RECHERCHE DU BACILLE TYPHIQCE PANS L HAU
et examinés. S'ils sont tous restés limpides (ou Qe tient pas compte des moisissures qui végètent bien à cette température mais ne peuvent en imposer pour des cultures microbiennes), l'analyse est terminée, Feau ne contenait ni Colibacille ni B. d'Eberth, Si les ballons sont troubles et que Fexamen dénote des bacilles, on s'adresse à la série des procédés pour la diagnose des deux microbes. Un ensemencement simultané sur gélatine phéniquée indique approximativement l{i richesse de Teau en Colibacillei, s'ils existent. Nous préconisons beaucoup le procédé de RoDRT, qui a le mérite d'une très grande rapidité et d'une simplicité parfaite, surtout d^ns les cas ou les eaux ne contiennent ni Colibacilles ni B. (VEberth, On l'améliorerait en ensemençant une eau concentrée (centrifugation, flitration. etc.).
C. Procèdes par cultures sur gélatines spéciales. — Nous avons indiqué (page 106) la composition de Xa gélatine (VEhner. Nous en reparlerons à propos du diagnostic de la fièvre typhoïde (page 652). Rbmlinger et Schneidfr auraient isolé le B. d'Bberth, huit fois sur trente-six échantillons, examinés par ce procédé. Nous verrons (p. 653) qu'il ne permet pas de distinguer suffisamment le Colibacille du B. d'Eberth.
Nous avons aussi donné la composition de la gélatine de Piorkowshy (page 106).
On utilise ces gélatines, comme pour faire une analyse d'eau ordinaire. Ce sont de mauvais procédés.
11 y a encore la gélatine compliquée décrite par Rbmy, en 1900 (Annales Pasteur).
D. Procédés utilisant les milieux colorés. — a. Nous connaissons la p^iafinc colorée de iVœ^/g'tfraf A (page 107), sur laquelle le B. d'Eberth pousse violet-évôque. Sur gélose fuchsinée de Gamr (page 108) les colonies du Colibacille ont une teinte rouge, voisine de celle des colonies du B. d'Eberth, Il y a encore la gélose lactosée et colorée à la rubine de liamond (page 108) qui se colore en rouge à la moindre trace d'acidité, c'est-à-dire donnant dos colonies rouges de Colibacille,
Ces milieux ne sont plus employés. Ils n'ont aucun avantage lur le bouillon laetosé et toumesolé et no servent, après
4t4 ANALYSE BACTKltlOLOGIQUE DU L EAU
tout, qu'à clifTérencier des cultures déjà isolées. Il n'en e^ pas de même du procédé suivant, qui a eu son heure de vogue.
b. Procédé au Neutral-Roth. — Rothbbrger (1898) a préconisé le milieu suivant :
On fait bouillir 125 grammes de viande de bœuf dans 500 centimètres cubes d'eau, et on ramène à 500 centimètres cubes. On filtre et on ajoute :
Peptone Durrcsne 10 grammes.
Sel marin 10 —
Glucose :i gK. 50
Oit fait bouillir. On laisse refroidir. On ajoute :
Sol. aq. de Neutral-Roth à 5 p. 100 . . . 5 cent, cubes.
On stérilise et on répartit en tubes.
Le Colibacille fait virer le milieu au jaune canari avec fluo> rescence verte; le B, d*Eberth ne modifie pas le rouge.
Voici les conclusions de Savage (1901) : Le Colibacille seul donne toujours une réaction positive en vingt-quatre ou quarante-huit heures. Le B. d'Eberth seul donne toujours une réaction négative (sauf après soixante-douze heures). Les mélanges de ces deux microbes ne donnent pas toujours une réaction positive en quarante-huit heures. En somme : pour les cultures isolées, les résultats ne sont pas meilleurs que ceux du bouillon lactose et tournesolé ; pour les mélanges les résultats sont inférieurs.
Nous estimons que ce procédé, employé pour spécifier une culture déjà isolée est souvent supérieur au bouillon lactose et tournesolé.
E. Procédés utilisant la concentration. — Ces procédés reposent sur le principe qu'il faut soumettre à l'analyse de grandes quantités d'eau pour y déceler le B. dEberth, Déjà, PÉRÉ (page 411) avait ouvert la voie. Loir avait filtré Teau à travers une bougie Ghamberland et filtré le résidu.
On peut s'adresser à la précipitation, à la centrifugation, à la filtration.
a. Procédé de Vallet (1901). — L'auteur concentre les mi-
llEGHEnCHE DU BACILLE TYPHIQUË DANS L EAU 415
crobes de Teau par le procédé suivant. Il commence par obtenir un précipité en ajoutant, par 20 centimètres cubes d*eau, quatre gouttes d'une solution saturée et stérilisée d'hyposulflte de soude et quatre gouttes d'une solution saturée et stérilisée d'azotate de plomb. Le précipité entraîne les microbes. On centrifuge. On décante. On redissout le dépôt en ajoutant goutte à goutte de la solution primitive d'hyposulflte de soude. Ces réactions n*ont aucune influence antiseptique. On répartit le liquide obtenu à raison de deux à quatre gouttes dans des tubes contenant 10 centimètres cubes de gélatine (TElsner modifiée par Grimbert (page 106), qu'on étale en boîtes de Pétri.
