‹ Précis de chimie industrielle (volume 3)Chapitre 100 sur 412 · PREMIÈRE FILTRATION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE FILTRATION

la base et de 1"',50 de hauteur. Cette caisse s'ouvre sur le côté; à la partie supérieure se trouve une cuvette en bois doublée de cuivre, profonde de 15 centimètres, dans le fond de laquelle sont pratiqués de 24 à 28 trous d'environ 5 centimètres de diamètre; dans la douille taraudée de chaque trou se monle, à vis et en dessous, un ajutage en bronze ayant un bourrelet au bas, qui retient un anneau. A Textrémité inférieure de chaque ajutage s'attache, a Taide de Fanneau prisonnier, Fextrémité supérieure d'un double sac en toile de coton croisé, large de ÔO centimètres, long de 1 mètre, introduit dans un autre sac de toile forte, mais à tissu clair, large de 20 centimètres, et de la même longueur que le précédent. Cette disposition a pour but de multiplier les surfaces filtrantes, comme cela a lieu par les plis d'un filtre de laboratoire ; on établit côte à côte une double rangée de caisses semblables en nombre variable suivant l'importance de l'usine.

Cet appareil, où la filtration s'opère du dedans au dehors, et qui exige une main-d'œuvre assez dispendieuse, a été remplacé , dans plusieurs grandes raffineries, par un filtre qui opère du dehors au dedans, et qui multiplie également les surfaces filtrantes.

Il se compose d'une bâche rectangulaire de 1 mètre de large, 1 mètre 33^ de profondeur et 2 mètres de longueur, en bois douolé de cuivre intérieurement, et munie d'un robinet. On place à côté les uns des autres, dans cette bâche, des sacs de toile pelucheuse de coton, garnis en dedans de claies en osier ou tressées en fils métalliques. Les parois de chaque sac sont maintenues écartées par la claie qu'il renferme ; au milieu de sa partie inférieure est adaptée une douille, que l'on introduit à frottement dans un trou pratiqué au fond de la bâche ; un caniveau au-dessous correspond à la rangée de ces douilles, et reçoit, par conséquent, tout le produit de la filtration ; les bords supérieurs de chacun des sacs sont contenus par des liteaux en bois interposés et serrés tous ensemble à l'aide de deux ou trois entretoises; celles-ci s'appuient sur les liteaux au milieu de la bâche, où se trouve un intervalle de 35 centimètres qui facilite la pose des derniers sacs et l'introduction de leurs douilles.

On conçoit que le sirop versé dans ces filtres passe du dehors au dedans des sacs, et s'écoule limpide par toutes les douilles; on peut aisément enlever les dépôts de noir, d'abord dans l'espace libre de 35 centimètres au milieu de la bâche, puis en ôtant successivement tous les sacs. Il suffit de passer la toile ou les sacs

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dans l'eau pour les nettoyer. On multiplie à volonté le nombre de ces filtres suivant la quantité de sirop à filtrer en 24 heures.

Le but de la première filtration est de séparer le noir fin, aggloméré par le coagulum d'albumine , et d'obtenir des sirops limpides un peu décolorés par le noir et qui puissent traverser aisément des couches épaisses de noir en grains dans la deuxième filtration; celle-ci a pour effet utile de faire passer le sirop successivement sur une grande surface de charbon, afin d'opérer le plus de décoloration possible.

Le noir, retenu par la première filtration, est lavé eu le délayant dans de Teau bouillante; on jette ensuite le mélange boueux dans des caisses doublées en cuivre, garnies sur leurs quatre faces et au fond de claies sur lesquelles s'applique nn grand sac en toile pelucheuse. Le liquide filtré s'emploie au lieu d'eau pour une fonte suivante de sucre brut. Les dépôts de noir restés sur la toile sont soumis à une forte pression et mis en tas au sortir de la presse. Ces résidus, désignés sous le nom de noir des raffineries^ constituent un engrais puissant, dont la valeur, convenablement appréciée aujourd'hui, dépasse parfois le prix du noir fin neuf : il agit surtout en raison du sang, du charbon poreux et des phosphates qu'il contient. {P^oy. plus loin le tableau des équivalents des engrais.)

Dans toutes les opérations de raffinage et d'extraction du sucre, on doit s'efforcer de prévenir les fermentations en déplaçant partout et complètement les liquides sucrés, soit par des liquides semblables qui se succèdent, soit par les lavages et à l'aide de nettoyages énergiques de tous les vases et ustensiles, ceux-ci offirant tous des angles arrondis et des pentes convenables.

Deuxième filtration ou filtration sur le noir en grains. — Le sirop limpide et chaud est immédiatement dirigé des premiers filtres sur les filtres à noir en grains, semblables à ceux qu'on emploie dans la fabrication du sucre {yoy. p. 291) ; ils sont chargés de la même manière. La clairce doit dépasser le niveau du noir, passer lentement à travers la masse de ce noir dans les filtres, et s'écouler constamment, sous le double fond, par le robinet en partie ouvert; elle se réunit dans un réservoir, d'où elle est puisée par le vide opéré dans la chaudière, au fur et à mesure des cuites dans le vide.

On arrête la filtration du sirop dès qu'on voit que le noir ne décolore plus ; alors on lave le filtre avec de l'eau bouillante : le sirop que celle-ci déplace est ajouté aux premiers sirops filtrés

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