‹ Précis de bactériologie pratiqueChapitre 97 sur 147 · BACILLE DK LA LÈPRE, BACILLES ACIDOPIIILES BACILLES PSEUDO-TUBERCULEUX · texte numérisé non relu

BACILLE DK LA LÈPRE, BACILLES ACIDOPIIILES BACILLES PSEUDO-TUBERCULEUX

Nous avons groupé dans ce chapitre des Bacilles qui se rapprpchent, par un de leurs caractères, du B. de Koch. Le Bacille de la lèpre et les Bacilles dits « acidophiles » ont les mômes propriétés de coloration ; ils résistent à la décoloration par les acides. Les Bacilles dita <c pseudo- tuberculeux » ne jouissent pas de ces propriétés, mais sont capables d'engendrer des lésions tuberculeuses.

ARTICLE PREMiEU BACILLE DE LA LÈPRE

Ce B. a été découvert par Hansen (1873) dans les lésions lépreuses. Il y existe en quantité considérable, quel que soit leur siège : peau, muqueuses, vaisseaux lymphatiques, rate, etc.

On n'est pas arrivé à cultiver le B. de Hansen. Cependant CzAi'LïïwsKi, Spronck, Teich auraient répssi. Les bacilles des cultures de Sfronck (pomme de terre glycérinée) seraient agglutinablcs par le sang lépreux de 1/70 ii l/lOOO.

L'inoculation des lépromes a toujours échoué. La lèpre est une maladie uniquement humaine. Il est vrai que l'inoculation à rhomme a également échoué.

On est donc réduit à colorer le Bacille de Hansen dans les frottis ou dans les coupes, et à Texaminer au miGroscope.

Ha tous les caractères du B, de Koch (Neisseu; 1881). On

peut cependant lui assigner les caractères distinclifs suivants :

1« Il existe en trl's grande abondance^ en touffes serrées, dans

Fig. 261.

Bacille de la lèpre.

Coupe de lésion lépreuse. Coloration par la uiéttiode de Ziehl.

Les bacilles sont rouges et intracellulaires. Gr. = 1 200 D.

l'intérieur des cellules {cellules lépreuses) dermiques, nerveuses, etc. (fig. 261).

Le B, de Koch n'est jamais aussi abondant.

2" Il se colore plus vite et se décolore plus lentement par la méthode d'Elirlicli (voir 7*^).

3** Il reste coloré par un simple bain dans une solution hydro-alcoolique d'une couleur basique d'aniline, suivi d'exposition au liquide de (iram et décoloration par l'acool {Prend le Qram simple).

BACILLES DITS ACIDOPHILES 513

4^ 11 se colore plus facilement que celui de la tuberculose dans la solution alcaline aqueuse de bleu de méthyle de LOffler (Neisser, Kûhne, Bordoni-Uffreduzzi).

^^ Il se colore facilement, même à froid ,par les simples solutions aqueuses de couleurs basiques d'aniline.

6<* Coloré par le procédé d'Ehrlich, il résiste mieux que le Bacille de la tuberculose à l'action décolorante d'une solution à i p. iOO d'hypochlorite de soude (Lustgartkn).

T" Baumgarten a donné un procédé différentiel de coloration. Colorer, pendant cinq minutes, à froid, dans le violet aniline; et décolorer avec :

Alcool absolu 10 centimètres cubes

Acide nitrique 1 —

Laver. Sécher. Monter. Le B. de Hafisen reste coloré en violet; le B. de Koch se décolore.

Le B. de Hansen n'existe ni dans le sang, ni dans les urines. 11 se rencontre dans les sérosités, dans les matières fécales si rintestin, les organes voisins sont malades. Il est présent dans le système nerveux central et périphérique, lorsque la lésion a une forme nerveuse.

On a trouvé, chez les lépreux, des Bacilles acidophiles (voy. plus loin) qu'il est malaisé d'assimiler au B, de Hansen ou d'en distinguer avec certitude (Levy, Czaplewski, etc.).

article II BACILLES DITS c ACIDOPHILES »

La propriété de résister à la décoloration par les acides n'est pas, et ne pouvait être, l'apanage du seul B. de Koch. Nous venons de voir que le B. de Hansen résiste encore mieux que lui.

Dès 1884, Lustgarten avait signalé des microbes présentant les mêmes caractères. En 1885, Alvarez et Tavel en rencontrent dans le smegma, et (Jottstein dans le cérumen. Mais, on jugeait ces cas comme très rares.

PnÈClS DE UACTÉHIOLOGIE. 2* l'diL. 33

'514 BACILLES DITS AGIDOPHILES

En 1896, KocH et Pétri trouvent, dans le beurre elle lait de Berlin, des bacilles résistant aux acides. Depuis lors, la question esta Tordre du jour. Rabinowitsch, A. Moellbr, Karlinski, BixoT, etc., en découvrent dans le beurre, le lait, les fromages, la margarine, sur les plantes, dans les poussières, chez Thomme sain, dans la gangrène pulmonaire, etc.

Ces bactéries, connues depuis 1896, ont reru, en France, le nom impropre d'acidophiles. En Allemagne on les dénomme plus justement : usâurefest », c'est-à-dire qui résistent aux acides '.

Elles sont très importantes à connaître, car leur présence peut induire en erreur en faisant croire à une tuberculose qui n'existe pas (crachats de gangrène pulmonaire) ou en faisant admettre comme contenant des bacilles tuberculeux un lait ou un beurre, offrant simplement des acidophiles. 11 est probable qu'un certain nombre de recherches faites sur le beurre, sont, de ce chef, entachées d'erreur.

Dans le lait ou ses dérivés (beurre, etc.), on connaît déjà au moins 13 espèces :

10 B. de Pétri ;

2® B. de Rabinowitsch ;

30 B. let II de Kom;

40 B. de Coggi ;

5" B. de Tobler (au nombre de cinq) ;

6*^ B. de Markl;

70 B. de Binot;

8« B. de Mœller.

Dans la nature, on a trouvé des acidophiles sur des graminées, dans la poussière de foin, dans la terre : Grasbacillus I et II, (A. Mgellrr).

Chez les animaux, les excréments en contiennent parfois : Mistbacillus (A. Mgellrr, etc.).

Chez V homme sain (Karllnski), les acidophiles se rencontrent parfois dans les sécrétions. Chez l'homme malade, ils ont été signalés dans : des affections oculaires, la Verruga du Pérou, des

• Voir l'excellente Hevue générale de Potet : Les Bactéries dites acidophiles. Thèse de Lyon, 1902.

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