Le Colibacille pousse en trente-six heures, le B. dEberth en trois ou quatre jours. On distinguera les colonies par les procédés ordinaires.
Ce procédé n'a que Tavantage de la concentration. Le reste de la technique est banal et offre tous les inconvénients déjà connus.
b. Procédé de Bcrdas (1901). — Une bougie filtrante plonge dans le récipient d'eau à épuiser, la tétine en haut. Celle-ci est raccordée à une trompe à eau qui fait aspiration. Lorsque toute l'eau a été filtrée, on lave la crasse de la bougie dans quelques centimètres cubes d'eau stérilisée, et on ensemence d'après une quelconque des méthodes connues.
En somme : ces procédés de concentration ne peuvent être que le prélude de l'emploi d'une méthode quelconque. Ce sont de simples adjuvants, mais excellents.
F. Procédés utilisant le rajeunissement préalable. — Faire végéter d'abord les quelques individus de B. d'Eberth que peut contenir une eau, et n'opérer l'isolement qu'ensuite. Le but est le môme qu'avec la concentration, mais est obtenu par une pullulation. On peut d'ailleurs combiner les deux procédés.
Procédés de Chanlemesse (1901). — Chantemesse attribue l'échec dès anciens procédés au fait que le B. d'Êbérth, obligé de s'adapter à un milieu défavorable (leau), mélangé a d'autres microbes plus ou moins nocifs pour lui, est recherché avec ses caractères saprophytes. II conseille de lui rendre d'abord sa
4iô ANALYSE BACTKBIOLOGIQUE DK l'bAT
forre, sa jeunesse et les caractères que nous lui connaissons. Ce n'est que le B. (TEberih rajeuni qu'il faut tenter désoler. Voici la technique.
Faire porter l'examen sur 6 litres d'eau. Ces 6 litres sont filtrés sur bougie Ghamberland. On lave cette bougie dans 200 centimètres cubes d'eau stérile renfermant 3 p. iOO de peptone Dufresne. On met à l'étuve à 4- 37° dans un bocal à large goulot, fermé par un bouchon de caoutchouc percé de quatre trous, par où pénètrent : i** une petite bougie poreuse filtrante, 2^ un tube de verre, muni d'un tampon 4e ouate, plongeant jusqu^au fond du liquide, pour le barbotage conti> nuel de l'air ; 3» un tube de verre pour aspiration ; 4^ un tube de verre communiquant avec un vase rempli d'une peptone stérile à 3 p. 400. On fait constamment l'aspiration ; l'air rentre et barbotte par le tube 2. On aspire, toutes les six ou douze heures, par le tube 4 à travers la bougie, le liquide usé chargé des produits solubles. Le tube 4 remplace à mesure la quantité de liquide enlevée. Lorsque la culture est bien développée, on la centrifuge, on abandonne le culot. Avec le liquide de décantation (où les B' d'Ebertk très mobiles sont déjà isolés de beaucoup de microbes entraînés dans le culot), on ensemence le milieu de différenciation.
Ce dernier est formé d'eau peptonée à 3 p. iOO, additionnée de 2 p. 100 de gélose et portée trois quarts d'heure & 130^ à l'autoclave. Il doit être parfaitement neutre. Quelques minutes avant de l'utiliser, on lui ajoute l8»-,0îi d'acide phénique cristallisé par 1000 grammes. Pour cela, on fond la gélose à + 46<», et on verse, dans 50 grammes de celle-ci, 2«,i d*une solution d'acide phénique cristallisé à 1/40. La gélose est répartie en tubes (3 centimètres cubes par tube). On ensemence avec le fil de platine chargé du bouillon de décantation du centrifugeur ; le môme fil ensemence successivement quatre tubes (trempé trois fois pour douie tubes). Les tubes sont alors fondus à + 46'> (bain-marie) ; on roule la gélose et on renverse le tube rorifice en bas. La gélose vient sur le coton, mais il en reste une eouehp trèê tninoe sur les parois. On aniève la bour chon de ouate et le culot de gélose qui lui adhère. On lo ram-
UECHERGUE DU BACILLE TYPHIQUE DANS l'eAU 417
place par un bouchon de liège qui sort de la paraffine en fusion ; la gélose ne se desséchera pas. Mise à Fétuve à -|- 37<>. De la seizième à la dix-septième heure toutes les colonies de Colibacilles sont sorties : on les pointe à Tencre et on reporte les tubes à Tétuve. De la dix-huitième à la vingt-quatrième heure, sortent des colonies petites et qui le resteront. On les examine à la loupe. Les unes ont un centre foncé avec périphérie jaunâtre, ce sont des microcoques. Les autres ont la périphérie translucide; ce sont les colonies de D, d'Eberth,
On prélève une de ces dernières colonies (avec Taiguille de platine ou le micro-diérète de Cuantemessb) et on Tensemence en bouillon lactose et toumesolé qui doit rester bleu. On peut parfaire le diagnostic par Tagglutinabilité, avec les réserves faites page 244.
Cette méthode exige trois ou quatre jours. Elle est assez compliquée, mais a donné d'assez bons résultats à l'auteur. Elle a été imitée par Drygalski et Conraoi (1902).
