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Affinité

L'affinité ou l'attraction moléculaire entre les corps différents est plus ou moins grande, suivant la nature des substances; de telle sorte que^ deux corps étant combinés, un troisième, qui a plus d'affinité pour l'un d'eux, peut les désunir.

L'affinité est influencée par diverses circonstances : par la cohésion, comme nous l'avons dit ci-dessus, et par certaines quantités relatives. Ainsi, lorsque les corps peuvent s'unir en plusieurs proportions, celui que l'on combine dans la proportion la plus faible qui puisse entrer dans le composé défini, y est retenu d'autant plus fortement. L'affinité naturelle entre plusieurs corps est contre-balancée et peut être détruite si l'un d'eux est déjà engagé dans une combinaison. La chaleur modifie les résultats

Ç*) Les précipités, examinés sous le microscope, laissent souvent apercevoir des formes régulières ou symétriques, qui donnent des indices sur la nature ou la pureté des substances amorphes en apparence, ou pulvérulentes à l'œil nu.

de l'affinité : en liquéfiant les corps elle peut faciliter leur pénétration et les combinaisons qui en résultent.

Celte force s'exerce d'autant mieux entre les corps que ceux-ci sont plus divisés; la division mécanique ou pulvérisation ne peut produire qu'une désagrégation incomplète ; il vaut mieux liquéfier, ou dissoudre, ou amener à l'état de gaz au moins un des corps qui doit prendre part à la réaction.

Si Ton chauffe jusqu'à vaporiser l'un des produits de la réaction, celle-ci en deviendra plus énergique dans le résidu, et plus complète en éliminant le composé volatil qui a pris naissance. De même, l'élimination d'un des produits sous forme de précipité insoluble détermine et fait prévoir la réaction complète. C'est encore à la séparation des produits, soit par une vaporisation spontanée, soit par l'efflorescence ou la déliquescence et l'infiltration dans des corps poreux, que l'on doit certaines décompositions qui s'effectuent notamment dans le sol (sulfate d'ammoniaque par le carbonate de chaux, chlorure de sodium par le même carbonate calcaire).

La température peut détruire l'affinité chimique entre deux corps et volatiliser l'un d eux; ainsi le protoxyde et le bioxyde d'argent, chauffés le premier à 100% le deuxième à 150°, laissent dégager l'oxygène, et il reste de l'argent métallique.

Aux températures atmosphériques, l'acide carbonique se combine immédiatement avec la chaux hydratée, tandis que le carbonate de chaux, produit de cette combinaison, se décompose à la température du rouge vif : l'acide carbonique se dégage en se gazéifiant et la chaux forme le résidu fixe de cette calcina tion.

Les différences de poids spécifique opèrent parfois des séparations, nommées liquations, entre les métaux ou même entre certains composés (oxydes et sels métalliques) (*). La pression qui maintient les composés en présence s'oppose souvent aux réactions : ainsi l'acide tartrique dissous décompose le carbonate de soude en dégageant l'acide carbonique à l'air libre; mais sous une pression décuple qui retient ce dernier acide, la réaction est moins vive et s'arrête plus tôt; tandis que la chaleur suffit pour dégager l'acide carbonique de la craie, une forte pression maintient la combinaison dans un tube clos, malgré même une très-haute température. Enfin, les courants électriques de

(*) Le silicate de plomb peut se séparer lentement ainsi des silicates plus légers de potasse, de soude et de chaux, fondas avec lui.

sens contraires peuvent entraîner, molécule à molécule, les principes constituants des corps, les transporter d'une substance à une autre, opérer ainsi d'innombrables décompositions en modifiant les affinités naturelles : car alors chaque électricité animant, en quelque sorte, les molécules qu'elle attire, les doue, pendant l'opération, d'une affinité spéciale plus énergique.

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