BACILLES DITS PSEUDO-TUBERCULEUX
affections uro-génitales, des cas de lèpre, des otites suppurdcs infantiles et surtout dans la gangrène pulmonaire (Pappenheim, Fr.enkel, Rabinowitsch, Cima, etc). Rien ne prouve qu'ils jouent un rôle dans ces lésions.
FiNKELSTEiN, MoRo, EscHERicH , TissiER out Tetrouvé dcs B. acidophiles dans l'intestin des nourrissons.
Tous ces microbes sont des bacilles, résistant plus ou moins, mais résistant toujours, à la décoloration par les acides. Ils gardent le Gram.
La résistance aux acides de certains acidophiles disparaît, si, avant la décoloration, on traite la préparation par ï'éther sulfurique, le chloroforme ou l'eau chaude (Kanfmaxn), ce qui les différencie du B. de Koch (Karlinski).
Les cultures s'obtiennent facilement et rapidement sur tous les milieux à la température ordinaire. Les B. sont aérobies et ne liquéfient pas la gélatine, forment rarement de l'indol.
Presque tous ces microbes sont pathogènes pour le cobaye, et, chose curieuse, inoculés dans le péritoine, ils produisent des lésions nodulaires très voisines des tubercules, surtout si on injecte les bacilles mélangés à du beurre.
On ne peut identifier tous ces bacilles; ils diffèrent entre eux par plusieurs caractères secondaires ; ce sont probablement des races d'une môme espèce.
Leur forme les rapproche du B. de LÔffler eide V Aclinomyces ; leurs caractères de coloration du D. de Koch. On peut les appeler des « Paratuberculibacilles > (Potet). Sont-ils des formes saprophytes du B. de Koch ?
Le sérum très agglutinant (voy. p. 458) des chiens tuberculiscs ne les agglutine pas (P. CouHMONTetDEscos), ce qui paraît être un signe 1res important do différenciation.
ARTICLK m BACILLES DITS « PSEUDO-TL RERCULKUX »
On doit appeler « tubercule » le nodule édifié par l'organisme pour réagir contre certains microbes, le B, de Koch
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surtout. Le véritable tubercule est réinoculablc en séries ; portant en lui sa cause, il reproduit le tubercule par inoculation, et celui-ci est rgalement réinoculable.
On devrait donc reserver le nom de « pseudo-tubercule » à celui qui s'est formé autour d'un corps inerte et qui n'est pas réinoculablc en sénés. On sait que des tubercules se forment facilement autour de poudres inertes, comme le lycopode par exemple (Villemin, H. Martin); on sait que Tinjection intraveineuse de bacilles tuberculeux morts engendre une granulie, non réinoculable (Priddkn et Hordknpvl, Straus et (]amahKiA, etc.) ; des tubercules se développent autour de certains vers (Laulaxik, Ebstein etNicoLAÏER, etc.), de certaines moisissures. Voilà des pseudo-tubercules.
C'est donc à tort qu'on appelle « Bacilles pseudo-tuberculeux » un groupe de microbes pathogt'ues qui font une véritable tuberculose, réinoculablc en séries. Ce sont des espèces tuberculigènes au même titre que le B. de Koch. En réalité, la tuberculose est une maladie, à dénomination anatomique. qui peut être causée par plusieurs espt*ces microbiennes ; la plus fréquente de ces espèces étant le B. de Koch, on a pris Thabitudc d'appeler les autres : B. pseudo-tuberculeux.
Les B. pseudo-tuberculeux sont nombreux; on en compte plusieurs espèces. Ils se séparent du /?. de Koch par tous leurs caractères, sauf Taptitudc à faire de la tuberculose, encore celle-ci a-t-elle un développement parfois différent.