L'auteur l'a simplifiée en 1902. La première partie de la technique est remplacée par la suivante : On ajoute à un litre d'eau suspecte, préalablement filtrée a travers un papier filtre, 30 grammes de peptone Dufresne neutralisée; on place le liquide à -|- 24^ pendant vingt heures; on filtre à nouveau s'il y a des grumeaux; on additionne de sérum antityphiquc; on laisse le dépôt se faire pendant deux heures ; on décante ; on filtre ; on ensemence les grumeaux du filtre sur gélose phéniquée, lactosée et tournesolée, etc. „. (>,«
Cette technique est plus simple ; elle néces- p^^océdé 'de Camsite, par contre, l'emploi d'un sérum antity- i^icr.
Phique. A,tubedEsniarcli.
B, bougie nUrantc— /, liquide nulrilir.
G. Procède de la culture filtrante. — C'est le procédé de Cambier, Cambier (1901) a proposé la méthode décrite page 168. Le B. d'Ebcrth seul pourrait traverser là bou-
PR^CIS DE DACTÈRIOLOGIE, l* édlt. 27
4i8 ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE DE l'eAU
ffie (flg. 216) et rcnsemencement, dans Tintérieur de celle-ci du produit de la flltration ou de la centrifugation d'une grande quantité d'eau, donnerait, à Textérieur de la bougie une culture pure de B. (TEberthy si celui-ci était présent. Biffi a vite montré que le Colibacille passait aussi bien que le B. d'Eberth. Il a proposé (méthode impossible en raison du grand nombre de variétés de Colibacilles, de ParacolibacilleSy etc.) d'introduire à rintérieur de la bougie un sérum agglutinant pour les CoU> bacilles, ce qui les empêcherait de passer. Gambier a reconnu que le Colibacille passe à travers la bougie si on emploie le bouillon ; il a, alors, préconisé le milieu suivant, qui entraverait, au maximum, la culture des autres microbes et favoriserait celle du B. d'Eberth :
Sol. aqueuse à 3 p. 100 de peptone Dufresne . 1 000 ce.
— à 1 p. 100 de soude caustique . . 80-120 ce.
— saturée ù froid de chlorure de so-
dium 80-120 ce.
Mélanger à froid après stérilisation préalable à + ^l^*-
Lesieur a repris ces recherches, dans mon laboratoire (1902). Voici ses conclusions • : « Le B. dEberth traverse toujours et rapidement les parois des petites bougies Ghamberland F. Le Colibacille (même en milieu de Cambier) les traverse aussi le plus souvent, et presque dans le même temps. Cependant, quelques échantillons ne les traversent pas. 11 n'est donc pas toujours possible de séparer, à coup sûr, l'une de l'autre ces deux espèces parla méthode de Gambier ». On a vu (page 169) que beaucoup de microbes traversant les bougies. En somme : le procédé de Gambier sera employé au même titre que ceux de Rodet ou autres qui isolent surtout le B. d^Eberth et le Colibacille des autres microbes, bien plus que ces deux espèces entre elles. 11 peut cependant être l'origine de procédés le second perfectionnés très précieux.
H. Procédé utilisant le sérum a^glutlnant. — Nous avons
• Lbsiiur, Sur la valeur du procédé de Cambier. Journal de Physiologie et de Pathologie générale, juillet 1902.
RECHERCHE DU BACILLE TYPHIQUE DANS L'bAU 419
déjà VU le sérum antityphique agglutinant être employé dans procédé de Ghantembsse (p. 417).
Procédé de Vindelbandt (1902). — L'auteur utilise le sérum d'un lapin immunisé, à pouvoir agglutinatif supérieur à 1 p. 10000. On met à Tétuve des ballons de bouillon ensemencés avec une grande quantité de l'eau suspecte. La culture développée, on Tagglutine avec le sérum. On centrifuge, on recueille le culot qu'on ensemence sur gélatine en bottes de Pétri. Ce sont en grande majorité des B. d'Ebertk qui se développent, entraînés qu'ils avaient été en flocons, grâce au sérum agglutinant. Cette méthode nous paraît peu pratique.
L Rbsuué. — En somme, tous ces procédés (nous recommandons la concentration préalable par fîltration) arrivent plus ou moins bien à isoler le B. d'Ebertk des eaux. Tous, en dernière analyse, arrivent à donner une culture qu'il importe de bien différencier. C'est toujours la présence du Colibacille et surtout des Paracolibacilles qui rend l'analyse incertaine.
Il faudra donc soumettre ces cultures aux procédés les plus perfectionnés de différenciation entre ces microbes si voisins. Rappelons-les :
i^ Culture en bouillon lactose et toumesolé (voy. page 641) ; le B. d'Eberth poussera bleu et le colibacille rouge. Wurtz préconise la gélose lactosée et toumesolée, préférable s'il y a un mélange. Culture en Neutral-roth (p. 414).
2^ Culture en lait ; le Colibacille seul le coagulera (fermentation de la lactose).
y Agglutination par un sérum de typhique ; le sérum d'un lyphique agglutinera le B, d^Eberth, à un taux donné ; il n'agglutinera pas, ou agglutinera à un taux bien inférieur les Colibacilles.
