime qu'il faut impitoyablement rejeter comme dangereuse une eau contenant des Colibacilles en quantité notable ; elle a été souillée de matières fécales, elle est plus que suspecte. Mais on ne rejettera pas d'emblée une eau parce qu'elle contiendra quelques individus reconnus comme des Colibacilles, car presque toutes les eaux peuvent en offrir des échantillons. Néanmoins, cette eau sera suspecte et à surveiller de très près ; si on continue à y rencontrer des Colibacilles, elle sera considérée comme dangereuse ou pouvant le devenir. Il faut être beaucoup plus sévère qu'on ne l'était il y a quelques années. Une eau contenant des Colibacilles exige au moins des réparations des conduites pour retrouver le point où elle se contamine de manières fécales.
Avant de passer à la technique de la recherche de ces deux
microbes dans les eaux, mettons en regard leurs principaux caractères distinctifs, considérés (ia?» des cas types.
COUB.VCILLE.
Bâtonnets cylindriques très polymorphes.
Pseudo-spores. Spores inconnues.
Mobile. Cils moins nombreux, plus difficiles à colorer.
Décoloré par le Gram.
Aérobie facultatif.
Température maxima pour la culture = 46«.
Colonies sur gélatine opaques, circulaires ou transparentes, dentelées, en glacier.
Gélatine pas liquéfiée.
Colonies sur pommes de terre épaisses, jaunâtres ou minces
. et vernissées, presque invisibles.
Végétation très intense sur gélatine touraillon.
Culture en bouillon lactose et coloré en bleu par la teinture de tournesol, passe rapidement au rouge et entendre des gaz.
Réaction de l'indol.
Coagule le lait.
Non agglutiné à faible dose par sérums des typhiques
Bacille d'Ederth.
Bâtonnets cylindriques très polymorphes.
Pseudo-spores. Spores inconnues.
Plus mobile. Cils plus nombreux et plus faciles à colorer.
Décoloré par le Gram.
Aérobie facultatif.
Température maximapourlaculture = 43«,o.
Colonies sur gélatine transparentes, dentelées, en glacier.
Gélatine pas liquéfiée.
Colonies sur pommes de tene, minces, presque invisibles, vernissées.
Végétation peu intense sur gélatine touraillon.
Le bouillon lactose et tournesol»
reste bleu, et engendre rarement des gaz.
Réaction de l'indol exceptionnelle.
Ne coagule pas le lait.
Agglutiné par les sérums de typhiques au moins au bout de quelques générations artificielles (voy. p. 244).
Le Colibacille et leB. d'Eberth seront d'ailleurs décrits dans k Deuxième partie (Ghap. x et xi).
On peut faire une analyse quantitative de l'eau et, prenant un à un les échantillons, essayer de les caractériser par la recherche des caractères ci-dessus énoncés. Il vaut mieux s'adresser à des procédés qui rendent inutile la première opération d'isolement de tous les microbes d'une eau.
Les différents procédés (ils sont innombrables) reposent
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sur une des propriétés fondamentales du B. d*Eberth. Beaucoup sont mixtes.
A. Procédés a l'acide phiEnique. — G*est Chantemesse et WiDAL qui ont découvert la résistance du Colibacille et du B. d'Eberth à Tacide phénique (1887).
a. Procédé de Chantemesse el Widal. — On ajoute 4 à 5 gouttes d'une solution d acide phénique à 1/20 par 10 centimètres cubes de gélatine; on coule en tubes. On fait des cultures en boîtes de Pétri ou en tubes d'Esmarch. L'acide phénique fait une sélection ; la plupart des microbes autres que le B. d^Ebertk et le Colibacille ne végètent pas.
b. Procédé de Vincent (1890) — Vincent a combiné l'acide phénique et l'action de la température (voy. plus loin). Il prépare une série de ballons contenant 10 centimètres cubes de bouillon et 5 gouttes d*une solution phéniquée à 5 p. 100. Ces ballons sont ensemencés avec 5 ou 10 gouttes de l'eau à analyser et placés dans l'étuve à + 42**. Les ballons qui se sont troublés au bout de douze heures sont réensemencés en bouillon phénique et ces cultures de deuxième passage soumises aux manipulations nécessaires à la diagnose.
G. Roux fait justement remarquer que le B. subtilis et le B. mesentericus vulgatus résistent bien à lacide phénique et poussent à la température de -|- 42**. Mais il est impossible de les confondre avec le B. coliou le B. dEberth, car ils poussent en voile épais à la surface. Il faut savoir aussi qnele B.d'Eberth, cultivé en bouillon phénique, est devenu à peu près immobile et très court.
c. Procédé de Peré(1891). — Péré se sert aussi de l'acide phénique ; mais au lieu d'ensemencer Teau en petites quantités dans un bouillon phénique, il transforme un certain volume de l'eau en un milieu nutritif et phénique. De cette façon le Colibacille et le B. d'Eberth ne peuvent échapper.
On met dans un matras stérilisé d'un litre : 150 centimètres cubes de bouillon peptoné, 6 à 700 centimètres cubes de l'eau k analyser, et 20 centimètres cubes d'une solution phéniquée à 5 p. 100. On répartit le tout dans dix ballons stérilisés, et
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on porle ceut-ci à une température qui peut varier entre + 32» et + 36^ à + Si® en moyenne. Le trouble ne se produira pas ou se produira d'autant plus rapidement que la pollution est plus forte (doUie à trente heures). Dès que le trouble est évident^ on prélève de la semence pour fertiliser du bouillon normal et du bouillon phéniqué. On fait ainsi trois passages en bouillon phéniqué pour avoir le Colibacille à Tétat de pureté, car les autres espèces périssent pendant ces passages, d. Procédé dé Pariêtti^* — Se basant sur ce fait qu'une forte dose de semence de Bacille typhique peut triompher d'une solution phéniquée qui stérilise une petite quantité de culture, Parietti prépare des tubes de bouillon de 10 centimètres cubes dans lesquels il ajoute 3, 6 et 9 gouttes (chaque goutte équivalant à un trentième de centimètre cube) d'une solution préparée d'avance ainsi composée :
Acide phéniqué 5 grammes.
Acide chlorhydrique 4 —
Eua distillée 100 —
Ces tubes sont ensemencés par série avec une, deux, trois, etc., gouttes de Teau à analyser. Les eaux sans bacilles typhiques ne troublent au bout de quarante-huit heures que les bouillons renfermant peu d'acide phéniqué et beaucoup d'eau. Au contraire le Colibacille ou le B. dBberth amènent un trouble en vingt-quatre heures.
B. Procédé par la température. — C'est le procédé de Rodbt*. Il repose sur la possibilité de la végétation du B. d'Bberth et du Colibacille à + 45<>, température à laquelle ne poussent pas la grande majorité des microbes des selles et des eaux. On ensemence largement, avec l'eau à analyser, quatre ou cinq ballons de bouillon qu on place dans une éluve à + 44^,5 ou + 45^. Au bout de quarante-huit heures, les ballons sont retirés
* Parietti, Méthode de recherche du bacille typhique dans les eaux potables, Rivista d'igiene. t. 1, n» U.
* UoDET, Importance de la température dans la détermination du Bacille typhique. Soc. de Biologie. 29 juin. 1889.