.1) La première (uberculose, autre que la bacillose de Koch, a été découverte, en 1883, par Malasskz et VroxAL; elle s*appellc la tuberculose zoogleique, elle était d'origine humaine. Des microbes analogues, sinon identiques, ont été décrits comme agents tuberculeux, chez les poules (N'ocard) ; chez le lapin (Eberth, Nocard, Dor); dans les poussières d'hôpital (Chaxtemesse); dans la terre (Grancher et Leroix-Lebard) ; chez le cobaye (Eberth, Charrix et Roger, Mohat et Doyox); dans le jelage d'une vache non tuberculeuse (Nocaud et Masselln) ; chez le mouton (Preiz et Cuinard).
11 e^l probable que toutes ces descriptions se rapportent au même microbe. La maladie est encore appelée ; tuberculose
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coccobacUlaire. Elle se présente fréquemment chez les cobayes, sous forme épidémique. Il n'est pas rare de voir, dans les chenils, tout un lot de cobayes être emporté par la tuberculose coccobacillaire.
La maladie naturelle ne diffère pas essentiellement comme aspect de la tuberculose de Koch. On doit cependant la soupçonner toutes les fois qu'on constate une épidémie de tuberculose sur dos lapins ou des cobayes, la tuberculose de Koch spontanée n'existant pour ainsi dire pas chez ces animaux.
Les cultures s'obtiennent très facilement en ensemen»;ant des tubercules ou du sang de Tanimal. Le Coccobacille pousse rapidement sur tous les milieux, bien différent en cela du B. de Koch; la gélatine n'est pas liquéllée. Il forme presque toujours des chaînettes d'éléments courts (1 à 2 .u) qui ont été nommés : zooglèes, strepto-bacilles; ces chaînettes forment parfois de véritables pelotons. Il se colore bien par toutes les couleurs d'aniline, par les bleus surtout ; il se décolore par le 7Achl ou VEhrlich. Il est mobile lorsqu'il est isolé. Il devient ovoïde en vieillissant.
L'inoculation au cobaye et au lapin tue rapidement, parfois en quatre ou cinq jours. A Tautopsie, on trouve un abcès caséeux local et de la tuberculose généralisée dos organes, surtout du foie et de la rate. C'ette rapidité d'évolution du tubercule (4 jours) est un caractère difTérentiol de premier ordre. Vnc inoculation^ qui produit de la tuberculose du cobaye en quatre ou cinq jours y doit se» résultats à un des bacilles dits « ]>sfi/rf(*tuberculeux » et nonau B. de Koch. Il sullitdo cultiver le sang pour avoir des cultures pures. Enfin, le plus souvent, les ganglion.^ ne sont pas pris, ou tout au moins ne le sont pas unilatéralement comme dans la tuberculose de Koch, (voy. page 461).
La souris peut succomber à l'inoculation.
B) J. CoiRMONT* a décrit, en 1800 , une tuberculose bacillaire du bœuf. Il s'agissait d'un Ixt^uf atteint de pommeliere, en apparence classique. Ces lésions ne contenaient pas de B. de Koch,
• J. CoiRMONT, Sur une nouvelle tuberculose haciUa'we iVorigine bovine, ^Itiides sur la tulicrculosc i890.
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mais un bacille nouveau tout à fait spécial. Ce Bacille (Hg. 262) végète bien dans tous les milieux, il pousse encore à + ^6"» >l est aérobie, il se colore facilement avec toutes solutions de
Fig. 262.
li. hiberculeuj- de J. Cournionl.
Cullurc en bouillon h -h 3>.
couleurs basiques; il ne prend pas VEhrlich ni le Ziehl; les cultures se développent en quelques heures.
Une des particularités de ce bacille est que ses cultures, toujours pathogènes pour les animaux de laboratoire, ne font des tubercules (ju a un niomenl donné de leur évolution. A un certain âge la culture tuberculise le bœuf et le lapin, à un autre le cobaye et le rat blanc. En somme, la propriété tuberculigènc est passagère et indépendante de la virulence.
L'inoculation au cobaye d'une culture de vingt jours produit une tuberculose généralisée très rapide (4 à 6 jours) même pulmonaire à cellules géantes ;fig. 263). Les ganglions restent