N'oublions pas, toutefois, les réserves si souvent faites, que certains Paracolibacilles peuvent ne pas avoir leurs réactions types et se rapprochent ainsi des B. d'Eberth, N'oublions pas non plus (voy. page 244) que beaucoup de B. d'Ebertky récemment isolés des eaux, ne sont pas agglutinables
420 ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE DE l'eAU
pendant les premières générations. Il est inutile de cacher les difficultés du problème.
2'^ Choléra asiatique. Recherche du Vibrion de Koch dans les eaux. — Le rôle de Teau dans la propagation du choléra est encore moins contestable, si c'est possible, que pour la fièvre typhoïde (Koch, Nicati et Hietsch, etc.). Le V. cholérique de Koch est aujourd'hui bien connu et universellement admis comme l'agent du choléra ; il semble donc que sa recherche dans les eaux suspectes doive trancher la question de savoir si une eau est cholérigène ou non. Les premières analyses d'eau, faites par Koch (dans l'Inde) et par les auteurs français, avaient semblé donner ce résultat schématique. Malheureusement, avec les progrès de la bactériologie la question s'est obscurcie ; elle a suivi une marche absolument parallèle à celle de la fièvre typhoïde, et nous allons nous trouver aux prises avec les mêmes hésitations que pour cette dernière an*eclion. H existe plusieurs variétés de Vibrions cholè' Tiques, et on a surtout trouvé, dans des eaux n'ayant jamais engendré le choléra, dans des selles d individus bien portants ou d'animaux sains, des vibrions bien difliciles à distinguer des véritables vibrions de Koch ; il existe des Vibrions pseudocholériques comme il existe des bacilles pseudo-typhiques (DuNBAR, Sanarelli, etc). 11 est plus difficile, à l'heure actuelle, d'affirmer dans une eau la présence du V. cholérique que celle du B. dEberth,
On se reportera au chapitre xir de la Deuxième partie pour l'étude des caractères du V, cholérique (p. 680).
A. Pour rechercher le Vibrion cholérique dans l'eau, on tentera d'abord l'isolement de tous les vibrions qui ont avec lui de grandes analogies. Pour cela on emploiera les procédés suivants :
a. Procédé de SchoUelius . — On ajoute à une dose assez forte de l'eau à examiner deux volumes de jus de viande stérilisé et on met le tout à l'étuve à + 38". Au bout de douze heures, les vibrions forment à la surface une pellicule très
RECHERCHE DU VIBRION CHOLERIQUE DANS L EAU
visible ; à ce moment la culture est à peu près pure. On prélève de la semence pour faire des passages.
b. Procédé de Koch. — On ensemence la solution peptonée çélatinée (voy. p. 89) et on prélève la pellicule formée au bout de douze heures. Il est bon d'ensemencer i50 centimètres cubes de l'eau suspecte.
c. Cultures sur plaques de gélaline (fig. 217). — On ensemence de la gélatine avec de
Teau à analyser et on l'étalé en tubes d'Esmarch ou en boîtes de Pétri (voy. p. ITS et 176).
Au bout de vingt-quatre heures à + 18° les colonies sont déjà visibles (petits points blanchâtres) et apparaissent à la loupe comme des petits disques granuleux (van Ermengem). Vers le troisième jour, le centre de la colonie commence à se liquéfier en forme de cupule au centre de laquelle est un noyau non liquéfié bien net le quatrième jour.
Les colonies qui ont cet aspect sont immédiatement examinées et repiquées.
L'analyse est terminée si ces différents procédés n'ont pas donné de cultures de vibrion. Sinon, il faut alors faire avec les cultures pures obtenues toute la série des réactions qui seront indiquées au chapitre xii (Deuxième partie).
d. Procédé de Chanlemesse {{^02). — C'est un procédé absolument identique à celui du même auteur pour la recherche du B. d'Eberth (page 417). La seule différence consiste à employer du sérum anticholérique, et à ensemencer non plus sur gélose lactosée, phéniquée et tournesolée, mais simplement sur gélatine.
Fig. 217.
V. cholérique. Aspect schéma tique des colonies sur plaques de gélatine, examinées de Jour en jour.
B. Voy. p. 691, les procédés de difTérenciation de ces vibrions.
Nota. — 11 va sans dire que la technique de l'analyse de Teau s'applique à l'analyse de tous les liquides, comme celle de l'analyse de la terre à tous les solides et celle de l'analyse de l'air à tous les gaz.
L'air contient beaacoup de microbes, mais est moins dangereux que Teau comme propagateur des épidémies ; son analyse bactériologique a moins d'importance.
§ 1. — Généralités
Résumons d'abord rapidement ce que Ton sait sur les microbes qui peuplent Tair. Énuméronsles espèces qu'on en a isolées.
10 Découverte des microbes de l'atmosphère. — L'opinion qui fait de l'air le réceptacle de germes causant des épidémies, remonte à Hippocrate. Pendant la grande épidémie de choléra qui désola l'Europe en 1847-48, un grand nombre de médecins accusèrent l'air de propager la maladie. Pendant l'épidémie de 1853-54, Thompson et Osborne remarquaient qu'un flacon d'eau distillée placé dans une chambre de cholériques se peuplait de nombreux microbes. Mais il faut arriver à Pasteur * pour trouver les premières expériences probantes sur l'existence des germes de l'air; c'était au cours de la mémorable campagne qu'il soutint contre les partisans de la génération spontanée.
La connaissance des germes de l'atmosphère a une grande
* Pasteur, Mémoire sur les corpuscules organisés qui existent dans V atmosphère, 1861.
importance en hygiène ; nous n'avons pas besoin de rappeler qu'elle a conduit aux découvertes de l'antisepsie et de Tasepsie en chirurgie.
20 Nombre et topographie des microbes de Tatmosphère. — Les microbes de ratmosphère sont très nombreux ; il suffit de laisser débouchés, dans un laboratoire, des récipients à milieux de culture pour voir ceux-ci se peupler rapidement. Dans la vie journalière, tous les liquides organiques se putréllent s'ils ne sont pas stérilisés et mis à l'abri du contact de Tair.
Le nombre des germes d'un mètre cube d'air est excessivement variable. On peut dire d'une façon générale que les microbes sont d'autant plus nombreux qu'on analyse un air plus rapproché d'une agglomération civilisée. Miquel* s'est attaché à cette question. Voici quelques-uns de ses chiffres :
Air de la rue de Rivoli. . . . 5 500 microbes par mètre cube.
— du parc de Montsouris. . 760 — —
— de la mairie du IV* arron-
dissemeut 462 — —
— du Panthéon (74 mètres). 28 — —
Dès qu'on pénètre dans une maison, dans une salle d'hôpital, le nombre des germes augmente dans la proportion de 1 à 8 ou à 12: dès qu'on s'élève en l'air, le nombre diminue très rapidement. On peut même dire qu'à tout prendre une très petite partie de l'atmosphère, celle qui enveloppe immédiatement la surface peuplée delà terre, contient des microbes en proportion notable. Une cour de THôtel-Dieu de Lyon contenait d884 microbes et 833 moisissures par mètre cube par une température de 5^ (Rossi) ^. Au contraire voici des chiffres provenant de lieux élevés et dus à de Freudenreich :
* MiQUEL, Organismes vivants de V atmosphère ^^9XÏs, 1883; Annuaire de l'Observatoire de Montsouris, passim.
' Rossi, Sur quelques numérations des bactéries de Vair dans les hôpitaux de Lyon» Th. Lyon, 1890.
OKNRH ALITES 425
Nombre des bactéries dans 10 métrés cubes (10 000 litres).
Alpes bernoises (2 à 4 000 mètres) 0
Col du Théodule (3 350 mètres) 3,3
Lac de Thoune (560 mètres) 8
HOtel de Bellevue (560 mètres) 35
Glacier d'Aletsch (3 000 mètres) 10
L'air de la mer, loin des côtes, est aussi pur que celui des hauts sommets. De 1884 à 1886, Morrau et Miquel ont analysé 112 855 litres d*air marin, près ou loin des côtes, et n'ont trouvé que 102 microbes, soit i par mètre cube; il n'y avait pas un seul microbe dans 9980 litres filtrés en pleine mer. L'air est donc aseptique, dès qu'on s'éloigne des endroits habités. Gela est facile à comprendre, puisque les microbes tombent à terre, comme toute particule pesante, et que Tévaporation (même d'infusions putrides — Miquel) n'en entraîne aucun.
Il va sans dire que tous les chiffres précédents varient avec une foule de conditions. Les saisons ont une grosse influence. D'après Miquel, c'est en automne que l'atmosphère est le plus riche en germes (121 par mètre cube à Montsouris) et en hiver qu'il est le plus pourvu (53 par mètre cube). Les fortes chaleurs ensoleillées font beaucoup diminuer le nombre des germes de Tatmosphère. Le vent dissémine les germes ; soufflant d'une région chaude et humide, très peuplée, il apporte beaucoup de germes. Miquel a calculé qu'une masse d'air qui traverserait Paris, à raison de 4 mètres par minute, entraînerait 40 milliards de microbes par jour.
Dans les appartements Vagitation des poussières pollue l'air dans des proportions formidables. Miquel a vu que 1 gramme de poussière de son laboratoire contenait 750 000 germes^ et 1 gramme de celle d'un appartement de la rue Monge 2 100 000. Le précepte est donc sage qui substitue le lavage au balayage.
3<> Espèces miorobiennes rencontrées dans l'air. — En
principe, toutes les espèces microbiennes peuvent se rencontrer dans l'air, puisqu'il suffit d'agiter les poussières du sol pour infecter l'air ambiant. On trouvera dans l'ouvrage de Miquel
rénumération des principales espèces rencontrées dans Tair : If. tetragenuSf M, prodigiosus, Mycoderma aceti, B. subtUis, B. amylobacter, etc. On a trouvé dans les salles d'hôpital le Stapkylococcus pyogène, le Streptocoque pyogène et autres microbes de la suppuration, le H. tuberculeux de Kock, le Vibrion septique, le Microbe de la septicémie de Davaine, le Microbacterium agile, I^ Pneumocoque, etc.
Malgré la grande richesse de Tair en microbes* plus ou moins dangereux, la propagation des maladies par Tair est beaucoup moins à redouter que la propagation par Teau, par les aliments» en raison des appareils protecteurs de nos voies respiratoires, et de la grande dilution des germes. Cependant Miquel a vu que les crues bactériennes observées à Montsouris coïncidaient avec un accroissement de la mortalité à Paris ou plutôt le précédaient ; de même, dans les pays chauds, le minimum de mortalité est en été, au moment où le nombre des germes diminue. Il est vrai que cet accroissement microbien de Tair pourrait être parallèle à celui des maladies infectieuses sans en être la cause, les mêmes influences cosmiques agissant sur les microbes de Tair et sur ceux de l'organisme humain.
Le danger des poussières et par conséquent de Fair dépend de la résistance de chaque microbe à la dessiccation, à la lumière, etc. Citons un exemple : le B. tuberculeux résiste au moins cent cinquante jours (Cadeac et Malet), et probablement beaucoup plus, à la dessiccation dans les poussières.
§ 2. — Analyse quantitative
Pasteur a eu le premier Tidée de faire développer, dans du bouillon, les microbes d'un volume d'air déterminé filtré à travers du coton. Miquel, dès 1887, a obtenu une numération en fractionnant le bouillon ensemencé, comme il l'avait fait pour l'analyse quantitative de l'eau (page 397).
±^ Méthode du fractionnement en bouillon. Procédé de Miquel. — On fait barboter un volume d'air connu à l'aide d'un
AXALYSB QUANTITATIVE DES MICROBES DE l'aIR 427
aspirateur^ dans une masse de bouillon contenue dans un ballon à trois tubulures (fig. 2i8). Le tube d'entrée de Tair plonge jusqu'au fond du bouillon ; le tube de sortie est garni d'un tampon d'ouate. L'opération terminée, on repousse le tampon de ouate dans le bouillon avec un fîl de platine flambé. On agite le flacon et on répartit le bouillon en un nombre de petits ballons assez grand pourqu'une bonne
Fig. âl8.
Malras barboleur de Miquel.
moitié ne se trouble pas. On porte les ballons à l*étuve, on compte les ballons troubles, et on calcule d'après le nombre des litres d'air qui ont barboté.
* On fera Vaspiration à l'aide d'une trompe quelconque (p. 31) ou avec deux flacons aspirateurs comme ceux représentés figure 219. La rapidité de l'écoulement est réglée par une pince de Bohème (c). Le volume d'eau écoulée étant connu, on saura le volume d'air aspiré. Lorsque le premier flacon (A) s'est vidé dans le flacon (B) on peut changer les flacons de position et noter simplement le nombre de changements des flacons opéré pendant un temps donné.
Le premier aéroscape employé fut
celui de PoucHET, en 1859. Le plus pratique est Vaéroscope à girouette
de MiQrEL.
Fig. 219.
Dispositif pour Taspiration de l'air.
ANALYSE BACTEniOLOGIQUE DE L AIR
2"^ Méthode du passage de l'air sur gélatine solide. —
Cette méthode s'emploie de deux façons difTérentes : a. Procédé de Koch. — Koch (1881) a appliqué sa méthode de
Fig. 220.
Appareil de liesse pour cultiver les microbes de l'air.
cultures sur plaques à l'analyse de l'air en faisant passer un courant d'air sur une plaque do gélatine.
h. Procédé de Hesse. — Hesse* a perfectionné cette méthode (1884). Son appareil (fig. 220) consiste en un grand tube de
* Hesse, Uber quantitative Beslimmung der in (1er Luft enthallenem Mikrorganismen, Mittheilungen aus dem kaiserlichen Gesandheitsamte, il, p. 18â.
ANALYSE QUANTITATIVE DBS MICUOBES DE L AIR 429
verre (A) ouvert aux deux bouts, long de 70 centimètres, large de S"", 5. Une extrémité (a) est fermée par un capuchon de caoutchouc bien tendu percé d'un trou rond de 1 centimètre de diamètre ; l'autre est fermée par un bouchon de caoutchouc (6) laissant passer un tube de verre muni de deux tampons de ouate. On introduit 50 centimètres cubes de gélatine fondue dans le tube et on bouche Textrémité (a) avec un capuchon plein ; le tout est stérilisé à l'autoclave sous pression, Au refroidissement, on tourne le tube d'après la méthode d'Esmarch pour enrouler la gélatine en couche mince sur tout le pourtour. On met alors le tube horizontalement sur un pied, on enlève le second capuchon de caoutchouc, et on adapte un aspirateur (B, C) au tube (6). Il ne faut pas faire passer plus d'un litre d'air par trois minutes. L'expérience finie, on met le tube à + 22°, et on compte les colonies au bout de quelques jours.
Cet appareil est encombrant et la ^*^' ^-*-
gélatine se dessèche vite. Flacon à fjélatine
c. Procédé de Miquel (1895). — Un "^^ '^'^"^^•
vase conique, à deux tubulures (I)
et (f) (fig. 221) contient de la gélatine solidifiée. Une pointe de verre capillaire (A) traverse la gélatine; elle est enlevée au commencement de l'expérience. On aspire par {t) un volume d'air connu, qui traverse ainsi le petit tunnel de gélatine, et y abandonne ses germes. On ferme alors (f) avec un bouchon de liège flambé. On fond doucement la gélatine. On a ainsi, une plaque, comme en boîte de Pétri.
S^ Méthode de rensemenoement en gélatine fondue. —
Plusieurs procédés peuvent être utilisés : a. Procédé de Frankland. — Fkankland * fait passer un
* Frankland, The Uisiribution of microorganisrm in air^ Procee- (lings of the royal Society. Loudon, 18ë6.
volume d'air connu à travers un tube de verre (A, C) muni de deux bourres de soie de verre (B et B') (flg. 222). Puis, chaque bourre est introduite dans un flacon contenant de la gélatine fondue ; on agite et on étale d'après la méthode d'Esmarch. La dissociation de la soie de verre est très difûcile.
Fig. 22i.
Appareil de Frankland pour la captation des microbes de l'air.
L'air suil le Irajct A, B\ B, C.
Fig. 2i3.
Appareil de Pétri pour la
captation des microbes de
l'air.
L'air suit le Irajct a, 6, c, e, d, f,g, h.
b. Procédé de Pétri. — Pétri * filtre sur du sable blanc très fin. Dans un tube de verre de 9 centimètres de long sur 1«",5 à l'='»,8 de large, il dispose au moyen de culots en toile métallique
' Pétri, Eine neue Meihod Bactérien und Pilzsporen in der Luft nachzuweisen und zu zâhlen, Zeitsch. fur Hygiène. 1887. Historique très complet de la question.
ANALYSE QUANTITATIVE DES MICROBES DE l'aIR 431
(&S 6^, b^, h^) deux amas de sable fin de 3 centimètres de longueur chacun (c* c*) (fîg. 223). Les deux extrémités sont.
Fig. 224. Fig. 225.
Tube de Miquel pour Tanalyse Tube de Salomonsen pour Tanabactériologique de l'air. lyse bactériologique de l'air.
bouchées avecun tampon d'ouate et Tappareil est stérilisé. Pour s'en servir, on enlève les deux tampons et on met en communication avec un aspirateur puissant (d, ^ g, h). On mêle ensuite
le sable à la gélatine fondue et on enroule celle-ci en tubes d'Esmarch. L'inconvénient de ce procédé réside surtout dans la résistance du sable au passage ie Tair.
0. Procédés de Miquel et de Salomonsen. — Miucel a remplacé le sable par des poudres solubles qui disparaissent dans la gélatine : sucre de canne ou sulfate de soude anhydre (déjà préconisé par A.
Gautier). Il recommande le tube de verre dessiné figure 224. Le tampon inférieur préserve des poussières extérieures. Le second soutient la poudre filtrante (8 à 10 centimètres) ; il est maintenu par Tétranglement (a). L'extrémité supérieure est bouchée par un capuchon rodé (6). On stérilise à + 1*^ pendant deux à trois heures. Ou enlève le capuchon (6) et on aspire de haut en bas.
Salomonsen emploie simplement un tube effilé (fig. 225).
d. Procédé de Stram et Wurtz. — Straus ^ préfère faire barboter Tair directement dans la gélatine fondue, comme Miquel dans le bouillon. L'appareil (fig. 226) se compose d'un tube de verre (A), très renflé à sa partie médiane , destiné à recevoir la gélatine. Un second tube (B) de petit calibre et finement effilé plonge dans le premier. Son renflement supérieur rodé (C) ferme hermétiquement le tube (A). Celui-ci porte latéralement une tubulure .(D) munie d*un étranglement pour retenir les bourres de coton. On met un tampon d'ouate à l'extrémité supérieure du tube (B), en (E). L'appareil stérilisé, on verse dans le tube (A) 10 centimètres
Fig. 226.
Appareil de Straus
et Wurtz pour
l'isolement des
microbes de l'air.
* Straus, Sur un procédé perfectionné d'analyse bactériologique de V air. Annales Pasteur, 1888.
ANALYSE QUALITATIVE DES MICROBES DE l'AIR i33
cubes de gélatine et une goutte d'huile stérilisée (pour empêcher ]a gélatine de mousser pendant le barbotage). Le tout est stérilisé àTautoclave à + H5® pendant quinze minutes.
On relie alors (D) à un aspirateur et on enlève la bourre (F). On tient l'appareil à la main pendant toute l'opération pour maintenir la gélatine liquide. On peut faire passer 50 litres en un quart d'heure. Le passage terminé, on remet une bourre en (F) , on souffle par (D) pour faire monter plusieurs fois la gélatine en (B). On enlève la bourre (F) et on pousse avec un fil de platine stérilisé la bourre (G) dans la gélatine. On replace la bourre (F) et on agite. On enroule la gélatine sur les parois du tube (A) d'après le procédé d'Esmarch.
4P Méthode du papier à la gelée de lichen. — Le courant d'air de l'aéroscope est reçu sur une feuille de papier recouverte d'une gelée de lichen (voir p. 403). A l'aide de ce procédé, MiQUEL est parvenu à enregistrer, pour les différentes heures du jour, les colonies microbiennes provenant d'un volume d'air déterminé. Le papier porte une graduation horaire et tourne par un mouvement de pendule. La gelée est ensuite regonflée dans une cloche pleine de vapeur d'eau, etc., comme il a été dit page 404 à propos des procédés approximatifs d'analyse de l'eau.
§ 3. — Analyse qualitative
Nous pouvons répéter ici pour l'analyse qualitative de l'air tout ce que nous avons dit pour celle de l'eau. On se servira des mêmes moyens de diagnose pour différencier les colonies isolées par l'analyse quantitative. On préférera alors la méthode de Frankland qui permet la filtration de grandes quantités d'air; l'aspiration peut fonctionner pendant plusieurs jours. On enlève alors les bourres et on les jette dans des tubes d'eau stérilisée qu'on agite en les maintenant à 0<». Cette eau et la bourre seront ensemencées dans de la gélatine fondue qu'on étalera en tubes d'Esmarch ou en boîtes de Pétri.
Si on connaissait mieux les milieux nutritifs qui conviennent
PRÉCIS DE BACTF^RIOLOGIE, 2« édît. 28
434 ANALYSE UACTËUIOLOGlUlK DK l'aIB
plus spécialement à chaque espèce microbienne, on obtiendrait d'emblée des cultures en faisant passer un courant d'air sur une série de milieux. Il faudrait rechercher ces milieux spéciaux. Quelques exemples sont encourageants. G. Roux, voulant isoler le Champignon du muguet dans Tair des hôpitaux, réussit à obtenir des cultures pures en faisant passer de grandes quantités d air soit dans la solution acide de touraillon, soit sur de la carotte, du citron *. Chatix * a isolé directement le Streptocoque pyogène en faisant barboter de Fair dans une décoction acide de touraillon à 5 p. 100, milieu proposé par G. Roux, en 1889.
A la campagne, malgré la présence sur le sol de microbes pathogènes très dangereux [B. tétanique , V. Septique, etc.), on n'obtient, même avec 100 niétres cubes d'air, que des poussières non pathogènes. Les poussières des villes sont plus dangereuses.
* Vellat, Thèse Lyon 1892.
* Ghatin, Recherches des Streptocoques dans, l'air atmosphérique. Th. Lyon 1893. On y trouve toute la bibliographie de la recherche des microbes de Tair.
L'analyse bactériologique de la terre n'a pas une grande importance pratique, au moins pour le pathologiste ; aussi serons-nous bref à son sujet.
§ 1. — Généralités
L'intérêt de la question réside dans la connaissance de la distribution des microbes dans le sol et de leur rôle' au point de vue agricole.
±^ Nombre et distribution des microbes du sol. — La
surface du sol est souillée d^un nombre considérable de microbes provenant des poussières, des matières fécales, des organismes en décomposition, etc. Ces microbes se développent, en outre, sur place trouvant là un excellent terrain de culture. Leur abondance est donc toute naturelle surtout dans V humus. Citons quelques chiffres se rapportant à la couche superficielle.
Colline sablonneuse, aride, près de Turin (Mac-
GioRA) Mm
Sol voisin d'un égout à Paris (Duclaux) .... 64 000
Humus à Postdam (G. Fr^.nckel) 100 000
Jardin de l'Institut agronomique de Leipzig, argile (Adametz) 500 000
Terre irriguée à l'eau dégoût (MigiEL). .... 870000
Boue des rues de Turin (Maguiobâ) 78 000 000
Le nombre des bactéries diminue t^^s rapidement à mesure qu'on s'enfonce dans le sol, ainsi que Koch Favait soutenu dès 1881 ; à une certaine profondeur, les microbes font totalement défaut. Nous savons déjà (p. 375) que la nappe d'eau souterraine est privée de germes. Il va sans dire que les microbes aérobies disparaissent les premiers tandis que les anaérobies peuvent se rencontrer à d'assez grandes profondeurs. L'épaisseur du sol nécessaire à la ûltration parfaite est naturellement très variable suivant la nature du terrain» les fissures, etc. C. Fr.«nkbl s dans ses magistrales recherches sur les microbes du sol, a remarqué que cette diminution ne se faisait pas progressivement, mais brusquement vers l^jbO environ ; à 3 ou 4 mètres de profondeur les aérobies ont disparu. C. Fr.cxkkl a vu que le B. anthracvt ne se développe plus à 3 mètres de profondeur, tandis que le Vibrion cholérique vit à cette profondeur. Graxcher et Descbamps ont constaté que le B. d'Eberth ne dépasse pas 40 à 50 centimètres. Voici une expérience de Reimers (1889):
Terre de la surface d'un champ . . â 564 800 par cent. cube.
— à 2 mètres de profondeur
(argile) 23100 —
— à 3 mètres et demi (gravier) . 6 170 —
— à 4 mètres et demi (sable) . . 1 580 —
— à 6 mètres (grès) 0 —
2^ Espèces microbiennes trouvées dans la terre. —
Pasteur, le premier, a isolé du sol des espèces définies : le Vibrion septique et le B. anthracis. Nicolaïer y a trouvé le Bacille du tétanos, Macé et bien d'autres ont rencontré le Colibacille et le B. dÉberth, Yersix a isolé du sol le Bacille de la peste, Nous dirons un mot dans un instant des microbes de la fermentation et nitrificateurs. Le Vibrion butyrique (Mayenne), le Bacillus micoïdes, un grand nombre de moisissures ont été isolés. D'ailleurs on peut trouver dans le sol tous les microbes de l'air ou de l'eau.
* C. FRjENKEl, Unterstichungen iiber das Vorkommen von Mikroorganismen in verschiedenen Bodenschichten, Zeitsch. fur Hygiène, 1887.